Séance du 10 novembre 1998
M. le président.
La parole est à M. Darcos, auteur de la question n° 348, adressée à Mme le
garde des sceaux, ministre de la justice.
M. Xavier Darcos.
Madame le garde des sceaux, je souhaite attirer votre attention sur la vacance
de la moitié des postes de greffiers en chef, soit trois sur six, sur
l'ensemble du ressort du tribunal de grande instance de Périgueux.
Ces vacances de postes, déjà anciennes et pour une durée indéterminée,
affectent les tribunaux d'instance de Ribérac, Nontron, et surtout le tribunal
de grande instance de Périgueux. Elles entraînent une désorganisation constante
de travail au sein de cette juridiction et, par voie de conséquence, pénalisent
le fonctionnement du service judiciaire.
Je n'ignore pas que la gestion prévisionnelle des greffes des tribunaux fait
partie des priorités de son action que vous avez définies, madame le garde des
sceaux. Par ailleurs, les dispositions de la loi n° 95-125 du 6 janvier 1995,
en opérant certains transferts de compétences des magistrats aux greffiers en
chef, ont soulevé la possibilité d'envisager de déléguer aux greffiers les
missions dévolues aux greffiers en chef.
Néanmoins, s'agissant des greffes du ressort du tribunal de grande instance de
Périgueux, il convient de souligner que ces greffes sont déjà surchargés.
Le greffier en chef du tribunal de grande instance de Périgueux, qui n'a pas
d'adjoint actuellement, a en charge une importante cellule budgétaire et le
greffier en chef du tribunal d'instance de cette même ville doit assumer la
lourde gestion des demandes de nationalité.
En conséquence, madame le garde des sceaux, je souhaite que la situation
spécifique de la circonscription judiciaire du tribunal de grande instance de
Périgueux soit examinée de toute urgence, en liaison avec la sous-direction des
greffes du ministère de la justice, afin qu'une solution aussi satisfaisante
que possible soit apportée aux vacances qui vous sont signalées.
M. le président.
La parole est à Mme le garde des sceaux.
Mme Elisabeth Guigou,
garde des sceaux, ministre de la justice. Monsieur le sénateur, vous
venez d'attirer mon attention sur l'effectif de greffiers en chef des
juridictions du ressort du tribunal de grande instance de Périgueux.
Pourquoi cette situation ? Tout d'abord, on observe, c'est vrai, une absence
de candidats sur les emplois à Périgueux et à Ribérac. Par ailleurs, cette
absence de candidatures s'est conjuguée avec l'interruption du recrutement des
greffiers en 1996 et 1997.
Ces deux causes expliquent que l'on n'ait pas pu, hélas ! pourvoir les postes
que vous avez évoqués.
Par ailleurs, la nécessité de préserver d'autres juridictions déjà
déficitaires a conduit à retarder le mouvement de candidats sur le tribunal
d'instance de Nontron qui, je le rappelle, compte quatre fonctionnaires.
Les trois postes vacants que vous avez évoqués seront proposés à la commission
administrative paritaire de mouvement du mois de décembre prochain. J'ai
naturellement demandé à mes services d'être attentifs à la situation de ces
juridictions.
Comme vous l'avez souligné, dès mon arrivée au ministère, j'ai entrepris de
relancer le recrutement tant pour les greffiers en chef que pour les greffiers
et les personnels de bureau.
Un plan exceptionnel de recrutement a été arrêté et mis en oeuvre dès le mois
de novembre 1997. Ainsi, quatorze greffiers en chef, soixante-dix greffiers et
quatre cent soixante-quinze personnels de bureau ont d'ores et déjà pris leurs
fonctions dans les juridictions depuis le 1er janvier de cette année.
De plus, quarante-quatre greffiers en chef, dans le cadre d'un concours
national, et cent greffiers, dans le cadre de concours régionalisés, ont
rejoint l'Ecole nationale des greffes pour y suivre une formation initiale. Ces
agents rejoindront les juridictions au mois de septembre 1999.
Enfin, j'ai ouvert un nouveau concours de cent quarante greffiers. Les
candidats rejoindront l'Ecole nationale des greffes dès le mois d'avril
prochain et ils seront dans les juridictions en avril 2000.
J'ai bien l'intention de poursuivre cet effort de recrutement au cours de
l'année 1999 afin de pourvoir chaque année non seulement des vacances d'emplois
dans un flux régulier, mais également les créations d'emplois inscrites au
projet de loi de finances pour 1999 qui, pour la deuxième année consécutive,
crée deux cent trente postes de fonctionnaires des greffes.
J'espère qu'avec ces créations de postes sur deux ans et celles qui suivront
nous pourrons petit à petit parvenir à combler les vacances de postes partout
en France.
M. Xavier Darcos.
Je demande la parole.
M. le président.
La parole est à M. Darcos.
M. Xavier Darcos.
Je vous remercie, madame le ministre, des précisions que vous venez de nous
donner et je suis heureux de savoir que, vraisemblablement, le greffe du
tribunal de grande instance de Périgueux sera bientôt pourvu.
Je constate que bien des rapports se sont succédé : au Sénat, il y a eu celui
de nos collègues, MM. Hubert Haenel et Jean Arthuis dès 1990 et, sept ans plus
tard, celui de M. Germain Authié. Tous concluaient à l'asphyxie des
juridictions.
Et vous-même, lors du conseil des ministres du 29 octobre 1997, vous affirmiez
qu'un effort budgétaire significatif était nécessaire et serait consenti en
faveur de la justice au cours des prochaines années. D'après votre réponse,
j'ai noté que la Dordogne ne serait pas écartée de cet effort.
Vous vous souvenez sans doute, madame le ministre, que, lors d'une visite à
Bergerac, vous aviez pu constater les difficultés dans cette juridiction au
point que je me demande - mais c'est une pure suggestion - s'il ne serait pas
nécessaire que l'inspection générale de vos services vienne dresser le bilan de
la situation de la Dordogne en la matière.
FINANCEMENT DES INFRASTRUCTURES ROUTIÈRES
ET AUTOROUTIÈRES