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Communiqué du 1er mars 2006



MISSION D'INFORMATION SUR LES DRONES


Les drones ont un avenir militaire, civil et industriel immense.
La commande à distance facilite, en effet, la réalisation de tâches dangereuses et fastidieuses. A cet égard, la définition avancée, par un officiel américain, de l'emploi des drones est éloquente : ces engins sont voués à accomplir des tâches dites « trois D » : « dull, dirty, dangerous », c'est-à-dire : ennuyeuses, sales et dangereuses.

L'intelligence humaine est cependant indispensable à l'interprétation du flux de données transmises par ces drones ; ils ne peuvent donc pas être présentés comme un substitut de l'homme.

Les applications civiles des drones aériens sont innombrables : surveillance des forêts pour prévenir ou localiser les incendies, des côtes pour repérer les trafics suspects et les pollutions, des routes pour améliorer la fluidité de la circulation, par exemple.

Mais c'est l'usage militaire des drones d'observation qui a retenu l'attention des deux rapporteurs de la Commission des affaires étrangères et de la Défense, Mme Maryse Bergé-Lavigne (Soc - Haute-Garonne) et M. Philippe Nogrix (UC-UDF, Île-et-Vilaine).

Ils ont constaté qu'aucun pays européen ne possède, à l'heure actuelle, les technologies nécessaires à la construction autonome d'un drone aérien d'observation de longue portée, et, a fortiori, de combat.

Seuls Israël et les Etats-Unis disposent d'une maîtrise complète de ce domaine (construction de plateformes, adaptation de la charge utile transportée, liaisons satellite avec la station sol).

C'est pourquoi les armées occidentales concentrent, aujourd'hui, leurs efforts sur les drones de surveillance et reconnaissance, et, à un horizon plus lointain, sur les drones de combat.

Dans ces deux domaines, la France a lancé des projets de coopération européenne, du fait de l'ampleur des crédits à mobiliser pour les réaliser.

Le premier projet à avoir été lancé, par une annonce du ministère de la Défense, lors du salon du Bourget 2003, porte sur le démonstrateur de drone de combat Neuron, dont le développement est confié à un groupe d'industriels européens sous la responsabilité du français Dassault.

Mais ce sont les drones d'observation, qui sont, aujourd'hui au coeur de la problématique opérationnelle et industrielle européenne et française.

La réalisation de tels projets ne devrait se concevoir qu'en partenariat entre plusieurs pays européens. Mais cette coopération, acceptée dans son principe par plusieurs d'entre eux, peine à s'instaurer, du fait d'un environnement budgétaire contraint partout en Europe, mais aussi de l'existence de plusieurs conceptions de ces outils d'observation.

Ainsi, la Grande-Bretagne a-t-elle opté pour le drone tactique « Watchkeeper », réalisé par Thalès-UK et l'Allemagne est engagée, à travers le programme AGS (Alliance Ground Surveillance) de l'OTAN, dans la réalisation d'un drone HALE (Haute Altitude Longue Endurance).

La France a décidé d'impulser une coopération européenne pour hâter la réalisation d'un drone d'observation. C'est une annonce du ministère de la Défense, lors du Salon EuroSatory de juin 2004, qui a lancé le projet d'un drone de type MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance).

Le projet EuroMALE a été confié à EADS, à charge pour cet industriel de s'entourer de partenaires européens adéquats pour sa réalisation.

L'intérêt primordial du drone d'observation est son endurance, qui lui permet d'assurer des missions de routine, et sa permanence en vol. Ces deux contraintes sont satisfaites dans les meilleures conditions par des drones, plus légers et moins coûteux, que par des avions pilotés, dont la technicité et la présence humaine à bord sont surdimensionnés au regard des besoins.

L'EuroMALE vise à doter l'Europe d'un équipement de la qualité du Predator américain.

Cependant, ce programme est évalué à 340 millions d'euros, dont 95 sont financés par la DGA (Direction générale de l'Armement), et 100 par EADS. Le complément doit être apporté par les futurs partenaires qui se réduisent, à ce jour, à l'Espagne, qui apporte 40 millions d'euros.

A cette difficulté de financement s'ajoutent les critiques émises par d'autres sociétés aéronautiques françaises, qui proposent des alternatives à EuroMale, à moindre coût, et qu'elles considèrent comme plus performantes.

Le rapport d'information décrit les différents projets français et européens en matière de drones d'observation et constate leur fragmentation dans un domaine majeur pour l'armée de demain.

Le rapport est disponible sur internet à l'adresse suivante : www.senat.fr/rap/r05-215/r05-215.html

 


Contact presse : Bruno LEHNISCH (01 42 34 25 93 ou 25 13) - b.lehnisch@senat.fr