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Service des Commissions - Commission des Affaires économiques et du Plan

Communiqué à la presse du 18 novembre 1997

  M. Jean-François Le Grand s'interroge : ne regretterons-nous pas Beauvilliers si une catastrophe aérienne survenait à Orly ?


Mardi 18 novembre 1997, M. Jean-François Le Grand (Sénateur de la Manche-RPR), rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques pour le budget de l'aviation civile, s'est livré à un exercice de politique-fiction qui ne relève pas que de l'hypothèse d'école : " N'est-il pas frappant de constater que l'avenir de Roissy retient toutes les attentions alors que personne ne s'inquiète outre mesure de celui d'Orly ? Cet aéroport n'est-il pas cependant, plus encore que son frère du Nord de Paris, intégré dans un tissu urbain extrêmement dense et, par là même, très contraint dans son activité ? Plus encore, s'est-on jamais posé la question de savoir ce qu'il adviendrait d'Orly en cas d'accident aérien aux alentours de ce site ? ".

Le sénateur n'a pas hésité à lever le voile pudique qui cache ce qui n'est certes qu'une hypothèse -dont il espère bien sûr qu'elle ne se concrétisera jamais-mais qui ne peut être plus longtemps occultée.

Les exemples étrangers montrent d'ailleurs la pertinence de cette question. N'oublions pas les morts de Schipol. Par ailleurs, les Allemands n'ont-ils pas décidé de construire l'aéroport Franz Joseph Strauss après la catastrophe aérienne subie par l'ancien aéroport de Munich ?

Dans ce cas, deux certitudes s'imposent, selon M. Jean-François Le Grand : " un report du trafic sur Roissy-Charles de Gaulle apparaît exclu en raison des limites et contraintes propres à cet aéroport ; un desserrement du trafic vers les aéroports de province, s'il paraît souhaitable en termes d'aménagement du territoire, ne constituerait cependant en aucune façon une alternative entièrement satisfaisante aux aéroports parisiens pour accueillir la demande ".

Dans ce contexte, M. Jean-François Le Grand a regretté " le manque de concertation ayant présidé à la décision précipitée du Gouvernement de remettre en cause la décision de constituer des réserves foncières permettant éventuellement de construire, à terme, un troisième aéroport en région parisienne sur le site de Beauvilliers, en Eure-et-Loir ".

L'établissement d'une plate-forme aéroportuaire à Beauvilliers permettrait, en effet, d'apporter une réponse satisfaisante au problème de l'absorption du trafic d'Orly.

Ayons bien conscience que, dans le domaine aéroportuaire plus que dans d'autres, les décisions d'aujourd'hui conditionnent les réponses aux défis de demain. Elles peuvent, en effet, élargir ou, à l'inverse, interdire toute capacité d'adaptation ultérieure, car en l'absence de réserves foncières satisfaisant aux exigences d'environnement et de développement durable à proximité de l'Ile-de-France, aucune plate-forme francilienne à vocation internationale ne pourra être construite.

Alors, " prenons garde aux décisions hâtives et ménageons l'avenir " a conclu le rapporteur devant la Commission des Affaires économiques qui l'a approuvé.