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Communiqué du 16 décembre 2004


La délégation du Sénat aux droits des femmes appelle à dénoncer les mutilations sexuelles

Dans le cadre de ses auditions consacrées aux violences envers les femmes, la Délégation du Sénat aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, présidée par Mme Gisèle Gautier (UC - Loire-Atlantique), a entendu des dirigeants du Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles (GAMS) et de la Commission pour l'abolition des mutilations sexuelles (CAMS).

Selon des chiffres de l'OMS et de l'UNICEF, 130 millions de femmes africaines auraient subi des mutilations sexuelles, en particulier une excision. Une jeune fille serait excisée toutes les quatre minutes dans le monde.

La pratique de l'excision, si elle trouve son origine dans une tradition parfois récupérée pour des motifs prétendument religieux, s'explique avant tout par la volonté des hommes de contrôler la sexualité des femmes.

Bien que souffrant d'un manque de visibilité dans notre pays, ce phénomène n'épargne pas la France. Ce sont ainsi 35.000 fillettes, parfois âgées de moins d'un an, et adolescentes qui sont excisées ou menacées de l'être, tandis que 30.000 femmes de plus de 18 ans, de nationalité française ou non, vivant sur notre territoire, ont subi une excision, alors que les auteurs de ces graves délits arrivent parfois à se dérober à la législation française en vigueur.

Si la vigilance des services de protection maternelle et infantile a permis de réduire le nombre d'excisions pratiquées en France, certains parents adoptent désormais des stratégies d'évitement et envoient leurs filles dans leur pays d'origine, en Afrique, où elles sont excisées puis, souvent, mariées de force.

La Délégation a salué le travail accompli par les associations de lutte contre les mutilations sexuelles et a insisté sur la nécessaire mobilisation des pouvoirs publics, notamment dans le secteur éducatif, pour mettre un terme à ces pratiques dégradantes et d'un autre âge, en menant des campagnes d'information et de sensibilisation, en particulier auprès des jeunes.

Contact presse : Stéphanie Garnier : 01 42 34 25 12 ou 25 13 s.garnier@senat.fr