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COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 4 AVRIL 2002


Comptes de la poste  :
leur redressement passe par une réforme de l'entreprise

 « Savez-vous que dans toute l'Union Européenne, il n'y a que deux postes qui soient encore des établissements publics : La Poste française et... la poste luxembourgeoise ? Toutes les autres sont des sociétés commerciales pourvues d'un capital social » confient Gérard Larcher (RPR - Yvelines) et Pierre Hérisson (UC - Haute‑Savoie)[1]. Pour adapter La Poste aux nouvelles réalités de son environnement, ils proposent de la moderniser dans la fidélité au principe de service public. Ils préconisent d'organiser deux de ses trois métiers de base en filiales dotées de capitaux et de partenaires.

Pour les services financiers (environ le quart du chiffre d'affaires) : regroupement dans une société anonyme filialisée ayant vocation à devenir progressivement une banque postale de plein exercice. Pour les activités « colis et logistique » (le secteur en expansion partout dans le monde) : consolidation de la filiale déjà existante (Geopost), ouverture du capital et, éventuellement, cotation. Pour le courrier : maintien dans le giron de la maison‑mère qui demeurerait, dans l'immédiat, un établissement public mais dont le réseau (17.000 points de contact) aurait à être repensé en partenariat avec les conseils régionaux.

Les deux sénateurs ne tergiversent pas : « Sans réforme d'envergure, La Poste va dans le mur. La quasi‑totalité de ses courbes de résultat depuis trois ans foncent vers le rouge (voir note jointe). Avec l'ouverture à la concurrence, désormais programmée comme totale en 2009, sur son monopole historique (le courrier) cette dégradation risque de s'amplifier si rien n'est fait pour redresser le cap. L'enjeu postal est l'un des grands débats de la législature à venir ».

 

LA POSTE : L'INEXORABLE DÉGRADATION DES RÉSULTATS

 

Ø      Chiffre d'affaires

 

En millions d'euros

1999

2000

2001

15 315

16 020

17 030

 

L'activité courrier hors colis, qui reste le centre de gravité du chiffre d'affaires du groupe, a connu en 2001 une décélération : sa progression est inférieure de moitié aux prévisions initiales. Pourtant, le choc concurrentiel est encore à venir puisque le processus de dématérialisation du courrier des grands comptes (sécurité sociale, banques..) n'en est encore qu'à ses débuts et que le calendrier européen programme pour 2003, 2006 et 2009 la perte du monopole de La Poste sur le marché français du courrier.

 

Ø      Résultat d'exploitation

 

En millions d'euros

1999

2000

2001

593

420

182

 

L'effondrement de la rentabilité, constaté l'an dernier, se poursuit, avec un résultat d'exploitation ramené à 182 millions d'euros, soit seulement 1% du chiffre d'affaires du groupe.

 

Le résultat d'exploitation aura ainsi été divisé par plus de trois en trois ans.

 

Ø      Résultat exceptionnel

 

En millions d'euros

1999

2000

2001

(161)

(166)

(150)

 

Les produits exceptionnels, étaient déjà importants en 2000 (dotation de 52 millions d'euros au titre de l'immobilier, dotation de 74 millions d'euros au titre du coût du passage à l'euro). La vente des « bijoux de famille » a seule permis de maintenir La Poste à flots en 2000. Elle ne réussit pas, en 2001, à la tirer du « rouge ».

 

Le résultat exceptionnel reste négatif, en raison du coût important du passage aux 35 heures sans aide de l'Etat (le surcoût lié à cette réorganisation est évalué dans les comptes 2000 à 211 millions d'euros et à 380 millions d'euros en 2001).

 

Ø      Résultat net part du groupe

 

En millions d'euros

1999

2000

2001

283

139

- 95

 

Divisé par deux en 2000, le résultat net est négatif en 2001. La Poste est dans le rouge.

 


[1] Respectivement Président de la Commission des Affaires économiques et Président du Groupe d'étude « Poste et télécommunications » du Sénat.