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Ariane 6 : le Sénat interroge le CNES et ArianeGroup sur l'avenir de la politique des lanceurs spatiaux européens face à la concurrence internationale


Jeudi 23 mai 2019

Jean-Yves Le Gall, président du CNES, et André-Hubert Roussel, président exécutif d’ArianeGroup, ont répondu, ce mercredi 22 mai, aux questions des membres de la commission des affaires économiques et de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, sur l’avenir de la politique des lanceurs spatiaux.

Christian Cambon (Les Républicains – Val-de-Marne – président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées) a affirmé : « L’accès souverain à l’espace est vital pour la France, qu’il s’agisse du renseignement militaire, de la dissuasion nucléaire ou des applications civiles.  Préserver l’Europe spatiale et ses parts de marché pour les lancements commerciaux, c’est la condition de l’équilibre des programmes et donc de notre autonomie stratégique. »

Selon Sophie Primas (Les Républicains – Yvelines – présidente de la commission des affaires économiques) : « les sénateurs ont pu constater que ʺl’équipe de Franceʺ des lanceurs est désormais parfaitement alignée. Elle doit maintenant permettre à l’Europe de relever le défi de la concurrence internationale. La ministérielle de Séville permettra de trancher des sujets fondamentaux pour l’avenir de nos lanceurs. »

Devant l’inquiétude des sénateurs face à la concurrence de l’entreprise américaine SpaceX, le président exécutif d’ArianeGroup a estimé que, d’ici un à deux ans, des technologies clés actuellement en cours de développement, notamment avec le moteur Prometheus, seront matures. Cela permettra alors de choisir, selon les besoins des États européens et les perspectives du marché, entre faire évoluer Ariane 6 ou créer un nouveau lanceur encore plus compétitif et potentiellement réutilisable. Il a souligné que le lanceur Ariane 6 en cours de développement permettra de diviser par deux des prix en cinq ans, ratio sans précédent dans l’industrie.

Jean-Yves Le Gall a rappelé la capacité unique au monde de l’Europe spatiale à mettre en place des coopérations entre États. Il a notamment cité comme exemple le succès de Galiléo, dont les capacités sont dix fois plus puissantes que celles du GPS et dont le déploiement sera terminé en 2020. Il estime que Galiléo devrait bientôt atteindre le milliard d’utilisateurs et supplanter le GPS. Ainsi, dans deux ou trois ans, le monde entier utilisera Galiléo et la prophétie de Jacques Barrot, selon laquelle on n’entendra plus dire que Galiléo est le GPS européen, mais plutôt que le GPS est le Galiléo américain, deviendra réalité.

Afin de faire le point sur la situation et sur les enjeux de la réunion au niveau ministériel du conseil d’administration de l’Agence spatiale européenne qui se tiendra en novembre prochain, les deux commissions ont créé un groupe de travail, co-présidé par Sophie Primas et Jean-Marie Bockel (UC – Haut-Rhin – membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées).

La commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées est présidée par M. Christian Cambon (Les Républicains – Val-de-Marne).


La commission des affaires économiques est présidée par Mme Sophie Primas (Les Républicains – Yvelines).


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