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Une compétitivité à retrouver pour que les entreprises françaises ne soient pas la proie de prédateurs étrangers

Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) expose inquiétudes et propositions à la Délégation aux entreprises du Sénat


Mercredi 6 mai 2020

"Dans les entreprises redémarrant leur activité, le niveau de stress des salariés est élevé mais se normalise au bout d’une semaine". Auditionné le 5 mai après-midi sur les perspectives de sortie de crise par la Délégation aux entreprises du Sénat, Frédéric Coirier, co-président du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI)[1] s’est montré confiant dans le degré de préparation des entreprises qu’il représente à la reprise d’activité : 88 % se disent désormais prêtes pour le déconfinement contre 64 % la semaine dernière et les difficultés concernant l’obtention de matériel de protection sont passées de 85 % la semaine dernière à 36,8 % cette semaine.

Au-delà de cette photographie de la situation, Frédéric Coirier s’est inquiété du déficit croissant de compétitivité des entreprises. À la situation défavorable qui préexistait au covid-19, s’est ajoutée une activité plus réduite en France que chez ses voisins en mars-avril : 50 à 60 %, contre 80 % en Allemagne et 90 % en Suisse…Pour lui, "permettre aux entreprises le souhaitant de transformer le prêt garanti par l’État (PGE) en quasi fonds propres pendant une certaine période permettrait de les conforter face à leurs concurrentes étrangères. Cela les sécuriserait et éviterait des prédations".

Pour lui, "il faut aussi exonérer les entreprises des impôts de production pendant cette période et au-delà, pour retrouver la moyenne européenne car nous sommes en décalage de 30 milliards à cet égard. Ces charges fixes, c’est la double peine en ce moment ! Et la compétitivité de nos territoires est en jeu".

Partageant la nécessité d’une vision stratégique de moyen et long terme pour reconstruire l’outil industriel et permettre des relocalisations, Élisabeth Lamure (LR-Rhône), Présidente de la Délégation aux entreprises, s’est dit "attentive à l’évolution des travaux portant sur les impôts de production, en lien avec le financement des collectivités".

Elle a déclaré aussi "soutenir la proposition de flécher une partie du prêt garanti par l’État en appui de l’assurance-crédit, car c’est la condition du maintien d’une relation de confiance entre fournisseurs et clients. Le crédit inter-entreprises, soutenu par l’assurance-crédit, doit être fiable et fluide si l’on veut que les entreprises de toutes tailles puissent redémarrer leur activité".

Plusieurs autres points de vigilance ont été pointés par Frédéric Coirier :

  • à court terme, il faut absolument accélérer le remboursement de l’activité partielle et la distribution des PGE ;
  • il sera indispensable d’accompagner les entreprises le temps de retrouver un niveau d’activité convenable ;
  • les marchés publics doivent être relancés sans attendre ;
  • la procédure de sauvegarde devrait être privilégiée pour éviter les faillites d’entreprises en évitant de fragiliser leurs fournisseurs ;
  • les négociations sur l’aménagement du temps de travail devraient être conduites avec le comité social et économique (CSE).

Pour Élisabeth Lamure, "il est tout à fait anormal qu’entre 50 % et 75 % des ETI n’aient toujours pas reçu le remboursement de leur activité partielle pour le mois de mars".

"Nous sommes admiratifs de l’agilité des entreprises pour transformer leur activité en un temps record !", a-t-elle conclu.

 

Pour aller plus loin, voir le compte rendu synthétique de l'audition de Frédéric Coirier, mardi 5 mai à 16h30 :

http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/delegation/entreprise/Reunions/2020/CR_METI_-_5_mai_2020.pdf.

 

[1] Entreprises comptant entre 250 et 4 999 salariés et ayant un chiffre d'affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros

 

 

L’activité du Sénat se déroule dans le strict respect des conditions sanitaires
dictées par la nécessité d’enrayer la pandémie du Covid-19.

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