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Enseignement français à l'étranger : aucun établissement ne doit fermer !


Jeuid 7 mai 2020

"En trois mois, tout notre environnement et nos perspectives de développement ont été totalement bouleversés par la crise du covid-19" a affirmé Olivier BROCHET, directeur de l’AEFE, lors de son audition au Sénat. Une diminution des effectifs est probable : une baisse de 5 % entraînerait une perte de 142 M€ pour le réseau. La situation est particulièrement préoccupante au Liban, premier réseau d’enseignement français à l’étranger. Les sénateurs appellent à une transformation de l’avance de 100 M€, prévue au profit de l’AEFE, en crédits budgétaires.

 

Alors que la quasi-totalité des 522 établissements du réseau d’enseignement français à l’étranger ont provisoirement fermé leurs portes, en conséquence de la pandémie de Covid-19, les sénateurs ont auditionné Olivier BROCHET, directeur de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

Des signaux d’alarme inquiétants. De nombreuses familles des 370 000 élèves des écoles et lycées français à l’étranger sont ou seront en très grande difficulté, face aux conséquences économiques de la crise sanitaire. Certains établissements scolaires en seront durablement fragilisés. "Nous avons reçu des signaux inquiétants en provenance de tous les continents. Ce sont les plus petits établissements qui sont les plus impactés ; or ces établissements sont essentiels car ce sont eux qui assurent l’universalité de notre diplomatie culturelle" a déclaré Christian CAMBON (Les Républicains – Val‑de‑Marne), président de la commission des affaires étrangères et de la défense.

La situation est particulièrement préoccupante lorsque la crise sanitaire vient s’ajouter à une crise politique, économique et sociale : c’est le cas au Liban, premier réseau d’enseignement français à l’étranger, avec 60 000 élèves. Ce réseau doit faire l’objet d’une attention particulière.

L’urgence d’un diagnostic précis. Les sénateurs ont appelé à un diagnostic précis de la situation, afin d’anticiper les difficultés les plus graves et de venir le plus rapidement possible en aide aux établissements les plus impactés par la crise. Les incertitudes concernent tant les réinscriptions que les nouvelles inscriptions, notamment dans les petites classes. "Aucun établissement ne doit fermer ! Il faut absolument éviter une augmentation des frais de scolarité, pour ne pas enclencher un cercle vicieux destructeur pour l’avenir du réseau" a affirmé Robert del PICCHIA, co-rapporteur. Il faut également soutenir les associations FLAM (Français langue maternelle).

Un plan de soutien global et évolutif. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves LE DRIAN, a annoncé un plan de soutien qui comporte une avance de l’Agence France Trésor, à hauteur de 100 millions d'euros, pour aider le réseau de l’AEFE, et une revalorisation de l’enveloppe des aides à la scolarité, à hauteur de 50 millions d’euros. Il est prévu que ces montants puissent être ajustés si nécessaire : ce point est jugé essentiel par les sénateurs. Ceux-ci souhaitent, par ailleurs, que cette avance soit transformée en crédits budgétaires, dans le cadre d’une loi de finances.

Développer l’attractivité du réseau. La concurrence est vive : l’enseignement local est souvent gratuit, l’enseignement anglo-saxon connaît un grand succès ; par ailleurs, la crise favorisera certainement le développement de l’enseignement à distance. Jugeant que la concurrence risquait de s’exprimer, à l’avenir, sur le terrain des outils numériques, André VALLINI, co-rapporteur, a appelé à "un grand plan numérique en faveur de nos établissements, afin de donner aux équipes enseignantes des outils aujourd’hui indispensables et de rendre nos établissements plus attractifs".

L’objectif de doubler le nombre d’élèves du réseau à l’horizon 2030 doit demeurer l’un des moteurs de notre diplomatie culturelle et d’influence. Mais cet objectif ne saurait être atteint sans commencer par consolider l’existant, "quoi qu’il en coûte", pour éviter un repli qui serait désastreux tant pour le rayonnement de la France que pour le développement de la francophonie.

Consulter la vidéo de l’audition

Consulter la communication écrite des rapporteurs en date du 24 avril 2020

 

 

Christian CAMBON (Les Républicains – Val‑de‑Marne) est président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.
Robert del PICCHIA (Les Républicains – Français établis hors de France) et  André VALLINI (Socialiste et Républicain – Isère) sont co-rapporteurs pour avis du programme 185 "Diplomatie culturelle et d’influence" de la Mission budgétaire "Action extérieure de l’État".



L’activité du Sénat se déroule dans le strict respect des conditions sanitaires
dictées par la nécessité d’enrayer la pandémie du Covid-19.

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