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Communiqué du 9 novembre 2006



La commission des finances fait le bilan du dispositif de soutien aux ressortissants français durant la crise libanaise et en tire les leçons pour l'avenir

Au cours de sa réunion du mercredi 8 novembre 2006, la commission des finances du Sénat, présidée par M. Jean Arthuis (UC-UDF, Mayenne), a entendu une communication de M. Adrien Gouteyron (UMP, Haute-Loire), rapporteur spécial de la mission « Action extérieure de l'Etat » sur le dispositif de soutien aux ressortissants français durant la crise libanaise.

M. Adrien Gouteyron souligne que, du 14 juillet au 17 août 2006, la France a déployé au Liban, pour venir en aide à ses ressortissants, mais aussi à ceux de pays tiers, un dispositif inédit, sans comparaison avec ceux mis en place par les autres nations. Au total, sans compter la mobilisation exceptionnelle des agents de l'Etat, l'effort financier de la France envers les 13.800 personnes rapatriées a représenté 9,3 millions d'euros.

M. Adrien Gouteyron s'inquiète, rétrospectivement, du contraste entre le professionnalisme des agents ayant géré la crise au quotidien, à Beyrouth, et l'absence d'outils pour l'affronter. Le Quai d'Orsay manque d'outils de gestion de crise dans ses postes à l'étranger. Si le ministère est doté d'une cellule de crise, à Paris, fonctionnant dans des conditions très satisfaisantes, sous-traitant à la société Axa une partie de l'assistance téléphonique, les postes affrontent les crises de manière très artisanale. L'ambassade de France au Liban ne disposait pas, le 13 juillet 2006, au déclenchement de la crise, de logiciels ad hoc, et de système organisé, pour enregistrer les appels de nos ressortissants.

M. Adrien Gouteyron préconise, par ailleurs, de permettre aux voyageurs français d'enregistrer leurs coordonnées en ligne, sur le site internet du ministère des affaires étrangères, afin qu'ils puissent être joints en cas de difficulté. L'ambassade n'a pas, en effet, été en mesure de connaître le nombre de ressortissants français présents au Liban, nombre d'entre eux disposant de la  double nationalité et ayant pénétré sur le territoire avec un passeport libanais.

Confrontés, faute de logiciel informatique, au « casse-tête » de la gestion des listes de passagers pour l'organisation des rotations maritimes et aériennes, les agents de l'ambassade ont bénéficié seulement le 23 juillet du secours déterminant d'une « cellule de regroupement et d'évacuation des ressortissants » du ministère de la défense. La coopération interministérielle est incontournable dans la gestion de crise. Il convient de mieux organiser les modalités de travail en commun entre le ministère des affaires étrangères et celui de la défense dès le déclenchement d'une crise, en évitant que le Quai d'Orsay ne duplique les structures et les outils existants au ministère de la défense.

M. Adrien Gouteyron constate que le ministère des affaires étrangères, dont les effectifs en administration centrale ne sont pourtant pas insuffisants, a éprouvé des difficultés à recruter des volontaires pour renforcer les équipes présentes au Liban et à Chypre. Il recommande de constituer une « réserve » de volontaires susceptibles de partir en renfort, immédiatement, pour gérer une crise.

Il regrette enfin que, faute de souplesse dans la gestion des personnels, en l'absence d'une rémunération au mérite des fonctionnaires, l'Etat n'ait pas su témoigner financièrement sa gratitude aux nombreux agents dont le dévouement a été remarquable.

Contact presse : Ali Si Mohamed   01 42 34 25 11  a.si-mohamed@senat.fr