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COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 5 JUIN 2001


Le retour au plein emploi ?

 Le retour à un taux de chômage de 5 % d’ici à la fin de la décennie ne va pas de soi. Telle est la conclusion essentielle d’un rapport d’information présenté par M. Joël BOURDIN (RI, Eure), président de la Délégation du Sénat pour la planification, et publié aujourd’hui. Le sénateur s’appuie en particulier sur des simulations réalisées par le Centre d’observation économique (COE) de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris.

En effet, la vitesse de diminution du chômage dépend, notamment, de deux facteurs : la croissance et son contenu en emplois. Pour arriver à un taux de chômage de 5 % en l’an 2010, il y a donc deux possibilités.

La première est d’avoir une croissance de 3 % en moyenne sur 10 ans. C’est le scénario retenu par le rapport PISANI-FERRY. Or, les économistes estiment souvent que la croissance que l’économie française peut durablement soutenir est, au maximum, de 2,5 %. Ce scénario peut donc sembler optimiste, d’autant plus que la faible croissance de l’économie française au premier trimestre de cette année rappelle qu’elle n’est pas à l’abri d’un infléchissement conjoncturel. Par ailleurs, les travaux du COE suggèrent que la " nouvelle économie " (c’est-à-dire un taux d’investissement et un progrès techniques accrus) rendrait la croissance moins riche en emplois, de sorte que finalement, même si elle portait la croissance annuelle à 3 %, le taux de chômage resterait supérieur à 5 % à la fin de la décennie.

La seconde possibilité est de préserver une croissance riche en emplois. Or, la croissance n’est riche en emplois que si la croissance de la productivité est faible. C’est la définition d’une croissance riche en emplois : pour un niveau de croissance donné, une entreprise a besoin d’embaucher d’autant plus de personnes que la production par travailleur augmente lentement. Une croissance riche en emplois risque donc, à terme, de freiner la diminution du chômage, celui-ci provenant en grande partie, pour les personnes les moins qualifiées, d’une productivité trop faible.

Le rapport présente en outre une synthèse, claire et détaillée, des définitions du plein emploi et des principaux travaux sur le chômage, et passe en revue les principaux instruments pouvant être utilisés par la politique de l’emploi.