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L’inclusion numérique doit viser l’autonomie numérique


Mercredi 24 juin 2020

La table ronde de la mission d’information, présidée par M. Jean-Marie Mizzon (UC ‑ Moselle), consacrée à la fracture numérique dans les universités a montré qu’un enseignant à l’université sur deux avait des difficultés pour assurer une pédagogie numérique. Elle a aussi révélé que les étudiants les plus précaires n’avaient pas les équipements, l’accès aux réseaux voire les compétences numériques de base. Face à l'enjeu des compétences de base numériques, de nombreuses universités ont mis en place dans les premières années de licence un module de formation au numérique, cette compétence étant essentielle tant pour des études réussies que pour l'insertion dans la vie professionnelle. La généralisation du test PIX permettrait d’évaluer, de certifier et de développer les compétences numériques du plus grand nombre.

La crise de l’épidémie de Covid-19 ayant, en même temps,accéléré la conversion aux usages numériques et accentué la fracture numérique, comment détecter les publics les plus fragiles, proposer des solutions de médiation numérique et déployer des équipements et des formations au numérique ?

Auditionné par la mission, M. Philippe Wahl, P.-D.G. de La Poste, a proposé de faire de ce service public, le plus présent dans les territoires, le pivot de l’identification des fragilités numériques. Il a plaidé pour que France Service Mobilité, au point mort, soit réactivé afin de doter les facteurs de tablettes numériques permettant d’accéder aux services publics essentiels. Une première expérimentation dans 300 bureaux de poste ayant permis de tester les capacités numériques de 42 000 usagers, pour un coût de 9 millions d’euros, sa généralisation aux 17 000 points de contacts nécessiterait des moyens financiers supplémentaires ainsi qu’un référentiel d’évaluation qui définirait l’autonomie numérique. Cette priorité, inscrite au contrat de présence territoriale 2020-2022, permettrait de rééquilibrer un service de distribution du courrier déficitaire. Lutter contre la fracture numérique participe de la lutte contre la facture territoriale.

L’offre de médiation numérique doit cependant se professionnaliser. Si "faire à la place de" peut constituer un premier secours, l’inclusion numérique se doit de viser l’autonomie des personnes. Une telle acculturation numérique nécessite une approche différenciée par groupes sociaux homogènes et par territoires.

La mission d’information organisera donc mardi 30 juin une table ronde avec les associations d’élus pour évoquer les partenariats locaux de la lutte contre l’exclusion numérique, et son président et son rapporteur, M. Raymond Vall (RDSE ‑ Gers), se rendront, le 3 juillet, sur le site de SICOVAL, à Labège, communauté d’agglomération du sud-est toulousain, qui a signé en février 2019 la Charte "Territoire France connectée pour un numérique inclusif" proposée par l’État qui fait de ce "Territoire d’actions pour un numérique inclusif" (TANI) un laboratoire d’expérimentations d’outils et de dispositifs facilitateurs d’inclusion numérique, avant leur déploiement à l’échelle nationale.

 

L’actualité de la mission d’information sur le site internet du Sénat :

http://www.senat.fr/commission/missions/lutte_contre_lillectronisme.html

 

L'activité du Sénat se déroule dans le strict respect des conditions sanitaires dictées par la nécessité d'enrayer la pandémie du COVID-19.

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