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Les spécificités du tissu entrepreneurial des outre-mer doivent être prises en compte pour l'effectivité et l'efficience des mesures d'urgence


Vendredi 17 avril 2020

La Délégation sénatoriale aux outre-mer a tenu sa réunion hebdomadaire ce jeudi 16 avril.

Elle a ouvert une série d’auditions sur les effets économiques de la crise sanitaire déjà gravement préoccupants dans le cadre de son étude sur l’urgence économique dans les outre-mer. Ces remontées des acteurs de terrain lui permettront d’alerter le Gouvernement sur l’insuffisante prise en compte des particularités et de la vulnérabilité du tissu économique ultramarin déjà très impacté par une succession de crises récentes (ouragan Irma dans les Antilles, gilets jaunes à La Réunion, manifestations en Guyane et à Mayotte…).

La délégation a ainsi entendu Jean-Pierre PHILIBERT, président de la Fédération des entreprises des outre-mer (Fedom) qui a d’abord répondu aux questions de Nassimah DINDAR (Union Centriste - La Réunion), Viviane ARTIGALAS (Socialiste et républicain- Hautes Pyrénées) et Stéphane ARTANO (RDSE, Saint-Pierre-et-Miquelon), rapporteurs de l’étude sur l’urgence économique en outre-mer.

Jean-Pierre Philibert a essentiellement pointé l’inadaptation aux outre-mer des conditions d’éligibilité aux dispositifs comme le Prêt Garanti par l’État (PGE) ou au Fonds de solidarité. Leurs critères ne tiennent pas compte des cycles d’activités irréguliers, de la "frilosité" des banques à l’égard des entreprises, mais surtout d’une écrasante proportion d’entreprises unipersonnelles qui caractérisent le tissu entrepreneurial ultramarin.

Malgré les incertitudes, le président de la Fedom a tout de même abordé la perspective de la reprise. Il a qualifié de "cataclysme" l’impact de la crise actuelle sur des secteurs tels que l’hôtellerie, la restauration ou le BTP. La situation est également alarmante pour les transports aériens et maritimes. Avec des compagnies menacées de faillite, sans perspective d’aide de leurs collectivités, elles-mêmes financièrement exsangues, il a souligné que la continuité territoriale est en péril.

De plus, pour permettre la résilience des économies et les investissements indispensables, en particulier pour rénover les réseaux d’eau, renforcer l’autosuffisance alimentaire et sanitaire, ou encore relever le défi numérique, Jean-Pierre PHILIBERT a appelé à lever d’urgence certains freins juridiques et permettre aux outre-mer de bénéficier à leur juste mesure des fonds européens d’aides pour que les outre-mer ne soient pas exclus dans les faits de la solidarité.    

Victorin LUREL (Socialiste et républicain - Guadeloupe) a abondé dans le sens de  Jean-Pierre PHILIBERT en informant ses collègues avoir pris l’initiative d’alerter le Gouvernement sur la nécessité d’ajuster les dispositifs d’aide aux outre-mer. Il a ensuite plaidé pour que l’urgence prenne le pas sur les statuts et les transferts de compétences en particulier s’agissant de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie. Il a cité en exemple l’adaptation du PGE étendu aux prêts de l’agence française pour le développement (AFD) pour permettre à la Nouvelle-Calédonie de mettre en place un dispositif de chômage partiel relevant de sa compétence.

#OutremerSénat


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