Séance du 8 avril 1999






SOMMAIRE


PRÉSIDENCE DE M. JEAN FAURE

1. Procès-verbal (p. 0 ).

2. Renforcement et simplification de la coopération intercommunale. - Suite de la discussion d'un projet de loi déclaré d'urgence (p. 1 ).

Article additionnel avant l'article 13 bis (p. 2 )

Amendement n° 56 de la commission. - MM. Daniel Hoeffel, rapporteur de la commission des lois ; Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. - Adoption de l'amendement insérant un article additionnel.

Article 13 bis (p. 3 )

Amendement n° 57 de la commission. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article additionnel après l'article 13 bis (p. 4 )

Amendement n° 411 rectifié de Mme Bardou. - MM. Louis Althapé, le rapporteur, le ministre. - Retrait.

Article 14 (p. 5 )

Amendement n° 58 de la commission. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Articles additionnels avant l'article 14 bis (p. 6 )

Amendement n° 59 de la commission et sous-amendement n° 510 du Gouvernement. - MM. le rapporteur, le ministre. - Adoption du sous-amendement et de l'amendement modifié insérant un article additionnel.
Amendement n° 60 de la commission. - Adoption de l'amendement insérant un article additionnel.

Article 14 bis (p. 7 )

Amendement n° 61 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre. - Adoption de l'amendement rédigeant l'article.

Article 14 ter (p. 8 )

Amendement n° 62 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre, Robert Bret. - Adoption de l'amendement supprimant l'article.

Article 15 (p. 9 )

Amendements n°s 63 et 64 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre. - Adoption des deux amendements.
Adoption de l'article modifié.

Article 16. - Adoption (p. 10 )

Article 17 (p. 11 )

Amendement n° 412 rectifié de Mme Bardou. - MM. Louis Althapé, le rapporteur, le ministre. - Retrait.
Adoption de l'article.

Article 18. - Adoption (p. 12 )

Article 19 (p. 13 )

Amendement n° 65 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre, Robert Bret. - Adoption de l'amendement supprimant l'article.

Article 20 (p. 14 )

Amendements n°s 66 de la commission et 362 de M. Bret. - MM. le rapporteur, Robert Bret, le ministre. - Adoption de l'amendement n° 66 rédigeant l'article, l'amendement n° 362 devenant sans objet.

Article additionnel après l'article 20 (p. 15 )

Amendement n° 442 de M. Peyronnet. - MM. François Marc, le rapporteur, le ministre. - Retrait.

Article 21 (p. 16 )

Amendement n° 67 de la commission. - Adoption.
Amendements n°s 363 de M. Bret, 68 de la commission, 69 de la commission et sous-amendement n° 390 rectifié bis de M. Girod repris par M. Larché. - MM. Robert Bret, le rapporteur, le ministre, Jacques Larché, André Lejeune, François Marc, Gérard Cornu. - Rejet de l'amendement n° 363 et du sous-amendement n° 390 rectifié bis ; adoption des amendements n°s 68 et 69.
Amendement n° 458 de M. Fréville. - MM. Yves Fréville, le rapporteur, le ministre. - Retrait.
Amendement n° 70 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre, Michel Mercier, rapporteur pour avis de la commission des finances ; Dominique Braye, Nicolas About, Patrick Lassourd, Robert Bret, François Marc, Gérard Cornu, Pierre Fauchon, Joël Bourdin, Jean-Jacques Hyest. - Adoption.
Amendements identiques n°s 71 de la commission et 443 de M. Peyronnet ; amendement n° 397 de M. Bourdin. - MM. le rapporteur, Paul Raoult, Joël Bourdin, le ministre. - Adoption des amendements n°s 71 et 443, l'amendement n° 397 devenant sans objet.
Amendement n° 72 de la commission. - Adoption.
Amendement n° 4 rectifié de M. About. - MM. Nicolas About, le rapporteur, le ministre, Robert Bret. - Adoption.
Amendement n° 561 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre. - Adoption.
Amendement n° 73 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre, Robert Bret. - Adoption.
Amendements n°s 511 du Gouvernement, 74 de la commission et 497 de M. Fréville. - MM. le ministre, le rapporteur. - Retrait des amendements n°s 74 et 497 ; adoption de l'amendement n° 511.
Amendements n°s 75 de la commission et 500 de M. Fréville. - MM. le rapporteur, le ministre. - Retrait de l'amendement n° 500 ; adoption de l'amendement n° 75.
Amendement n° 562 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre. - Adoption.
Amendement n° 76 de la commission. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 22 (p. 17 )

Amendements n°s 77 et 78 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre, Robert Bret. - Adoption des deux amendements.
Amendement n° 79 de la commission. - Adoption.
Amendement n° 364 de M. Bret ; amendements identiques n°s 80 de la commission et 474 rectifié de M. Vasselle ; amendement n° 81 de la commission. - MM. Robert Bret, le rapporteur, Alain Vasselle, le ministre, André Lejeune, Dominique Braye, Christian Bonnet, Gérard Cornu, Nicolas About, Jean-Jacques Hyest. - Rejet de l'amendement n° 364 ; adoption des amendements n°s 80, 474 rectifié et 81.
Amendement n° 82 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre, Joël Bourdin, Robert Bret, Alain Vasselle. - Adoption.
Amendement n° 513 rectifié du Gouvernement. - MM. le ministre, le rapporteur. - Adoption.
Amendement n° 83 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre. - Adoption.
Amendement n° 84 de la commission et sous-amendement n° 512 du Gouvernement. - MM. le rapporteur, le ministre. - Rejet du sous-amendement ; adoption de l'amendement.
Amendement n° 85 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre, Robert Bret. - Adoption.
Amendement n° 459 de M. Fréville. - MM. Philippe Arnaud, le rapporteur. - Retrait.
Amendement n° 477 rectifié de M. Vasselle. - MM. Alain Vasselle, le rapporteur, le ministre. - Retrait.
Amendement n° 86 de la commission. - Adoption.
Amendements n°s 87 à 89 de la commission. - Adoption des trois amendements.
Amendement n° 478 rectifié de M. Vasselle. - MM. Alain Vasselle, le rapporteur, le ministre. - Réserve.
Amendements n°s 1 rectifié bis à 3 rectifié bis de M. About. - MM. Nicolas About, le rapporteur, le ministre, Dominique Braye. - Adoption des trois amendements.
Amendement n° 478 rectifié (précédemment réservé) de M. Vasselle et sous-amendement n° 564 du Gouverment. - MM. le ministre, le rapporteur, Yves Fréville, Gérard Cornu. - Adoption du sous-amendement et de l'amendement modifié.
Amendement n° 90 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre. - Adoption.
Amendement n° 91 de la commission. - Adoption.
Amendements n°s 92 de la commission et 479 rectifié de M. Vasselle. - MM. le rapporteur, Alain Vasselle, le ministre. - Adoption de l'amendement n° 92, l'amendement n° 479 rectifié devenant sans objet.
Amendement n° 365 de M. Bret. - MM. Robert Bret, le rapporteur, le ministre. - Rejet.
Adoption de l'article modifié.

Article additionnel après l'article 22 (p. 18 )

Amendement n° 476 rectifié de M. Vasselle. - MM. Alain Vasselle, le rapporteur, le ministre, Dominique Braye, Robert Bret. - Retrait.

Suspension et reprise de la séance (p. 19 )

PRÉSIDENCE DE M. GUY ALLOUCHE

Article 23 (p. 20 )

Amendement n° 93 de la commission. - MM. le rapporteur, Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat à l'outre-mer. - Adoption.
Amendement n° 94 de la commission. - Adoption.
Amendement n° 95 de la commission. - Adoption.
Amendement n° 96 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Adoption.
Amendement n° 97 de la commission. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 24 (p. 21 )

Amendements n°s 98 et 99 de la commission. - Adoption des deux amendements.
Amendements n°s 543 et 100 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat, Robert Bret, François Marc. - Adoption des deux amendements.
Amendements n°s 514 rectifié du Gouvernement et 544 de la commission. - MM. le secrétaire d'Etat, le rapporteur. - Retrait de l'amendement n° 544 ; adoption de l'amendement n° 514 rectifié.
Amendement n° 101 de la commission. - Adoption.
Amendements n°s 102 et 103 de la commission. - Adoption des deux amendements.
Amendement n° 104 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat, Robert Bret, Dominique Braye, François Marc, Alain Vasselle. - Adoption.
Amendement n° 515 du Gouvernement. - Adoption.
Amendement n° 105 de la commission. - Adoption.
Amendement n° 106 de la commission. - Adoption.
Amendement n° 366 de M. Bret ; amendements identiques n°s 107 de la commission et 481 rectifié de M. Vasselle. - MM. Robert Bret, le rapporteur, Alain Vasselle, le secrétaire d'Etat. - Rejet de l'amendement n° 366 ; adoption des amendements n°s 107 et 481 rectifié.
Amendements n°s 108 et 109 de la commission. - Adoption des deux amendements.
Amendements n°s 110 à 112 de la commission. - Adoption des trois amendements.
Amendements n°s 113 et 114 de la commission. - Adoption des deux amendements.
Adoption de l'article modifié.

Article 25 (p. 22 )

Amendements n°s 115 et 116 de la commission. - Adoption des deux amendements.
Amendement n° 516 du Gouvernement. - MM. le secrétaire d'Etat, le rapporteur, Yves Fréville, Paul Raoult, Alain Vasselle. - Adoption.
Amendement n° 117 de la commission. - Adoption.
Amendement n° 517 du Gouvernement. - MM. le secrétaire d'Etat, le rapporteur. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 26 (p. 23 )

Amendement n° 252 rectifié de M. Courtois. - MM. Jean-Patrick Courtois, le rapporteur, le secrétaire d'Etat, Robert Bret, Gérard Cornu, Dominique Braye, Alain Vasselle, Patrick Lassourd, Paul Raoult, Fançois Marc, Jacques Pelletier, Yves Fréville, Philippe Arnaud. - Adoption par scrutin public.
Amendement n° 118 de la commission. - Adoption.
Amendements n°s 119 de la commission et 367 de M. Bret. - MM. le rapporteur, Robert Bret, le secrétaire d'Etat. - Adoption de l'amendement n° 119, l'amendement n° 367 devenant sans objet.
Adoption de l'article modifié.

Article 27 (p. 24 )

Amendements n°s 120 à 122 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Adoption des trois amendements.
Amendements identiques n°s 123 de la commission, 253 rectifié de M. Braye et 368 de M. Bret. - MM. le rapporteur, Dominique Braye, Robert Bret, le secrétaire d'Etat, Paul Raoult. - Adoption des trois amendements.
Adoption de l'article modifié.

Article 28 (p. 25 )

Amendements n°s 124 à 126 de la commission. - Adoption des trois amendements.
Amendement n° 127 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat, Robert Bret. - Adoption.
Amendement n° 128 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat, Alain Vasselle, Paul Raoult. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 29 (p. 26 )

Amendements n°s 254 rectifié bis de M. Courtois, 129, 130 de la commission et 482 rectifié de M. Vasselle. - MM. Jean-Patrick Courtois, le rapporteur, Alain Vasselle, le secrétaire d'Etat, Dominique Braye, Gérard Cornu, Robert Bret. - Retrait de l'amendement n° 254 rectifié bis ; adoption des amendements n°s 129 et 130, l'amendement n° 482 rectifié devenant sans objet.
Adoption de l'article modifié.

Article 30 (p. 27 )

Amendements n°s 131 de la commission 156, 157 rectifié de M. Gaillard et 483 rectifié de M. Vasselle. - MM. le rapporteur, Yann Gaillard, Alain Vasselle, le secrétaire d'Etat, Robert Bret, Yves Fréville. - Rejet de l'amendement n° 131 ; adoption des amendements n°s 156, 483 rectifié et 157 rectifié.
Adoption de l'article modifié.

Article additionnel après l'article 30 (p. 28 )

Amendement n° 321 de M. Cornu. - MM. Gérard Cornu, le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Retrait.

Article 31. - Adoption (p. 29 )

Article 32 (p. 30 )

Amendement n° 132 de la commission. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 32 bis (p. 31 )

Amendements n°s 133 et 134 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Adoption des deux amendements.
Adoption de l'article modifié.

Article additionnel après l'article 32 bis (p. 32 )

Amendement n° 255 rectifié de M. René Trégouët et sous-amendement n° 563 du Gouvernement. - MM. Emmanuel Hamel, le secrétaire d'Etat, le rapporteur, Yves Fréville, Alain Vasselle. - Adoption du sous-amendement et de l'amendement modifié insérant un article additionnel.

Article 32 ter (p. 33 )

Amendement n° 135 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 32 quater (p. 34 )

Amendement n° 136 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 33. - Adoption (p. 35 )

Suspension et reprise de la séance
(p. 36 )

Article 34 (p. 37 )

Amendement n° 339 rectifié de M. Pelletier. - MM. Jacques Pelletier, le rapporteur, le secrétaire d'Etat, Robert Bret, Jean-Pierre Fourcade, Dominique Braye, Patrick Lassourd, Gérard Cornu, Joël Bourdin, Alain Vasselle. - Adoption.
Amendements identiques n°s 518 du Gouvernement et 256 rectifié de M. Braye. - MM. le secrétaire d'Etat, Dominique Braye, le rapporteur. - Adoption des deux amendements.
Amendements identiques n°s 340 rectifié de M. Pelletier et 398 de M. Emorine. - M. Robert Bret. - Adoption des deux amendements.
Amendement n° 444 de M. Peyronnet. - MM. Jean-Claude Peyronnet, le rapporteur, le secrétaire d'Etat, Robert Bret. - Rejet.
M. Joël Bourdin.
Adoption de l'article modifié.

Article 35 (p. 38 )

Amendements n°s 137 de la commission et 445 de M. Peyronnet. - MM. le rapporteur, Jean-Claude Peyronnet, le secrétaire d'Etat, Yves Fréville. - Adoption de l'amendement n° 137, l'amendement n° 445 devenant sans objet.
Amendement n° 322 rectifié de M. Braye. - MM. Dominique Braye, le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 36 (p. 39 )

Amendement n° 484 rectifié de M. Vasselle. - MM. Alain Vasselle, le rapporteur. - Retrait.
Adoption de l'article.

Article 37. - Adoption (p. 40 )

Article 38 (p. 41 )

Amendement n° 138 de la commission. - MM. le rapporteur, le ministre, Robert Bret. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 39 (p. 42 )

Amendements n°s 323 rectifié et 324 rectifié de M. Legendre. - MM. Dominique Braye, le rapporteur, le secrétaire d'Etat, Yves Fréville, Alain Vasselle, Jean-Pierre Fourcade, le rapporteur pour avis. - Retrait de l'amendement n° 323 rectifié, l'amendement n° 324 rectifié devenant sans objet.
Amendements identiques n°s 139 de la commission, 369 de M. Bret et 446 de M. Peyronnet ; amendement n° 325 rectifié de M. Legendre. - MM. le rapporteur, Robert Bret, Jean-Claude Peyronnet, le secrétaire d'Etat. - Adoption des amendements n°s 139, 369 et 446, l'amendement n° 325 rectifié étant devenu sans objet.
Amendements n°s 326 rectifié et 327 rectifié de M. Legendre. - Devenus sans objet.
Amendement n° 140 de la commission ; amendements identiques n°s 485 rectifié de M. Vasselle et 519 du Gouvernement. - MM. le rapporteur, Alain Vasselle, le secrétaire d'Etat. - Adoption de l'amendement n° 140, les amendements n°s 485 rectifié et 519 devenant sans objet.
Amendement n° 328 rectifié de M. Legendre. - Devenu sans objet.
Adoption de l'article modifié.

Article 40 (p. 43 )

Amendement n° 329 rectifié de M. Legendre. - Devenu sans objet.
Amendement n° 257 rectifié de M. Braye. - MM. Dominique Braye, le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Adoption.
Amendement n° 486 rectifié de M. Vasselle. - MM. Alain Vasselle, le rapporteur. - Retrait.
Adoption de l'article modifié.

Article 41. - Adoption (p. 44 )

Division et intitulé avant l'article 41 bis (p. 45 )

Amendement n° 159 de la commission. - MM. le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Adoption de l'amendement supprimant la division et son intitulé.

Article 41 bis (p. 46 )

Amendement n° 158 de la commission. - Adoption de l'amendement supprimant l'article.

Article 41 ter (p. 47 )

Amendement n° 141 de la commission. - Adoption.
Adoption de l'article modifié.

Article 41 quater (p. 48 )

Amendements identiques n°s 142 de la commission et 370 de M. Bret. - MM. le rapporteur, Robert Bret, le secrétaire d'Etat. - Adoption des amendements supprimant l'article.

Article additionnel avant l'article 42 (p. 49 )

Amendement n° 460 rectifié de M. Arnaud. - MM. Philippe Arnaud, le rapporteur, le secrétaire d'Etat. - Retrait.
Reprise de l'amendement n° 460 rectifié bis par M. Alain Vasselle. - MM. Alain Vasselle, Dominique Braye, Jean-Claude Peyronnet, Jacques Larché, président de la commission des lois. - Retrait.

Article 42 (p. 50 )

Amendement n° 143 de la commission. - Adoption de l'amendement rédigeant l'article.

Article 43 (p. 51 )

Amendements n°s 144 et 145 de la commission. - Adoption des deux amendements.
Adoption de l'article modifié.
Renvoi de la suite de la discussion.

3. Transmission d'une proposition de loi (p. 52 ).

4. Dépôt d'un rapport d'information (p. 53 ).

5. Ordre du jour (p. 54 ).



COMPTE RENDU INTÉGRAL

PRÉSIDENCE DE M. JEAN FAURE
vice-président

M. le président. La séance est ouverte.

(La séance est ouverte à neuf heures trente.)1

PROCÈS-VERBAL

M. le président. Le compte rendu analytique de la précédente séance a été distribué.
Il n'y a pas d'observation ?...
Le procès-verbal est adopté sous les réserves d'usage.

2

RENFORCEMENT ET SIMPLIFICATION
DE LA COOPÉRATION INTERCOMMUNALE

Suite de la discussion d'un projet de loi
déclaré d'urgence

M. le président. L'ordre du jour appelle la discussion du projet de loi (n° 220, 1998-1999), adopté par l'Assemblée nationale, après déclaration d'urgence, relatif au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale. [Rapport n° 281 (1998-1999) et avis n° 283 (1998-1999).]
Dans la discussion des articles, nous en sommes parvenus à un amendement tendant à insérer un article additionnel avant l'article 13 bis .

Article additionnel avant l'article 13 bis



M. le président.
Par amendement n° 56, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose d'insérer avant l'article 13 bis , un article additionnel ainsi rédigé :
« I. - Le deuxième alinéa de l'article L. 5212-29 du code général des collectivités territoriales est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés :
« Les biens meubles et immeubles mis à la disposition du syndicat par la commune sont restitués à celle-ci, ainsi que les droits et obligations qui s'y rattachent. Le solde de l'encours de la dette afférente à ces biens, éventuellement transféré à l'établissement public de coopération intercommunale par la commune et non remboursé à la date du retrait, est simultanément repris à sa charge par la commune.

« Pour les biens acquis ou réalisés par le syndicat postérieurement à l'adhésion de la commune et les emprunts destinés à les financer, à défaut d'accord entre les communes, le ou les représentants de l'Etat dans le ou les départements fixent les conditions du retrait, après avis du comité du syndicat et du conseil municipal de la commune intéressée. Le retrait peut être subordonné à la prise en charge par la commune d'une quote-part des annuités de dette afférentes aux emprunts contractés par le syndicat pendant la période où la commune en était membre. »
« II. - Le quatrième alinéa de l'article L. 5212-30 du code général des collectivités territoriales est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés :
« Les biens meubles et immeubles mis à la disposition du syndicat par la commune sont restitués à celle-ci, ainsi que les droits et obligations qui s'y rattachent. Le solde de l'encours de la dette afférente à ces biens, éventuellement transféré à l'établissement public de coopération intercommunale, par la commune et non remboursé à la date du retrait, est simultanément repris à sa charge par la commune.

« Pour les biens acquis ou réalisés par le syndicat postérieurement à l'adhésion de la commune et les emprunts destinés à les financer, à défaut d'accord entre les communes, le ou les représentants de l'Etat dans le ou les départements fixent les conditions du retrait, après avis du comité du syndicat et du conseil municipal de la commune intéressée. Le retrait peut être subordonné à la prise en charge par la commune d'une quote-part des annuités de dette afférentes aux emprunts contractés par le syndicat pendant la période où la commune en était membre. »
« III. - L'avant-dernier alinéa de l'article L. 5212-30 du code général des collectivités territoriales est abrogé. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale. Cet amendement tend à préciser le sort réservé aux biens meubles et immeubles mis à la disposition d'un syndicat de communes ou acquis par ce syndicat dans l'exercice des compétences qui lui sont transférées, et ce dans les différentes hypothèses de retrait dérogatoire.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable, monsieur le président.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 56, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet de loi, avant l'article 13 bis .

Article 13 bis



M. le président.
« Art. 13 bis . _ Après l'article L. 5212-29 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 5212-29-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 5212-29-1 . _ Une commune peut être autorisée, dans les conditions fixées à l'article L. 5212-29, à se retirer du syndicat ou à lui retirer une ou plusieurs des compétences qu'elle lui a déléguées en application de l'article L. 5212-16, pour adhérer à une communauté de communes ou pour permettre à la communauté de communes dont elle est membre d'étendre ses compétences. »
Par amendement n° 57, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le texte présenté par cet article pour l'article L. 5212-29-1 du code général des collectivités territoriales :
« Art. L. 5212-29-1. - Une commune peut être autorisée, par le représentant de l'Etat dans le département après avis de la commission départementale de la coopération intercommunale réunie dans les conditions prévues à l'article L. 5211-45 et dans le respect des dispositions des deuxième à quatrième alinéas de l'article L. 5212-29, à se retirer du syndicat pour adhérer à une communauté de communes ou à lui retirer une ou plusieurs des compétences qu'elle lui a déléguées en application de l'article L. 5212-16 pour les transférer à la communauté de communes dont elle est membre. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de nature purement rédactionnelle et de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 57, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 13 bis , ainsi modifié.

(L'article 13 bis est adopté.)

Article additionnel après l'article 13 bis



M. le président.
Par amendement n° 411 rectifié, Mme Bardou, MM. Althapé, Amoudry, Barnier, Besse, Descours, Faure, Ferrand, Fournier, Gouteyron, Grillot, Humbert, Jarlier, Jourdain, Natali, Vissac et Braun proposent d'insérer, après l'article 13 bis , un article additionnel ainsi rédigé :
« Dans un délai d'un an à compter de la promulgation de la présente loi, la commission départementale de la coopération intercommunale, définie à l'article L. 5211-13 du code général des collectivités territoriales, propose un schéma départemental d'harmonisation de la coopération syndicale ; celui-ci comporte notamment des propositions de simplification de la carte de syndicats intercommunaux à vocation unique, de syndicats intercommunaux à vocation multiple et de syndicats mixtes.
« Le projet de schéma est transmis, pour avis, par le président de la commission aux organes délibérant des communes et des établissements publics de coopération intercommunale concernés par les propositions de modification de l'existant. Il est également transmis, pour information au conseil général, au conseil régional et aux organes délibérants des autres communes et des autres établissements publics de coopération intercommunale, ainsi qu'aux chambres consulaires territoriales compétentes.
« Lorsqu'un projet de schéma comporte des propositions concernant des syndicats de départements différents, il est transmis, pour avis, par les présidents des différentes commissions départementales aux organes délibérants de chacune des communes et des établissements publics de coopération intercommunale concernés.
« Les communes et établissements publics de coopération intercommunale intéressés émettent, dans un délai de quatre mois, un avis sur les propositions qui les concernent.
« A l'expiration du délai de quatre mois, la commission procède, le cas échéant à une nouvelle délibération.
« Le schéma départemental d'harmonisation de la coopération syndicale est ensuite publié par arrêté du représentant de l'Etat pris sur proposition de la commission départementale de la coopération intercommunale, et fait l'objet d'une insertion dans au moins un journal local diffusé dans le département. »
La parole est à M. Althapé.
M. Louis Althapé. Cet amendement vise à provoquer une simplification de la carte syndicale, en réponse au désir largement exprimé par les élus des plus petites communes.
Lancé voilà maintenant plus d'un siècle, le développement des syndicats intercommunaux a souvent été le fruit d'une démarche cumulative, la création d'une nouvelle structure correspondant à un nouveau besoin et ne s'accompagnant pas toujours d'une réflexion sur le bien-fondé du maintien des structures préexistantes. Dans certains cas extrêmes demeurent ainsi des syndicats devenus sans objet, sans que l'on ait pris soin de les dissoudre. Pour les plus petites communes, l'appartenance à une multiplicité de syndicats finit par représenter une lourde charge en disponibilité humaine.
Il serait donc opportun de créer une dynamique non coercitive dont la finalité serait d'inviter les conseils municipaux à s'interroger sur l'opportunité de réduire le nombre de structures syndicales auxquelles ils appartiennent.
L'idée d'élaboration d'un schéma départemental d'harmonisation de la coopération syndicale s'inspire clairement de l'article 68 de la loi n° 92-125 du 6 février 1992, lequel organisait le « schéma départemental de la coopération intercommunale ». On sait en effet que ce dernier a joué un rôle non négligeable dans la dynamique de constitution des communautés de communes, et ce non parce qu'il était prescriptif mais parce qu'il a ouvert une période de réflexion partagée.
Le présent amendement s'inscrit en pleine cohérence avec les dispositions de l'article 13 du projet de loi, lequel donne à la commission départementale de la coopération intercommunale le rôle jusqu'alors dévolu à la commission de conciliation, ainsi qu'avec les dispositions de l'article 13 bis , qui vise à assouplir les conditions de retrait d'un syndicat.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission est favorable aux syndicats, qu'il s'agisse des syndicats intercommunaux à vocation unique, les SIVU, ou des syndicats intercommunaux à vocation multiple, les SIVOM, qui apportent une certaine souplesse dans l'intercommunalité. De ce fait - et je réponds là à l'intervention de notre collègue M. Althapé - moins on rigidifiera les syndicats intercommunaux, mieux cela vaudra. Si nous nous orientons vers l'élaboration d'une carte, nous pourrions aller à l'encontre de cette souplesse intercommunale que nous souhaitons tous.
Aussi, je souhaiterais que M. Althapé retire son amendement.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Je partage l'avis qui vient d'être exprimé par M. le rapporteur.
L'expérience a en effet montré que, loin de constituer des lieux de proposition, les travaux d'élaboration de ces schémas dans les commissions départementales de coopération intercommunale aboutissaient très souvent à photographier l'existant et que rien ne remplacera une application naturellement souple de la loi.
Aussi M. Althapé pourrait-il peut-être retirer son amendement.
M. le président. Monsieur Althapé, l'amendement n° 411 rectifié est-il maintenu ?
M. Louis Althapé. Je reste convaincu qu'une simplification de la carte répondrait parfaitement au souci de cohérence qui nous anime tous.
Il nous a été expliqué que la force de cette loi était, d'une part, de veiller à organiser de manière cohérente l'intercommunalité et, d'autre part, d'apurer toutes les organisations syndicales, qui sont souvent pléthoriques, dans le cadre de cette loi.
Toutefois, compte tenu des arguments convaincants de M. le rapporteur et de M. le ministre, je retire cet amendement, tout en souhaitant qu'on puisse réfléchir à cette organisation, qui est quelque peu complexe.
M. Serge Vinçon. Quelle sagesse !
M. le président. L'amendement n° 411 rectifié est retiré.

Article 14



M. le président.
« Art. 14. _ I. _ Dans l'intitulé du titre Ier du livre VII de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales, les mots : ", des syndicats de communes ou des districts" sont remplacés par les mots : "et des établissements publics de coopération intercommunale".
« II. _ A l'article L. 5711-1 du code général des collectivités territoriales, les mots : ", de syndicats de communes ou de districts" sont remplacés par les mots : "et d'établissements publics de coopération intercommunale".
« III. _ A l'article L. 5721-2 du code général des collectivités territoriales, les mots : "des communautés de villes, des communautés de communes, des communautés urbaines, des districts, des syndicats de communes" sont remplacés par les mots : "des établissements publics de coopération intercommunale".
« IV. _ Le troisième alinéa de l'article L. 5214-21 du code général des collectivités territoriales est ainsi rédigé :
« Cette dernière disposition ne modifie pas les attributions du syndicat de communes qui devient un syndicat mixte au sens de l'article L. 5711-1. Elle ne modifie pas non plus le périmètre dans lequel ce syndicat exerce ses compétences. »
Par amendement n° 58, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le IV de cet article :
« IV. - Les deux derniers alinéas de l'article L. 5214-21 du code général des collectivités territoriales sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :
« Pour l'exercice de ses compétences, la communauté de communes est également substituée aux communes qui en sont membres lorsque celles-ci sont groupées avec des communes extérieures à la communauté dans un syndicat de communes, lequel devient un syndicat mixte au sens de l'article L. 5711-1. Ni les attributions du syndicat ni le périmètre dans lequel il exerce ses compétences ne sont modifiés. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement tend à apporter une clarification rédactionnelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 58, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 14, ainsi modifié.

(L'article 14 est adopté.)

Articles additionnels avant l'article 14 bis



M. le président.
Par amendement n° 59, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose d'insérer, avant l'article 14 bis , un article additionnel ainsi rédigé :
« Après l'article L. 5721-6 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 5721-6-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 5721-6-1. - Le transfert de compétences à un syndicat mixte entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert :
« 1° Au moment de la création du syndicat : des dispositions des trois premiers alinéas de l'article L. 1321-1, des deux premiers alinéas de l'article L. 1321-2 et des articles L. 1321-3, L. 1321-4 et L. 1321-5.
« Toutefois, lorsque le syndicat mixte est compétent en matière de zones d'activité économique, les conditions financières et patrimoniales du transfert des biens immobiliers nécessaires à l'exercice de cette compétence sont décidées par accord entre les collectivités territoriales et les établissements publics de coopération intercommunale qui participent à la création du syndicat. L'affectation des personnels est décidée dans les mêmes conditions.
« Le syndicat mixte est substitué de plein droit, à la date du transfert des compétences, aux collectivités territoriales et établissements publics de coopération intercommunale dans toutes leurs délibérations et tous leurs actes. Les contrats sont exécutés dans les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf accord contraire des parties. La substitution de personne morale aux contrats conclus par les collectivités et établissements n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. La collectivité ou l'établissement qui transfère la compétence informe les cocontractants de cette substitution.
« 2° En cas d'extension ultérieure des compétences ou du périmètre du syndicat : des dispositions des premier et dernier alinéas du 1° du présent article.
« Toutefois, lorsque le syndicat mixte est compétent en matière de zones d'activité économique, les conditions financières et patrimoniales du transfert des biens immobiliers nécessaires à l'exercice de cette compétence sont décidées dans les conditions fixées par les statuts du syndicat et, à défaut, par délibérations concordantes du comité du syndicat mixte et des organes délibérants des collectivités et établissements membres. L'affectation des personnels est décidée dans les mêmes conditions. »
Cet amendement est assorti d'un sous-amendement n° 510, présenté par le Gouvernement, et tendant, à la fin de la première phrase du dernier alinéa de l'amendement n° 59, à remplacer les mots : « établissements membres » par les mots : « établissements publics de coopération intercommunale membres ».
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 59.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement tend, dans un souci d'harmonisation, à transposer aux syndicats mixtes dits « ouverts » le régime applicable aux conséquences patrimoniales et financières liées à un transfert de compétences prévu pour les établissements publics de coopération intercommunale par les articles 21 et 24 du projet de loi.
M. le président. La parole est à M. le ministre, pour défendre le sous-amendement n° 510 et pour donner l'avis du Gouvernement sur l'amendement n° 59.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Le Gouvernement est favorable à l'amendement n° 59.
Le sous-amendement n° 510 tend simplement à apporter une clarification. S'agissant des syndicats mixtes qui peuvent compter toutes sortes d'établissements parmi leurs membres, notamment des chambres consulaires, il n'est pas inutile de préciser que les transferts de biens, équipements et services publics visés à l'amendement n° 59 ne peuvent concerner que les établissements publics de coopération intercommunale puisqu'ils sont la conséquence de transferts de compétences qui, à l'origine, étaient des compétences communales.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur le sous-amendement n° 510 ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix le sous-amendement n° 510, accepté par la commission.

(Le sous-amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix, ainsi modifié, l'amendement n° 59, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet de loi, avant l'article 14 bis.
Par amendement n° 60, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose d'insérer, avant l'article 14 bis, un article additionnel ainsi rédigé :
« Après l'article L. 5721-6 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 5721-6-2 ainsi rédigé :
« Art. L. 5721-6-2. - Le retrait d'un syndicat mixte ou, lorsque les statuts du syndicat le permettent, le retrait d'une ou plusieurs compétences transférées à un syndicat mixte s'effectue dans les conditions fixées à l'article L. 5211-25-1. Lorsque les biens meubles et immeubles ont été acquis ou réalisés ou lorsque la dette a été contractée, postérieurement au transfert de compétence, la répartition de ces biens ou du produit de leur réalisation ainsi que celle du solde de l'encours de la dette est fixée, à défaut d'accord, par arrêté du ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit également d'un amendement d'harmonisation avec le régime applicable aux établissements publics de coopération intercommunale.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 60, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet de loi, avant l'article 14 bis.

Article 14 bis



M. le président.
« Art. 14 bis . _ Après l'article L. 5721-7 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 5721-8 ainsi rédigé :
« Art. L. 5721-8 . _ Une commune peut être autorisée par le représentant de l'Etat dans le département, après avis de la commission départementale de coopération intercommunale composée des seuls élus par les collèges visés aux 1° et 2° de l'article L. 5211-43, à se retirer d'un syndicat mixte, ou à lui retirer une ou plusieurs des compétences qu'elle lui a déléguées lorsque les statuts du syndicat le permettent, pour adhérer à une communauté de communes ou pour permettre à la communauté de communes dont elle est membre d'étendre ses compétences.

« A défaut d'accord entre la commune et le comité syndical, le représentant de l'Etat dans le département fixe les conditions du retrait, en particulier en matière financière et patrimoniale, après avis du comité syndical et du conseil municipal de la commune intéressée.
« Lorsqu'un emprunt restant à la charge de la commune admise à se retirer fait l'objet d'une mesure de nature à en diminuer le montant, l'annuité due par cette commune est réduite à due concurrence. »
Par amendement n° 61, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit cet article :
« Avant l'article L. 5721-7 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 5721-6-3 ainsi rédigé :
« Art. L. 5721-6-3. - Une commune peut être autorisée par le représentant de l'Etat dans le département, après avis de la commission départementale de la coopération intercommunale réunie dans les conditions prévues au second alinéa, à se retirer d'un syndicat mixte pour adhérer à une communauté de communes ou, lorsque les statuts du syndicat le permettent, à lui retirer une ou plusieurs compétences qu'elle lui a déléguées pour les transférer à la communauté de communes dont elle est membre, dans les conditions prévues aux deuxième, troisième et quatrième alinéas de l'article L. 5212-29.
« La commission départementale de la coopération intercommunale est consultée en formation restreinte composée du quart des membres élus par le collège visé au 1° de l'article L. 5211-43, dont deux membres issus des conseils municipaux des communes de moins de 2 000 habitants, du quart des membres élus par le collège visé au 2° de l'article L. 5211-43, d'un représentant du conseil général lorsque le département est membre du syndicat et d'un représentant du conseil régional lorsque la région est membre du syndicat. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement prévoit une réécriture de l'article 14 bis afin de tenir compte de l'harmonisation du régime applicable aux conséquences patrimoniales liées à un retrait ou à un transfert de compétences. Il modifie de ce fait l'insertion de ces dispositions dans le code général des collectivités territoriales, afin de permettre une meilleure lisibilité du texte.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 61, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'article 14 bis est ainsi rédigé.

Article 14 ter



M. le président.
« Art. 14 ter . _ Le deuxième alinéa de l'article L. 5721-2 du code général des collectivités territoriales est complété par deux phrases ainsi rédigées :
« Aucune des collectivités territoriales ou des établissements publics membres du syndicat mixte ne peut disposer d'un nombre de sièges lui donnant la majorité absolue au sein du comité syndical. Cette disposition prend effet à compter du renouvellement général des conseils municipaux qui suit la publication de la loi n° du relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale. »
Par amendement n° 62, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de supprimer cet article.
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. L'article 14 ter , s'il était maintenu dans sa rédaction actuelle, interdirait aux membres d'un syndicat mixte dit « ouvert » de détenir une majorité de sièges au sein de l'organe délibérant. Notre amendement tend à pérenniser la souplesse du régime applicable dans ce domaine. Or, la souplesse et la simplification sont deux principes auxquels nous avons adhéré dès le début de ce débat.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Le Gouvernement s'en remet à la sagesse de la Haute Assemblée.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 62.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Monsieur le rapporteur, l'article 14 ter que vous proposez de supprimer introduit des notions de démocratie dans la répartition des membres du comité syndical. En supprimant cet article, vous irez donc à l'encontre d'une représentation démocratique au sein de ce comité.
Alors que la commission des lois, depuis le début de l'examen de ce projet de loi, nous propose des amendements qui contribuent au respect de l'autonomie communale, pourquoi refuser d'étendre le pouvoir de contrôle des communes au sein des syndicats ?
L'amendement n° 62 nous paraît contraire aux objectifs que cherche à atteindre la commission quand elle souhaite faire respecter le principe du libre choix des communes. Ce libre choix ne doit pas se cantonner à la décision de transfert de compétence concomitante à la création d'une structure de coopération ; il doit également s'étendre au fonctionnement des syndicats qui ne pourront être respectueux des choix politiques des communes que si ces dernières sont partie prenante de la vie du syndicat.
A cette fin, vous conviendrez qu'il est préférable qu'aucune commune membre du syndicat ne puisse, à elle seule, détenir la majorité des sièges au comité syndical, sinon sa volonté s'impose aux autres et la démocratie est inexistante. Aussi, je vous demande, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, de maintenir l'article14 ter, qui constitue un premier pas vers la démocratisation des syndicats.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 62, pour lequel le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'article 14 ter est supprimé.

Article 15



M. le président.
« Art. 15. _ I. _ Le septième alinéa de l'article L. 5212-33 du code général des collectivités territoriales est ainsi rédigé :
« L'arrêté ou le décret de dissolution détermine, dans le respect des dispositions de l'article L. 1321-9 et sous la réserve des droits des tiers, les conditions dans lesquelles le syndicat est liquidé. »
« II. _ Au septième alinéa de l'article L. 5721-7 du code général des collectivités territoriales, avant les mots : "sous la réserve des droits des tiers" sont insérés les mots : "dans le respect des dispositions de l'article L. 1321-9 et". »
« III. _ A l'article L. 5811-1 du code général des collectivités territoriales, les mots : "L. 5212-1 à L. 5212-4" sont remplacés par les mots : "L. 5212-1, L. 5212-2 et L. 5212-4". »
Je suis saisi de deux amendements, présentés par M. Hoeffel, au nom de la commission des lois.
L'amendement n° 63 a pour objet de rédiger comme suit le II de cet article :
« II. - L'article L. 5721-7 du code général des collectivités territoriales est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Le décret ou l'arrêté détermine, dans le respect du droit des tiers et des dispositions de l'article L. 5211-25-1, les conditions de liquidation du syndicat. »
L'amendement n° 64 tend à supprimer le III de l'article 15.
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre ces deux amendements.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. L'amendement n° 63 vise simplement à corriger une omission, puisque le même régime juridique concernant la répartition des biens et du solde de l'encours de la dette doit s'appliquer à la dissolution prononcée par arrêté préfectoral à la demande unanime des membres du syndicat et à la dissolution intervenant d'office.
Quant à l'amendement n° 64, nous estimons que la coordination qu'il prévoit trouve naturellement sa place à l'article 21, et non à l'article 15 dont nous débattons à l'heure actuelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 63 et 64.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 63, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 64, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 15, modifié.

(L'article 15 est adopté.)

Article 16



M. le président.
« Art. 16. _ I. _ L'article L. 5721-4 du code général des collectivités territoriales est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Leur sont également applicables les dispositions des chapitres II et VII du titre unique du livre VI de la première partie relatives au contrôle budgétaire et aux comptables publics. »
« II. _ L'article L. 5722-1 du code général des collectivités territoriales est ainsi rédigé :
« Art. L. 5722-1 . _ Les dispositions du livre III de la deuxième partie et celles des articles L. 3312-1, L. 3312-2 et L. 3341-1 sont applicables aux syndicats mixtes mentionnés à l'article L. 5721-2 sous réserve des dispositions des articles ci-après.
« Les dispositions de l'article L. 2313-1 s'appliquent aux syndicats mixtes mentionnés à l'article L. 5721-2. Les documents budgétaires sont mis à la disposition du public au siège de l'établissement et des mairies concernées. Lorsque les syndicats mixtes comprennent au moins un département ou une région, les documents budgétaires sont également consultables au siège des conseils généraux et des conseils régionaux intéressés. »
Par amendement n° 155, M. Gaillard propose de compléter le second alinéa du I de cet article par les mots : « ainsi que celles de l'article L. 5211-56. »
Cet amendement est-il soutenu ?...
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 16.

(L'article 16 est adopté.)

Chapitre V

Dispositions communes aux établissements publicsde coopération intercommunale

Article 17



M. le président.
« Art. 17. _ L'article L. 5111-3 du code général des collectivités territoriales est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre se transforme en un autre établissement public de coopération à fiscalité propre, cette transformation n'entraîne pas l'application des règles relatives à la création d'une nouvelle personne morale. »
Par amendement n° 412 rectifié, Mme Bardou, MM. Althapé, Amoudry, Barnier, Besse, Descours, Faure, Ferrand, Fournier, Gouteyron, Grillot, Humbert, Jarlier, Jourdain, Natali, Vissac et Braun proposent de compléter le second alinéa de cet article par une phrase ainsi rédigée : « Le maintien d'une même personne morale est également de droit lorsqu'un syndicat de communes préalablement doté des compétences stipulées à l'article L. 5214-16 se transforme en une communauté de communes portant sur le même périmètre. »
La parole est à M. Althapé.
M. Louis Althapé. Cet amendement vise à élargir la disposition de l'article L. 5111-3 selon laquelle, dans certains cas, la transformation d'un groupement en un second groupement ne s'accompagne pas de la création d'une nouvelle personne morale. Il prévoit de l'étendre au cas de la transformation, à périmètre inchangé, d'un syndicat intercommunal à vocation multiple en une communauté de communes, dès lors que le syndicat dispose au minimum des compétences obligatoires des communautés de communes.
Il apporte une réponse concrète à un problème souvent rencontré dans les territoires peu denses où la volonté de mettre en place des formes abouties de coopération - communauté de communes - se heurte à l'écueil d'une complexité administrative, facilement surmontée par les collectivités bien dotées en appuis techniques, mais moins bien vécue par celles qui sont pauvres en ressources humaines.
En cela, il concourt explicitement à ce que le présent texte s'attache à faciliter la poursuite de la dynamique intercommunale dans les nombreux territoires ruraux où la pratique de la coopération demeure circonscrite à ses formes syndicales.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Nous estimons que le projet de loi prévoit déjà la continuité de personne morale en cas de transformation d'un EPCI à fiscalité propre, ce qui permettra d'éviter de reprendre de nouvelles délibérations fiscales. Mais l'extension de cette règle aux syndicats de communes peut néanmoins avoir son intérêt, et c'est la raison pour laquelle nous souhaiterions connaître l'avis du Gouvernement sur cet amendement.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Comme vient de le faire remarquer M. le rapporteur, le projet de loi réserve aux établissements publics à fiscalité propre, et à eux seulement, la possibilité de se transformer en une catégorie plus intégrée, par la voie d'une procédure simplifiée.
En l'occurrence, je me ferai le défenseur des communes. Me tournant vers M. Althapé, je me demande s'il serait bien raisonnable de les engager dans un processus de fiscalité à deux niveaux sans qu'elles aient pu en délibérer, car, vous le savez, les syndicats sont financés par des contributions budgétaires librement définies dans le pacte statutaire. En étendant cette disposition à tous les syndicats, on contournerait en quelque sorte la volonté des communes en allant bien au-delà de la transformation d'établissements à fiscalité propre. A cet égard, nous devons tout de même être plus précautionneux.
M. le président. Quel est maintenant l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. J'ai dit à peu près tout ce que j'étais en mesure de dire. Il appartient à M. Althapé de déterminer si ce texte, déjà lourd, peut se passer d'une disposition supplémentaire ou si, au contraire, cette disposition supplémentaire est indispensable.
M. le président. Monsieur Althapé, l'amendement n° 412 rectifié est-il maintenu ?
M. Louis Althapé. Lourde responsabilité !
Je comprends la réserve de la commission ; j'entends aussi les arguments de M. le ministre. Mais je rappelle que le souci qui avait inspiré cet amendement était tout simplement de simplifier. Il est vrai que, notamment en milieu montagnard, et par là même rural, on constate souvent quelques difficultés d'organisation. Dans mon esprit, la disposition proposée faisait une transition pratique. En effet, puisque, de toute manière, les communes se retrouvaient dans un syndicat de communes, on pouvait facilement imaginer que le transfert sur une communauté de communes ne poserait pas de grands problèmes.
Je suis un peu déchiré, monsieur le président ! Mais, au nom de cette sagesse qui trouve à s'exprimer si fortement ici, je me sens autorisé à retirer cet amendement, en espérant qu'il aura tout de même été l'occasion de mettre l'accent sur la difficulté qu'il y a, dans des structures tout de même peu importantes, à instaurer un mécanisme comme celui de la communauté de communes.
Je retire donc cet amendement.
M. le président. Bien que la présidence soit vouée au mutisme, sachez, monsieur Althapé, que vous n'êtes pas seul à éprouver ce sentiment.
L'amendement n° 412 rectifié est retiré.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 17.

(L'article 17 est adopté.)

Article 18



M. le président.
« Art. 18. _ Après l'article L. 5210-1 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 5210-2 ainsi rédigé :
« Art. L. 5210-2 . _ Une commune ne peut appartenir à plus d'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre. » - (Adopté.)

Article 19



M. le président.
« Art. 19. _ I. _ Le chapitre Ier du titre Ier du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales, intitulé : "Dispositions communes", comporte dix sections :
« _ la section 1 "Règles générales" anciennement intitulée : "Organisation et fonctionnement" ;
« _ une section 2 nouvelle intitulée : "Création" ;
« _ une section 3 nouvelle intitulée : "Organes et fonctionnement" ;
« _ une section 4 nouvelle intitulée : "Conditions d'exercice des mandats des membres des conseils ou comités" ;
« _ une section 5 nouvelle intitulée : "Modifications statutaires" ;
« _ la section 6 "Dispositions financières" constituée de l'ancienne section 4 ;
« _ une section 7 nouvelle intitulée : "Transformation" ;
« _ la section 8 "Commission départementale de la coopération intercommunale" constituée de l'ancienne section 2 ;
« _ la section 9 "Information et participation des habitants" constituée de l'ancienne section 3 ;
« _ une section 10 nouvelle intitulée : "Dispositions diverses". »
Par amendement n° 65, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de supprimer cet article.
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission propose de supprimer cet article, qui ne paraît pas avoir de portée normative. La nouvelle structure du chapitre relatif aux dispositions communes résulte naturellement des articles suivants du projet de loi tels qu'ils sont amendés par la commission des lois.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 65.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Cet article a au moins le mérite de rendre lisible la réorganisation du code général des collectivités territoriales. Aussi, je ne comprends pas cette volonté de le supprimer.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 65, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'article 19 est supprimé.

Article 20



M. le président.
« Art. 20. _ La section 1 "Règles générales" comporte les articles L. 5211-1 à L. 5211-4.
« Dans le premier alinéa de l'article L. 5211-1 et dans l'article L. 5211-2, les mots : "organe délibérant" sont remplacés par les mots : "assemblée délibérante". »
Je suis saisi de deux amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 66, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit cet article :
« La section 1 du chapitre Ier du titre Ier du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales est intitulée : "Règles générales" et comporte les articles L. 5211-1 à L. 5211-4. »
Par amendement n° 362, MM. Bret, Foucaud et les membres du groupe communiste républicain et citoyen proposent de compléter l'article 20 par un alinéa ainsi rédigé :
« Après les mots : "communes de 3 500 habitants et plus" la fin du second alinéa de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales est supprimée. »
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 66.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de réécriture purement formel, qui vise, en outre, à supprimer la référence à l'assemblée délibérante de l'EPCI - établissement public de coopération intercommunale -, la notion d'organe délibérant paraissant devoir être retenue s'agissant d'un établissement public.
M. le président. La parole est à M. Bret, pour défendre l'amendement n° 362.
M. Robert Bret. Cet amendement reprend, mais en des termes quelque peu différents, une proposition émise par les députés du groupe communiste de l'Assemblée nationale.
Il s'agit de permettre aux EPCI d'établir leur propre règlement intérieur, quelle que soit, par ailleurs, la taille des communes participantes.
En effet, la rédaction actuelle de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales ne prévoit cette possibilité que pour les communautés d'agglomération comprenant en leur sein une commune de 3 500 habitants et plus.
Loin de représenter une contrainte excessive pour les EPCI, l'obligation de mettre en place un règlement intérieur, précisant les règles de fonctionnement de l'établissement ne peut que contribuer à introduire davantage de transparence dans les rapports parfois complexes, voire obscurs, qui caractérisent le processus décisionnel.
L'opacité dans ce domaine, nous le savons tous, peut rendre réticentes certaines communes à franchir le pas de l'intercommunalité. En outre, appliquer un traitement identique à tous les EPCI, sans discrimination, doit permettre d'orienter notre structure intercommunale vers plus de simplicité. Tel est, me semble-t-il, l'objet du présent projet de loi.
S'il n'est pas souhaitable d'engager les regroupements de communes vers un modèle de représentativité directe qui annihilerait les principes et les valeurs propres de la démocratie communale, il paraît, en revanche, tout à fait légitime d'introduire davantage de souplesse et de clarté dans les conditons de fonctionnement de l'intercommunalité. A cet égard, l'établissement d'un règlement intérieur est garant, tout à la fois, de la réussite des EPCI, mais aussi de la libre détermination des conseils municipaux. Si la démocratie n'est certes pas l'apanage des seules assemblées communales, encore faut-il s'assurer du respect par tous les EPCI des règles minimales en termes de pratique démocratique.
C'est pourquoi nous vous invitons, mes chers collègues, à adopter cet amendement.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur l'amendement n° 362 ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Actuellement, le code général des collectivités territoriales soumet les EPCI à certaines règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus en ce qui concerne le fonctionnement de l'organe délibérant à la condition qu'ils comprennent au moins une commune de 3 500 habitants et plus. Nous estimons que ce seuil doit être maintenu pour préserver la souplesse dans la manière d'informer les communes les plus petites. Selon nous, souplesse et information peuvent aller parfaitement de pair. N'enfermons pas les communes les plus modestes dans un carcan de procédures qui, finalement, ne favoriseraient pas la circulation d'une information à la portée de ces communes.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 66 et 362 ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. L'amendement présenté par M. Bret introduit, je le crains, des dispositions trop contraignantes. Il est préférable de s'en remettre à l'initiative des membres des assemblées concernées pour élaborer leur règlement intérieur, si le besoin s'en fait sentir.
Quant à l'amendement n° 66, il s'agit d'un amendement de coordination. Le Gouvernement émet donc un avis favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 66, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'article 20 est ainsi rédigé et l'amendement n° 362 n'a plus d'objet.

Article additionnel après l'article 20



M. le président.
Par amendement n° 442, MM. Peyronnet, Bony, Charasse, Godard, Marc et les membres du groupe socialiste et apparentés proposent d'insérer, après l'article 20, un article additionnel ainsi rédigé :
« I. - Le huitième alinéa de l'article L. 142-3 du code de l'urbanisme est ainsi rédigé :
« Lorsque la commune fait partie d'un établissement public de coopération intercommunale y ayant vocation ou d'un établissement public foncier au sens de l'article L. 324-1 du code de l'urbanisme, elle peut, en accord avec cet établissement, lui déléguer ce droit. »
« II. - Dans la première phrase du neuvième alinéa du même article, après les mots : "dont la gestion est confiée, à l'Etat, à une collectivité territoriale", sont insérés les mots : "à un établissement public foncier, au sens de l'article L. 324-1 du code de l'urbanisme". »
La parole est à M. Marc.
M. François Marc. Les établissements publics fonciers locaux, groupements de communes auxquels peuvent être associés les départements, sont autorisés, aux termes de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, à acquérir par négociation amiable ou par voie d'expropriation les immeubles nécessaires à la création d'espaces naturels.
La loi d'orientation pour la ville, qui a créé ces établissements, a omis de leur déléguer le droit de préemption en espace naturel sensible. La modification proposée pour l'article L. 142-3 du code de l'urbanisme autoriserait ces délégations, sous réserve que le département délégataire soit adhérent à ce type d'établissement. Cet apport constituerait un outil complémentaire d'intervention en matière d'intercommunalité.
Selon nos informations, il existerait, à l'heure actuelle, en France, seulement deux établissements publics fonciers de ce type : l'un dans le Puy-de-Dôme, l'autre en région parisienne.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Le problème est de savoir si les établissements publics fonciers ont leur place dans un texte relatif à l'intercommunalité.
L'article L. 142-3 du code de l'urbanisme permet déjà à une commune de déléguer le droit de préemption à un EPCI. En tout état de cause, cela est acquis.
Les établissements publics fonciers sont des établissements publics locaux à caractère industriel et commercial. Faut-il, compte tenu de la différence de nature, les prendre en compte dans le cadre de cet article ?
J'estime préférable que le texte sur l'intercommunalité concerne l'intercommunalité et elle seule, étant donné que la délégation possible du droit de préemption est en tout état de cause déjà acquise.
Ces assurances étant données en séance publique et figurant donc au procès-verbal, j'invite M. Marc à retirer son amendement.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Le Gouvernement a annoncé le dépôt d'un projet de loi relatif à l'urbanisme et au logement dans lequel la disposition proposée trouverait naturellement beaucoup mieux sa place que dans ce projet de loi, dont l'objet est tout différent. Il souhaite donc également le retrait de cet amendement.
M. le président. Monsieur Marc, l'amendement n° 442 est-il maintenu ?
M. François Marc. Totalement rassuré par les éléments d'information que vient de nous apporter M. le ministre, je retire cet amendement.
M. le président. L'amendement n° 442 est retiré.

Article 21



M. le président.
« Art. 21. _ 1° La section 2 "Création" est composée d'un article L. 5211-5 ainsi rédigé :
« Art. L. 5211-5 . _ I. _ Sans préjudice des dispositions de l'article L. 5212-2, le périmètre de l'établissement public de coopération intercommunale peut être fixé par arrêté du représentant de l'Etat dans le département lorsque les communes font partie du même département ou par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements concernés dans le cas contraire :
« 1° Soit à l'initiative d'un ou de plusieurs conseils municipaux demandant la création de l'établissement public de coopération intercommunale, dans un délai de deux mois à compter de la première délibération transmise par un conseil municipal ;
« 2° Soit à l'initiative du ou des représentants de l'Etat.
« Cet arrêté dresse la liste des communes intéressées.
« A compter de la notification de cet arrêté, le conseil municipal de chaque commune concernée dispose d'un délai de trois mois pour se prononcer. A défaut de délibération dans ce délai, celle-ci est réputée favorable.
« Le périmètre de l'établissement public de coopération intercommunale ne peut être identique à celui d'un département.
« II. _ La création de l'établissement public de coopération intercommunale peut être décidée par arrêté du ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés après accord sur l'arrêté dressant la liste des communes. Cet accord doit être exprimé par deux tiers au moins des conseils municipaux des communes intéressées représentant plus de la moitié de la population totale de celles-ci, ou par la moitié au moins des conseils municipaux des communes représentant les deux tiers de la population.
« Cette majorité doit nécessairement comprendre :
« 1° Pour la création d'un syndicat ou d'une communauté de communes, les conseils municipaux des communes dont la population est supérieure au quart de la population totale concernée ;
« 2° Pour la création d'une communauté d'agglomération ou d'une communauté urbaine, le conseil municipal de la commune dont la population est supérieure à la moitié de la population totale concernée.
« III. _ Les conditions financières et patrimoniales des transferts de compétences, et des transferts de biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi que l'affectation des personnels sont décidées par délibérations des conseils municipaux des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale, à la majorité requise pour sa création.
« Le transfert de compétences entraîne le transfert à l'établissement public de coopération intercommunale de l'ensemble des droits et obligations attachés, à la date de la création, aux compétences, aux biens, aux équipements et aux services publics transférés. L'établissement est substitué de plein droit, à cette date, aux communes qui le créent dans toutes les délibérations et tous les actes de ces dernières.
« La substitution de personne morale aux contrats conclus par les communes n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. Les contrats sont exécutés dans les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf délibération contraire de l'établissement public de coopération intercommunale.
« IV. _ Sans préjudice des dispositions de l'article L. 5212-4, l'arrêté de création détermine le siège de l'établissement public de coopération intercommunale. »
« 2° A l'article L. 5212-4, les mots : "d'autorisation" sont remplacés par les mots : "de création" et les mots : "visé à l'article L. 5212-3" sont supprimés ; à l'article L. 5214-27, les mots : "prévues au second alinéa de l'article L. 5214-2" sont remplacés par les mots : "qualifiée requises pour la création de la communauté".
« 3° Le deuxième alinéa de l'article L. 5212-2, les articles L. 5212-3, L. 5214-2, L. 5214-3, L. 5215-2, L. 5215-3 et L. 5215-25 sont abrogés. »
Par amendement n° 67, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le premier alinéa de cet article :
« 1° La section 2 du chapitre 1er du titre 1er du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales est intitulée : "Création" et comporte un article L. 5211-5 ainsi rédigé : ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'une réécriture formelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 67, accepté par le Gouvernement.
(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis saisi de trois amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 363, MM. Bret, Foucaud, Mme Beaudeau, M. Bécart, Mmes Bidard-Reydet, Borvo, MM. Duffour, Fischer, Le Cam, Lefebvre, Mme Luc, MM. Renar, Ralite, Mme Terrade et M. Vergès proposent de remplacer les trois premiers alinéas du I du texte présenté par l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales par un alinéa ainsi rédigé :
« Sur l'initiative d'un ou plusieurs conseils municipaux demandant la création d'un établissement public de coopération intercommunale, le ou les représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés fixent par arrêté la liste des communes intéressées, sans préjudice des dispositions de l'article L. 5212-2. »
Par amendement n° 68, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le deuxième alinéa (1°) du I du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales :
« 1° Soit, dans un délai de deux mois à compter de la première délibération transmise, à l'initiative d'un ou de plusieurs conseils municipaux demandant la création d'un établissement public de coopération intercommunale ; ».
Par amendement n° 69, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de compléter le troisième alinéa (2°) du I du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales par les mots :
« , après avis de la commission départementale de la coopération intercommunale ».
Cet amendement est assorti d'un sous-amendement n° 390 rectifié, présenté par MM. Girod, Bimbenet, Cabanel, Fourcade, François-Poncet, Joly, de Montesquiou, Othily, Pelletier et Vallet, et visant au début du second alinéa de l'amendement n° 69, après les mots : ", après avis", à insérer le mot : "conforme".
La parole est à M. Bret, pour défendre l'amendement n° 363.
M. Robert Bret. L'article 21 vise à introduire une modification importante dans notre législation, puisqu'il tend à octroyer pour la première fois un droit d'initiative au préfet pour favoriser la création d'un EPCI là où le droit actuel ne le reconnaît que pour les seules communes.
Force est de constater que cette disposition, dont l'objectif est d'accélérer le regroupement intercommunal, semble quelque peu oublier la logique de notre organisation territoriale.
Il est à craindre, en effet, au préjudice des principes de la décentralisation, un retour en force de l'Etat centralisateur dans la détermination de notre structure territoriale qui relève aujourd'hui de la libre initiative des assemblées municipales.
Cette nouvelle compétence donnée aux seuls préfets d'impulser le regroupement de plusieurs communes n'est-elle pas contradictoire avec le souci, que nous partageons tous par ailleurs, de promouvoir une intercommunalité de projet ?
Or, il y a tout lieu de s'interroger sur le fait de savoir si le représentant de l'Etat est mieux à même de définir a priori la nature et le périmètre de l'EPCI, voire son utilité, avant même que les communes intéressées n'aient elles-mêmes manifesté la volonté de s'associer.
Si nous partageons effectivement l'idée selon laquelle l'Etat doit être en mesure d'assurer la cohérence, la simplification et la viabilité des structures intercommunales sous toutes ses formes, en revanche, nous formulons quelques réserves sur l'opportunité de confier aux préfets le soin d'orienter ou d'inciter les communes à aller vers tel ou tel type de regroupement.
Il paraît essentiel, à nos yeux, d'asseoir l'intercommunalité sur l'engagement volontaire et librement consenti des communes participantes, et de ne pas permettre à une quelconque tutelle administrative de leur montrer le chemin à suivre.
L'amendement n° 363 vise à préserver l'équilibre de nos institutions, l'initiative de la création d'un EPCI appartenant aux communes selon certaines modalités et le représentant de l'Etat ayant à charge notamment d'arrêter la liste des communes candidates.
La rédaction proposée à travers ce projet de loi peut apparaître, à notre sens, comme une forme d'injonction de l'Etat aux communes qui hésitent à se regrouper.
C'est pourquoi, mes chers collègues, nous vous proposons d'adopter cet amendement, qui s'inscrit dans le prolongement des lois de décentralisation de 1982.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur, pour défendre les amendements n°s 68 et 69.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. L'amendement n° 68 vise à une simple clarification rédactionnelle.
Quant à l'amendement n° 69, il concerne un problème d'une autre nature, qui n'est pas sans lien avec la question soulevée dans l'amendement n° 363 : il tend à préciser que le préfet ne pourra fixer le périmètre de l'établissement public de coopération intercommunale qu'après avis de la commission départementale de la coopération intercommunale, la CDCI.
Il s'agit, tout en préservant les prérogatives du préfet, d'encadrer ces dernières. Il nous paraît normal d'impliquer dans le processus de création d'un EPCI cette commission, composée d'élus, commission qu'il convient d'ailleurs de réanimer dans beaucoup de départements.
M. le président. Le sous-amendement n° 390 rectifié est-il soutenu ?...
Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 363, 68 et 69 ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Quelque désir que j'aie de satisfaire les voeux du représentant du groupe communiste républicain et citoyen, je voudrais faire part à ce dernier de ma perplexité quant au contenu même de l'amendement n° 363, qui tend à supprimer le pouvoir d'initiative du préfet.
Je comprends qu'on ait pu cultiver jadis l'illusion selon laquelle chaque commune serait en quelque sorte maîtresse de ses destinées et atteindrait par elle-même l'optimum.
Mais ce qui était pensable en 1871 l'est-il encore aujourd'hui ? Peut-on faire l'impasse sur le rôle de l'Etat républicain, qui a vocation à défendre l'intérêt général, à formuler un certain nombre de propositions ? Pensez-vous que les équilibres souhaitables s'établissent naturellement par un concours spontané de volonté ? Non, nous ne croyons plus cela !
L'idée républicaine a fait suffisamment de chemin, elle a pris assez de force et elle est suffisamment élaborée aujourd'hui pour que chacun s'accorde à reconnaître que ce pouvoir d'initiative, qui n'est, je le rappelle, qu'un pouvoir de proposition, peut jouer un rôle de catalyseur. Ensuite, ce sont les conseils municipaux qui décident. Là est la garantie de la démocratie.
Par conséquent, j'ai le grand regret d'émettre, au nom du Gouvernement, un avis défavorable sur l'amendement n° 363.
Je suis favorable à l'amendement n° 68 qui vise à proposer une nouvelle rédaction du deuxième alinéa de l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales.
Quant à l'amendement n° 69, je crains qu'il n'introduise une lourdeur nouvelle. N'allons-nous pas créer des contraintes inopportunes ?
MM. Daniel Hoeffel, rapporteur, et Michel Mercier, rapporteur pour avis de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la nation. Nécessaires !
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. La consultation doit intéresser les communes concernées. Faut-il rassembler toutes les communes au niveau de la commission départementale de la coopération intercommunale ?
M. Michel Mercier, rapporteur pour avis. Il faut une vue globale.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Je me méfie de ce qui est global !
A mon grand regret, j'émets donc un avis défavorable sur l'amendement n° 69.
M. Jacques Larché. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. Jacques Larché.
M. Jacques Larché. Je reprends le sous-amendement n° 390 rectifié, qui n'a pas été soutenu, monsieur le président.
M. le président. Je suis donc saisi d'un sous-amendement n° 390 rectifié bis , présenté par M. Jacques Larché, et tendant, au début du second alinéa de l'amendement n° 69, après les mots : « , après avis », à insérer le mot : « conforme ».
La parole est à M. Jacques Larché.
M. Jacques Larché. Je reprends à titre personnel ce sous-amendement non seulement parce qu'il a été accepté par la commission des lois, mais aussi parce que mon ami Paul Girod ne peut être présent ce matin dans cet hémicycle en raison de la réunion des conseillers généraux en congrès. Le Gouvernement n'a pas eu la courtoisie de répondre à notre demande (M. le ministre marque son étonnement) - ce n'est d'ailleurs pas auprès de vous que ce souhait a été formulé, monsieur le ministre - de faire en sorte qu'un projet de loi sur l'intercommunalité ne soit pas examiné au Sénat alors que les conseilleurs généraux tenaient un congrès dont la date était fixée depuis fort longtemps. C'est vraiment regrettable ! Mais c'est un simple détail, monsieur le ministre.
Je reprends ce sous-amendement parce que nous sommes confrontés là aux problèmes fondamentaux de ce texte.
Hier, nous avons débattu d'une perspective qui pourrait se dégager à long terme : à partir du moment où des transferts de compétences s'effectueront, et ce normalement, apparaîtra sans doute un jour - nous l'avons tous dit au cours d'un débat de grande qualité - et peut-être de manière logique, la revendication du suffrage universel.
Dans le même temps, un parfum quelque peu centralisateur se dégage de ce projet de loi, et c'est à cet égard que nous souhaitons marquer notre désaccord. En effet, l'intercommunalité est l'affaire de ceux qui se rassemblent en son sein : c'est à partir de leurs décisions que les réalisations doivent intervenir.
Si les préfets, quels qu'ils soient - ils font leur métier de manière intellectuellement honnête, nous le savons - ont en quelque sorte un pouvoir d'incitation, ce dernier ne sera pas sans effet. Compte tenu du fait que les regroupements proposés n'admettent pas l'enclave - c'est un point important de la perspective de l'intercommunalité - des rassemblements pourront se constituer contre la volonté de certaines communes. Par conséquent, l'intervention du préfet, qui est légitime, doit être assortie de l'avis conforme de la commission départementale de la coopération intercommunale, de telle sorte qu'une réelle coopération, à laquelle personne ne se refuse, s'installe entre le représentant de l'Etat et les représentants des collectivités territoriales, dans la perspective de cette opération.
J'ai dit, dans la discussion générale, que nous allions réécrire la carte des collectivités territoriales. C'est une oeuvre ambitieuse et importante. Mais encore faut-il le faire dans la conciliation et en respectant un certain nombre de principes auxquels nous tenons. C'est pour cela, et afin, également, que le Sénat puisse en délibérer, qu'il m'a paru nécessaire de reprendre ce sous-amendement, accepté par la commission des lois, que mon ami Paul Girod n'avait pu soutenir.
M. le président. Monsieur le ministre, le Gouvernement peut-il nous donner son avis sur ce sous-amendement n° 390 rectifié bis et nous indiquer si sa position sur l'amendement n° 69 reste défavorable ? M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Le Gouvernement ne peut pas modifier sa position comme cela ! D'ailleurs, cela vous surprendrait. J'étais réservé sur l'amendement n° 69 de M. Hoeffel, parce qu'il introduit une lourdeur supplémentaire, dont on peut, me semble-t-il, faire l'économie.
S'agissant du sous-amendement n° 390 rectifié bis, ce n'est plus une lourdeur, c'est un carcan ! Je me place du simple point de vue de l'intercommunalité et de son fonctionnement : il faut une certaine souplesse à cet égard. Prévoir que le représentant de l'Etat doit recueillir l'avis conforme de la commission départementale de la coopération intercommunale revient à bloquer la machine. Il faut savoir si l'on veut aller, même à pas menus, vers l'avenir, ou si l'on préfère se cramponner à ce qui existe et donc faire en sorte que rien ne bouge !
Enfin, je précise à l'intention de M. Larché, qui a évoqué la discourtoisie du Gouvernement, que l'ordre du jour du Sénat avait été fixé, je crois, bien avant la date du congrès !
M. Jacques Larché. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. Larché. M. Jacques Larché. Monsieur le ministre, vous le savez, un congrès qui rassemble quelque 1 500 ou 2 000 conseillers généraux ne s'organise pas en quelques semaines ! Cela fait près d'un an que la date était fixée.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. J'imagine !
M. Jacques Larché. Quoi qu'il en soit, les conseillers généraux sont rassemblés en très grand nombre à l'heure actuelle au sein du congrès de leur association. Vous me direz peut-être que c'est une illustration des difficultés du cumul des mandats !
De toute manière, je pense que le Gouvernement aurait été défavorable au sous-amendement même s'il avait été défendu par M. Girod !
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Vous voyez l'inconvénient qu'il y a à s'enfermer dans trop de lourdeur ! Laissons en toutes choses une certaine souplesse...
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 363.
M. André Lejeune. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Lejeune.
M. André Lejeune. Il est tout à fait nécessaire, à notre avis, que les élus qui vivent la coopération intercommunale puissent donner leur avis ; c'est la moindre des choses ! C'est bien pourquoi, d'ailleurs, nous sommes favorables à l'amendement n° 69.
Cela dit, il ne faut pas minimiser le rôle du préfet, qui peut aider à la création des structures intercommunales. On a ainsi constaté dernièrement qu'une enclave au sein d'un périmètre était de nature à bloquer la constitution d'une communauté de communes, ce qui est regrettable. Cela étant, certains élus peuvent parfois avoir une attitude un peu rigide, il ne faut pas se leurrer.
Que le préfet décide dans ces conditions, soit ! mais l'avis préalable des élus nous semble nécessaire.
Nous voterons donc pour l'amendement n° 69, contre l'amendement 363 et contre le sous-amendement n° 390 rectifié bis .
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 363, repoussé par la commission et par le Gouvernement.

(L'amendement n'est pas adopté.)
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 68.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Nous voterons contre cet amendement, bien qu'il ne s'agisse que d'une réécriture de forme qui ne change pas le sens de l'article L. 5211-5.
C'est pourtant bien là que le bât blesse ! Cet article traite de l'initiative de la création et de la fixation du périmètre d'un EPCI. Il introduit une grande nouveauté, l'initiative n'appartenant plus seulement aux communes mais pouvant découler d'une décision unilatérale du préfet.
Cette disposition commune à tous les EPCI est extrêmement dangereuse.
Mardi soir, alors que nous examinions l'article 1er et que nous défendions un amendement tendant à ce que les communes intéressées par la constitution d'un EPCI soient consultées avant que le préfet leur notifie la fixation du périmètre de cet établissement public, M. le rapporteur nous avait répondu que tel était déjà le cas et que nous nous en rendrions compte à l'article 21. Nous y voilà ! M. le rapporteur peut-il nous éclairer sur le moment où les communes sont consultées ? N'est-ce pas, comme cela est prévu au cinquième alinéa de cet article, après la notification de l'arrêté ?
La réécriture de la commission n'améliore en rien le dispositif. Par conséquent, nous voterons contre les amendements qui, à l'instar de celui sur lequel nous allons maintenant nous prononcer, n'instituent pas de réel changement dans la procédure de fixation du périmètre.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 68, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je vais mettre aux voix le sous-amendement n° 390 rectifié bis .
M. François Marc. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Marc.
M. François Marc. Le groupe socialiste votera contre le sous-amendement n° 390 rectifié bis, pour des raisons d'intérêt général. Il faut respecter la cohérence départementale et permettre une mise en place rapide des communautés. Or ce sous-amendement peut porter préjudice à une évolution rapide vers la taxe professionnelle unique.
M. Gérard Cornu. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Cornu.
M. Gérard Cornu. Je pense qu'il est utile de prévoir l'avis conforme des élus parce que, bien souvent, l'avis de la commission départementale n'est que consultatif, c'est le préfet qui décide. Redonner du pouvoir aux élus par rapport au représentant de l'Etat me paraît constituer une très bonne initiative.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix le sous-amendement n° 390 rectifié bis , repoussé par le Gouvernement.

(Après une épreuve à main levée déclarée douteuse par le bureau, le Sénat, par assis et levé, n'adopte pas le sous-amendement.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 69, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 458, M. Fréville propose d'insérer, après le troisième alinéa (2e) du I du texte présenté par l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales, un alinéa ainsi rédigé :
« ... ° Soit sur propositions concordantes et adoptées à la majorité des deux tiers des assemblées délibérantes de deux ou plusieurs établissements publics de coopération communale à fiscalité propre qui désirent fusionner ; »
La parole est à M. Fréville.
M. Yves Fréville. Cet amendement n'a d'autre objet que d'attirer l'attention de M. le ministre sur une difficulté pratique qui n'est pas résolue par le projet de loi tel qu'il est rédigé actuellement au sujet de la procédure à suivre en cas de fusion de deux établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre.
Le projet comporte bien des dispositions concernant la création d'un EPCI, des dispositions concernant la transformation d'un EPCI en un autre, mais nous n'y trouvons rien qui permette de préciser la procédure à suivre lorsque deux EPCI veulent fusionner pour en créer un nouveau.
Prenons l'exemple d'une agglomération comprenant aujourd'hui deux communautés de communes. Supposez que, suivant en cela le souhait exprimé à plusieurs reprises par le Gouvernement, elles souhaitent fusionner pour en créer une nouvelle : supposez, ainsi, que deux communautés de communes de type cantonal veuillent créer une communauté de communes à une échelle plus grande. Comment procéderont-elles ? Faudra-t-il faire disparaître les deux établissements existants, recommencer toute la procédure pour créer un nouvel établissement, avec tous les problèmes que posera le transfert des biens et des dettes, ou appliquer une autre procédure ?
Je n'ai donc déposé cet amendement que pour poser cette question, à laquelle je souhaite qu'une réponse soit donnée.
Pour ce qui concerne la détermination du périmètre, objet du présent article, il me paraîtrait tout à fait opportun que les deux établissements existants demandant leur fusion proposent la détermination du nouveau périmètre.
Tel est, monsieur le président, mes chers collègues, l'objet strict de cet amendement : j'aimerais que M. le ministre nous indique la procédure à suivre.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission considère que l'idée est incontestablement intéressante, mais que l'amendement qui la met en oeuvre ne règle pas pour autant le problème pratique posé.
Nous souhaiterions donc connaître l'opinion du Gouvernement.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. L'idée de M. Fréville est, à première vue, séduisante.
Je dois dire que nous y avions pensé et que nous avions étudié les conditions dans lesquelles deux établissements publics de coopération intercommunale pourraient fusionner.
La simulation a montré que les difficultés techniques étaient considérables. En effet, ne seraient pas réglées toute une série de questions relatives à l'exercice des compétences pour le nouvel établissement public de coopération intercommunale, chaque groupement pouvant être investi de missions différentes. Ne serait non plus réglée la question de la représentation des communes, chaque structure de coopération ayant pu faire le choix d'une répartition des sièges qui lui est propre. Ne serait pas réglée, encore, la question de la disparité des taux de la fiscalité ; et je ne parle pas de la DGF.
Bref, après avoir procédé à un certain nombre d'études, nous avons renoncé à introduire cette apparente simplification.
Cela étant, je suis tout prêt à travailler avec vous sur ce sujet, monsieur le sénateur, afin de trouver une réponse à cette question très difficile. Mieux vaut, à mon avis, remettre les compteurs à zéro et créer un nouvel établissement public de coopération intercommunale, avec l'accord des conseils municipaux concernés. C'est aussi cela, la démocratie !
M. Yves Fréville. Et dissoudre les anciens !
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Et, à ce moment-là, oui, dissoudre les anciens !
M. le président. Quel est, dans ces conditions, l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission constate que les éléments de réponse fournis par M. le ministre confirment les interrogations de M. Fréville, qui ne sont pas, de ce fait, totalement satisfaites.
L'amendement n° 458 n'apportant pas, sur le plan pratique, la réponse à la question posée - sur laquelle nous devons encore méditer - son auteur en tirera sans doute la déduction logique...
M. le président. Monsieur Fréville, l'amendement est-il maintenu ?
M. Yves Fréville. Monsieur le président, vous aurez bien compris qu'il s'agissait d'un « amendement-question », et je remercie la commission et le Gouvernement de leurs réponses.
Je souhaiterais simplement que, dans la circulaire d'application de la loi, il soit très clairement précisé ce que les établissements publics de coopération intercommunale doivent faire, au regard des dispositions de la loi, pour fusionner.
Sous cette réserve, je retire mon amendement.
M. le président. L'amendement n° 458 est retiré.
Par amendement n° 70, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin de l'avant-dernier alinéa du I du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales, de remplacer le mot : « favorable » par le mot : « défavorable ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. A travers cet amendement, nous abordons une fois de plus le principe selon lequel l'adhésion à une structure intercommunale doit être l'expression d'une volonté et ne peut pas résulter par défaut du silence des intéressés.
C'est la raison pour laquelle nous demandons que le mot « défavorable » soit substitué au mot « favorable ». C'est une constante dans ce débat et dans l'expression de l'opinion de la commission des lois !
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Je suis tout à fait convaincu que les communes doivent exprimer de manière claire non seulement leur accord, mais aussi leur désaccord. Cela dépend quand même du maire et du conseil municipal !
Que se passe-t-il si elles n'expriment rien ? L'amendement n° 70 aboutit à renverser complètement la charge de la preuve et s'inscrit en faux - je le fais remarquer à M. le rapporteur - contre une vieille tradition à laquelle le Sénat devrait être sensible et que résume un proverbe bien connu : « Qui ne dit mot consent. »
Je suis partisan que nous en restions à cet adage, qui traduit le bon sens populaire, et que nous maintenions le texte : à défaut de réponse dans un délai de trois mois, on interprétera ce silence comme un consentement.
M. Michel Mercier, rapporteur pour avis de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économique de la nation. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur pour avis.
M. Michel Mercier, rapporteur pour avis. Monsieur le ministre, selon la tradition de notre droit public, une non-réponse est considérée comme une décision tacite de rejet !
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Pour l'administration !
M. Louis Mercier, rapporteur pour avis. Dans ces conditions, l'amendement de la commission des lois est parfaitement justifié, monsieur le ministre.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 70.
M. Dominique Braye. Je demande la parole contre l'amendement.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. J'ai le regret de le dire, je suis en désaccord avec nos rapporteurs, et ce pour la raison même qu'ils ont invoquée : l'intercommunalité est manifestement une affaire de volonté.
On ne peut pas admettre que ne rien faire, ne pas engager le débat devant le conseil municipal soit interprété comme un avis défavorable. Les conseillers municipaux doivent statuer et, éventuellement, exprimer leur refus.
Les collectivités doivent se prononcer. Elles ont la possibilité de le faire, je dirai même qu'elles en ont le devoir.
Pour ma part, je ne peux voter cet amendement, en vertu duquel c'est le manque de volonté qui ferait capoter le projet.
M. Nicolas About. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. About.
M. Nicolas About. Je partage tout à fait l'avis de M. Braye : il appartient aux communes de se prononcer.
Le danger, c'est de voir un maire ne pas inscrire ce point à l'ordre du jour, et donc prendre seul la décision de refuser l'intercommunalité, ce qui n'est pas de son pouvoir.
Je suis extrêmement réservé sur les délégations. Pour cette raison, j'estime que c'est à l'assemblée qui a été élue qu'il appartient de se prononcer. Autant nous devons exiger qu'il y ait une large majorité pour accéder à l'intercommunalité, autant nous devons aussi exiger que les conseils puissent se prononcer.
M. Patrick Lassourd. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Lassourd.
M. Patrick Lassourd. Pour ma part, je ne suis pas du tout de l'avis de mon collègue et ami Dominique Braye : aucune intercommunalité ne peut se faire sans l'adhésion des membres initiaux, et cette adhésion doit faire l'objet d'un débat et d'un vote.
M. Dominique Braye. C'est ce que j'ai dit !
M. Patrick Lassourd. Si l'on ne modifie pas le projet sur ce point, il y aura des adhésions par défaut, ce qui est la pire des choses.
Il faut bien connaître l'ambiance en milieu rural : il y aura des adhésions par défaut parce qu'il n'y aura pas eu de délibération ; je parie même que, dans certains cas, il n'y aura pas de débat du tout.
Je suis donc tout à fait favorable à l'amendement : l'adhésion suppose un débat et une délibération.
M. Nicolas About. Cela ne relève pas du pouvoir d'un seul homme !
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Notre groupe votera cet amendement, qui prévoit l'acceptation implicite des conseils municipaux pour la fixation du périmètre.
L'Assemblée nationale, pour souligner le caractère d'incitation au développement des coopérations intercommunales du projet de loi, a introduit la notion de tacite acceptation des conseils municipaux. Il nous paraît préférable, pour préserver la démocratie et l'autonomie communale, que les conseils municipaux se prononcent explicitement par un acte positif.
Cela dit, comme je l'ai souligné il y a un instant, cet amendement ne bouleverse pas l'esprit général de l'article. Il n'apporte qu'une légère amélioration, mais une amélioration tout de même.
M. François Marc. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Marc.
M. François Marc. M. About l'a dit, un maire peut fort bien bloquer le système. En effet, s'il y a refus de délibération, on ne pourra pas avancer. Or, l'objectif est bien de faire avancer le plus vite possible l'intercommunalité.
Voilà pourquoi nous voterons contre l'amendement.
M. Gérard Cornu. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Cornu.
M. Gérard Cornu. L'intercommunalité est un sujet trop grave pour que l'on se prononce, favorablement ou défavorablement, dans un délai de trois mois seulement. Ce délai est trop court pour qu'il y ait un véritable débat au sein du conseil municipal. Imaginez un maire réticent qui ne souhaite pas que l'on se prononce dans le délai fixé !
Voilà pourquoi je suis partisan de supprimer le délai. L'intercommunalité, qui soulève des questions au sein des conseils municipaux, suppose l'information et la transparence.
M. Pierre Fauchon. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fauchon.
M. Pierre Fauchon. La question de fond est, me semble-t-il, de savoir si l'on pense - comme je le pense - que le regroupement des communes est la seule solution pour permettre aux communes des milieux ruraux de rester vivantes et d'aborder le siècle suivant en état de fonctionner convenablement.
Dans cette optique, rejoignant M. Braye, je dirai qu'une commune doit être capable, en trois mois, de délibérer. Si elle ne veut pas d'une chose, qu'elle le dise ! Je ne vois donc pas quel peut être le problème de transparence en cette affaire !
Voilà maintenant des années que les problèmes de l'intercommunalité sont posés ! Toutes nos communes ont eu l'occasion d'en parler ; ce n'est pas nouveau, on ne prend personne par surprise. Il est donc très facile, en trois mois, de réunir un conseil municipal et de prendre une décision.
Si l'on n'est pas capable de le faire, je suis d'avis que cette incapacité soit interprétée comme une décision favorable.
J'ajoute à l'intention de mon collègue et ami Michel Mercier qu'il n'est pas tout à fait exact de dire que, dans le droit public actuel - il le connaît beaucoup mieux que moi, je le reconnais volontiers - la non-réponse équivaut à un rejet tacite.
De plus en plus, on interprète le silence de l'administration dans le sens positif. Récemment encore, notre collègue M. Amoudry a fait poser, dans un certain nombre de textes, le principe tout à fait justifié selon lequel le silence de l'administration doit être interprété dans le sens positif - c'est le cas pour les permis de construire. L'affirmation de M. le rapporteur pour avis me semble donc devoir être tempérée.
Je ne voterai pas l'amendement n° 70.
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Nous avons tous le souci de promouvoir la transparence et le débat.
Les élus locaux que nous sommes pour la plupart savent très bien que le changement est toujours ce qui pose problème. Si l'on veut éviter le débat, c'est, parfois, pour éviter le changement.
Je n'imagine pas un maire ne pas aller devant son conseil municipal si jamais sa collectivité risque, parfois, d'être incluse dans un EPCI, faute de se prononcer.
En revanche, je vois bien des maires qui, ne voulant pas que leur commune soit intégrée à un EPCI, par facilité, par manque de transparence, ne provoqueront pas le débat parce qu'ils sauront que, de toute façon, si les conseillers municipaux ne se prononcent pas, la décision sera réputée défavorable. Je parle d'expérience et au vu de la gestion quotidienne de nos collectivités locales !
C'est parce que je veux préserver la transparence et le débat que je ne voterai pas l'amendement n° 70.
M. Nicolas About. Bien sûr !
M. Joël Bourdin. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bourdin.
M. Joël Bourdin. Le sujet qui nous occupe est très délicat. Comme M. About, je conçois mal qu'on s'en remette à la bonne volonté du maire, qui, éventuellement, pourrait ne pas inscrire cette question essentielle à l'ordre du jour.
M. Patrick Lassourd. Dans les deux cas de figure !
M. Joël Bourdin. D'où ma question : ne devrait-on pas, par sous-amendement, prévoir que, à l'issue du délai de trois mois, le préfet demande l'inscription d'office à l'ordre du jour du sujet en question ? En effet, on ne peut pas admettre que la commune soit engagée dans une telle affaire sans que le conseil municipal en ait délibéré.
M. Jean-Jacques Hyest. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Hyest.
M. Jean-Jacques Hyest. Il faut relativiser, dans la mesure où il faut tout de même une majorité des deux tiers pour obtenir la création.
Soit un syndicat intercommunal : il y a retrait d'une commune ou extension à une autre commune - et pas nécessairement, d'ailleurs, dans le cadre de la forte coopération prévue par le texte qui nous occupe aujourd'hui. Bien souvent, les conseils municipaux ne délibèrent pas sur ce retrait ou cette extension, estimant que c'est secondaire. Si l'on admet que cela équivaut à un rejet, bien souvent, les décisions ne pourront pas être prises.
Je cite un cas récent : pour un schéma directeur, il fallait absolument intégrer une commune ; nombre de conseils municipaux, pour telle ou telle raison, n'ont pas délibéré alors qu'ils étaient favorables à l'intégration, et ce parce que, habituellement, la non-décision valait accord tacite.
Aucun conseil municipal ne s'abstiendra de délibérer quand on lui proposera de créer une communauté d'agglomération ou une communauté de communes. Il me paraît inenvisageable qu'il n'y ait pas de délibération !
Dans ce grand débat, tout de même assez secondaire compte tenu des conditions de majorité, les arguments des uns et des autres sont pertinents. Personnellement, je ne sais plus quoi faire.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Je n'ai pas la prétention de conclure un tel débat. Je veux simplement, au point où nous en sommes, faire trois observations.
La première est d'ordre technique. La décision implicite du rejet d'une commune ne bloque pas la procédure de création d'un EPCI. L'avis défavorable d'une commune sera comptabilisé dans le cadre des majorités qualifiées requises.
Deuxième observation : l'avis que j'ai rapporté est l'avis exprimé par la commission des lois, et tous ceux qui ont participé à nos travaux, tout au long des discussions relatives à l'intercommunalité, ont pu se rendre compte que la commission avait une position constante : l'adhésion - j'ai rappelé qu'elle ne bloque pas la création d'une intercommunalité - doit résulter d'un acte de volonté.
M. Dominique Braye. Absolument !
M. Nicolas About. Absolument ! Donc, il faut délibérer.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il est évident que, si l'amendement n'est pas adopté, nous aurons, tout au long de la discussion, à remettre en cause toute une série de positions que nous avons arrêtées.
Troisième observation : on ne peut pas, au gré des articles, être tantôt plus rigide et tantôt plus laxiste. Je rappelle à certains d'entre vous qu'on ne peut pas dire que la création d'un EPCI se fera par défaut et se montrer, en ce qui concerne la majorité requise pour la création d'un EPCI, plus rigide que la commission. La commission est logique avec elle-même dans tous les compartiments de cette loi.
Voilà, tout simplement, ce que je voulais rappeler. Il appartient maintenant au Sénat de se prononcer en toute liberté.
M. Pierre Fauchon. Ah bon ! C'est gentil ! (Sourires.)
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Mais nous aurons à déduire de ce vote toute une série de décisions de conséquence.
J'ai le souci - je crois que c'est le devoir d'un rapporteur - de faire en sorte que le texte qui sortira de nos travaux soit un texte cohérent, imprégné par un esprit uniforme. C'est le dernier appel que je lance, sans vouloir en rien porter atteinte à la conscience et à la liberté de choix des uns et des autres, ce qui, après tout, est la raison d'être du Sénat.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 70, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 389 rectifié, MM. Girod, Bimbenet, Cabanel, Fourcade, François-Poncet, Joly, de Montesquiou, Othily, Pelletier et Vallet proposent, après l'avant-dernier alinéa du I du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales, d'insérer un alinéa ainsi rédigé :
« Le périmètre d'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre ne peut comprendre une commune qui est déjà membre d'un autre établissement public de coopération communale à fiscalité propre si le conseil municipal de la commune intéressée a émis une délibération défavorable à l'arrêté dressant la liste des communes ou si plus du quart des conseils municipaux des communes membres de l'établissement existant s'opposent au retrait de ladite commune. »
Cet amendement est-il soutenu ?...
Je suis saisi de quatre amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Les trois premiers sont identiques.
L'amendement n° 71 est présenté par M. Hoeffel, au nom de la commission des lois.
L'amendement n° 396 est déposé par Mme Bardou et les membres du groupe des Républicains et Indépendants.
L'amendement n° 443 est présenté par MM. Peyronnet, Besson, Raoult et les membres du groupe socialiste et apparentés.
Tous trois tendent à supprimer le dernier alinéa du I du texte proposé par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales.
Par amendement n° 397, M. Bourdin propose, dans le dernier alinéa du I du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales, après les mots : « coopération intercommunale », d'insérer les mots : « à fiscalité propre ».
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 71.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement vise à supprimer un ajout de l'Assemblée nationale qui prévoit que le périmètre d'un EPCI ne peut être identique à celui d'un département.
Il existe en effet un grand nombre d'établissements, notamment dans le domaine de l'eau, de la gestion des déchets et de l'électricité, qui couvrent le territoire départemental.
Cet amendement est la conséquence d'une décision que nous avons prise hier matin, après un vaste débat.
M. le président. L'amendement n° 396 est-il soutenu ? ...
La parole est à M. Raoult, pour présenter l'amendement n° 443.
M. Paul Raoult. Je suis d'accord avec M. le rapporteur : il me paraît important de laisser les syndicats d'envergure départementale « vivre leur vie » en fonction du rythme de leur adhésion. Il ne me semblerait pas judicieux de limiter l'expansion des syndicats intercommunaux, ou du moins de les empêcher de représenter l'ensemble de leur département, notamment dans les domaines de la gestion de l'eau et du traitement des déchets.
M. le président. La parole est à M. Bourdin, pour présenter l'amendement n° 397.
M. Joël Bourdin. Les établissements publics de coopération intercommunale sont des structures assez globales. Je propose simplement de viser les EPCI à fiscalité propre, pour éviter que les syndicats qui existent à l'échelon départemental - je pense aux syndicats d'électrification - ne soient gênés, car ils ne sont pas des EPCI à fiscalité propre. Mon souci est de protéger les structures qui existent et qui fonctionnent bien.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur l'amendement n° 397 ? M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Si l'amendement n° 71 de la commission est adopté, le sort de l'amendement n° 397 sera réglé. Il était cependant utile que M. Bourdin nous rende attentifs à cet aspect du problème.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements identiques n°s 71 et 443, ainsi que sur l'amendement n° 397 ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Sagesse.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix les amendements identiques n°s 71 et 443, pour lesquels le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(Les amendements sont adoptés.)
M. le président. En conséquence, l'amendement n° 397 n'a plus d'objet.
Par amendement n° 72, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans la première phrase du premier alinéa du II du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales, après les mots : « après accord », d'insérer les mots : « des conseils municipaux des communes intéressées ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de précision.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 72, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 4 rectifié, M. About et les membres du groupe des Républicains et Indépendants proposent, après les mots : « des communes intéressées », de rédiger comme suit la fin de la seconde phrase du premier alinéa du II du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales : « représentant plus des trois quarts de la population totale de celle-ci, ou par les trois quarts au moins des conseils municipaux des communes représentant les deux tiers de la population ».
La parole est à M. About.
M. Nicolas About. Cet amendement a pour objet de modifier les critères de la majorité qualifiée. En effet, structures intercommunales, compétences importantes transférées, communes intégrées de force... tout cela - et nous l'avons vécu dans les villes nouvelles depuis maintenant vingt-cinq ans - pose des problèmes.
Un consensus très large est donc d'autant plus nécessaire que certaines communes peuvent se retrouver contre leur gré intégrées dans la communauté, celle-ci n'admettant aucune enclave.
C'est pourquoi nous proposons de retenir la même majorité qualifiée que celle qui est prévue dans le texte pour le retrait des communes, c'est-à-dire les trois quarts des communes représentant les deux tiers de la population, ou les deux tiers des communes représentant les trois quarts de la population.
Ainsi, c'est par une volonté réelle que cet ensemble sera constitué, et il sera logique d'opposer le même type de majorité qualifiée le jour où l'une des communes voudra s'en retirer.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission a eu un très large débat sur cette question, qui n'est d'ailleurs pas sans rapport avec le débat que nous avons eu tout à l'heure s'agissant d'un autre aspect de la création des structures intercommunales.
Je me dois de rapporter ici l'avis majoritaire qui s'est dégagé de la commission des lois.
La règle de la majorité qualifiée retenue dans le projet de loi est traditionnelle en matière d'intercommunalité : c'est la majorité que nous trouvons dans le texte qui nous vient de l'Assemblée nationale, qui est d'ailleurs le texte du projet de loi d'origine. Néanmoins, le renforcement des compétences des structures à fiscalité propre peut justifier que leur création repose sur un consensus plus large. C'est, je crois, l'esprit dans lequel s'est dégagée une position majoritaire au sein de la commission, et c'est l'objet de l'amendement n° 4 rectifié.
Mais, m'adressant à l'auteur de l'amendement, notre collègue Nicolas About, je voudrais préciser que, par un autre amendement, la commission des lois vous proposera de prévoir une dérogation à cette règle majoritaire pour la seule création des syndicats de communes, pour lesquels il n'y a pas lieu de modifier les règles actuelles de majorité.
En me permettant d'interpréter la pensée de M. About, j'en déduis que ce qu'il souhaite pour les EPCI à fiscalité propre, il ne le souhaite pas, par extrapolation, pour les syndicats de communes, dont les règles de fonctionnement resteraient donc ainsi préservées. L'amendement n° 561 de la commission y veillera.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Avis défavorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 4 rectifié.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. L'amendement qui nous est présenté par M. About renforce les conditions de majorité requises pour la création de structures intercommunales en portant à plus des trois quarts de la population totale de la communauté la part représentée part les conseils municipaux.
Cet amendement va dans le sens suivi par notre groupe depuis le début du débat - je dis cela à l'attention de M. Braye. Il tend à renforcer l'expression de la volonté de création des structures intercommunales, expression qui doit être respectée pour la réussite du développement de la coopération intercommunale.
En conséquence, par souci de cohérence, nous voterons l'amendement de M. About.
M. Nicolas About. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. About.
M. Nicolas About. L'imperfection de mon propos a été heureusement corrigée grâce au talent de notre rapporteur : il va de soi que mon amendement ne concerne pas les syndicats de communes.
Je voudrais rappeler tout de même à M. le ministre l'importance des compétences transférées. Je suis maire depuis vingt-deux ans d'une commune-centre, une ville nouvelle, qui avait refusé d'être intégrée de force ; je connais donc le problème. Sur cinq communes, deux ont refusé l'intégration. Autrement dit, trois petites communes ont décidé de l'avenir des deux autres, et c'est la guerre depuis plus de vingt ans !
Il faut donc essayer d'obtenir des majorités les plus larges possible pour faire en sorte que, petit à petit, chacun considère que c'est l'intérêt général. Mais l'intérêt général ne peut se comprendre que s'il s'appuie sur une majorité très large. Prévoir seulement que deux tiers des communes représentant les trois quarts de la population doivent être d'accord, quelle banalité pour exprimer l'assentiment général !
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 4 rectifié, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 561, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de compléter in fine le premier alinéa du II du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales par une phrase ainsi rédigée : « Toutefois, pour la création d'un syndicat de communes, l'accord est exprimé par deux tiers au moins des conseils municipaux des communes intéressées représentant plus de la moitié de la population totale de celles-ci ou par la moitié au moins des conseils municipaux des communes représentant les deux tiers de la population. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement, que j'ai évoqué voilà quelques instants, est lié à celui qui vient d'être adopté ; il fait échapper les syndicats de communes aux nouvelles règles de majorité requise pour leur création.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 561, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 73, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de compléter in fine le dernier alinéa du II du texte présenté par le 1° de l'article 2 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales par les mots : « ou, à défaut, de la commune dont la population est la plus importante ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. L'amendement prend en compte, à défaut d'une commune dont la population est supérieure à la moitié de la population totale concernée, celle dont la population est la plus importante. C'est un cas qui doit être prévu.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 73.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Notre groupe votera contre cet amendement, qui opère un assouplissement des conditions de création en permettant à l'unique commune dont la population est la plus importante d'imposer ses choix et volonté politiques à toutes les autres communes se trouvant sur la liste des communes fixée par le préfet.
Cet amendement de la commission accentue un peu plus la négation de l'autonomie communale.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 73, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis maintenant saisi de trois amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 511, le Gouvernement propose de remplacer les deux premiers alinéas du III du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales par trois alinéas ainsi rédigés :
« Le transfert des compétences entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert, des dispositions des trois premiers alinéas de l'article L. 1321-1, des deux premiers alinéas de l'article L. 1321-2 et des articles L. 1321-3, L. 1321-4 et L. 1321-5.
« Toutefois, lorsque l'établissement public de coopération intercommunale est compétent en matière de zones d'activité économique, les conditions financières et patrimoniales du transfert des biens immobiliers nécessaires à l'exercice de cette compétence sont décidées dans les conditions de majorité qualifée requise au paragraphe II du présent article. Il en va de même lorsque l'établissement public est compétent en matière de zones d'aménagement concerté. L'affectation des personnels est décidée dans les mêmes conditions.
« L'établissement public de coopération intercommunale est substitué de plein droit, à la date du transfert des compétences, aux communes qui le créent dans toutes leurs délibérations et tous leurs actes. »
Par amendement n° 74, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin du premier alinéa du III du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « pour sa création » par les mots : « pour la création de celui-ci ».
Par amendement n° 497, M. Fréville propose de compléter le premier alinéa du III du texte présenté par l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales par les mots : « , et le cas échéant par délibération prise à la majorité des deux tiers des assemblées délibérantes des établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre qui ont demandé leur fusion. »
La parole est à M. le ministre, pour défendre l'amendement n° 511.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Cet amendement prévoit l'application aux établissements publics de coopération intercommunale du régime de transfert des biens, équipements et services publics, qui a été créé par les lois de décentralisation.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur, pour donner l'avis de la commission sur l'amendement n° 511 et pour présenter l'amendement n° 74.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission émet un avis favorable sur l'amendement n° 511.
Quant à l'amendement n° 74, il est purement rédactionnel.
M. le président. La parole est à M. Fréville, pour présenter l'amendement n° 497.
M. Yves Fréville. Je le retire, monsieur le président.
M. le président. L'amendement n° 497 est retiré.
Quel est l'avis du Gouvernement sur l'amendement n° 74 ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Monsieur le rapporteur, j'attire votre attention sur le fait que la commission ayant émis un avis favorable sur l'amendement n° 511 du Gouvernement, si ce dernier est adopté, votre amendement n'aura plus d'objet.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Monsieur le président, nous retirons volontiers notre amendement, qui était un amendement de précaution.
M. le président. L'amendement n° 74 est retiré.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 511, accepté par la commission.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis saisi de deux amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 75, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le dernier alinéa du III du texte présenté par le 1° de l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales :
« Les contrats sont exécutés dans les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf accord contraire des parties. La substitution de personne morale aux contrats conclus par les communes n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. La commune qui transfère la compétence informe les cocontractants de cette substitution. »
Par amendement n° 500, M. Fréville propose, dans la première phrase du troisième alinéa du III du texte présenté par l'article 21 pour l'article L. 5211-5 du code général des collectivités territoriales, après les mots : « conclu par les communes », d'insérer les mots : « ou les établissements publics de coopération communale qui fusionnent ».
La parole est à M. le rapporteur, pour présenter l'amendement n° 75.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement apporte une clarification formelle ; en outre, il ménage la faculté pour les parties de modifier les conditions d'exécution des contrats en cours et prévoit l'information des contractants sur la substitution de personnes morales.
M. le président. La parole est à M. Fréville, pour présenter l'amendement n° 500.
M. Yves Fréville. Je le retire, monsieur le président.
M. le président. L'amendement n° 500 est retiré.
Quel est l'avis du Gouvernement sur l'amendement n° 75 ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 75, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 562, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de compléter in fine le 2° de l'article 21 par les mots : « ; au premier alinéa de l'article L. 5215-42, les mots : "fixée au second alinéa de l'article L. 5215-2" sont remplacés par les mots : "des deux tiers au moins des conseil municipaux des communes intéressées représentant plus de la moitié de la population totale de celles-ci ou de la moitié des conseils municipaux des communes comptant les deux tiers de la population, cette majorité devant comprendre le conseil municipal de la commune dont la population est supérieure à la moitié de la population totale concernée". »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement tire les conséquences de l'adoption de l'amendement n° 4 rectifié de notre collègue M. About, qui renforce les conditions de majorité requise pour la création des EPCI.
Il convient d'appliquer le même type de règles aux communautés urbaines et aux établissements publics de coopération intercommunale.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 562, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 76, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de compléter in fine l'article 21 par un alinéa ainsi rédigé :
« 4° Dans le premier alinéa de l'article L. 5811-1 du code général des collectivités territoriales, les mots : "L. 5212-1 à L. 5212-4" sont remplacés par les mots : "L. 5212-1, L. 5212-2 et L. 5212-4". »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 76, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 21, modifié.

(L'article 21 est adopté.)

Article 22



M. le président.
« Art. 22. _ 1° La section 3 "Organes et fonctionnement" est ainsi rédigée :

« Section 3

« Organes et fonctionnement

« Sous-section 1

« Organes

« Paragraphe 1

« L'assemblée délibérante

« Art. L. 5211-6 . _ L'établissement public de coopération intercommunale est administré par une assemblée délibérante composée de délégués élus au sein des communes membres.
« Art. L. 5211-7 . _ I. _ Sans préjudice des dispositions du troisième alinéa de l'article L. 5212-7 et de l'article L. 5215-10, ces délégués sont élus par les conseils municipaux des communes intéressées parmi leurs membres, au scrutin secret à la majorité absolue. Si, après deux tours de scrutin, aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue, il est procédé à un troisième tour et l'élection a lieu à la majorité relative.
« En cas d'égalité des suffrages, le plus jeune est déclaré élu.
« II. _ Les conditions d'éligibilité, les inéligibilités et les incompatibilités applicables aux membres des assemblées délibérantes des établissements publics de coopération intercommunale sont celles prévues pour les élections au conseil municipal par les articles L. 44 à L. 46, L. 228 à L. 237 et L. 239 du code électoral.
« Les agents salariés d'un établissement public de coopération intercommunale ne peuvent être désignés par une des communes membres pour la représenter au sein de l'organe délibérant de cet établissement.
« Art. L. 5211-8 . _ Sans préjudice des dispositions des articles L. 2121-33 et L. 2122-10, le mandat des membres de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale est lié à celui du conseil municipal dont ils sont issus. Le mandat expire lors de l'installation du conseil suivant le renouvellement général des conseils municipaux.
« La première réunion de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale se tient au plus tard le vendredi de la quatrième semaine suivant l'élection des maires.
« En cas de suspension ou de dissolution d'un conseil municipal ou de démission de tous les membres en exercice, le mandat des délégués du conseil municipal est prorogé jusqu'à la désignation des délégués par le nouveau conseil.
« En cas de vacance parmi les délégués d'un conseil municipal pour quelque cause que ce soit, ce conseil pourvoit au remplacement dans le délai d'un mois.
« Si un conseil néglige ou refuse de désigner les délégués, y compris après le renouvellement général des conseils municipaux, le maire, si la commune ne compte qu'un délégué, le maire et le premier adjoint dans le cas contraire, représentent la commune au sein de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale. Celle-ci est alors réputée complète.
« Les délégués sortants sont rééligibles.

« Paragraphe 2

« Le président

« Art. L. 5211-9 . _ Le président est l'organe exécutif de l'établissement public de coopération intercommunale.
« Il prépare avec le bureau et exécute les délibérations de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale. Il est l'ordonnateur des dépenses et il prescrit l'exécution des recettes de l'établissement public de coopération intercommunale.
« Il est seul chargé de l'administration, mais il peut déléguer par arrêté, sous sa surveillance et sa responsabilité, l'exercice d'une partie de ses fonctions aux vice-présidents et, en l'absence ou en cas d'empêchement de ces derniers, à d'autres membres du bureau. Il peut également donner, sous sa surveillance et sa responsabilité, par arrêté, délégation de signature au directeur et au directeur adjoint dans les établissements publics de coopération intercommunale dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat. Ces délégations subsistent tant qu'elles ne sont pas rapportées.
« Il est le chef des services de l'établissement public de coopération intercommunale.
« Il représente en justice l'établissement public de coopération intercommunale.
« Le président de l'établissement public de coopération intercommunale procède à la nomination des gardes champêtres dans le cas et les conditions prévus à l'article L. 2213-17.
« A partir de l'installation de l'assemblée délibérante et jusqu'à l'élection du président, les fonctions de président sont assurées par le doyen d'âge.

« Paragraphe 3

« Le bureau

« Art. L. 5211-10 . _ Le bureau de l'établissement public de coopération intercommunale est composé du président, d'un ou de plusieurs vice-présidents et, éventuellement, d'un ou de plusieurs autres membres. Le nombre de vice-présidents est librement déterminé par l'assemblée délibérante, sans que ce nombre puisse excéder 30 % de l'effectif de cette assemblée.
« Le mandat des membres du bureau prend fin en même temps que celui des membres de l'assemblée.
« Le président et le bureau peuvent recevoir délégation d'une partie des attributions de l'assemblée délibérante à l'exception :
« 1° Du vote du budget ;
« 2° De l'approbation du compte administratif ;
« 3° Des dispositions à caractère budgétaire prises par un établissement public de coopération intercommunale à la suite d'une mise en demeure intervenue en application de l'article L. 1612-15 ;
« 4° Des décisions relatives aux modifications des conditions initiales de composition, de fonctionnement et de durée de l'établissement public de coopération intercommunale ;
« 5° De l'adhésion de l'établissement à un établissement public ;
« 6° De la délégation de la gestion d'un service public.
« Lors de chaque réunion de l'assemblée délibérante, le président rend compte des travaux du bureau et des attributions exercées par délégation de l'assemblée délibérante.

« Sous-section 2

« Fonctionnement

« Art. L. 5211-11 . _ L'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale se réunit au moins une fois par trimestre ou, pour les syndicats formés en vue d'une seule oeuvre ou d'un seul service d'intérêt intercommunal, une fois par semestre. A cette fin, le président convoque les membres de l'assemblée délibérante. L'assemblée se réunit au siège de l'établissement public de coopération intercommunale ou dans un lieu choisi par l'assemblée délibérante dans l'une des communes membres.
« Si le tiers des membres présents ou le président le demande, l'assemblée peut décider de se réunir à huis clos à la majorité de ses membres présents ou représentés. »
« 2° L'article L. 5212-6 est ainsi rédigé :
« Art. L. 5212-6 . _ Le comité syndical est institué d'après les règles fixées aux articles L. 5211-7, L. 5211-8 et, sauf dispositions contraires prévues par la décision institutive, à l'article L. 5212-7. »
« 3° Au dernier alinéa de l'article L. 5212-7, les mots : "de l'article L. 5211-5" sont remplacés par les mots : "du deuxième alinéa du II de l'article L. 5211-7". »
« 4° Les articles L. 5212-8, L. 5212-9, L. 5212-10, L. 5212-11, L. 5212-12, L. 5212-13, L. 5212-14, L. 5214-5, L. 5214-6, L. 5214-8, L. 5214-9, L. 5214-10, L. 5214-11, L. 5214-12, L. 5214-13, L. 5214-14, L. 5214-15, L. 5215-5, L. 5215-9, L. 5215-11, L. 5215-12, L. 5215-14 et L. 5215-15 sont abrogés. »
Je suis saisi de deux amendements, présentés par M. Hoeffel, au nom de la commission des lois.
L'amendement n° 77 tend à rédiger comme suit le premier alinéa de l'article 22 :
« 1° La section 3 du chapitre Ier du titre Ier du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales est ainsi rédigée : »
L'amendement n° 78 vise à rédiger comme suit l'intitulé présenté par le 1° de l'article 22 pour le paragraphe I de la sous-section 1 de la section 3 du chapitre Ier du titre Ier du livre II du code général des collectivités territoriales : « Organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre ces deux amendements.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. L'amendement n° 77 apporte une clarification formelle.
Quant à l'amendement n° 78, il précise, s'agissant d'un établissement public, que la notion d'organe délibérant doit être préférée à celle d'assemblée délibérante.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Ces amendements apportent des modifications rédactionnelles utiles : le Gouvernement y est favorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 77.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Cette explication de vote sur l'amendement n° 77 vaudra pour l'ensemble des amendements présentés à cet article et au suivant, qui prévoient de modifier la dénomination de l'organe décisionnel des établissements de coopération intercommunale.
La commission des lois propose de revenir au terme choisi initialement par le Gouvernement, terme qui a été modifié à l'Assemblée nationale afin de retenir une expression qui englobe des notions de collégialité.
L'expression « organe délibérant » peut désigner uniquement le bureau de l'EPCI, ce qui limite les pouvoirs des délégués communautaires. En conséquence, nous voterons contre tous les amendements qui préconisent de retenir ces termes.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 77, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 78, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
Par amendement n° 79, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, après les mots : « est administré par », de rédiger comme suit la fin du texte proposé par le 1° de l'article pour l'article L. 5211-6 du code général des collectivités territoriales : « un organe délibérant composé de délégués élus par les conseils municipaux des communes membres ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?... Je mets aux voix l'amendement n° 79, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis saisi de quatre amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 364, MM. Bret, Foucaud et les membres du groupe communiste républicain et citoyen proposent de rédiger comme suit le texte proposé par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-7 du code général des collectivités territoriales :
« Art. 5211-7. I. - Ces délégués sont élus par les conseils municipaux des communes intéressées parmi leurs membres. S'il n'y a qu'un délégué, est appliquée la procédure prévue au dernier alinéa de l'article L. 2121-21.
« Dans les autres cas, les délégués des communes sont élus au scrutin de liste à un tour, sans panachage ni vote préférentiel.
« La répartition des sièges entre les listes est opérée selon les règles de la représentation proportionnelle au plus fort reste.
« En cas de vacance, pour quelque cause que ce soit, le candidat venant sur une liste immédiatement après le dernier élu est appelé à remplacer le délégué élu sur cette liste.
« Lorsque ces dispositions ne peuvent plus être appliquées, il est procédé à une nouvelle élection de l'ensemble des délégués de la commune au conseil de la communauté.
« II. - Les conditions d'éligibilité, les inéligibilités et les incompatibilités applicables aux membres des assemblées délibérantes des établissements publics de coopération intercommunale sont celles prévues pour les élections au conseil municipal par les articles L. 44 à L. 46, L. 228 à L. 229 du code électoral.
« La constatation, par la juridiction administrative de l'inéligibilité d'un ou plusieurs candidats au conseil de communautés n'entraîne l'annulation de l'élection que du ou des élus inéligibles. La juridiction saisie proclame en conséquence l'élection du ou des suivants de liste. »
Les deux amendements suivants sont quasiment identiques.
Par amendement n° 80, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose dans le second alinéa du I du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-7 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « le plus jeune », par les mots : « le plus âgé ».
Par amendement n° 474 rectifié, MM. Vasselle, Flandre et Gerbaud proposent, dans le deuxième alinéa du I du texte présenté par l'article 22 pour l'article L. 5211-7 du code général des collectivités territoriales, de remplacer le mot : « jeune » par le mot : « âgé ».
Par amendement n° 81, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le début du second alinéa du II du texte proposé par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-7 du code général des collectivités territoriales : « Les agents employés par un établissement public ».
La parole est à M. Bret, pour présenter l'amendement n° 364.
M. Robert Bret. Cet amendement prévoit une unification et une harmonisation des règles de désignation des délégués communautaires.
Le texte que nous examinons vise à simplifier les règles applicables aux établissements publics de coopération intercommunale, en témoignent l'important chapitre intitulé « dispositions communes », ainsi que les nombreux articles du code général des collectivités territoriales qui ont été abrogés.
Cet amendement participe à cet objectif de rationalisation des dispositions, en soumettant l'ensemble des structures de coopération intercommunales à des règles communes de désignation des délégués communautaires ou syndicaux.
Tous seront ainsi élus par les conseils municipaux parmi leurs membres.
S'il n'y a qu'un délégué par commune, la procédure prévue par l'article L. 2121-21 sera appliquée.
S'il y a plusieurs délégués, l'élection aura lieu au scrutin de liste à un tour, sans panachage ni vote préférentiel.
La répartition des sièges entre les listes sera opérée selon les règles de la proportionnelle au plus fort reste.
Selon nous, cette répartition est la plus démocratique. Elle permet la représentation de toutes les tendances, y compris des minorités. Celles-ci ne doivent pas être écartées des conseils de communautés, d'autant que les établissements publics de coopération intercommunale vont être de plus en plus des lieux de décisions importantes et multiples.
Notre amendement reprend, en partie, la rédaction de l'article prévu initialement pour la désignation des conseillers communautaires urbains, les règles en cas de vacance et les conditions d'inéligibilité et d'incompatibilité. Je vous demande, mes chers collègues, de l'adopter.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 80.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement tend à remplacer « le plus jeune » par « le plus âgé ». Chacun aura compris la signification de cet amendement sans qu'il y ait lieu d'ajouter des commentaires superflus ! (Sourires.)
M. le président. La parole est à M. Vasselle, pour défendre l'amendement n° 474 rectifié.
M. Alain Vasselle. Même motif, même traitement ! Cela ne veut pas dire pour autant que les membres de la Haute Assemblée estiment que les jeunes n'ont pas les qualités requises pour présider des assemblées locales ou intercommunales.
Il me semble cependant - c'est vieux comme le temps - que l'expérience est un atout important pour une collectivité lorsqu'il s'agit de départager les candidats. La solution retenue jusqu'à ce jour, qui consiste à faire présider temporairement les assemblées par leur doyen - ce qui ne dure souvent pas très longtemps d'ailleurs - n'a pas handicapé les collectivités concernées, bien au contraire. (Sourires.)
Je ne vois pas pourquoi on reviendrait sur des dispositions antérieures, si ce n'est pour alimenter une nouvelle fois le discours selon lequel la Haute Assemblée est ringarde. C'est à croire que, pour se conformer à l'air du temps, il faut jouer la carte de la parité et de la jeunesse.
Il s'agit là plutôt d'un effet de mode, qui satisfait l'opinion et les médias et qui permet de vendre du papier !
M. le président. La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 81.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit de substituer la notion d'« agent employé par un établissement public » aux termes d'« agent salarié ». Cette terminologie me paraît en effet plus correcte.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 364, 80, 474 rectifié et 81 ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. L'amendement n° 364 vise à introduire la représentation proportionnelle dans la désignation des délégués élus par les communes. Je voudrais faire observer à son auteur qu'un maire, qu'une majorité communale, quand ils ont le choix d'adhérer à une communauté de communes ou à un établissement public de coopération intercommunale, entendent, autant que possible, y faire prévaloir leur voix, en tout cas défendre les intérêts de la commune.
Si l'on va dans le sens que vous souhaitez, les délégués minoritaires de telle ou telle commune risquent, en fin de compte, de constituer une majorité avec les représentants des petites communes.
M. Jean-Jacques Hyest. Tout à fait !
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. La ville centre sera déjà relativement minoritaire, compte tenu des limites qui sont mises à sa représentation, comme l'impossibilité d'avoir plus de la moitié des sièges. Très souvent, en outre, un accord amiable de l'ensemble des communes débouchera sur des formules qui minoreront encore sa représentation. Si, en plus, sa voix doit être encore diminuée par le biais de la proportionnelle, on peut se demander si l'effet de cette disposition ne reviendrait pas à casser définitivement l'élan et le dynanisme de l'intercommunalité.
Il faut favoriser le principe de responsabilité à tous les niveaux, et celui-ci va avec le scrutin majoritaire, en l'occurence.
M. Jean-Jacques Hyest. C'est vrai !
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Le Gouvernement n'est donc pas favorable à l'amendement n° 364.
En revanche, je suis favorable à l'amendement n° 81, présenté par M. Hoeffel, qui prévoit une expression plus adaptée, le terme « salarié » s'appliquant, de préférence, aux situations régies par le droit du travail.
S'agissant de l'amendement n° 80, il pose une question de principe sur laquelle chacun peut avoir son avis. Est-ce que la sagesse va croissant avec l'âge ? On aimerait à le croire !
En principe, la logique veut que l'expérience ne s'oublie pas. Mais est-ce vraiment toujours le cas ? N'a-t-on pas tendance à oublier, l'âge venant, les expériences qu'on a connues étant plus jeune ?
Par ailleurs, le fait, pour un jeune candidat, de réunir autant de voix qu'un candidat plus âgé n'est-il pas aussi un signe en faveur de sa maturité et de son expérience ?
Bref, le Gouvernement n'est pas favorable à cette modification. Mais il comprendrait que, dans sa sagesse très particulière, le Sénat ne puisse pas partager son avis.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 364.
M. André Lejeune. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Lejeune.
M. André Lejeune. Il serait intéressant qu'une certaine proportionnelle subsiste dans la désignation des délégués.
En effet, les arguments de M. le ministre ne tiennent pas, le mode de scrutin favorisant la majorité qui, à tous les coups, dispose de 75 % des sièges.
La majorité est renforcée par le mode de scrutin actuel, et prendre en compte le raisonnement de M. le ministre reviendrait à éliminer entièrement la minorité alors que, aujourd'hui, la représentation des communes dans les EPCI se fait à la proportionnelle, comme l'élection des conseils municipaux. C'est la raison pour laquelle le groupe socialiste votera l'amendement n° 364.
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Personnellement, je voterai contre l'amendement n° 364. Manifestement, nous n'avons pas, nous le savons bien, la même conception de la démocratie !
M. Robert Bret. Ça, on le sait !
M. Dominique Braye. Je crois à l'homme ! Par conséquent, tout ce qui est uninominal, qui peut permettre de faire élire quelqu'un, notamment pour ses capacités personnelles, doit, selon moi, être privilégié, au-delà de tout appareil de parti.
Mais nous savons très bien, depuis longtemps, que le parti communiste ne partage pas cet avis.
Je voterai contre cet amendement pour cette raison essentielle.
Rien n'empêche cependant, monsieur Lejeune, de prévoir, dans le règlement intérieur d'un EPCI, l'obligation pour les communes de faire représenter leurs oppositions.
C'est ce que nous avons fait dans le règlement intérieur de notre EPCI : celui-ci ne compte que six délégués pour la ville centre, mais il y a quatre délégués de la majorité et deux délégués des oppositions.
Je suis persuadé, en effet, que les oppositions doivent être représentées au sein des EPCI, ne serait-ce que pour participer à leur fonctionnement. L'expérience prouve que, très souvent, celles-ci adhèrent aux propositions émanant de la majorité.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 364, repoussé par la commission et par le Gouvernement.

(L'amendement n'est pas adopté.)
M. le président. Je vais mettre aux voix les amendements identiques n°s 80 et 474 rectifié.
M. Christian Bonnet. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bonnet.
M. Christian Bonnet. Je voudrais simplement signaler que l'initiative prise par l'Assemblée nationale constitue une rupture avec une tradition de notre droit. Comme l'a très bien dit notre collègue M. Vasselle, il s'agit là d'un effet de mode.
Je rappellerai seulement ce que disait un philosophe tout récemment décédé, dont François Mitterrand appréciait la fréquentation : « Etre dans le vent ?... Une ambition de feuille morte ! » (Sourires.)
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Notre groupe votera contre ces amendements, qui visent à en revenir au texte initial et à la règle de droit commun en matière d'égalité des suffrages.
Loin d'être un effet de mode, monsieur Bonnet, le choix des députés d'inverser la règle est au contraire un signe politique fort ! Il nous paraît important de promouvoir un rajeunissement de la classe politique, au même titre que la féminisation, par exemple.
M. Alain Vasselle. Si vous pensez qu'en faisant cela vous allez rajeunir la classe politique !
M. André Lejeune. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Lejeune.
M. André Lejeune. Je pense que c'est une question de principe. Ce n'est pas plus mal de bouleverser les règles, car il faut que la situation évolue !
Monsieur Vasselle, vous souvenez-vous du prénom de celui qui a donné son nom à la maladie d'Alzheimer ?...
M. Alain Vasselle. Non !
M. André Lejeune. Eh bien, cela commence comme ça ! (Sourires.)
M. Jean-Jacques Hyest. Nous atteignons des sommets !
M. Gérard Cornu. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Cornu.
M. Gérard Cornu. Les avis sur cette question sont « transcourants » ! (Sourires.)
Je pense qu'il convient de rompre avec la tradition et donc de déclarer élu le candidat le plus jeune, cela pour une raison simple.
Il n'est pas si facile, pour un jeune élu, de recueillir autant de suffrages qu'une personne plus âgée, qui a forcément de l'expérience. Faire jeu égal avec quelqu'un de plus expérimenté dans un conseil municipal est une performance très importante, qu'il convient donc d'encourager.
M. Nicolas About. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. About.
M. Nicolas About. Bien qu'ayant été élu maire à l'âge de vingt-neuf ans, je préfère que ce soit le candidat le plus âgé qui soit élu.
En effet, quand on sait qu'il y aura égalité de voix, c'est la course pour essayer de trouver le candidat le plus à même de l'emporter. Dans cette course au plus jeune, on ira jusqu'à l'âge de la majorité et de l'incompétence a priori puisque le candidat n'aura aucune expérience.
M. Hilaire Flandre. La course au plus vieux, ce n'est pas mieux ! (Sourires.)
M. Nicolas About. Permettez au médecin que je suis de vous dire qu'il s'agit de quelque chose de très labile ! En général, si des personnes plus âgées sont encore en politique, c'est qu'elles en ont la capacité. Diriger une collectivité locale exige une très grande santé, quel que soit l'âge ; l'âge n'est donc pas pour moi un handicap.
A un moment où nous avons de plus en plus de mal à trouver des maires, des personnes prêtes à assumer des responsabilités dans les collectivités locales - on les accable de responsabilités, on les traîne devant les tribunaux - ne poussons pas vers la sortie ceux qui ont de l'expérience et qui ont encore le courage d'assumer des responsabilités ! La course au candidat le plus jeune conduira purement et simplement non pas à l'incompétence, mais en tout cas au manque d'expérience !
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Je crois que tout a été dit, j'ajouterai seulement que je préfère les arguments qui ont été émis du côté droit de l'hémicycle, à savoir qu'on change les choses - c'est évident - à ceux qui émanent du côté gauche, qui consistent à dire qu'en choisissant le candidat le plus jeune on évolue.
C'est être bien catégorique ! Je ne sais pas si cela constitue une évolution ou une involution, un progrès ou une régression. La seule chose que je peux dire, c'est qu'il s'agit effectivement d'un changement !
M. le ministre disait qu'on aimerait bien qu'en prenant de l'âge on prenne aussi un peu de sagesse. Si c'était le cas autrefois, c'est peut-être parce que nos collègues, en prenant de l'âge, trouvaient dans les conditions de vie moins de raisons de devenir désabusés qu'aujourd'hui ! On ne peut que regretter cet état de fait.
Je voterai naturellement les amendements n°s 80 et 474 rectifié. Je trouve néanmoins extrêmement préjudiciable que l'Assemblée nationale ait sacrifié à un effet d'affiche et de mode. Le fait de suivre les phénomènes de mode revient à valoriser le superficiel, au point que nos concitoyens ne voient plus les problèmes de fond.
Ou alors il fallait que l'Assemblée nationale aille jusqu'au bout de son raisonnement et prévoie aussi, en cas d'égalité des suffrages entre une candidate et un candidat, que la candidate serait déclarée élue, cela pour prendre en compte, outre la notion d'âge, celle de parité ! L'effet d'annonce aurait été encore plus important ! Nos collègues de l'Assemblée nationale n'y ont pas pensé ; c'est dommage pour eux, mais bon pour notre pays !
M. Nicolas About. Très bien !
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. En définitive, il faut considérer que l'Assemblée nationale a voulu, par cette initiative, provoquer le Sénat ! (Exclamations sur les travées socialistes.) Mais que nos collègues prennent garde : un jour prochain, et nous sommes sur la bonne voie, la moyenne d'âge au Sénat sera plus basse qu'à l'Assemblée nationale !
M. Nicolas About. C'est presque déjà le cas !
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix les amendements identiques n°s 80 et 474 rectifié, pour lesquels le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(Ces amendements sont adoptés.)
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 81.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Je préfère la rédaction issue des travaux de l'Assemblée nationale, à savoir : « les agents salariés », termes qui n'englobent pas uniquement les agents statutaires.
La rédaction qui nous est proposée par la commission des lois, à savoir : « les agents employés », est trop restrictive.
M. Jean-Jacques Hyest. Ce n'est pas la même chose !
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 81, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 82, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, après les mots : « le mandat des », de rédiger comme suit la fin de la première phrase du premier alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-8 du code général des collectivités territoriales : « délégués suit le sort de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. L'article L. 5211-8 fait cesser la durée des mandats des délégués des communes au sein de l'assemblée délibérante des EPCI.
Cet amendement vise tout simplement à rechercher la clarification de la portée de l'article sans en modifier le fond.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Le Gouvernement y est défavorable. Il me semble en effet normal de faire coïncider la durée des mandats des délégués avec celle des mandats des conseils municipaux dont ils sont l'émanation.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 82.
M. Joël Bourdin. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bourdin.
M. Joël Bourdin. Mon explication de vote sera quelque peu hors sujet, mais cela ne dénaturera pas nos débats !
Au début de l'article L. 5211-8 du code général des collectivités territoriales, un alinéa prévoit que les membres de l'organe délibérant seront issus des conseils municipaux et seront donc des conseillers municipaux. Il est ensuite précisé, dans le même article, que le sort de ces représentants suivra celui de leur conseil municipal. Dès lors que ce texte sera applicable, quid de ceux qui ne remplissent pas les conditions actuellement ?
Dans des communautés de communes, certains membres des organes délibérants, parfois des présidents, ont été désignés par des communes mais ne sont pas pour autant membres du conseil municipal. Que vont-ils devenir ?
Je n'ai déposé aucun amendement sur ce point, mais je soumets cette question à la réflexion, car il doit y avoir bien des cas difficiles à régler.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Le fait que le sort des membres des assemblées délibérantes suive celui des conseils municipaux est une garantie de démocratie et les arguments avancés sur ce point par la commission des lois ne sont pas justes.
C'est d'ailleurs le cas actuellement, notamment lors du premier conseil municipal suivant l'élection. Les élus municipaux procèdent bien à l'élection et à la désignation de représentants au sein des organismes publics et des conseils d'école.
Nous ne sommes donc pas favorables à cet amendement n° 82.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Je tiens simplement à rappeler qu'il ne s'agit pas, en l'occurrence, d'une innovation : cette disposition existe déjà non seulement pour les communautés de villes appelées à disparaître, mais aussi pour les communautés urbaines. Il paraît donc logique de l'évoquer dans cet amendement.
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Pour une fois - mais ce n'est pas la première depuis le début de l'examen de ce texte - je suis plutôt disposé à suivre M. le ministre de l'intérieur sur ce sujet, par cohérence avec moi-même d'ailleurs, puisque j'ai déposé un amendement que nous examinerons plus tard et qui tend à ne pas donner la possibilité à des conseils municipaux de choisir une personne autre qu'un membre du conseil municipal pour représenter la municipalité au sein d'une structure intercommunale.
Or il est vrai que, si l'on maintient les dispositions actuelles, l'amendement de la commission est cohérent avec la législation. Il n'y a donc rien à dire de ce point de vue.
Cependant, à partir du moment où l'on considère - je comprends les réactions de notre collègue M. Bourdin - que le délégué représentant une commune au sein d'une structure intercommunale ne peut être quelqu'un d'autre qu'un membre du conseil municipal, la position de M. le ministre de l'intérieur m'apparaît tout à fait cohérente. C'est la raison pour laquelle, en ce qui me concerne, je la suivrai.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 82, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 513 rectifié, le Gouvernement propose, dans la dernière phrase du premier alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-8 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « du conseil » par les mots : « de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ».
La parole est à M. le ministre.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Il s'agit d'un amendement dont la portée n'est pas considérable.
L'Assemblée nationale a adopté une modification qui introduit une certaine ambiguïté, car le texte issu de ses débats laisse supposer que le mandat des délégués expire lors de l'installation des conseils municipaux qui suit le renouvellement général des conseils. Il convient donc de remplacer les mots : « du conseil » par les mots : « de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ».
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Avis favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 513 rectifié, accepté par la commission.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 83, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le deuxième alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-8 du code général des collectivités territoriales :
« Après le renouvellement général des conseils municipaux, l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale se réunit au plus tard le vendredi de la quatrième semaine qui suit l'élection des maires. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de précision.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 83, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 84, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit l'avant-dernier alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-8 du code général des collectivités territoriales :
« A défaut pour une commune d'avoir désigné ses délégués, cette commune est représentée au sein de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale, par le maire si elle ne compte qu'un délégué, par le maire et le premier adjoint dans le cas contraire. L'organe délibérant est alors réputé complet. »
Cet amendement est assorti d'un sous-amendement n° 512, présenté par le Gouvernement, et tendant, dans la première phrase du texte de l'amendement n° 84, après les mots : « désigné ses délégués », à insérer les mots : « ou en cas de refus de procéder à leur désignation ».
La parole est à M. le rapporteur, pour présenter l'amendement n° 84.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de clarification, qui exclut les notions de refus et de négligence de la commune, ces notions ne pouvant susciter, à notre avis, que des problèmes d'interprétation, sources de contentieux.
M. le président. La parole est à M. le ministre, pour présenter le sous-amendement n° 512 et pour donner l'avis du Gouvernement sur l'amendement n° 84.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. La commission propose une nouvelle rédaction dans laquelle il n'est plus fait mention de deux notions qui figuraient dans le projet de loi : le défaut de désignation par simple négligence et par refus de désigner.
Le sous-amendement n° 512 vise simplement à réintégrer la notion de refus.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur le sous-amendement n° 512 ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission n'est pas favorable à l'adoption de ce sous-amendement. Son amendement a l'avantage de couvrir tous les cas de figure ; en se bornant à tirer les conséquences de la situation créée par l'absence de désignation des délégués, elle évite d'éventuels contentieux, les notions de refus et de négligence pouvant faire l'objet de contestation.
M. Gérard Cornu. C'est vrai !
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix le sous-amendement n° 512, repoussé par la commission.

(Le sous-amendement n'est pas adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 84.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 85, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit la première phrase du deuxième alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales :
« « Il prépare et exécute les délibérations de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de coordination avec des dispositions déjà adoptées.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 85.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Cet amendement tend à supprimer la collégialité des délibérations. A l'Assemblée nationale, le groupe communiste avait obtenu que le président prépare et exécute les délibérations avec le bureau. L'exécutif municipal est composé du maire et des adjoints. Il est souhaitable pour la démocratie qu'il en soit de même pour les EPCI.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 85, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 459, MM. Fréville et Arnaud proposent de compléter la première phrase du troisième alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales par les mots : « ou à des membres de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ».
La parole est à M. Arnaud.
M. Philippe Arnaud. Il s'agit d'introduire un peu plus de souplesse dans le fonctionnement des EPCI.
Nous savons que le président d'un tel établissement, qui en est l'exécutif, ne peut déléguer qu'aux vice-présidents ou, en cas d'empêchement de ces derniers, à un membre du bureau.
Faire participer le plus grand nombre d'élus, utiliser toutes les compétences et, finalement, rendre un peu plus vivante et participative la démocratie, tel est l'objet de l'amendement que je vous présente, mes chers collègues. Il a par ailleurs l'avantage de ne pas alourdir les organes internes de l'établissement public concerné, c'est-à-dire de ne pas accroître le nombre des membres du bureau, de ne pas rendre nécessaire la nomination de quinze, voire vingt vice-présidents.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Par cohérence avec la décision prise hier par le Sénat sur un amendement identique déposé par M. Lambert et visant les communautés urbaines, je souhaiterais que M. Arnaud retire son amendement, qui, sinon, subirait un sort négatif.
M. le président. Monsieur Arnaud, l'amendement n° 459 est-il maintenu ?
M. Philippe Arnaud. Par cohérence, je le retire.
M. le président. L'amendement n° 459 est retiré.
Par amendement n° 477 rectifié, MM. Vasselle, André, Flandre et Gerbaud proposent de supprimer l'avant-dernier alinéa du texte présenté par l'article 22 pour l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales.
La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Je me suis demandé s'il était réellement opportun de donner au président de la structure intercommunale le pouvoir de nommer des gardes champêtres, qui, en principe, exercent une fonction de police par délégation du maire.
Mon amendement a simplement pour objet de poser le problème car des dispositions actuelles, figurant à l'article L. 2213-7 du code général des collectivités territoriales, permettent déjà, dans certaines circonstances, à un président de structure intercommunale, avec les maires concernés, de recruter des gardes champêtres. Mais il me semble percevoir un manque de cohérence entre le système existant et celui que nous souhaitons pour l'avenir.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La discussion de cet amendement me donne l'occasion de rappeler que la commission des lois, notamment le rapporteur du projet de loi sur les polices municipales, M. Delevoye, avait demandé la parution du décret prévu par la loi du 2 février 1995, qui a ouvert la possibilité de désignation du garde champêtre par le président d'une structure intercommunale.
Il était bon que notre collègue M. Vasselle rappelle les principes. Cela fait, je pense qu'il va retirer son amendement.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Sagesse.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 477 rectifié.
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Permettez-moi, monsieur le président, de citer l'article L. 2213-17 du code général des collectivités territoriales auquel il est fait référence dans le projet de loi : « Une région, un département, un groupement de communes ou un établissement public chargé de la gestion d'un parc naturel régional... » - et dans ce cas uniquement - « peut recruter un ou plusieurs gardes champêtres compétents dans chacune des communes concernées. Dans ces cas, leur nomination est prononcée conjointement par le maire de chacune des communes et, respectivement, par le président du conseil régional, le président du conseil général ou le président du groupement ou le président de l'établissement public, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. »
Nous pouvons craindre qu'en adoptant tel quel le sixième alinéa du texte proposé pour l'article L. 5211-9, nous n'allions au-delà de ce qui était prévu par l'article L. 2213-17. Le seul garde-fou que nous ayons - c'est la raison pour laquelle je suivrai la suggestion qui m'a été faite par M. Hoeffel - c'est qu'il est précisé que cet alinéa ne s'appliquera que par référence à l'article L. 2213-17. En d'autres termes, le président d'une structure intercommunale ne pourra nommer un garde champêtre que si cette structure est chargée de la gestion d'un parc naturel régional : dans le cas contraire, elle ne pourra pas le faire.
Compte tenu de cette garantie, je suis prêt à retirer mon amendement.
M. le président. L'amendement n° 477 rectifié est retiré.
Par amendement n° 86, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le dernier alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « de l'assemblée délibérante » par les mots : « de l'organe délibérant. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 86, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 87, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, après les mots : « librement déterminé par », de rédiger comme suit la fin de la seconde phrase du premier alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales : « l'organe délibérant, sans que ce nombre puisse excéder 30 % de l'effectif de celui-ci ».
La parole est à M. le rapporteur. M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 87, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 88, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin du deuxième alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « l'assemblée » par les mots : « l'organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 88, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 89, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le troisième alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « de l'assemblée délibérante » par les mots : « de l'organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 89, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 478 rectifié, MM. Vasselle, André, Delong, Flandre et Gerbaud proposent de compléter le quatrième alinéa (1°) du texte présenté par l'article 22 pour l'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales par les mots : « du mode de recouvrement des taxes ou redevances ; ».
La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Il m'apparaît important que les compétences confiées aux assemblées délibérantes ne se limitent pas au budget mais prennent également en compte le recouvrement des taxes et redevances.
Par exemple, s'agissant des ordures ménagères, il me semble qu'il revient à l'assemblée de définir si elle institue une taxe ou une redevance. C'est la raison pour laquelle il me paraît utile d'apporter cette précision dans le texte de loi.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement ne peut être dissocié de ceux qui suivront et qui sont présentés par notre collègue M. About.
Je crains que l'amendement n° 478 rectifié ne restreigne les possibilités de délégation au président et au bureau de l'EPCI.
Tout en comprenant les motifs de son dépôt, la commission des lois a considéré que cette question pouvait faire l'objet de délégations, étant rappelé qu'il y a obligation pour le président de rendre compte devant l'organe délibérant.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.
M. le président. Monsieur le rapporteur, si j'ai bien compris, la commission est défavorable à cet amendement.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. En effet, la commission émet un avis défavorable sur cet amendement, mais avec des aménagements, car elle comprend les motivations de M. Vasselle et elle souhaite qu'elles soient prises en compte lors de la discussion des amendements suivants. M. le président. Monsieur Vasselle, l'amendement est-il maintenu ?
M. Alain Vasselle. Ne serait-il pas sage, monsieur le rapporteur, de réserver mon amendement en attendant de connaître le sort qui sera fait aux amendements que nous allons examiner maintenant ?
M. le président. Monsieur le rapporteur, acceptez-vous de demander la réserve de l'amendement n° 478 rectifié jusqu'après l'examen de l'amendement n° 3 rectifié bis ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Oui, monsieur le président.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur cette demande de réserve ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. La réserve est donc ordonnée.
Par amendement n° 1 rectifié bis, M. About et les membres du groupe des Républicains et Indépendants proposent d'insérer, après l'avant-dernier alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales, un alinéa ainsi rédigé :
« ... Des dispositions relevant de ses compétences en matière d'aménagement de l'espace communautaire. »
La parole est à M. About. M. Nicolas About. Cet amendement, comme les deux suivants, a pour objet d'interdire la délégation de l'assemblée délibérante au bureau des compétences prévues par la loi relative aux structures intercommunales.
Il paraît paradoxal, en effet, que des élus qui vont siéger dans ces établissements n'aient plus l'occasion de voter sur les compétences fondamentales prévues par la loi, puisque - et c'est ainsi dans les villes nouvelles - le texte permet toute délégation au bureau. Ne sont plus discutées les mesures d'aménagement, les plans d'occupation des sols. Ces mesures sont décidées en bureau, sans même que les représentants des communes aient la possibilité de voter. Il y a là quelque chose de manifestement excessif.
Si certains pouvoirs doivent effectivement être donnés au bureau pour faciliter la gestion et conférer une relative souplesse au système, il ne peut être question de l'investir des compétences premières de l'organisme intercommunal.
De la même façon que, dans les communes, le conseil municipal ne peut pas donner pouvoir au maire de prendre seul un certain nombre de décisions importantes en matière d'urbanisme - s'agissant du POS, par exemple - dans les structures intercommunales, le bureau ne doit pas pouvoir décider seul en matière d'aménagement de l'espace.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. L'amendement n° 1 rectifié bis tend à exclure l'aménagement de l'espace des matières pouvant être déléguées au président et au bureau de la communauté d'agglomération.
L'obligation de rendre compte de ces délégations, prévue par l'article L. 5211-10, peut apporter une première réponse à la préoccupation exprimée par M. About. Néanmoins, la commission des lois a considéré que l'importance de cette compétence pouvait justifier l'amendement.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Le Gouvernement n'est pas très favorable à cet amendement. Exclure cette compétence du champ de la délégation susceptible d'être attribuée au bureau d'un établissement public de coopération intercommunale ne repose pas sur un fondement évident.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 1 rectifié bis, accepté par la commission et repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 2 rectifié bis, M. About et les membres du groupe des Républicains et Indépendants proposent, après l'avant-dernier alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales, d'insérer un alinéa ainsi rédigé :
« ...° Des dispositions relevant de ses compétences en matière d'équilibre social de l'habitat sur le territoire communautaire. »
La parole est à M. About.
M. Nicolas About. Je tiens d'abord à remercier tous mes collègues d'avoir adopté mon amendement précédent.
L'amendement n° 2 rectifié bis a un objet comparable.
Il y a quatre compétences obligatoires que les communes acceptent de transférer, Doivent-elles, pour autant, accepter que leurs délégués soient dépossédés du droit de vote sur lesdites compétences qu'ils viennent de transférer ?
Cet amendement vise toutes les compétences en matière d'équilibre social de l'habitat.
Peut-on vraiment imaginer que les maires et les élus municipaux ne puissent plus voter, ni même être entendus, sur les questions d'équilibre social de l'habitat, quand celles-ci représentent un tel poids dans la gestion des communes ? Cela me paraît proprement invraisemblable !
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Même appréciation positive que sur l'amendement précédent.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Même opposition que sur l'amendement précédent.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement 2 rectifié bis, accepté par la commission et repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 3 rectifié bis, M. About et les membres du groupe des Républicains et Indépendants proposent de compléter le texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales, par un alinéa ainsi rédigé :
« ...° Des dispositions relevant de ses compétences en matière de politique de la ville. »
La parole est à M. About.
M. Nicolas About. Il s'agit, là encore, d'un domaine extrêmement sensible, celui de la politique de la ville. Il se trouve que ce domaine n'a pas de limites précises. Dans la « politique de la ville », on peut mettre tout ce qu'on veut : la prévention de la délinquance, la sécurité, les travaux d'aménagement et de remise en état. Comment des élus de plusieurs communes pourraient se voir dépossédés du droit de s'exprimer et de voter sur de tels sujets ?
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Même appréciation positive que sur les précédents amendements de M. About, et j'indique dès à présent que la commission est également favorable à l'amendement n° 478 rectifié de M. Vasselle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur l'amendement n° 3 rectifié bis ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Même avis défavorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 3 rectifié bis .
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Comme le disait notre collègue Nicolas About, on voit mal comment des personnes élues au suffrage universel direct par leurs concitoyens pourraient se voir refuser le droit de se prononcer, au sein de l'établissement public de coopération intercommunal, composé, je le rappelle, d'élus désignés au deuxième degré, sur des domaines essentiels tels que l'aménagement de l'espace, la politique de la ville ou l'équilibre social de l'habitat.
Les délégués peuvent déjà prendre des décisions intéressant une commune et allant contre l'avis des élus municipaux de la commune considérée, mais il est totalement inacceptable que ces élus ne soient même pas associés à la discussion relative aux sujets évoqués, alors même que leur commune est concernée.
M. Nicolas About. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. About.
M. Nicolas About. Pour la création d'une structure intercommunale de ce type, il faut une majorité qualifiée. Or c'est par une majorité simple que l'on transfère au bureau la totalité des compétences de l'établissement.
Ainsi donc, après avoir donné l'illusion qu'on allait faire une structure intercommunale pour tout mettre en commun et tout discuter en commun, c'est à la majorité simple que l'on transfère toutes les compétences au bureau. On exclut ainsi totalement l'opposition municipale.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 3 rectifié bis , accepté par la commission et repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Nous en revenons à l'amendement n° 478 rectifié, précédemment réservé, qui a déjà été défendu et sur lequel la commission a émis un avis favorable, le Gouvernement s'en étant, quant à lui, remis à la sagesse du Sénat.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Je pourrais être favorable à l'amendement n° 478 rectifié, sous réserve de l'adoption d'un sous-amendement introduisant une simple précision. Il s'agirait de remplacer les mots : « du mode de recouvrement » par les mots : « de l'institution et de la fixation des taux ou tarifs ». M. le président. Je suis donc saisi par le Gouvernement d'un sous-amendement n° 564, tendant, dans la rédaction proposée par l'amendement n° 478 rectifié pour le quatrième alinéa (1°) de l'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales, à remplacer les mots : « du mode de recouvrement » par les mots : « de l'institution et de la fixation des taux ou tarifs ».
Quel est l'avis de la commission sur ce sous-amendement ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Favorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix le sous-amendement n° 564.
M. Yves Fréville. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fréville.
M. Yves Fréville. J'approuve la précision proposée par le Gouvernement. Cela étant, on aurait aussi pu reprendre la formule de l'article 34 de la Constitution : l'assiette, le taux et le mode de recouvrement.
Mais je veux surtout faire remarquer que l'amendement de M. Vasselle est déjà satisfait : l'article L. 2333-76 du code général des collectivités territoriales dispose en effet que le tarif de la redevance des ordures ménagères est fixé par l'assemblée délibérante de la collectivité locale ou de l'établissement public.
M. Alain Vasselle. Raison de plus pour le faire figurer dans la loi !
M. Jean-Jacques Hyest. On l'y trouve déjà !
M. Gérard Cornu. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Cornu.
M. Gérard Cornu. J'ai l'impression que le sous-amendement présenté par le Gouvernement ne satisfait pas tout à fait à l'objectif initial de simplification de l'intercommunalité. La précision apportée par ce sous-amendement est un peu redondante par rapport à l'amendement de M. Vasselle.
M. Michel Mercier, rapporteur pour avis. Pas du tout ! Ce sous-amendement précise en termes juridiques ce que M. Vasselle dit en termes littéraires !
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix le sous-amendement n° 564, accepté par la commission.

(Le sous-amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix, ainsi modifié, l'amendement n° 478 rectifié, accepté par la commission et par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 90, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le dernier alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales :
« Lors de chaque réunion obligatoire de l'organe délibérant, le président rend compte des travaux du bureau et des attributions exercées par délégation de l'organe délibérant. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement limite l'obligation de compte rendu des travaux du bureau aux réunions obligatoires de l'EPCI, afin de ne pas alourdir inutilement les procédures.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Je m'en remets à la sagesse du Sénat.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 90, pour lequel le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 91, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le premier alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-11 du code général des collectivités territoriales, de remplacer trois fois les mots : « l'assemblée délibérante » par les mots : « l'organe délibérant » et de remplacer le mot : « l'assemblée » par les mots : « l'organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 91, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis saisi de deux amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 92, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le second alinéa du texte présenté par le 1° de l'article 22 pour l'article L. 5211-11 du code général des collectivités territoriales :
« Sur la demande de cinq membres ou du président, l'organe délibérant peut décider, sans débat, à la majorité absolue de ses membres présents ou représentés, qu'il se réunit à huis clos. »
Par amendement n° 479 rectifié, MM. Vasselle, André, Flandre et Gerbaud proposent, dans le deuxième alinéa du texte présenté par l'article 22 pour l'article L. 5211-11 du code général des collectivités territoriales, après les mots : « des membres présents », d'insérer les mots : « , le bureau ».
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 92.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Tout en apportant une clarification, cet amendement ouvre à cinq membres de l'organe délibérant la faculté de demander le huis clos, étant précisé que, comme pour les conseils municipaux, généraux et régionaux, la décision est prise sans débat et à la majorité absolue. Il est normal, en l'occurrence, que le régime des EPCI soit, sur ce plan, calqué sur celui des autres structures territoriales.
M. le président. La parole est à M. Vasselle, pour défendre l'amendement n° 479 rectifié.
M. Alain Vasselle. Je propose de préciser que l'on donne également cette faculté au bureau de l'organe délibérant.
Si cinq membres ont cette faculté, il me semble justifié que le bureau l'ait également.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur l'amendement n° 479 rectifié ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La préoccupation de M. Vasselle est virtuellement satisfaite par les dispositions que nous avons prises. Mais il était bon qu'il l'exprimât.
M. Michel Mercier, rapporteur pour avis. Nous avons créé suffisamment de vice-présidents !
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 92 et 479 rectifié ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Il est favorable à l'amendement n° 92 et défavorable à l'amendement n° 479 rectifié.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 92, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'amendement n° 479 rectifié n'a plus d'objet.
Par amendement n° 365, MM. Bret, Foucaud et les membres du groupe communiste républicain et citoyen proposent :
I. - De rédiger comme suit le 3° de cet article :
« Le dernier alinéa de l'article L. 5212-7 est abrogé. »
II. - En conséquence, à la fin du texte présenté par le 2° de l'article 22 pour l'article L. 5212-6 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « , L. 5211-8 et, sauf dispositions contraires prévues par la décision institutive, à l'article L. 5212-7 » par les mots : « et L. 5211-8 ».
La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Cet amendement a pour objet d'abroger le dernier alinéa de l'article L. 5212-7, relatif à la représentation des communes au sein d'un comité syndical et au mode de désignation des membres de ces comités.
Le second alinéa prévoit que le choix du conseil municipal peut se porter sur tout citoyen réunissant les conditions requises pour faire partie d'un conseil municipal.
Le syndicat des communes resterait ainsi la seule structure intercommunale dont la désignation des délégués des communes au sein du comité ne serait pas démocratique.
Aussi, nous vous proposons d'élargir les dispositions générales de l'article L. 5211-7.
Les syndicats de communes sont nombreux et exercent souvent des compétences dans des domaines importants, en lien direct avec les populations, comme la collecte ou le traitement des déchets.
Dans le souci de démocratisation qui nous anime, nous souhaitons que les délégués représentant les communes au comité syndical soient des élus locaux issus des conseils municipaux.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Je tiens à dire à notre collègue M. Bret qu'il y a des circonstances dans lesquelles démocratie et souplesse doivent être conciliées.
Autant il est nécessaire, s'agissant des EPCI à fiscalité propre, de veiller à ce que tous les membres de leur conseil soient des conseillers municipaux et soient sanctionnés par le suffrage universel, autant, en ce qui concerne les syndicats - SIVOM et SIVU - surtout en milieu rural, il convient qu'on puisse préserver un minimum de souplesse ; cela ne signifie pas pour autant que ces syndicats ne fonctionneront pas dans un esprit démocratique.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Le Gouvernement comprend à la fois le souci de démocratie exprimé par M. Bret et la préoccupation de M. Hoeffel, qui tient compte de l'exercice concret de la démocratie dans nos campagnes. Il s'en remet à la sagesse du Sénat. (Sourires.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 365, repoussé par la commission et pour lequel le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(L'amendement n'est pas adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 22, modifié.

(L'article 22 est adopté.)

Article additionnel après l'article 22



M. le président.
Par amendement n° 476 rectifié, MM. Vasselle, Delong et Flandre proposent d'insérer, après l'article 22, un article additionnel ainsi rédigé :
« L'article L. 46 du code électoral est ainsi rédigé :
« Art. L. 46 . - Les fonctions de militaire de carrière ou assimilé, en activité de service ou servant au-delà de la durée légale, l'appartenance à la fonction publique de l'Etat, à la fonction publique hospitalière ou à la fonction publique territoriale, dans l'une quelconque des dispositions prévues au chapitre V de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, au chapitre V de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et au chapitre IV de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, sont incompatibles avec les mandats qui font l'objet du livre Ier. »
La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Je précise d'emblée que cet amendement n'a pas vocation à être inséré dans le projet de loi. Il s'agit, en effet, d'un cavalier. Il a un aspect volontairement provocateur et tend essentiellement à essayer de faire évoluer le statut de l'élu.
En ne permettant pas spécifiquement aux fonctionnaires de cumuler leur activité professionnelle et une fonction élective, cet amendement vise à étendre des dispositions qui existent déjà, de manière générale, pour tous les agents de la fonction publique. Cette position est bien entendu partagée sur toutes les travées de cette assemblée, et plus encore sur celles de l'Assemblée nationale, où 40 % des députés sont issus de la fonction publique !
Mais est-il normal, mes chers collègues, qu'il soit plus facile pour un agent de la fonction publique que pour un membre d'une profession libérale, un commerçant, un artisan, voire un salarié d'une entreprise d'exercer une fonction élective ? Il faudra bien, monsieur le ministre, que le Gouvernement prenne, un jour ou l'autre, l'initiative de s'attaquer au statut de l'élu.
Lorsqu'un fonctionnaire cesse son activité professionnelle pour exercer une fonction élective, la collectivité procède à un recrutement. C'est donc elle qui supporte le coût du remplacement. En revanche, lorsqu'il s'agit d'un membre d'une profession libérale, d'un commerçant, d'un artisan, d'un agriculteur ou d'un salarié d'une entreprise, ce coût est assumé par cette dernière, ou par lui-même, et non par la collectivité.
Il faudrait donc, en la matière, s'inspirer des dispositions qui ont été retenues pour les sapeurs-pompiers volontaires pour qu'un jour ou l'autre nous parvenions à améliorer la situation.
Cet amendement n'a pas d'autre objectif que de rassurer, si besoin était, M. le rapporteur, la commission des lois et M. le ministre.
Bien entendu, si je constatais que la situation n'évoluait pas, que l'inertie perdure, je serais amené à prendre d'autres initiatives.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet avis tient en trois points.
Premièrement, il faut inlassablement rappeler, comme l'a fait M. Vasselle, l'urgence de définir un statut de l'élu. Deuxièmement, il est effectivement beaucoup plus facile aujourd'hui d'accéder à une fonction élective pour un agent de la fonction publique ou un retraité que pour ceux qui exercent des responsabilités dans d'autres secteurs professionnels.
Troisièmement, enfin, M. Vasselle a lui-même reconnu le caractère provocateur de son amendement. En proposant d'étendre l'incompatibilité aux conseillers généraux et aux députés, M. Vasselle souhaitait sans doute lancer un appel à M. le ministre, comme à tous ses prédécesseurs et à tous ses successeurs, s'agissant d'un sujet qui recueille au sein de la Haute Assemblée un très large écho.
MM. Dominique Braye et Alain Vasselle. Très bien ! M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur. Je ne peux que partager l'avis de la commission.
L'amendement n° 476 rectifié pose certes le problème du statut de l'élu, sur lequel nous devons travailler ; mais il tend aussi à créer une incompatibilité générale entre l'exercice de toute fonction publique et d'un mandat local quel qu'il soit. Je ne vois pas pourquoi un agent hospitalier, par exemple, ne pourrait pas siéger au sein d'un conseil régional ou d'un conseil général. Une conception aussi large des incompatibilités est à la limite - et je pèse mes mots - anticonstitutionnelle.
Il serait donc sage, monsieur Vasselle, de retirer cet amendement, que je considère également comme un texte d'appel.
M. Alain Vasselle. Que faites-vous du statut de l'élu, monsieur le ministre ?
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 476 rectifié.
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Je veux simplement apporter ma petite pierre à ce débat.
Nous sommes tous d'accord, quelles que soient les travées sur lesquelles nous siégeons, pour reconnaître que notre pays et notre société ont manifestement bien du mal à adopter les réformes nécessaires. Or, cette difficulté résulte manifestement en grande partie du milieu d'où sont issus les élus, notamment ceux des deux assemblées parlementaires. Je ne l'apprendrai d'ailleurs pas à notre collègue M. Christian Bonnet, dont le successeur temporairement et rapidement désigné à la mairie de Carnac a opportunément souligné la nécessité d'adapter la composition des assemblées à la réalité sociologique de notre pays si nous voulons effectivement être aptes à engager les changements nécessaires.
Nous demandons tout simplement qu'il soit mis un terme à la discrimination très positive en faveur des fonctionnaires, qui explique qu'ils aient confisqué la quasi-totalité des fonctions électives.
En effet, il est à la fois beaucoup plus facile pour eux d'exercer leur mandat et de faire face aux aléas des fonctions électives puisqu'ils peuvent revenir dans leur corps d'origine quand les électeurs ne veulent plus d'eux. Il faudra bien faire quelque chose pour remédier à cette situation.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. La mise en place d'un véritable statut de l'élu local, au demeurant parfaitement souhaitable, monsieur Vasselle, doit-elle aller de pair avec l'affirmation d'une sorte de sous-citoyenneté, dont seraient pourvues, si l'on peut dire, ceux qui ont eu l'idée de faire carrière dans la fonction publique ?
Vous nous invitez, en effet, à exclure de l'exercice de fonctions électives locales près de cinq millions de nos compatriotes.
Résumons-nous : poser la question du statut de l'élu local en commençant par créer cette exclusive est tout de même, vous le reconnaîtrez, quelque peu cavalier.
Je ne crois pas, et j'en suis désolé pour vous et pour son auteur, que cet amendement ait tout à fait sa place dans ce texte. On se perd d'ailleurs en conjectures sur les motivations profondes qui le sous-tendent.
Faut-il empêcher un sain exercice du débat démocratique auquel les fonctionnaires, en tant que citoyens et indépendamment de leurs activités professionnelles, ont le droit de participer ?
Rien en tout cas ne nous paraît justifier cet amendement n° 476.
Nous sommes au moins d'accord sur un point avec notre collègue M. Alain Vasselle : il faut un véritable statut de l'élu local, eu égard à la complexité croissante des conditions d'exercice du mandat local et des mandats en général.
Cela pourrait, par exemple, passer par un examen des propositions de loi qui ont été déposées sur ce sujet, notamment de celles qu'a déposées le groupe communiste républicain et citoyen.
Cela passe aussi, au demeurant, par l'ouverture de plus grandes facilités et une meilleure disponibilité pour les salariés en général, notamment ceux du secteur privé, qui sont davantage confrontés à des difficultés dans l'accomplissement d'un mandat local.
En tout état de cause, si cet amendement n'est pas retiré, nous voterons contre.
M. le président. Monsieur Vasselle, l'amendement est-il maintenu ?
M. Alain Vasselle. Tout le monde a bien compris - je l'ai d'ailleurs dit en préambule - que cet amendement n'avait pas pour objet d'être inséré dans le présent projet de loi ; il s'agit d'un cavalier. Son unique objet était de poser le problème du statut de l'élu, d'instaurer une véritable égalité des chances en permettant à tous les citoyens français, hommes et femmes, d'accéder à une fonction élective, quelle que soit leur activité professionnelle. Or, force est de constater qu'aujourd'hui la composition des assemblées ne reflète pas cette égalité des chances.
Toutefois, je constate que le Gouvernement est prêt à s'engager à prendre des initiatives en la matière. J'ai d'ailleurs cru comprendre, monsieur le ministre, que vous aviez fait des déclarations en ce sens lorsque nous avions examiné le projet de loi relatif à la limitation du cumul des mandats. Vous aviez alors souhaité déconnecter ce texte du projet de loi relatif au statut de l'élu. Je le regrette d'ailleurs, parce qu'il aurait mieux valu, à mon sens, traiter des deux dispositifs en même temps. Nous aurions ainsi pu parvenir à une solution consensuelle sur l'évolution des dispositions législatives concernant les élus.
Cela dit, monsieur le président, je retire cet amendement, en espérant que je n'aurai pas à le déposer de nouveau prochainement, si j'étais amené à constater que rien n'a changé.
M. le président. L'amendement n° 476 rectifié est retiré.
M. le ministre devant se rendre aux obsèques du préfet Alain Bidou, nous allons interrompre nos travaux.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à douze heures dix, est reprise à quinze heures, sous la présidence de M. Guy Allouche.)

PRÉSIDENCE DE M. GUY ALLOUCHE
vice-président

M. le président. La séance est reprise.
Nous poursuivons la discussion du projet de loi relatif au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale.
Dans la discussion des articles, nous en sommes parvenus à l'article 23.

Article 23



M. le président.
« Art. 23. _ La section 4 nouvelle est intitulée : "Conditions d'exercice des mandats des membres des conseils ou comités".
« I. _ L'article L. 5211-8 est inséré dans cette section et devient l'article L. 5211-15.
« II. _ Avant l'article L. 5211-15, sont insérés trois articles L. 5211-12, L. 5211-13 et L. 5211-14 ainsi rédigés :
« Art. L. 5211-12 . _ Les indemnités maximales votées par le conseil ou comité d'un syndicat de communes, d'un syndicat mixte composé exclusivement de communes et de leurs groupements, d'une communauté de communes, d'une communauté d'agglomération et d'une communauté ou d'un syndicat d'agglomération nouvelle pour l'exercice effectif des fonctions de président et de vice-président sont déterminées par un décret en Conseil d'Etat par référence au montant du traitement correspondant à l'indice brut terminal de l'échelle indiciaire de la fonction publique.
« Le membre d'une assemblée délibérante d'établissement public de coopération intercommunale titulaire d'autres mandats électoraux, ou qui siège à ce titre au conseil d'administration d'un établissement public local, du Centre national de la fonction publique territoriale, au conseil d'administration ou au conseil de surveillance d'une société d'économie mixte locale ou qui préside une telle société ne peut recevoir, pour l'ensemble de ses fonctions, un montant total de rémunérations et d'indemnités de fonction supérieur à une fois et demie le montant de l'indemnité parlementaire telle qu'elle est définie à l'article 1er de l'ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958 portant loi organique relative à l'indemnité des membres du Parlement. Ce plafond s'entend déduction faite des cotisations sociales obligatoires. »
« Art. L. 5211-13 . _ Lorsque les membres des conseils ou comités des établissements publics de coopération intercommunale mentionnés aux articles L. 5211-12 et L. 5215-1 ne bénéficient pas d'indemnité de fonction, les frais de déplacement qu'ils supportent à l'occasion des réunions de ces conseils ou comités, du bureau, des commissions instituées par délibération dont ils sont membres, des comités consultatifs prévus par l'article L. 5211-49 et des assemblées délibérantes ou des bureaux des organismes où ils représentent leur établissement peuvent être remboursés lorsque la réunion a lieu dans une commune autre que la leur.
« La dépense est à la charge de l'organisme qui organise la réunion.
« Un décret fixe les modalités d'application du présent article.
« Art. L. 5211-14 . _ Les articles L. 2123-18, L. 2123-25 à L. 2123-27, les premier et deuxième alinéas de l'article L. 2123-28 et l'article L. 2123-29 s'appliquent aux établissements publics de coopération intercommunale mentionnés aux articles L. 5211-12 et L. 5215-1. »
Par amendement n° 93, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le premier alinéa de cet article :
« I. - A. - Au chapitre Ier du titre Ier du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales, il est inséré une division section 4 intitulée : "Conditions d'exercice des mandats des membres des conseils ou comités". »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat à l'outre-mer. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 93, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 94, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, au début du second alinéa du texte présenté par le II de l'article 23 pour l'article L. 5211-12 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « Le membre d'une assemblée délibérante d'établissement » par les mots : « Le membre d'un organe délibérant d'un établissement ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement d'harmonisation rédactionnelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 94, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis saisi de deux amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 95, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le premier alinéa du texte présenté par le II de l'article 23 pour l'article L. 5211-13 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « d'indemnité de fonction, les frais de déplacement qu'ils supportent » par les mots : « d'indemnité au titre des fonctions qu'ils exercent au sein de ces établissements, les frais de déplacement qu'ils engagent ».
Par amendement n° 480 rectifié, MM. Vasselle, André, Flandre et Gerbaud proposent, dans le premier alinéa du texte présenté par le II de l'article 23 pour l'article L. 5211-13 du code général des collectivités territoriales, après les mots : « d'indemnité de fonction », d'insérer les mots : « en qualité de membre de ce conseil ».
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 95.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement rédactionnel et de précision.
M. le président. L'amendement n° 480 rectifié est-il soutenu ?...
Quel est l'avis du Gouvernement sur l'amendement, n° 95 ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est favorable à cet amendement.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 95, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 96, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le premier alinéa du texte présenté par le II de l'article 23 pour l'article L. 5211-13 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « des comités consultatifs prévus par l'article L. 5211-49 et des assemblées délibérantes » par les mots : « des organes délibérants ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement d'harmonisation rédactionnelle et de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Cet amendement a un double objet.
En premier lieu, il est rédactionnel car il vise à remplacer les mots « assemblées délibérantes » par les mots : « organes délibérants ».
En second lieu, il tend à supprimer la référence aux comités consultatifs et, par conséquent, la possibilité pour les établissements publics de coopération intercommunale de rembourser les frais de déplacement des membres de leurs conseils qui n'ont pas d'indemnité de fonction lorsqu'ils participent aux comités consultatifs prévus par l'article 29 du projet de loi.
Dans la mesure où le Gouvernement est favorable au maintien de ces comités - nous y reviendrons dans quelques instants - il ne peut qu'émettre un avis défavorable sur cet amendement.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 96, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 97, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le texte présenté par le II de l'article 23 pour l'article L. 5211-14 du code général des collectivités territoriales, après les mots : « s'appliquent aux », d'insérer les mots : « membres des organes délibérant des ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de précision rédactionnelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 97, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 23, modifié.

(L'article 23 est adopté.)

Article 24



M. le président.
« Art. 24. _ La section 5 nouvelle intitulée : "Modifications statutaires" comprend deux sous-sections : une sous-section 1 intitulée : "Modifications relatives aux compétences" et une sous-section 2 intitulée : "Modifications relatives au périmètre et à l'organisation". L'article L. 5211-9 est inséré dans la sous-section 1 et devient l'article L. 5211-16.
« I. _ A la sous-section 1, il est ajouté un article L. 5211-17 ainsi rédigé :
« Art. L. 5211-17 . _ Les communes membres d'un établissement public de coopération intercommunale peuvent à tout moment transférer, en tout ou partie, à ce dernier, certaines de leurs compétences dont le transfert n'est pas prévu par la loi ou par la décision institutive ainsi que les biens, équipements ou services publics nécessaires à leur exercice.
« Ces transferts sont décidés par délibérations concordantes de l'assemblée délibérante et des conseils municipaux se prononçant dans les conditions de majorité requise pour la création de l'établissement public de coopération intercommunale. Le conseil municipal de chaque commune membre dispose d'un délai de trois mois, à compter de la notification au maire de la commune de la délibération de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale, pour se prononcer sur les transferts proposés. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée favorable.
« Les conditions financières et patrimoniales des transferts de compétences et des transferts de biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi que l'affectation des personnels, sont décidées par délibérations concordantes de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale et de la majorité qualifiée des conseils municipaux des communes membres requise pour la création de l'établissement public de coopération intercommunale.
« Le transfert de compétences entraîne le transfert à l'établissement public de coopération intercommunale de l'ensemble des droits et obligations attachés, à la date du transfert, aux compétences, aux biens, aux équipements et aux services publics transférés. L'établissement est substitué de plein droit, à cette date, aux communes qui le composent dans toutes les délibérations et tous les actes de ces dernières.
« La substitution de personne morale aux contrats conclus par les communes n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. Les contrats sont exécutés dans les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf délibération contraire de l'établissement public de coopération intercommunale. »
« II. _ Les articles L. 5214-18 et L. 5214-19, ainsi que l'article L. 5215-41, sont abrogés.
« III. _ La sous-section 2 comprend trois articles L. 5211-18, L. 5211-19 et L. 5211-20 ainsi rédigés :
« Art. L. 5211-18. _ I. _ Sans préjudice des dispositions de l'article L. 5215-40, le périmètre de l'établissement public de coopération intercommunale peut être ultérieurement étendu, par arrêté du ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés, par adjonction de communes nouvelles, sous réserve de l'absence d'opposition de plus du tiers des conseils municipaux des communes associées :
« 1° Soit à la demande des conseils municipaux des communes nouvelles. La modification est alors subordonnée à l'accord de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale ;
« 2° Soit sur l'initiative de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale. La modification est alors subordonnée à l'accord du ou des conseils municipaux dont l'admission est envisagée ;
« 3° Soit sur l'initiative du représentant de l'Etat. La modification est alors subordonnée à l'accord de l'assemblée délibérante et des conseils municipaux dont l'admission est envisagée.
« Dans les trois cas, à compter de la notification de la délibération de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale au maire de chacune des communes associées, le conseil municipal de chaque commune membre dispose d'un délai de trois mois pour se prononcer sur l'admission de la nouvelle commune. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée favorable. Les mêmes règles s'appliquent pour les conseils municipaux des communes dont l'admission est envisagée. Dans les cas visés aux 1° et 3°, l'assemblée délibérante dispose d'un délai de trois mois à compter de la réception de la demande.
« II. _ Les conditions financières et patrimoniales du transfert de compétences et des transferts de biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi que l'affectation des personnels, sont décidées par délibérations concordantes du conseil municipal des communes dont l'admission est envisagée et de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale.
« Le transfert de compétences entraîne le transfert à l'établissement public de coopération intercommunale de l'ensemble des droits et obligations attachés, à la date d'admission de chaque commune, aux compétences, biens, équipements et services publics transférés. L'établissement est substitué de plein droit, à cette date, à la nouvelle commune dans toutes les délibérations et tous les actes de cette dernière.
« La substitution de personne morale aux contrats conclus par la commune n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. Les contrats sont exécutés dans les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf délibération contraire de l'établissement public de coopération intercommunale.
« Art. L. 5211-19 . _ Une commune peut se retirer de l'établissement public de coopération intercommunale, sauf s'il s'agit d'une communauté urbaine, avec le consentement de l'assemblée délibérante. Pour les établissements publics de coopération intercommunale soumis au régime fiscal prévu à l'article 1609 nonies C du code général des impôts, le retrait n'est possible qu'à l'issue de la période d'unification des taux de taxe professionnelle.
« Le retrait ne peut intervenir si plus du quart des conseils municipaux des communes membres s'y opposent.
« Les conditions de ce retrait sont fixées par délibérations concordantes de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale et du conseil municipal de la commune intéressée, dans les conditions prévues à l'article L. 1321-9. Le conseil municipal de chaque commune associée dispose d'un délai de trois mois à compter de la notification de la délibération de l'assemblée délibérante au maire de la commune pour se prononcer sur le retrait envisagé. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée défavorable.
« La décision de retrait est prise par le ou les représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés.
« Art. L. 5211-20 . _ L'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale délibère sur les modifications des conditions initiales d'organisation, de fonctionnement ou de durée de l'établissement public de coopération intercommunale.
« A compter de la notification de la délibération de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale au maire de chacune des communes associées, le conseil municipal de chaque commune dispose d'un délai de trois mois pour se prononcer sur la modification envisagée. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée favorable.
« La décision de modification est subordonnée à l'accord des conseils municipaux dans les conditions de majorité qualifiée requises pour la création de l'établissement.
« La décision de modification est prise par arrêté du représentant ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements intéressés. »
« IV. _ 1° Au deuxième alinéa de l'article L. 5332-3, les mots : "de l'article L. 5212-26" sont remplacés par les mots : "de l'article L. 5211-18" ; à l'article L. 5332-5, la référence : "L. 5212-28" est remplacée par la référence : "L. 5211-19" ; à l'article L. 5212-29, la référence : "L. 5212-28" est remplacée par la référence : "L. 5211-19" ; au dernier alinéa de l'article L. 5212-25, les mots : "aux deuxième, troisième et cinquième alinéas de l'article L. 5212-27" sont remplacés par les mots : "aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 5211-20" ; à l'article L. 5212-30, la référence : "L. 5212-27" est remplacée par la référence : "L. 5211-20" et la référence : "L. 5212-28" est remplacée par la référence : "L. 5211-19" ; au dernier alinéa de l'article L. 2411-18, les mots : "à l'article L. 5212-28" sont remplacés par les mots : "à l'article L. 5211-19".
« 2° Les articles L. 5212-26, L. 5212-27, L. 5212-28, L. 5214-24, L. 5214-25 et L. 5214-26 sont abrogés. »
Par amendement n° 98, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le premier alinéa de cet article :
« I. - A. - Le chapitre Ier du titre Ier du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales est complété par une division section 5 intitulée "Modifications statutaires". »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement purement formel.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 98, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 99, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de remplacer le deuxième alinéa de l'article 24 par trois alinéas ainsi rédigés :
« I. - 1° Il est inséré dans la section 5 précitée une sous-section 1 intitulée "Modifications relatives aux compétences" ;
« 2° L'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales est inséré dans la sous-section 1 précitée et devient l'article L. 5211-16 ;
« 3° Il est inséré dans la sous-section 1 précitée un article L. 5211-17 ainsi rédigé : ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'une clarification formelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est favorable à cet amendement.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 99, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 543, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le deuxième alinéa du texte présenté par le I de l'article 24 pour l'article L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales, de remplacer (deux fois) les mots : « l'assemblée délibérante » par les mots : « l'organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 543, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 100, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin du deuxième alinéa du texte présenté par le I de l'article 24 pour l'article L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales, de remplacer le mot : « favorable » par le mot : « défavorable ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit de faire exprimer d'une manière formelle l'adhésion, dans la logique des positions déjà adoptées par le Sénat sur proposition de la commission des lois.
M. Gérard Cornu. Après une longue discussion !
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. M. le ministre de l'intérieur, qui était présent ce matin, a émis un avis défavorable dans un débat précédent. Je confirme cet avis défavorable s'agissant de l'amendement n° 100.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 100.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Sur cet amendement n° 100 présenté par M. le rapporteur, au nom de la commission des lois, je me bornerai à faire quelques observations.
J'estime qu'il est heureux que, s'agissant de l'extension des compétences des EPCI au-delà de ce qui est prévu comme facultatif ou obligatoire par la loi ou par le protocole de création de l'établissement, la commission nous propose de revenir sur le principe de la tacite acceptation qui a été retenu par l'Assemblée nationale pour la rédaction de l'article L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales.
On constatera cependant que nous nous inscrivons, sur ce chapitre, dans un processus de majorité qualifiée, ce qui pose toujours question à nos yeux.
Nous aurions préféré que l'extension de compétences extralégislatives fasse l'objet d'une décision unanime des conseils municipaux des communes adhérentes, disposition qui, je le sais, est appliquée au sein de certaines communautés de communes.
Mais, à tout le moins, nous ne pourrons que voter pour cet amendement n° 100, dont la rédaction devra cependant être améliorée - en tout cas je le souhaite - ou par la commission mixte paritaire ou lors de la nouvelle lecture.
M. François Marc. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Marc.
M. François Marc. Dans le même esprit que ce matin, nous voterons contre cet amendement, qui ne facilite pas la mise en place des communautés de communes et des communautés d'agglomération.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 100, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis saisi de deux amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 514 rectifié, le Gouvernement propose de remplacer l'antépénultième et l'avant-dernier alinéas du texte présenté par le I de l'article 24 pour l'article L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales par trois alinéas ainsi rédigés :
« Le transfert des compétences entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert, des dispositions des trois premiers alinéas de l'article L. 1321-1, des deux premiers alinéas de l'article L. 1321-2 et des articles L. 1321-3, L. 1321-4 et L. 1321-5.
« Toutefois, lorsque l'établissement public est compétent en matière de zones d'activité économique, les conditions financières et patrimoniales du transfert des biens immobiliers nécessaires à l'exercice de cette compétence sont décidées par délibérations concordantes de l'organe délibérant et des conseils municipaux des communes membres se prononçant dans les conditions de majorité qualifiée requise pour la création de l'établissement. Il en va de même lorsque l'établissement public est compétent en matière de zones d'aménagement concerté. L'affectation des personnels est décidée dans les mêmes conditions.
« L'établissement public de coopération intercommunale est substitué de plein droit, à la date du transfert de compétences, aux communes qui le composent dans toutes leurs délibérations et tous leurs actes. »
Par amendement n° 544, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le troisième alinéa du texte présenté par le I de l'article 24 pour l'article L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « l'assemblée délibérante », par les mots : « l'organe délibérant ».
La parole est à M. le secrétaire d'Etat, pour présenter l'amendement n° 514 rectifié.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Il s'agit d'un amendement de coordination avec l'amendement n° 511. En effet, le Gouvernement avait proposé, à l'article 21, l'application au transfert de compétences du régime de transfert des biens, équipements et services publics qui résulte des lois de décentralisation, et ce en cohérence avec les amendements de la commission des lois pour les syndicats mixtes.
Le présent amendement prévoit l'application du même régime au transfert de biens, équipements et services publics lié au transfert de compétences postérieur à la création d'un établissement public de coopération intercommunale.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur, pour présenter l'amendement n° 544 et pour donner l'avis de la commission sur l'amendement n° 514 rectifié.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission retire l'amendement n° 544 au profit de l'amendement n° 514 rectifié.
M. le président. L'amendement n° 544 est retiré.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 514 rectifié, accepté par la commission.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 101, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le dernier alinéa du texte présenté par le I de l'article 24 pour l'article L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales :
« Les contrats sont exécutés dans les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf accord contraire des parties. La substitution de personne morale aux contrats conclus par les communes n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. La commune qui transfère la compétence informe les cocontractants de cette substitution. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de clarification formelle, qui ménage en outre la faculté pour les parties de modifier les conditions d'exécution des contrats en cours et qui prévoit l'information des cocontractants sur la substitution de personne morale. Nous avons déjà connu ce cas de figure préalablement.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 101, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 102, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le premier alinéa du III de l'article 24 :
« Il est créé dans la section 5 précitée une division sous-section 2 intitulée : "Modifications relatives au périmètre et à l'organisation" qui comprend trois articles L. 5211-18, L. 5211-19 et L. 5211-20 ainsi rédigés : ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de clarification formelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 102, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 103, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le I et le II du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-18 du code général des collectivités territoriales, de remplacer (six fois) les mots : « assemblée délibérante » par les mots : « organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 103, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 104, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin de la deuxième phrase du dernier alinéa du I du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-18 du code général des collectivités territoriales, de remplacer le mot : « favorable » par le mot : « défavorable ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est la confirmation de notre ligne de conduite préalable.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je vous confirme la position défavorable du Gouvernement, qui a été exprimée par M. Chevènement ce matin, après un long débat.
L'intention du Gouvernement est de favoriser le processus de constitution de groupements intercommunaux, ce qui justifie ce choix que le défaut de réponse vaut accord. En toute hypothèse, si les communes ne souhaitent pas s'engager dans un processus d'intercommunalité, il leur appartient d'en délibérer pour exprimer leur désaccord.
M. Dominique Braye. Absolument !
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 104.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Avec cet amendement n° 104 et l'article L. 5211-18 du code général des collectivités territoriales sur lequel il porte, nous abordons une question qui est loin d'être sans importance quant au devenir de la coopération intercommunale : l'extension éventuelle des EPCI existants.
Il s'agit tout simplement de créer les conditions de l'extension des EPCI dans trois cas.
Le premier cas de figure, c'est la demande expresse des nouvelles communes, dont la « démarche » serait examinée par l'assemblée délibérante de l'EPCI.
Deuxième cas de figure, cette fois-ci, si l'on peut dire, c'est l'EPCI qui prend l'initiative et demande aux conseils municipaux de délibérer en ce sens.
Troisième cas de figure, c'est le préfet qui invite les communes à délibérer en ce sens.
Peu importe la modalité choisie, toujours est-il qu'il y a dans ce processus quelques oublis.
On pourrait ainsi se demander si cette orientation ne va pas finir par mettre en question l'institution départementale, puisque le premier alinéa de l'article prévoit expressément de faire cosigner l'arrêté de notification par plusieurs préfets, à l'image de ce qui se fait pour les pays, dont nous avons débattu lors de l'examen du projet de loi d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire.
Je prendrai un exemple déjà évoqué dans notre débat : il existe autour de Portet-sur-Garonne un important EPCI regroupant les communes de la banlieue sud-ouest de Toulouse.
Dans la perspective probable de la constitution d'une communauté urbaine autour de Toulouse, cet EPCI se retrouvera-t-il englobé dans une structure plus importante, dont la vie sera probablement ponctuée par les relations plus ou moins antagonistes entre la capitale occitane, aujourd'hui dirigée par l'opposition, et la plupart de ses communes de banlieue, qui penchent plutôt à gauche ?
Pour aller plus loin, et à l'examen objectif du mouvement de développement de l'agglomération toulousaine, ne peut-on pas envisager que cette future communauté urbaine finisse par lorgner sur la communauté de communes du val-de-Sare, dans le Gers, qui est déjà une sorte d'appendice de l'agglomération toulousaine ?
C'est donc bien la moindre des choses que de voter cet amendement de la commission des lois qui nous invite à rejeter le principe de tacite acceptation aujourd'hui inscrit dans la loi.
Oui, donc, à l'intercommunalité, mais non au mariage forcé, sans consentement mutuel !...
Nous voterons cet amendement.
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Comme je l'ai indiqué dans la discussion générale, nous sommes contre l'intercommunalité de contrainte et pour l'intercommunalité d'adhésion ; mais nous sommes également favorables à l'intercommunalité de courage, de volonté, de telle sorte que le laisser-aller n'aille pas à l'encontre de l'intercommunalité.
Nous demandons, par conséquent, que les communes ne voulant pas faire partie d'un EPCI se prononcent - celles qui y consentent peuvent d'ailleurs également se prononcer - et que, en l'absence de délibération, les communes soient considérées comme favorables à l'intercommunalité. L'absence de débat doit en effet favoriser l'intercommunalité et non la freiner.
M. Robert Bret. Vous le direz à Baudis !
M. François Marc. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Marc.
M. François Marc. Il s'agit, comme précédemment, d'éviter tout ce qui peut freiner la marche en avant de l'intercommunalité. Dans ces conditions, nous voterons contre cet amendement.
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Je m'interroge sur la cohérence de cette disposition concernant l'accord tacite avec d'autres dispositions adoptées, en leur temps, s'agissant de l'administration territoriale de la République, de la constitution des SIVOM ou de l'exercice de compétences nouvelles.
Ainsi, s'agissant de la création d'une structure intercommunale, les communes, à défaut de réponse dans un délai de quarante jours, sont considérées comme favorables.
Là, j'ai l'impression que l'on inverse le dispositif, et je m'interroge donc sur la cohérence de ce dernier avec des dispositions antérieures.
Tel est le sentiment que je vous livre, monsieur le rapporteur.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 104, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 515, le Gouvernement propose de remplacer les deux premiers alinéas du II du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-18 du code général des collectivités territoriales par trois alinéas ainsi rédigés :
« Le transfert des compétences entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert, des dispositions des trois premiers alinéas de l'article L. 1321-1, des deux premiers alinéas de l'article L. 1321-2 et des articles L. 1321-3, L. 1321-4 et L. 1321-5.
« Toutefois, lorsque l'établissement public est compétent en matière de zones d'activité économique, les conditions financières et patrimoniales du transfert des biens immobiliers nécessaires à l'exercice de cette compétence sont décidées par délibérations concordantes de l'organe délibérant et des conseils municipaux des communes membres se prononçant dans les conditions de majorité qualifiée requise pour la création de l'établissement. Il en va de même lorsque l'établissement public est compétent en matière de zones d'aménagement concerté. L'affectation des personnels est décidée dans les mêmes conditions.
« L'établissement public de coopération intercommunale est substitué de plein droit, à la date du transfert de compétences, aux communes qui le composent dans toutes leurs délibérations et tous leurs actes. »
La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Il s'agit d'un amendement de coordination avec les amendements précédemment adoptés.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 515, accepté par la commission.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 105, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le dernier alinéa du II du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-18 du code général des collectivités territoriales :
« Les contrats sont exécutés dans les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf accord contraire des parties. La substitution de personne morale aux contrats conclus par les communes n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. La commune qui transfère la compétence informe les cocontractants de cette substitution. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement tend à une clarification formelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 105, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 106, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin de la première phrase du premier alinéa et dans la première phrase du troisième alinéa du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-19 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « l'assemblée délibérante » par les mots : « l'organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 106, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis saisi de trois amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
L'amendement n° 366, présenté par MM. Bret, Foucaud et les membres du groupe communiste, républicain et citoyen, tend à supprimer le deuxième alinéa du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-19 du code général des collectivités territoriales.
L'amendement n° 107, déposé par M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, et l'amendement n° 481 rectifié, présenté par MM. Vasselle, André, Flandre et Gerbaud, sont identiques.
Tous deux tendent, dans le deuxième alinéa du texte proposé par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-19 du code général des collectivités territoriales, à remplacer le mot : « quart » par le mot : « tiers ».
La parole est à M. Bret, pour défendre l'amendement n° 366.
M. Robert Bret. Comme M. le rapporteur, nous ne considérons pas souhaitable d'alourdir outre mesure les modalités de retrait d'une commune d'un EPCI.
Si ce projet de loi vise à favoriser les regroupements intercommunaux, on peut difficilement comprendre que ces derniers puissent s'effectuer en accumulant les contraintes.
L'alinéa de l'article L. 5211-19 dont nous demandons la suppression et que la modification de l'Assemblée nationale a contribué à durcir aurait pour conséquence de verrouiller les EPCI.
Selon nous, les conditions de sortie d'un EPCI, pour une commune, doivent être suffisamment souples si l'on souhaite que, par ailleurs, l'intercommunalité apparaisse non comme une aventure incertaine sans retour possible, mais comme une opportunité, une chance pour la commune faisant le choix du regroupement.
En tout état de cause, le conseil municipal doit demeurer libre de son choix d'appartenir ou non à un EPCI.
S'il n'est pas dans notre intention de passer outre le consentement préalable de l'assemblée délibérant de l'EPCI, il nous paraît en revanche excessif de prévoir qu'une minorité de blocage puisse se substituer à la libre détermination d'une assemblée communale démocratiquement élue.
Outre les réticences supplémentaires que cette disposition peut engendrer pour une commune souhaitant intégrer un EPCI, il est à craindre une forme de hiérarchisation, de « vassalisation » oserai-je dire, de certaines communes sur d'autres, à l'intérieur même de l'EPCI.
C'est pourquoi il nous paraît préférable de laisser fonctionner normalement et démocratiquement les règles internes des établissements intercommunaux sans qu'il soit nécessaire d'ajouter des mesures plus ou moins arbitraires allant à l'encontre de la libre coopération intercommunale.
En conséquence, nous vous demandons de voter notre amendement de suppression, mes chers collègues.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur, pour présenter l'amendement n° 107 et pour donner l'avis de la commission sur l'amendement n° 366.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. L'amendement n° 107 est un amendement du juste milieu...
M. Pierre Fauchon. Ah !
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. ... et vise au retour au texte du projet de loi initial.
Loin de considérer comme M. Bret qu'il faut supprimer toute condition au retrait d'une commune d'un EPCI, la commission estime que le fait de durcir les conditions de retrait ne peut parfois que dissuader les élus de s'engager dans l'intercommunalité.
L'amendement n° 107, comme l'amendement n° 481 rectifié déposé par M. Vasselle, vise donc, ce faisant, à servir la cause de l'intercommunalité.
M. le président. La parole est à M. Vasselle, pour défendre l'amendement n° 481 rectifié.
M. Alain Vasselle. Je n'ai rien à ajouter au propos tenu par M. le rapporteur, monsieur le président.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n° 366, 107 et 481 rectifié ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. L'amendement n° 366 vise à assouplir les conditions de retrait des communes d'un EPCI. Le projet de loi prévoit en effet que, même en cas d'accord entre l'établissement public de coopération intercommunale et la commune, le retrait ne peut intervenir si plus du quart des conseillers municipaux s'y oppose. Un amendement similaire à celui de M. Bret avait été présenté à l'Assemblée nationale, et le Gouvernement s'en était remis à la sagesse de l'Assemblée. Il fait de même sur l'amendement n° 366.
Le Gouvernement note avec intérêt le souhait de la commission des lois et de M. Vasselle d'en revenir à la rédaction initiale du projet de loi. Il s'en remet également à la sagesse du Sénat sur ces deux amendements identiques n°s 107 et 481 rectifié.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 366, repoussé par la commission et pour lequel le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(L'amendement n'est pas adopté.)
M. le président. Je vais mettre aux voix les amendements identiques n°s 107 et 481 rectifié.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. J'ai bien entendu notre ami M. Hoeffel. L'amendement n° 107, déposé par la commission des lois, va dans le sens de nos préoccupations. Nous le voterons donc, en souhaitant néanmoins que le texte de cet article puisse être peu à peu amélioré.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix les amendements identiques n°s 107 et 481 rectifié, pour lesquels le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(Les amendements sont adoptés.)
M. le président. Par amendement n° 108, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin de la première phrase du troisième alinéa du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-19 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « prévues à l'article L. 1321-9 », par les mots : « prévues à l'article L. 5211-25-1. »
La parole est à M. le rapporteur. M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 108, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 109, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose :
I. - Après l'avant-dernier alinéa du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-19 du code général des collectivités territoriales, d'insérer un alinéa ainsi rédigé :
« Le conseil municipal de chaque commune associée dispose d'un délai de trois mois à compter de la notification de la délibération de l'organe délibérant au maire de la commune pour se prononcer sur le retrait envisagé. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée défavorable. »
II. - En conséquence, de supprimer les deux dernières phrases de l'avant-dernier alinéa du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-19 précité.
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de clarification formelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est favorable à cette amélioration rédactionnelle.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 109, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 110, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le premier alinéa et dans la première phrase du deuxième alinéa du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-20 du code général des collectivités territoriales, de remplacer deux fois les mots : « l'assemblée délibérante » par les mots : « l'organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 110, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 111, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le premier alinéa du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-20 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « sur les modifications des conditions initiales d'organisation, de fonctionnement ou de durée de l'établissement public de coopération intercommunale ». par les mots : « sur les modifications statutaires autres que celles visées par les articles L. 5211-17 à L. 5211-19 et autres que celles relatives à la répartition des sièges au sein de l'organe délibérant et à la dissolution de l'établissement ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de précision, qui prévoit des dispositions analogues à celles qui ont été adoptées précédemment.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Avis favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 111, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 112, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin de la seconde phrase du deuxième alinéa du texte présenté par le III de l'article 24 pour l'article L. 5211-20 du code général des collectivités territoriales, de remplacer le mot : « favorable » par le mot : « défavorable ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit, comme tout à l'heure, de la modification des conditions initiales de fonctionnement. Le débat ayant déjà donné lieu à un échange d'arguments, le Sénat voudra probablement rester logique avec lui-même. (Exclamations sur les travées de l'Union centriste.)
M. Pierre Fauchon. Mais la logique dans l'erreur est désastreuse !
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement, en toute logique, émet un avis défavorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 112, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 113, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le début du 1° du IV de l'article 24 : « A l'article L. 5332-5, les mots... ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de coordination avec l'article 32 quater , introduit par l'Assemblée nationale, qui vise les agglomérations nouvelles.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 113, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 114, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le IV de l'article 24, de remplacer les mots : « à l'article L. 5212-30, la référence : "L. 5212-27" est remplacée par la référence : "L. 5211-20" et la référence "L. 5212-28" est remplacée par la référence : "L. 5211-19" », par les mots : « à l'article L. 5212-30, les mots : "à l'article L. 5212-27" et les mots : "à l'article L. 5212-28" sont remplacés par les mots : "dans chaque cas par le présent code" ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. C'est un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 114, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 24, modifié.

(L'article 24 est adopté.)

Article 25



M. le président.
« Art. 25. _ La section 6 "Dispositions financières" comprend trois sous-sections. A la sous-section 1 "Dispositions communes", les articles L. 5211-27, L. 5211-28, L. 5211-29, L. 5211-31 deviennent respectivement les articles L. 5211-21, L. 5211-22, L. 5211-23, L. 5211-25. Une sous-section 2 "Etablissements de coopération intercommunale à fiscalité propre" est créée. Ses dispositions sont organisées conformément aux articles 66 et 67 de la présente loi. Il est créé une sous-section 3 "Démocratisation et transparence". Les articles L. 5211-26, L. 5211-10 et L. 5211-11 sont insérés dans cette section et deviennent respectivement les articles L. 5211-36, L. 5211-37 et L. 5211-38.
« L'article L. 5211-30, qui devient l'article L. 5211-24, est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale visé à la première phrase du premier alinéa se transforme en un autre établissement public de coopération intercommunale, cette transformation ne modifie pas les modalités de versement des dotations visées au premier alinéa, lesquelles demeurent versées directement au nouvel établissement public de coopération intercommunale sous réserve que ce dernier exerce des compétences en matière de tourisme. »
« La sous-section 1 "Dispositions communes" est complétée par deux nouveaux articles L. 5211-26 et L. 5211-27 ainsi rédigés :
« Art. L. 5211-26 . _ Lorsque l'assemblée délibérante d'un établissement public de coopération intercommunale ne s'est pas prononcée sur l'adoption du compte administratif et sur les conditions de transfert de l'actif et du passif à ses communes membres avant la dissolution dudit établissement, l'arrêté ou le décret de dissolution prévoit la nomination d'un liquidateur, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, et détermine, sous la réserve des droits des tiers, les conditions dans lesquelles il est chargé d'apurer les dettes et les créances et de céder les actifs. En ce qui concerne l'exercice en cours, les pouvoirs du liquidateur sont limités aux seuls actes de pure administration conservatoire et urgente. A cette fin, le liquidateur a la qualité d'ordonnateur accrédité auprès du comptable de l'établissement public de coopération intercommunale.
« Le liquidateur est placé sous la responsabilité du représentant de l'Etat dans le département du siège de l'établissement dissous.
« Il prépare le compte administratif de l'exercice qu'il adresse au représentant de l'Etat dans le département, du siège de l'établissement, appuyé du compte de gestion. Le représentant de l'Etat arrête les comptes. La ou les collectivités ou l'établissement public de coopération intercommunale qui reprend la compétence précédemment exercée par l'établissement public de coopération intercommunale dissous intègre le résultat excédentaire de celui-ci dans sa dotation, dans les conditions définies par la répartition consécutive au vote du compte administratif ; le résultat déficitaire est inscrit en dépenses en charges exceptionnelles.
« Art. L. 5211-27 . _ En cas d'annulation de l'arrêté de création d'un établissement public de coopération intercommunale, le représentant de l'Etat dans le département du siège de l'établissement nomme, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, un liquidateur dans les conditions et en vue de l'exercice des missions définies à l'article L. 5211-26. »
Par amendement n° 115, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de remplacer les deux premiers alinéas de cet article par quatre alinéas ainsi rédigés :
« I. - 1° La section 4 du chapitre 1er du titre Ier du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales devient la section 6.
« 2° A la sous-section 1, les articles L. 5211-27, L. 5211-28, L. 5211-29, L. 5211-30 et L. 5211-31 deviennent respectivement les articles L. 5211-21, L. 5211-22, L. 5211-23, L. 5211-24 et L. 5211-25.
« 3° Il est créé une division sous-section 3 intitulée "Démocratie et transparence" comprenant les articles L. 5211-26, L. 5211-10 et L. 5211-11 qui deviennent respectivement les articles L. 5211-36, L. 5211-37 et L. 5211-38.
« II. - L'article L. 5211-30 qui devient l'article L. 5211-24 est complété par un alinéa ainsi rédigé : ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de clarification formelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 115, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 116, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le quatrième alinéa de l'article 25 :
« III. - La sous-section 1 précitée est complétée par deux articles L. 5211-26 et L. 5211-27 ainsi rédigés : ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit également d'un amendement de clarification formelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 116, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 516, le Gouvernement propose, avant le premier alinéa du texte présenté par l'article 25 pour l'article L. 5211-26 à insérer dans le code général des collectivités territoriales, d'ajouter un alinéa ainsi rédigé :
« En cas de dissolution d'un établissement public de coopération intercommunale, ses communes membres corrigent leurs résultats de la reprise des résultats de l'établissement dissous, par délibération budgétaire, dans les conditions définies par la répartition consécutive au vote du compte administratif. Le détail des opérations non budgétaires justifiant cette reprise est joint en annexe au budget de reprise des résultats. »
La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Cet amendement a pour objet de préciser les conditions dans lesquelles, dans l'hypothèse de la dissolution d'un établissement public de coopération intercommunale, le patrimoine est repris par les communes membres.
Il est proposé de retenir une solution plus aisée à mettre en oeuvre que celle qui était prévue dans le texte adopté par l'Assemblée nationale : les résultats reportés des communes membres seront corrigés par délibération des communes concernées, et ce tant en section de fonctionnement qu'en section d'équipement.
L'ensemble des opérations de reprise donnera lieu à un état annexé au budget de reprise des résultats, établi par le comptable et récapitulant les opérations.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Favorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 516.
M. Yves Fréville. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fréville.
M. Yves Fréville. L'amendement que vient de défendre M. le secrétaire d'Etat montre bien la pertinence de la question que j'ai posée ce matin sur les difficultés qu'entraînerait la fusion de deux EPCI.
Supposez que deux EPCI veulent fusionner. Aucune procédure particulière n'est prévue ! il faudra donc les dissoudre pour en créer un nouveau.
L'amendement du Gouvernement témoigne de la « simplicité » de la procédure qui devra être utilisée ! Jugez-en : il faudra dissoudre les EPCI, incorporer leurs résultats dans les budgets des communes, puis les faire repasser dans le budget de l'EPCI nouveau... Je souhaite véritablement que le ministère mette au point, par voie de circulaire, un dispositif qui simplifie toutes ces dispositions !
M. Paul Raoult. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Raoult.
M. Paul Raoult. Il est urgent de régler ce problème.
En réalité, beaucoup de communautés de communes se sont créées dans la précipitation, en regroupant peu de communes. Elles disposent donc de peu de moyens. Les années passant, le calme et la sérénité étant revenus, les oppositions politiques s'étant aplanies, on s'est aperçu que, après s'être divisés, il était temps de se remarier.
Alors que des SIVOM ont éclaté au moment où l'on a créé les communautés de communes, certains départements et certaines régions ont développé des contrats de développement rural obligeant à certains regroupements. Il faut donc réapprendre à vivre ensemble et, aujourd'hui, il existe des projets de fusion de communautés de communes à travers tout le territoire français. C'est un mouvement important, et je souhaiterais que le Gouvernement nous aide à le gérer, car il est extrêmement positif.
J'ajoute que, dans certains cas - je l'ai vécu personnellement, mais je sais que cela s'est passé aussi ailleurs - beaucoup de petites communes rurales se sont constituées en communauté de communes pour se protéger contre le bourg-centre. Or, aujourd'hui, avec le coefficient d'intégration fiscale, ces petites communes sont avantagées fiscalement parce qu'elles ont un CIF supérieur à la communauté de communes qui s'est créée avec le bourg-centre et qui, inévitablement, a des taux d'imposition bien plus élevés.
Maire d'une commune bourg-centre dont le taux d'imposition est élevé, je sais de quoi je parle : le taux d'intégration fiscale de ma commune est de dix alors que la communauté de communes voisine, qui s'est créée avec cinq ou six communes, a un coefficient d'intégration fiscale de vingt. Aussi touche-t-elle plus de DGF alors qu'elle a moins de besoins que la commune bourg-centre qui, dans le cadre de sa communauté de communes, supporte les charges de centralité.
Nous vivons donc un paradoxe : le coefficient d'intégration fiscale pousse à la division et à la multiplication de communautés de communes qui ne sont pas viables. Par conséquent, il faut vraiment faire une effort, monsieur le secrétaire d'Etat, pour qu'effectivement on nous aide dans la fusion de communautés de communes qui, aujourd'hui, ne sont pas viables.
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Je partage les arguments développés par MM. Fréville et Raoult en ce qui concerne la simplification. Je ne suis pas persuadé qu'une simple circulaire suffise, mais nous nous en accommoderons bien volontiers.
Cela dit, les situations doivent être relativisées. Ainsi, l'exemple donné par M. Raoult existe peut-être dans le département du Nord, mais je peux lui citer des contre-exemples que je vis moi-même : je connais un bourg-centre qui veut se retirer et faire exploser la structure intercommunale à fiscalité propre parce que, considérant que le jeu de la solidarité lui coûte trop cher, il préfèrerait que les communes se débrouillent toutes seules. De la même manière, si l'on veut intégrer, dans le cadre de la communauté de communes, des compétences qui sont exercées par des SIVOM et que l'on procède à des simulations financières, le même bourg-centre, s'apercevant qu'il va payer 25 % ou 30 % de plus parce que ses bases fiscales lui font appeler une contribution plus forte, ne fait pas montre d'un grand enthousiasme !

Par conséquent, tous les cas de figure existent sur le territoire national. Relativisons donc et ne partons pas d'un exemple pour en déduire un certain nombre de généralités. Soyons prudents !
En revanche, ce qui est exact - et je terminerai mon propos sur ce point - c'est qu'un certain nombre de structures communales à fiscalité propre se sont constituées dans des cantons ruraux non pas contre le bourg-centre, mais pour récolter la manne de la DGF et se la partager entre elles. On connaît ainsi de nombreux exemples de SIVOM constitués en milieu rural qui se sont transformés en communautés de communes non pas avec un projet de territoire à la clé, mais simplement parce qu'ils pouvaient bénéficier de la DGF et que cela n'avait aucune conséquence sur la dotation communale puisqu'ils étaient tous au minimum garanti. Par conséquent, pour ces structures intercommunales, c'était le jackpot !
Aujourd'hui, elles ne sont pas candidates au regroupement avec d'autres structures intercommunales. Il faudrait donc sans doute des mesures incitatives, peut-être au travers de la DGF, pour favoriser ces constitutions à une échelle plus viable.
Cela étant, j'espère pouvoir faire confiance au Gouvernement pour que nous avancions sur ce sujet dans le sens que nous souhaitons les uns et les autres.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 516, accepté par la commission.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 117, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans la première phrase du premier alinéa du texte présenté par l'article 25 pour l'article L. 5211-26 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « l'assemblée délibérante » par les mots : « l'organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Je serai bref, monsieur le président : il s'agit d'un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 117, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 517, le Gouvernement propose de remplacer la troisième phrase du troisième alinéa du texte présenté par cet article pour l'article L. 5211-26 à insérer dans le code général des collectivités territoriales par deux phrases ainsi rédigées :
« Les collectivités membres de l'établissement public de coopération intercommunale dissous corrigent leurs résultats de la reprise des résultats de l'établissement dissous, par délibération budgétaire, dans les conditions définies par la répartition consécutive à l'arrêté du compte administratif. Le détail des opérations non budgétaires justifiant cette reprise est joint en annexe au budget de reprise des résultats. »
La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Cet amendement a le même objet que l'amendement n° 516, mais il s'applique à l'hypothèse où, à défaut d'accord entre les communes, le compte administratif est pris par arrêté préfectoral après intervention du liquidateur.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 517, accepté par la commission.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 25, modifié.

(L'article 25 est adopté.)

Article 26



M. le président.
« Art. 26. _ La sous-section 3 "Démocratisation et transparence" de la section 6 "Dispositions financières" est complétée par les articles L. 5211-39 et L. 5211-40 ainsi rédigés :
« Art. L. 5211-39 . _ Le président de l'établissement public de coopération intercommunale adresse chaque année, avant le 30 septembre, au maire de chaque commune membre un rapport retraçant l'activité de l'établissement, accompagné du compte administratif arrêté par l'assemblée délibérante de l'établissement. Ce rapport fait l'objet d'une communication par le maire au conseil municipal en séance publique au cours de laquelle les délégués de la commune à l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale sont entendus. Le président de l'établissement public de coopération intercommunale peut être entendu, à sa demande, par le conseil municipal de chaque commune membre ou à la demande de ce dernier.
« Les délégués de la commune rendent compte au moins deux fois par an au conseil municipal de l'activité de l'établissement public de coopération intercommunale.
« Art. L. 5211-40 . _ Dans les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, le président consulte les maires de toutes les communes membres, à la demande du tiers de ceux-ci ou de l'assemblée délibérante de l'établissement. »
Par amendement n° 252 rectifié, MM. Courtois, Braye, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent, dans la première phrase du premier alinéa du texte présenté par cet article pour l'article L. 5211-39 du code général des collectivités territoriales, après les mots : « coopération intercommunale », d'insérer les mots : « , comprenant au moins une commune d'au moins 3 500 habitants, ».
La parole est à M. Courtois.
M. Jean-Patrick Courtois. Nous comprenons l'intérêt que peut effectivement présenter un rapport annuel d'activité.
Toutefois, nous estimons que, lorsque ce rapport concerne des communes rurales au sein d'une petite communauté regroupant des communes dont aucune ne compte plus de 3 500 habitants, il n'est pas nécessaire de rédiger un tel rapport : on risquerait de passer à sa rédaction beaucoup plus de temps qu'à s'occuper de la communauté de communes elle-même.
C'est pourquoi il vous est proposé de ne rendre obligatoire ce rapport annuel d'activité que lorsque l'EPCI comporte une commune de plus de 3 500 habitants.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission est favorable à cet amendement, puisqu'il va dans le sens d'une simplification qui, il convient de le rappeler, figure dans l'intitulé du projet de loi actuellement en discussion.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement s'en remet à la sagesse de la Haute Assemblée.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 252 rectifié.
M. Robert Bret. Je demande la parole contre l'amendement.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Avec cet amendement, nous entrons dans une problématique pour le moins complexe.
Permettez-moi, mes chers collègues, de m'interroger sur ce qui a motivé nos collègues du groupe du Rassemblement pour la République à soumettre à notre Haute Assemblée un pareil amendement.
Si l'on suit les auteurs de l'amendement, dès lors que, dans une zone rurale, des communes se seraient groupées dans un EPCI donné - en l'occurrence une communauté de communes - et qu'aucune de ces communes ne compterait 3 500 habitants, on devrait, pour de simples raisons pratiques, être dispensé de fournir aux élus des communes adhérentes un rapport sur l'activité de l'EPCI.
C'est une conception étrange, ici, de l'économie d'échelle liée au droit de l'intercommunalité !
Notre assemblée est composée de nombreux élus qui connaissent, dans leur département, cette situation. La richesse institutionnelle de notre pays fait aussi que, parmi les 4 214 cantons découpés sur le territoire, un grand nombre ont un chef-lieu dont la population n'excède pas 3 500 habitants. Il en est ainsi, notamment, dans les départements éligibles à la dotation de fonctionnement minimale comme la Lozère, l'Ardèche, le Gers, les départements de montagne, le Lot, etc. Mais c'est aussi le cas dans nombre de parties de départements réputés plus urbains.
Prenons un exemple : il existe, dans l'Oise, autour des cantons de Breteuil et de Froissy, un important EPCI regroupant toutes les communes de ces deux cantons ruraux, EPCI dont notre collègue M. Vasselle a été un peu l'initiateur. Parmi les communes de ces deux cantons, une seule - Breteuil - dépasse 3 500 habitants, et l'EPCI regroupe près de 16 000 habitants au total. C'est là une situation qui est loin d'être rare et qui, nous pouvons le penser, doit se reproduire ailleurs.
Devons-nous dispenser les EPCI de réaliser un rapport d'activité, alors que des communes ayant une population de cette importance - 16 000 habitants dans le cas précité - mènent tous les ans des débats d'orientation budgétaire ?
Alors que le champ des compétences transférées aux EPCI - et ce n'est pas rien, chacun s'accorde à le reconnaître - pourrait au moins motiver la connaissance la plus précise possible de ce qui se fait effectivement dans le cadre de la coopération, où est la démocratie dans cette affaire ? Ne risque-t-elle pas de souffrir quelque peu d'une transparence limitée ?
Même si le contrat entre les élus locaux et leurs administrés est plus direct et souvent plus simple dans les petites communes, comment ne pas regretter une telle proposition, chers collègues du groupe du RPR ?
L'intercommunalité nécessite la transparence du district, elle doit être la « maison de rue » de la politique locale. Si nous adoptions cet amendement, les habitants seraient invités à contribuer par leurs impôts au financement d'un EPCI dont ils ne sauraient pas précisément à quoi il sert et s'il atteint les objectifs qui ont pu lui être assignés.
Aussi, nous rejetons cet amendement n° 252 rectifié, et nous vous appelons, mes chers collègues, à le faire par scrutin public.
M. Gérard Cornu. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Cornu.
M. Gérard Cornu. M. Bret se demandait pourquoi cet amendement avait été déposé par les membres du groupe du RPR. Eh bien ! tout simplement parce que nous avons pensé que, lorsqu'on débat de la simplification de la coopération intercommunale, il faut être logique avec soi-même : si l'on veut favoriser la coopération intercommunale, il ne faut pas alourdir les charges de fonctionnement.
On ne peut encourager la coopération intercommunale que s'il s'agit d'une coopération de projet, d'investissement. Il faut donc essayer de minimiser le plus possible les coûts de fonctionnement.
S'agissant de petites communes. où la transparence joue pleinement et où chacun est intéressé à la coopération intercommunale, nous avons pensé qu'il était de notre devoir de simplifier au maximum les procédures et que cela ne nuisait pas à l'information de chacun.
Il est important de réduire les charges de fonctionnement, et la rédaction d'un rapport d'activité entraîne une dépense de temps et d'argent. Voilà pourquoi nous avons souhaité déposer cet amendement.
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Mon intervention étonnera sans doute M. le rapporteur, car je suis cosignataire de l'amendement, mais j'avoue que l'argumentation de M. Bret m'a ébranlé. (Exclamations sur les travées du groupe communiste républicain et citoyen.)
Pour avoir été responsable d'un groupe de travail sur la démocratie et l'intercommunalité, sur la transparence, la seule chose que je puisse dire, c'est que le dépôt de ce rapport n'entraîne pas de contraintes particulières. Il sera manifestement simple à rédiger pour les EPCI, on pourra y ajouter un certain nombre d'annexes, et il aura au moins l'avantage d'obliger les représentants et les délégués intercommunaux à ouvrir le débat dans tous les conseils municipaux sur une base donnée et déterminée.
Pour ma part, je ne voterai donc pas cet amendement, même si j'en suis par ailleurs l'un des cosignataires. (Rires.) Mais vous savez bien comment cela se passe, mes chers collègues : nous avons accompli un travail commun sur cet amendement, et je n'ai pas eu le temps de retirer mon nom de la liste des signataires.
J'affirme en tout cas qu'il me semble bon qu'un rapport relativement succinct, laissé à la libre appréciation du président de l'EPCI, soit fourni à tous les conseils municipaux, avec un certain nombre d'annexes. C'est ainsi, et pas autrement, que l'on fera progresser l'intercommunalité.
Je le dis donc très franchement, pour ma part, je crois qu'il serait bon de rejeter cet amendement.
M. le président. Monsieur Bret, n'essayez pas de convaincre M. Braye sur chaque amendement ! (Sourires.)
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Je n'en suis pas certain, mais il y a sans doute des avis transcourants sur cet amendement, tout comme nous constatons bien qu'à l'intérieur d'un même groupe il peut exister des sensibilités différentes, même entre cosignataires d'un même amendement. (Sourires.)
Si je comprends tout à fait l'esprit d'une telle disposition, monsieur le secrétaire d'Etat, je m'interroge sur sa pertinence, elle m'apparaît quelque peu superfétatoire par rapport à d'autres qui figurent dans le même article. Vraiment, là, on veut en faire trop !
Dans notre pays, on se plaint déjà d'avoir des collectivités beaucoup trop administrées, de crouler sous le poids des papiers. Les administrés ne cessent de dénoncer, justement, le poids des administrations. Même nos petites communes rurales croulent sous les circulaires préfectorales ou ministérielles, qui s'entassent sur le bureau des maires. Ceux-ci n'ont pas toujours le temps d'en prendre connaissance de manière exhaustive, au risque de se trouver parfois en situation difficile au regard du respect de la loi et des règlements.
A trop vouloir faire de paperasse, à trop exiger des maires et des présidents de structures intercommunales, on finit par nuire à la transparence. Je préfère, quant à moi, le contact direct.
La disposition prévue au dernier alinéa du texte proposé pour l'article L. 5211-39 par l'article 26 me paraît excellente : « Les délégués de la commune rendent compte au moins deux fois par an au conseil municipal de l'activité de l'établissement public de coopération intercommunale. »
M. Patrick Lassourd. Oralement !
M. Alain Vasselle. Oralement, en effet !
Pourquoi y ajouter, en début d'alinéa, la communication d'un rapport exhaustif ? C'est vraiment faire du papier pour le plaisir de faire du papier !
Notre collègue Robert Bret m'a fait beaucoup d'honneur en citant la communauté de communes rurales à fiscalité propre que je préside. Celle-ci comprend effectivement en son sein un bourg centre, la ville de Breteuil, à laquelle j'ai fait référence, tout à l'heure, sans la citer, pour donner un contre-exemple à M. Raoult.
Bien qu'étant cosignataire de cet amendement, je n'en profiterai pas puisque ma structure intercommunale comprend une commune de plus de 3 500 habitants. Je serai donc tenu de produire ce rapport.
L'amendement me paraissait justifié parce qu'il permettait de ne pas imposer la production d'un rapport à des structures intercommunales à dominante rurale. Pour autant, ce n'est pas parce qu'une structure intercommunale comprend une commune de plus de 3 500 habitants - dans ma communauté, sur quarante communes, trente-neuf, d'essence rurale, comptent moins de 500 habitants - que le dépôt du rapport est justifié ! Cela mérite réflexion.
Peut-être n'avons-nous pas trouvé aujourd'hui la solution. J'espère que, au sein de la commission mixte paritaire, au vu des remarques pertinentes faites aujourd'hui par les uns et les autres, on parviendra à trouver une rédaction plus réaliste et plus conforme aux besoins de nos collectivités en termes de transparence et de communication.
M. Patrick Lassourd. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Lassourd.
M. Patrick Lassourd. Je souscris, bien évidemment, au souci d'information. Je constate toutefois, depuis quelques années, une véritable frénésie à vouloir pondre quantité de rapports écrits dans toutes les collectivités.
J'en veux pour preuve ce qui se passe, en matière budgétaire, dans les communes avec la M 14. Ceux d'entre vous qui sont maires, mes chers collègues, peuvent-ils me dire quel est le pourcentage de conseillers municipaux qui lisent tout ce que l'on est obligé de diffuser en matière budgétaire ? Assurément, moins de 10 % parce que ce sont des « pavés » et que c'est compliqué.
Alors, par pitié, de l'information, oui, mais pas trop, car l'information tue l'information, c'est certain !
M. Paul Raoult. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Raoult.
M. Paul Raoult. Je m'étonne des réactions de mes collègues.
Hier, nous dénoncions le manque de légitimité démocratique du fonctionnement de l'intercommunalité. Nous constations que la principale difficulté résidait dans la pédagogie, dans l'explication de nos décisions.
Le délégué, qui connaît le problème traité, prend telle ou telle décision. La difficulté apparaît, on le sait bien, lorsque le délégué va essayer, ensuite, d'expliquer à son conseil municipal comment cela s'est passé et pourquoi, par exemple, on a décidé d'augmenter la fiscalité locale.
Le rapport écrit permettrait, en fait, d'officialiser le dialogue avec l'ensemble des conseillers municipaux de toute l'intercommunalité.
J'ai l'expérience de cette situation : chaque année, je m'impose une réunion, à laquelle je convoque tous les conseillers municipaux (Voilà ! Très bien ! sur les travées du RPR) pour leur donner des explications. Le rapport ne fera qu'officialiser, en réalité, la pertinence de la décision.
M. François Marc. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Marc.
M. François Marc. De quoi s'agit-il ? De transmettre une information aux élus municipaux. Cette information n'a pas besoin d'être très longue, ni très copieuse. Sur ce point, le texte est muet : elle peut donc consister en quelques pages, quelques notes.
Elle doit être accompagnée du compte administratif. Ce document existe déjà, et il faut déjà le transmettre aux communes. Je ne vois donc pas où est la difficulté du point de vue matériel, ni où est le risque d'un excès d'informations écrites.
Le rapport est un support nécessaire de communication écrite qui permet ensuite d'ouvrir le débat, d'avoir une discussion saine, loyale et claire, à partir d'une information objective, qui - j'y insiste - sera la même pour toutes les communes ; le rapport permet en effet de fournir une information de base identique à l'ensemble des communes.
Ce souci, qui est exprimé pour l'ensemble des EPCI dans le projet de loi, nous paraît être quelque chose d'essentiel. Il n'y a pas lieu d'introduire une dichotomie entre les EPCI qui auraient droit à l'information et ceux qui n'y auraient pas droit.
En outre, adopter cet amendement serait, à notre sens - mon collègue Paul Raoult l'a rappelé à l'instant - en totale contradiction avec les arguments qui ont été développés ici depuis hier matin en faveur du nécessaire lien avec les élus locaux, les élus communaux.
Nous sommes, nous, pour la transparence, pour une information la plus large possible.
Nous voterons donc contre l'amendement.
M. Jean-Patrick Courtois. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Courtois.
M. Jean-Patrick Courtois. Il faut tout de même relativiser le débat. Ne sont visées là que les communes de moins de 3 500 habitants. Je rappelle que la loi a déjà prévu que, dans ce cas de figure, il n'y avait pas de débat pré-budgétaire.
Un certain nombre de présidents de communautés de communes organisent déjà - c'est mon cas - des réunions pour faire un rapport oral devant les conseils municipaux.
Formaliser cette information par écrit sera compliqué, nous obligera à payer des heures de secrétariat, et ce dans des collectivités qui sont de petite taille, où la démocratie est une démocratie directe, où les gens se rencontrent régulièrement et peuvent dialoguer entre eux.
Sont bien visées par l'amendement les communes de moins de 3 500 habitants. J'y insiste, car ce que j'entends me laisse supposer que, pour certains, toutes les collectivités sont concernées.
Voilà pourquoi le groupe du RPR votera l'amendement.
M. Jacques Pelletier. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Pelletier.
M. Jacques Pelletier. Je comprends le souci des auteurs de l'amendement, qui est d'essayer de simplifier le plus possible pour les petites communes. Mais enfin, que constatons-nous dans les communautés de communes très rurales ?
Quand le maire est délégué de sa commune à la communauté de communes, le courant passe, et l'information est donnée. En revanche, quand ce n'est pas le maire qui est délégué, comme cela arrive dans nombre de communes, l'information ne passe pas, et le conseil municipal n'est pas au courant de ce qui est fait dans la communauté de communes.
C'est pourquoi je suis favorable au rapport écrit, succinct certes. Ainsi, l'ensemble des conseils municipaux des communes rurales seront mis au courant de ce qui est fait dans la communauté de communes.
Je voterai donc contre l'amendement.
M. Yves Fréville. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fréville.
M. Yves Fréville. Une loi est faite pour être appliquée. On peut donc prévoir tous les rapports que l'on veut, si ceux-ci ne sont pas rédigés cela permet uniquement d'effectuer le contrôle de légalité ou à la chambre régionale des comptes d'intervenir.
Permettez-moi de vous donner un exemple tiré du code général des collectivités territoriales. Savez-vous que, dans les communes de plus de 3 500 habitants, les données synthétiques sur la situation financière de la commune doivent faire l'objet d'une insertion dans une publication locale diffusée dans la commune ? J'aimerais bien savoir combien de communes respectent cette disposition !
Alors ne votons pas une disposition de plus qui ne sera pas appliquée ! (Applaudissements sur les travées du RPR.)
M. Philippe Arnaud. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Arnaud.
M. Philippe Arnaud. Non seulement j'approuve l'amendement, mais, pour ce qui me concerne, j'irais même beaucoup plus loin. Je ne vois pas, en effet, pourquoi on s'arrête aux communautés comprenant au moins une commune d'au moins 3 500 habitants.
C'est un problème de fond. Il ne s'agit pas de camoufler quoi que ce soit. L'information, aujourd'hui, est une exigence que nos concitoyens, nos administrés savent nous rappeler dans l'exercice de la démocratie, voire sanctionner à l'occasion d'élections.
Il n'y a pas, et il ne peut y avoir de tutelle d'une collectivité sur une autre. Au nom de quoi une collectivité communale ouvrirait-elle un débat sur une compétence qui n'est plus la sienne ? Les communes, en se constituant en EPCI, ont fait un acte majeur. Elles ont transféré une compétence à un EPCI à fiscalité propre, lequel EPCI est responsable de l'impôt qu'il lève. La collectivité d'origine ayant perdu cette compétence, au nom de quoi pourrait-elle encore en débattre ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Nous avons encore, cet après-midi, nombre de dispositions importantes à examiner. Un scrutin public a été demandé : il permettra à chacun de traduire l'expression de sa volonté. Est-il possible de demander que ce scrutin ait maintenant lieu, pour que nous puissions ensuite reprendre le cours de nos débats ?
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 252 rectifié, accepté par la commission et pour lequel le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.
Je suis saisi d'une demande de scrutin public émanant du groupe communiste républicain et citoyen.
Il va être procédé au scrutin dans les conditions réglementaires.

(Le scrutin a lieu.)
M. le président. Personne ne demande plus à voter ?...
Le scrutin est clos.
(Il est procédé au comptage des votes.) M. le président. Voici le résultat du dépouillement du scrutin n° 89:

Nombre de votants 319
Nombre de suffrages exprimés 319
Majorité absolue des suffrages 160
Pour l'adoption 219
Contre 100

Par amendement n° 118, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le premier alinéa du texte présenté par l'article 26 pour l'article L. 5211-39 du code général des collectivités territoriales, de remplacer deux fois les mots : « l'assemblée délibérante » par les mots : « l'organe délibérant ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement d'harmonisation rédactionnelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable. M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 118, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis saisi de deux amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 119, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le texte présenté par l'article 26 pour l'article L. 5211-40 du code général des collectivités territoriales.
« Art. L. 5211-40. - Le président d'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre consulte les maires de toutes les communes membres, à la demande de l'organe délibérant de l'établissement ou du tiers des maires des communes membres. »
Par amendement n° 367, MM. Bret, Foucaud et les membres du groupe communiste républicain et citoyen proposent, dans le texte présenté par l'article 28 pour l'article L. 5211-40 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « du tiers de ceux-ci » par les mots : « de l'un d'entre eux ».
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 119.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de clarification rédactionnelle.
M. le président. La parole est à M. Bret, pour défendre l'amendement n° 367.
M. Robert Bret. L'exercice de la démocratie est un exercice parfois fragile, et suppose une responsabilité particulière du législateur dans la mise en place de mécanismes permettant à cette démocratie une réalisation effective et entière.
Nous sommes, pour notre part, favorables à des structures délibérantes souples qui, loin d'entraver ou d'empêcher le débat entre toutes les composantes politiques, permettent, au contraire, de favoriser ce dernier autant de fois que nécessaire.
Pour revenir à ce qui nous occupe, à savoir la consultation des maires sur les activités et sur les finances de l'établissement public de coopération intercommunale, nous pensons que cette consultation doit être possible à la demande de l'un des maires membres de cet établissement. Ce faisant, nous éviterions de marginaliser de quelque manière que ce soit les élus peu ou insuffisamment représentés dans un moment aussi important que la consultation budgétaire, par exemple.
Aussi, je vous propose d'adopter cet amendement, qui vise à réduire, à la demande d'un seul membre, le nombre d'élus requis pour demander la consultation de l'ensemble des maires par le président de l'établissement public de coopération intercommunale.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur l'amendement n° 367 ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement est contraire à l'amendement n° 119 de la commission : avis défavorable.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 119 et 367 ? M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est favorable à l'amendement n° 119.
L'amendement n° 367 a pour objet d'assouplir les règles de consultation par le président d'un établissement public de coopération intercommunale des maires des communes membres. Le président serait appelé à consulter l'ensemble des maires à la demande de l'un d'entre eux, et non plus du tiers de ceux-ci.
Cette proposition va dans le sens d'une amélioration de l'information entre les établissements publics de coopération intercommunale et les communes membres. Toutefois, il crée des contraintes qui peuvent paraître excessives au regard du fonctionnement des établissements publics de coopération intercommunale. Le mieux est parfois l'ennemi du bien !
C'est pourquoi le Gouvernement s'en remet à la sagesse de la Haute Assemblée.
Plusieurs sénateurs du RPR. Très bien !
M. Emmanuel Hamel. Très bonne référence !
M. Robert Bret. Le Sénat n'est pas toujours très sage !
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 119, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'amendement n° 367 n'a plus d'objet.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 26, modifié.

(L'article 26 est adopté.)

Article 27



M. le président.
« Art. 27. _ La section 7 "Transformation" est ainsi rédigée :

« Section 7

« Transformation

« Art. L. 5211-41 . _ Lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre exerce déjà, au lieu et place des communes qui le composent, les compétences fixées par le présent code pour une autre catégorie d'établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, cet établissement peut se transformer, sous réserve qu'il remplisse les conditions de création, en établissement public de cette catégorie par décision de l'assemblée délibérant prise à la majorité des deux tiers au moins de ses membres. La transformation est alors prononcée par arrêté du représentant de l'Etat dans le département lorsque les communes appartiennent au même département et par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements concernés dans le cas contraire.
« L'ensemble des biens, droits et obligations de l'établissement public de coopération intercommunale transformé sont transférés au nouvel établissement public qui est substitué de plein droit à l'ancien établissement dans toutes les délibérations et tous les actes de ce dernier à la date de l'arrêté de transformation. L'ensemble des personnels de l'établissement transformé est réputé relever du nouvel établissement dans les conditions de statut et d'emploi qui sont les siennes.
« Sans préjudice des dispositions des articles L. 2121-33 et L. 2122-10, les délégués des communes à l'assemblée de l'ancien établissement conservent leur mandat, pour la durée de celui-ci restant à courir, à l'assemblée du nouvel établissement.
« Art. L. 5211-41-1. _ Le périmètre de l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre qui a décidé de se transformer peut être étendu aux communes dont l'inclusion dans le périmètre communautaire est de nature à assurer la cohérence spatiale et économique ainsi que la solidarité financière et sociale qui sont nécessaires au développement d'une communauté d'agglomération et à son évolution en pôle urbain de développement ou au développement d'une communauté urbaine et à son évolution en métropole régionale selon le cas.
« Le projet d'extension du périmètre de l'établissement public est arrêté par le représentant de l'Etat dans le département lorsque les communes font partie du même département, ou par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements concernés lorsque le périmètre projeté s'étend au-delà d'un seul département. Le périmètre peut être étendu après accord du conseil de l'établissement public ainsi que des deux tiers au moins des conseils municipaux de toutes les communes incluses dans le futur périmètre et représentant plus de la moitié de la population totale de celles-ci ou de la moitié au moins des conseils municipaux de ces communes représentant les deux tiers de la population. Cette majorité doit nécessairement comprendre le conseil municipal de la commune dont la population est supérieure à la moitié de la population totale concernée. A défaut de délibération dans le délai de trois mois à compter de la notification du projet d'extension de périmètre, l'accord est réputé donné.
« L'extension du périmètre de l'établissement public et la transformation de cet établissement en un autre établissement public de coopération intercommunale sont prononcées par le même arrêté du ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements. Cet arrêté vaut retrait des communes des établissements publics de coopération intercommunale dont elles sont membres. Dans le cas particulier de syndicats de communes ou de syndicats mixtes, le retrait s'effectue dans les conditions fixées à l'article L. 5216-7 ou à l'article L. 5215-22 selon le cas.
« L'extension du périmètre entraîne une nouvelle répartition entre toutes les communes des sièges au conseil du nouvel établissement, dans les conditions qui lui sont applicables. Elle entraîne l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à l'exercice des compétences transférées, ainsi que des droits et obligations attachés à ces biens, équipements et services publics à la date du transfert, des dispositions du II de l'article L. 5211-18. »
Par amendement n° 120, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le premier alinéa de cet article :
« Le chapitre Ier du titre Ier du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales est complété par une division section 7 intitulée "Transformation" ainsi rédigée : ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de clarification formelle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 120, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 121, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin de la première phrase du premier alinéa du texte présenté par l'article 27 pour l'article L. 5211-41 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « de cette catégorie par décision de l'assemblée délibérante prise à la majorité des deux tiers au moins de ses membres » par les dispositions : « par délibérations concordantes de l'organe délibérant et des conseils municipaux des communes membres se prononçant dans les conditions requises pour la création de l'établissement public de coopération intercommunale. Le conseil municipal de chaque commune membre dispose d'un délai de trois mois à compter de la notification au maire de la délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale pour se prononcer sur la transformation proposée. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée défavorable ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. L'amendement prévoit l'approbation par une majorité qualifiée des conseils municipaux de la transformation de l'EPCI. En conséquence, une majorité qualifiée ne serait plus exigée pour la décision de l'organe délibérant. Une décision aussi essentielle, qui intéresse directement les communes membres, ne peut pas être prise sans que les conseils municipaux y soient associés.
Tel est le sens de cet amendement.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Cet amendement enlève une grande partie de son intérêt à la procédure de transformation voulue par le Gouvernement afin de favoriser le renforcement de l'intercommunalité. Il introduit de la lourdeur et des délais sans nécessité.
Un établissement public de coopération intercommunale n'exerce au lieu et place des communes que les compétences qui lui ont été transférées, et ce à la majorité qualifiée requise lors de la création de l'établissement.
Il avait donc semblé au Gouvernement que, sous réserve qu'il exerce déjà les compétences de l'établissement, il était possible d'alléger la double procédure de dissolution et de création à laquelle est subordonné aujourd'hui tout changement de catégorie juridique d'un établissement public de coopéation intercommunale, les conseils municipaux ayant déjà été consultés et la transformation n'emportant aucune extension de compétence.
Cet allégement de procédure est compensé dans le projet de loi par l'exigence d'une majorité qualifiée des deux tiers du conseil communautaire et son champ d'application est limité aux seuls établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, en application de la loi ATR, selon laquelle la transformation d'un établissement sans fiscalité propre - par exemple, un syndicat de communes - en établissement à fiscalité propre s'effectue selon les règles de la création.
Quant aux décisions fiscales, elles sont de la compétence du conseil communautaire et non des conseils municipaux.
Une nouvelle délibération des conseils municipaux, comme le prévoit l'amendement, non seulement alourdit sans nécessité la procédure, mais encore crée les conditions d'un éventuel retour en arrière.
Telles sont les raisons pour lesquelles le Gouvernement émet un avis défavorable sur cet amendement.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 121, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 122, M. Hoeffel, au nom de la commmission des lois, propose, dans le dernier alinéa du texte présenté par l'article 27 pour l'article L. 5211-41 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « à l'assemblée de l'ancien établissement » par les mots : « à l'organe délibérant de l'ancien établissement » et les mots : « à l'assemblée du nouvel établissement » par les mots : « à l'organe délibérant du nouvel établissement ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 122, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis saisi de trois amendements identiques.
L'amendement n° 123 est présenté par M. Hoeffel, au nom de la commission des lois.
L'amendement n° 253 rectifié est déposé par MM. Braye, Courtois, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République.
L'amendement n° 368 est présenté par MM. Bret, Foucaud et les membres du groupe communiste républicain et citoyen.
Tous trois tendent à supprimer le texte proposé par l'article 27 pour l'article L. 5211-41-1 du code général des collectivités territoriales.
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 123.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit de la procédure dérogatoire d'extension du périmètre d'un EPCI à l'occasion de sa transformation. Nous restons dans la logique des décisions adoptées tout à l'heure à propos d'autres amendements concernant le périmètre.
M. le président. La parole est à M. Braye, pour défendre l'amendement n° 253 rectifié.
M. Dominique Braye. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, j'ai déjà eu l'occasion, à de nombreuses reprises, et comme de nombreux orateurs au cours des débats, de dénoncer cette procédure dérogatoire. Je tiens à le faire à nouveau de façon à bien marquer la différence entre la politique de contrainte choisie par la majorité de l'Assemblée nationale et la politique d'adhésion volontaire retenue par la majorité sénatoriale, et je souhaite que notre position revienne comme le refrain d'une chanson dans ce débat.
Je souscris tout à fait aux conclusions du rapporteur de la commission des lois, notre excellent collègue Daniel Hoeffel, qui propose la suppression pure et simple de cette procédure. Comment pourrions-nous en effet avaliser ce dispositif qui est non seulement contraire au principe de libre administration des collectivités locales, mais aussi aux fondements mêmes de l'intercommunalité ?
Ces fondements, à mon sens, sont au nombre de trois.
Il s'agit tout d'abord du principe de solidarité. L'intercommunalité repose sur la volonté convergente de plusieurs communes de s'entraider, afin de regrouper et de démultiplier leurs forces, mais aussi d'atténuer leurs faiblesses, par un équilibrage de leurs ressources et de leurs potentialités.
Le deuxième principe est celui de développement local coordonné. Il s'agit du désir des communes qui se regroupent de concevoir, de porter et de mettre en oeuvre un projet commun de développement local qui mobilise, dans la concertation, non seulement les communes associées, mais aussi tous les acteurs locaux d'un bassin de vie, voire d'emploi.
Enfin, et ce n'est pas le moindre des fondements de l'intercommunalité, le troisième principe est celui de la libre association des communes. Si le fait intercommunal a connu une telle progression au cours des toutes dernières années, c'est bien parce que les communes ont pu y adhérer de façon volontaire, guidées par le libre choix de leurs élus.
Il ne saurait évidemment exister de succès pour l'intercommunalité si un seul de ces trois fondements était nié ou foulé au pied. Quelle solidarité attendre d'une commune contrainte par un EPCI voisin et par arrêté préfectoral à un regroupement artificiel dont elle ne veut pas ? Comment bâtir et porter ensemble un projet de développement local coordonné qui se ferait sans cette commune ou contre elle ? Enfin, comment justifier un complet reniement du principe de libre association des communes, ce qui serait la négation totale de l''esprit même de l'intercommunalité ?
Non, monsieur le secrétaire d'Etat, mes chers collègues, il n'est pas possible d'adopter cette procédure dérogatoire, car elle va à l'encontre de l'objectif qui est celui de ce projet de loi. Loin de renforcer l'intercommunalité, elle ne ferait en effet que la fragiliser ou bloquer son bon fonctionnement dans les EPCI.
M. le président. La parole est à M. Bret, pour défendre l'amendement n° 368.
M. Robert Bret. Cet amendement concerne également l'extension de périmètre permettant d'inclure des communes dans un projet d'intercommunalité contre leur gré. Dans ce cas, il s'agit d'une extension de périmètre à l'occasion de la transformation d'un EPCI en un autre EPCI.
Nous proposons, à l'instar de M. le rapporteur et de M. Braye, de supprimer, comme nous l'avons fait pour les articles 1er bis et 4 bis du présent projet de loi, l'article L. 5211-41-1 du code général des collectivités territoriales prévu par l'article 27.
Quelles que soient les occasions dans lesquelles le préfet modifie la délimitation du périmètre, il nous paraît primordial d'interroger et de tenir compte des volontés et des projets des élus locaux pour leurs communes.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 123, 253 rectifié et 368 ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Sur ces trois amendements, le Gouvernement s'en remet à la sagesse de la Haute Assemblée.
M. le président. Je vais mettre aux voix les amendements identiques, n°s 123, 253 rectifié et 368 ?
M. Paul Raoult. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Raoult.
M. Paul Raoult. Mes chers collègues, je reviens sur une problématique que vous n'envisagez pas de manière constructive : l'intercommunalité ne peut en effet se construire valablement que sur la notion de bassin de vie et de bourg-centre, en particulier dans les zones rurales.
Si vous laissez se développer l'intercommunalité sans territoires pertinents, les entités seront ingérables.
Comment réaliser un projet de piscine, de centre aéré intercommunal, de halte-garderie, d'école de musique intercommunale, s'il y a un enchevêtrement tel de structures intercommunales qu'une commune fait quelque chose alors que l'autre ne le fait pas ? Comment expliquer dès lors à nos concitoyens le fait que, sur le même territoire, certains services soient rendus et pas d'autres, alors même que les communes vivent collectivement autour d'un bourg-centre qui supporte des charges liées à sa fonction et dont le rayonnement s'exerce sur un territoire donné ?
Je crois que vous ne voulez pas voir ce problème, au nom d'une pseudo liberté puisque, en réalité, tout cela entrave l'intercommunalité réelle et empêche la réalisation des projets sur le terrain.
Pour ne prendre que l'exemple de la piscine, vous savez très bien, mes chers collègues, qu'un tel équipement ne peut fonctionner dans de bonnes conditions que si l'ensemble des communes situées sur un territoire donné s'associent au projet et contribuent à son fonctionnement. Si certaines communes, au prétexte qu'elles adhèrent à une autre communauté de communes recouvrant le même territoire, ne participent pas au projet de réalisation de la piscine, celle-ci ne sera pas construite, au détriment de l'intérêt public et du territoire rural, qui a déjà bien du mal à s'organiser.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix les amendements identiques n°s 123, 253 rectifié et 368, pour lesquels le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(Les amendements sont adoptés.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 27, modifié.

(L'article 27 est adopté.)

Article 28



M. le président.
« Art. 28. _ La section 8 "Commission départementale de la coopération intercommunale" comporte deux sous-sections :
« La sous-section 1 "Composition" comprend les articles L. 5211-13, L. 5211-14 et L. 5211-15 qui deviennent respectivement les articles L. 5211-42, L. 5211-43 et L. 5211-44.
« A l'article L. 5211-15, renuméroté L. 5211-44, les mots : "des articles L. 5211-13 et L. 5211-14" sont remplacés par les mots : "des articles L. 5211-42 et L. 5211-43" et les mots : "de l'article L. 5211-14" sont remplacés par les mots : "de l'article L. 5211-43".
« La sous-section 2 "Attributions" comprend l'article L. 5211-16, qui devient l'article L. 5211-45, et est ainsi rédigé :
« Art. L. 5211-45 . _ La commission départementale de la coopération intercommunale établit et tient à jour un état de la coopération intercommunale dans le département. Elle peut formuler toute proposition tendant à renforcer la coopération intercommunale. A cette fin elle entend, à leur demande, des représentants des collectivités territoriales concernées et elle est destinataire de tout projet de création d'établissement public de coopération intercommunale ou d'association de communes en vue de l'élaboration d'une charte intercommunale de développement et d'aménagement. Les propositions et les observations qu'elle peut formuler sont rendues publiques.
« La commission départementale de la coopération intercommunale composée des seuls membres élus par les collèges visés aux 1° et 2° de l'article L. 5211-43 est obligatoirement consultée, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, par le ou les représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés sur toute demande de retrait d'un syndicat de communes présentée par une commune en application des articles L. 5212-29, L. 5212-29-1 et L. 5212-30. »
Par amendement n° 124, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le premier alinéa de cet article :
« Le chapitre Ier du titre Ier du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales est complété par une division "section 8" intitulée "Commission départementale de la coopération intercommunale" qui comporte deux sous-sections. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement de coordination, qui fait suite à la suppression de l'article 19.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 124, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 125, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, au début du deuxième alinéa de l'article 28, après les mots : « La sous-section 1 », d'insérer le mot : « intitulée ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement rédactionnel.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 125, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 126, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans le quatrième alinéa de l'article 28, après les mots : « La sous-section 2 », d'insérer le mot : « intitulé ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit également d'un amendement rédactionnel.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 126, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 127, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de remplacer les deux dernières phrases du premier alinéa du texte présenté par l'article 28 pour l'article L. 5211-45 du code général des collectivités territoriale, par quatre phrases ainsi rédigées :
« A cette fin, elle entend, à leur demande, des représentants des collectivités territoriales concernées. Elle est consultée par le représentant de l'Etat dans le département sur tout projet de création d'un établissement public de coopération intercommunale. Tout projet d'association de communes en vue de l'élaboration d'une charte intercommunale de développement et d'aménagement lui est communiqué. Ses propositions et observations sont rendues publiques. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement tend à renforcer avec netteté le rôle de la commission départementale de la coopération intercommunale, la CDCI, rôle qui, au cours des débats, est apparu comme nécessaire, en particulier pour exprimer l'avis sur la constitution de nouveaux EPCI.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Cet amendement, qui a pour objet de modifier le rôle de la commission départementale de la coopération intercommunale, prévoit une consultation des représentants des collectivités territoriales concernées, notamment. Cela risque d'accroître les problèmes nés de l'interprétation de la cour administrative d'appel de Lyon, dans son arrêt du 19 novembre 1998 - communes de Nevers, de Fourchambault et de Coulanges-lès-Nevers contre le ministre de l'intérieur - annulant un arrêté préfectoral portant création d'une communauté de communes pour absence de convocation par le préfet de la commission départementale de la coopération intercommunale, au motif que ce dernier s'était borné à une consultation écrite de chacun de ses membres sans réunir formellement la commission.
Compte tenu du nouveau risque d'alourdissement des procédures, le Gouvernement est défavorable à cet amendement.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 127, repoussé par le Gouvernement.
M. Robert Bret. Le groupe communiste républicain et citoyen vote pour cet amendement.
(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 128, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le second alinéa du texte présenté par l'article 28 pour l'article L. 5211-45 du code général des collectivités territoriales :
« La commission départementale de la coopération intercommunale, consultée par le représentant de l'Etat dans le département sur toute demande de retrait d'un syndicat de communes en application des articles L. 5212-29, L. 5211-29-1 et L. 5212-30, est composée du quart des membres élus par le collège visé au 1° de l'article L. 5211-43, dont deux membres représentant les communes de moins de 2 000 habitants, et du quart des membres élus par le collège visé au 2° de l'article L. 5211-43. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Le projet de loi supprime l'une des deux structures intervenantes, en l'occurrence la commission de conciliation.
Par cet amendement, nous prévoyons, pour éviter cette lourdeur que craint M. Bret, que la CDCI puisse se réunir dans certaines circonstances en formation restreinte de huit membres, au lieu de trente-deux, cette formation réunissant l'ensemble des catégories de communes, y compris les petites. La commission serait ainsi en mesure d'exprimer valablement une opinion sur les projets qui lui seraient soumis.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Comme vient de l'expliquer M. le rapporteur, cet amendement vise à alléger la composition de la commission départementale de la coopération intercommunale lorsqu'elle siège en formation restreinte pour donner des avis.
Cet amendement répond à un souci d'efficacité ; le Gouvernement émet donc un avis favorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 128.
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Je n'ai pas étudié de près la composition des deux collèges, mais il convient de veiller à ce que les communes rurales de moins de 2 000 habitants ne soient pas sous-représentées ; il ne faut pas que des décisions soient prises à leur détriment.
Dans le même ordre d'idée, lors de la création des services départementaux d'incendie et de secours, à juste titre, selon certains, et plutôt à tort, selon moi - et M. Jean-Jacques Hyest va sans doute être attentif à mon propos - les petites communes qui n'ont pas de sapeurs-pompiers, ou qui ont simplement un corps de première intervention, ont été sous-représentées, et l'on constate que, aujourd'hui, les décisions sont prises à leur détriment.
Je suis en train d'en faire l'expérience dans mon département ! L'établissement public a décidé d'augmenter de 200 % à 400 % la contribution des collectivités territoriales au financement du service départemental d'incendie et de secours. Comme les petites communes n'ont pas pu se faire entendre, cette disposition s'est appliquée ex abrupto , du jour au lendemain. Si les petites communes rurales avaient été suffisamment représentées, elles auraient peut-être pu faire entendre leur voix et obtenir une application progressive de cette augmentation, qu'elles ne contestaient d'ailleurs pas dans son principe.
Dans l'intercommunalité, c'est le volontariat, l'entente, qui doivent primer avant tout. La vie en communauté ne vaut que dans la mesure où il y a partage d'idées et d'idéaux. La force et la contrainte ne peuvent que conduire à des tensions pouvant aller jusqu'au divorce et à la séparation. Et ce sont les administrés qui auraient à en souffrir.
Excusez-moi de ce propos un peu long, mais je souhaitais vous rendre attentifs à ce sujet, de sorte que, demain, nous n'ayons pas de réveil douloureux.
Mais il sera encore temps, si la compensation n'apparaît pas assez équilibrée, de rectifier le tir en commission mixte paritaire.
M. Paul Raoult. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Raoult.
M. Paul Raoult. Pour une fois, je serai d'accord avec M. Vasselle et je confirmerai ce qu'il vient de dire.
M. Emmanuel Hamel. Cela devrait être plus fréquent !
M. Paul Raoult. Nous essayons ! Nous avons déjà bien travaillé depuis hier !
Il faut effectivement que tous les collèges soient représentés, en particulier ceux des petites communes rurales.
Diminuer le nombre des membres de la commission départementale est peut-être une fausse bonne solution étant donné le taux d'absentéisme qui sévit actuellement. Il ne faudrait pas que la nouvelle formation restreinte souffre du même taux d'absentéisme !
Par ailleurs, on n'a pas su donner à cette commission départementale une vie démocratique. En général, les préfets n'ont pas donné beaucoup d'ampleur à cette commission départementale qui aurait pourtant pu jouer un rôle constructif.
Il faudrait donc que le ministre de l'intérieur donne l'ordre aux préfets de réunir plus régulièrement cette commission départementale.
Dans mon département, le préfet a même procédé à une consultation par écrit, plutôt que de réunir la commission départementale. C'est scandaleux !
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 128, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 28, modifié.

(L'article 28 est adopté.)

Article 29



M. le président.
« Art. 29. _ I. _ A la section 9 "Information et participation des habitants", les articles L. 5211-17, L. 5211-18, L. 5211-19, L. 5211-20, L. 5211-21, L. 5211-22, L. 5211-23, L. 5211-24 et L. 5211-25 deviennent respectivement les articles L. 5211-47, L. 5211-46, L. 5211-48, L. 5211-50, L. 5211-51, L. 5211-52, L. 5211-53, L. 5211-54 et L. 5211-55.
« II. _ La section 9 "Information et participation des habitants" est complétée par un article L. 5211-49 ainsi rédigé :
« Art. L. 5211-49 . _ L'assemblée délibérante d'un établissement public de coopération intercommunale peut créer des comités consultatifs sur toutes affaires d'intérêt intercommunal relevant de sa compétence sur tout ou partie du territoire communautaire.
« Les comités peuvent être consultés par le président sur toute question ou projet intéressant les services publics et équipements de proximité en rapport avec l'objet pour lequel ils ont été institués et ils peuvent transmettre au président toute proposition concernant tout problème d'intérêt intercommunal en rapport avec le même objet.
« Ils comprennent toutes personnes désignées pour une année en raison de leur représentativité ou de leur compétence, par l'assemblée délibérante, sur proposition du président, et notamment des représentants des associations locales. Ils sont présidés par un membre de l'assemblée délibérante désigné par le président.
« Dans les établissements publics de coopération intercommunale comprenant au moins une commune de 3 500 habitants et plus, il est créé une commission consultative compétente pour un ou plusieurs services publics locaux exploités en régie ou dans le cadre d'une convention de gestion déléguée. Elle doit comprendre parmi ses membres des représentants d'associations d'usagers du ou des services concernés. Elle est présidée par le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent. »
Je suis saisi de quatre amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 254 rectifié bis, MM. Courtois, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent de supprimer cet article.
Par amendement n° 129, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose d'insérer, au début de l'article 29, un paragraphe additionnel ainsi rédigé :
« I. - A. - Dans les articles L. 5211-17, L. 5211-20, L. 5211-22 et L. 5211-24 du code général des collectivités territoriales, les mots : "l'assemblée délibérante" sont remplacés par les mots : "l'organe délibérant".
« Dans les articles L. 5211-18 et L. 5211-19 du même code, les mots : "des assemblées délibérantes" sont remplacés par les mots : "des organes délibérants".
« Dans le premier alinéa de l'article L. 5211-20 précité, le mot : "l'assemblée" est remplacé par les mots : "l'organe délibérant".
« Dans l'article L. 5211-24 précité, les mots : "du président de celle-ci" sont remplacés par les mots : "du président de celui-ci" ».
Par amendement n° 130, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose :
I. - De supprimer le II de l'article 29.
II. - En conséquence, à la fin du I de cet article, de remplacer les références : « L. 5211-50, L. 5211-51, L. 5211-52, L. 5211-53, L. 5211-54 et L. 5211-55 » par les références : « L. 5211-49, L. 5211-50, L. 5211-51, L. 5211-52, L. 5211-53 et L. 5211-54 ».
Par amendement n° 482 rectifié, MM. Vasselle, Flandre et Gerbaud proposent, dans la première phrase du dernier alinéa du texte présenté par le II de l'article 29 pour l'article L. 5211-49 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « est créé » par les mots : « peut être créé. »
La parole est à M. Courtois, pour présenter l'amendement n° 954 rectifié bis.
M. Jean-Patrick Courtois. Cet amendement vise à supprimer l'article 29, qui permet aux EPCI de créer des comités consultatifs intervenant sur toutes affaires d'intérêt intercommunal relevant de la compétence de l'établissement sur tout ou partie du territoire communautaire.
Il existe déjà un dispositf, la commission consultative, qu'il conviendrait de faire fonctionner de façon efficace, avant d'envisager la création d'un nouveau système.
Mais il me semble que l'amendement n° 130, qui a été déposé par la commission des lois, est plus judicieux que le mien. S'il était voté avant le mien, je retirerais ce dernier qui serait dès lors sans objet.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur, pour présenter les amendements n°s 129 et 130.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Avec l'amendement n° 129 nous procédons à une harmonisation rédactionnelle.
A propos de l'amendement n° 130, je rejoins tout à fait l'argumentation qui vient d'être exposée par notre collègue M. Courtois, puisqu'il vise les mêmes préoccupations, à savoir la suppression des dispositions instaurant la possibilité, pour l'organe délibérant d'un EPCI, de créer des comités consultatifs pour recueillir l'avis des usagers sur toutes affaires d'intérêt intercommunal.
Pareil dispositif avait été supprimé tant par l'Assemblée nationale que par le Sénat lors de l'examen du projet de loi d'orientation pour l'aménagement du territoire de 1995. Le cadre légal qui était prévu en la matière paraissait en effet inutile dès lors que rien n'interdit aux EPCI de créer de tels comités consultatifs.
Je vous demande donc d'adopter l'amendement n° 130, auquel M. Courtois, comme il l'a dit, pourrait se rallier puisqu'il satisfait les préoccupations exprimées au travers de l'amendement n° 254 rectifié bis.
M. le président. La parole est à M. Vasselle, pour défendre l'amendement n° 482 rectifié.
M. Alain Vasselle. J'ai été plus mesuré que, à la fois, M. Courtois et M. le rapporteur.
En effet, je ne conteste pas l'esprit de ce comité. En revanche, je ne veux pas que cette mesure devienne contraignante pour l'intercommunalité. Ma proposition n'offre donc qu'une faculté, laquelle reste à la libre initiative des structures intercommunales.
Cela étant, je me rallierai à la sagesse du Sénat après avoir entendu les avis de M. le rapporteur et de M. le secrétaire d'Etat.
M. le président. L'amendement n° 254 rectifié bis est-il maintenu, monsieur Courtois ?
M. Jean-Patrick Courtois. Je le retire, monsieur le président.
M. le président. L'amendement n° 254 rectifié bis est retiré.
Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 129, 130 et 482 rectifié ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement souhaite le maintien des dispositions de l'article L. 5211-49 du code général des collectivités territoriales, qui offre un cadre pour la participation des citoyens à l'activité des établissements publics de coopération intercommunale.
Il nous paraît important que cette faculté soit offerte aux établissements publics de coopération intercommunale, et, à ce titre, cet article va dans le sens d'un renforcement des possibilités pour les citoyens d'intervenir sur les questions de plus en plus fondamentales pour leur environnement et leur qualité de vie. Le Gouvernement est donc défavorable à l'amendement n° 130.
Il est favorable à l'amendement n° 129, qui est d'ordre rédactionnel.
Le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat sur l'amendement n° 482 rectifié, qui vise à rendre facultatives, et non pas obligatoires, les dispositions dont je parlais à l'instant dans les établissements publics qui comptent une commune d'au moins 3 500 habitants.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 129.
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Je souhaite en préambule vous faire part d'une expérience qui est la mienne et qui ne vaut naturellement que ce que vaut une expérience personnelle. Je précise que tout collègue voyant une ressemblance avec un précédent amendement visant à recommander aux EPCI n'ayant que des communes de moins de 3 500 habitants d'émettre un rapport ne serait peut-être pas totalement dans l'irréalité !
M. Gérard Cornu. Ah ?
M. Dominique Braye. Au cours de l'élaboration de ce projet de loi, et préalablement à sa discussion, j'ai fait le tour de toutes les communes membres de mon EPCI pour tenter d'expliquer le contenu du texte et faire suivre en direct son évolution, depuis la version proposée par le Gouvernement le 28 octobre 1998 jusqu'à celle qui a été adoptée par l'Assemblée nationale dans la nuit du 11 février 1999 et qui nous est parvenue. Je tiens à vous signaler que je me rends, demain soir, avec les huit maires membres de mon EPCI, en Haute-Savoie, pour y débattre pendant deux jours de ce problème. A force de liqueur de gentiane, je suis sûr que nous parviendrons à de très bons résultats ! (Sourires.)
M. le président. Bon voyage, monsieur Braye !
M. Dominique Braye. Pour ce tour des communes, je suis parti avec les mêmes dispositions d'esprit que mes collègues membres du groupe du RPR, pour qui, vous le comprendrez, j'ai une petite préférence ! Je voulais privilégier le contact direct pour expliquer le projet de loi aux différentes communes.
Les quatre plus petites d'entre elles m'ont demandé - ce que j'ai d'ailleurs fait immédiatement - de leur rédiger un petit document explicatif servant d'élément de base à la réflexion pour ce débat.
Je précise bien qu'il s'agit des quatre communes les plus petites, dont l'une ne compte que 461 habitants. Les conseillers des grosses communes se sont montrés effectivement moins intéressés, estimant qu'une fois que le maire, les adjoints et la municipalité ont fait ce qu'ils devaient faire, tout le monde devait suivre.
Dans le district de Mantes-la-Jolie, qui est l'un des seize sites pilotes de la politique de la ville, et au titre de ce projet de territoire, j'ai entrepris depuis quelque temps de créer des comités consultatifs, ce que j'appelle des « conseils économiques et sociaux locaux ».
Comment pourrais-je voter en faveur d'un amendement qui va à l'encontre d'un dispositif que je m'emploie à mettre en place ? Si je suis, je l'avoue, en désaccord avec l'amendement, c'est parce qu'il me paraît judicieux de prévoir la création de ces comités consultatifs sur les affaires d'intérêt intercommunal. Il me semble, monsieur le rapporteur, que la rédaction de l'article L. 5211-49 est satisfaisante dans son esprit et dans sa lettre, puisqu'elle laisse toute latitude à un EPCI de décider ou non la création de tels comités consultatifs.
En effet, le premier alinéa de cet article prévoit expressément que l'assemblée délibérante d'un EPCI « peut » - peut ! - créer des comités consultatifs sur toutes affaires d'intérêt intercommunal relevant de sa compétence sur tout ou partie de son territoire.
A ceux de mes collègues qui seraient opposés à cette création, je répondrai que je ne vois dans cette rédaction aucun motif d'inquiétude ou de rejet, puisqu'il ne s'agit pas là d'une obligation ; il s'agit bien d'une faculté offerte aux EPCI. Je leur demande donc tout simplement de ne pas priver l'EPCI que je préside et le président que je suis d'une telle faculté. Libre à eux, en revanche, d'apprécier s'il convient ou non de créer ces comités consultatifs, en fonction de la conviction de leurs dirigeants ou de la situation locale.
Un certain nombre d'entre eux n'en sont pas, je le conçois, au stade où nous en sommes en matière de participation des habitants. Mais il faut donner la possibilité d'agir à ceux qui ont la volonté d'aller au plus près des habitants pour les informer et les faire participer. Naturellement, je suis plutôt favorable à la création de ce type de comité consultatif qui, je vous le disais, a été mis en place avec succès au niveau du district. L'expérience m'a montré, à cet égard, qu'il ne fallait jamais se priver d'avis ni d'idées extérieures susceptibles de renforcer l'efficacité des réalisations intercommunales. Il ne faut pas non plus fermer la porte à des expériences susceptibles de renforcer utilement l'information et la participation des habitants à la vie intercommunale.
MM. Paul Raoult et François Marc. Très bien !
M. Emmanuel Hamel. Quelle sagesse !
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle. M. Alain Vasselle. M. Dominique Braye a fait une brillante démonstration de la justification, à ses yeux, de la disposition législative dont nous discutons. Cependant, comme il l'a dit lui-même, il n'a pas attendu qu'une loi lui permette de prendre une initiative en ce sens pour installer de tels comités !
MM. Patrick Lassourd et Jean-Patrick Courtois. Tout le monde l'a fait !
M. Alain Vasselle. Dans les assemblées parlementaires, il est un défaut que nous avons de plus en plus souvent : c'est celui qui consiste à alourdir les textes législatifs avec des dispositions qui sont inutiles, puisque nous n'en avons pas besoin pour agir ! Alors à quoi bon ?
M. Braye venant en fait d'apporter une justification à l'amendement n° 254 rectifié bis de M. Courtois, j'espère que la Haute Assemblée, dans sa sagesse, saura se rassembler sur l'amendement n° 130 de la commission, auquel M. Courtois a accepté de se rallier.
M. Philippe Arnaud. Bravo !
M. Gérard Cornu. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Cornu.
M. Gérard Cornu. J'abonde dans le sens de M. Vasselle et je suis en désaccord avec mon ami M. Braye. On peut avoir les mêmes sensibilités politiques mais pas la même sensibilité sur l'intercommunalité et sur les obligations administratives !
Nous ne devons pas perdre de vue que la simplification de l'intercommunalité est l'objet même de ce texte de loi. Si M. Braye et moi-même n'avons pas la même approche sur ce problème, c'est tout simplement parce que nous présidons des EPCI qui ne sont pas comparables !
Celui de M. Braye a des frais de fonctionnement d'un montant de 227 millions de francs par an et quatre-vingt-dix personnes y sont attachées. Mais c'est un EPCI qui est presque exceptionnel ! La majorité des EPCI des petites communautés de communes du monde rural ne sont constitués parfois que d'un secrétariat, d'une personne employée à mi-temps, et ne sont souvent qu'une communauté de projet qui privilégie l'investissement et non le fonctionnement ! Nous ne pourrions pas, nous, payer deux jours de réflexion en Haute-Savoie, nous n'en avons pas les moyens !
M. Dominique Braye. Sur nos propres deniers, j'insiste !
M. Gérard Cornu. Il y a donc EPCI et EPCI !
Nous devons encourager les petits ! Or, si vous les grevez de frais de fonctionnement, si vous alourdissez la paperasserie administrative - en imposant par exemple de rédiger un rapport d'activité alors que, comme le disait Patrick Lassourd, trop d'information tue l'information ! - ou si vous multipliez les réunions de concertation et d'information au point d'en avoir trois ou quatre de plus par mois, vous allez décourager les élus locaux qui veulent se lancer dans l'intercommunalité !
Soyons donc pragmatiques et encourageons plutôt les petits EPCI, les petites communautés de communes qui essaient de se fédérer autour d'un projet commun, qui se dévouent pour la cause commune ; en un mot, encourageons l'intercommunalité ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du RPR, des Républicains et Indépendants et de l'Union centriste.)
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 129, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 130.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. L'article 29 du projet de loi que nous examinons prévoit la possibilité de créer des comités consultatifs sur « toutes affaires d'intérêt intercommunal relevant de sa compétence sur tout ou partie du territoire communautaire. »
Cet article prévoit, en outre, un ensemble de dispositions permettant, à n'en pas douter, d'associer au mieux les habitants du territoire intercommunal.
Vous proposez, monsieur le rapporteur, la suppression du paragraphe II de cet article. Même s'il y a dans cette disposition quelque risque de déplacer le lien indispensable, mais fragile, qui existe entre les élus d'une commune et ses habitants vers cette nouvelle assemblée délibérante, peut-on pour autant - je ne sais pas si je suis pragmatique - priver nos concitoyens de toute possibilité d'information - que je n'assimile pas à de la paperasserie - et d'association pour les affaires relevant de l'intercommunalité, au moment même où le reproche fait aux structures intercommunales est précisément leur manque de transparence et de démocratie ?
La réforme de nos institutions républicaines passe, selon nous, par une implication plus grande de nos concitoyens dans l'ensemble de nos structures politiques et administratives.
Que les usagers des services publics soient associés à la gestion de ces services, que chacun des habitants d'une commune intervienne dans la gestion de cette dernière, que ceux-ci soient impliqués encore dans la gestion des structures intercommunales lorsqu'elles sont librement constituées par la volonté des élus, voilà rien que de naturel et qui, en outre, garantit une citoyenneté active conforme à l'idée républicaine qui est la nôtre.
En conséquence, nous voterons contre l'amendement n° 130.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 130, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'amendement n° 482 rectifié n'a plus d'objet.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 29, modifié.

(L'article 29 est adopté.)

Article 30



M. le président.
« Art. 30. _ La section 10 "Dispositions diverses" est composée d'un article L. 5211-56 ainsi rédigé :
« Art. L. 5211-56 . _ Sans préjudice des dispositions propres aux communautés urbaines, lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale assure une prestation de services pour le compte d'une collectivité ou d'un autre établissement public de coopération intercommunale, les dépenses afférentes sont retracées dans un budget annexe au budget visé aux articles L. 5212-18 à L. 5212-21, L. 5214-23, ou L. 5216-8 selon le cas. Les recettes du budget annexe comprennent le produit des redevances correspondant au service assuré et les contributions de la collectivité ou de l'établissement au bénéfice duquel la prestation est assurée.
« Ces dispositions ne s'appliquent pas à la réalisation d'un investissement pour le compte d'une collectivité ou d'un autre établissement public de coopération intercommunale, qui est retracée budgétairement et comptablement comme opération sous mandat. »
Je suis saisi de quatre amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 131, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de supprimer cet article.
Par amendement n° 156, M. Gaillard propose, dans la première phrase du premier alinéa du texte présenté par l'article 30 pour l'article L. 5211-56 du code général des collectivités territoriales, après les mots : « pour le compte d'une collectivité ou d'un autre établissement public de coopération », de supprimer le mot : « intercommunale ».
Par amendement n° 483 rectifié, MM. Vasselle, André, Delong, Flandre et Gerbaud proposent, dans la seconde phrase du premier alinéa du texte présenté par l'article 30 pour l'article L. 5211-56 du code général des collectivités territoriales, après les mots : « le produit des redevances », d'ajouter les mots : « ou taxes ».
Par amendement n° 157 rectifié, M. Gaillard propose de compléter le second alinéa du texte présenté par l'article 30 pour l'article L. 5211-56 du code général des collectivités territoriales par une phrase ainsi rédigée : « Cette procédure comptable ne fait toutefois pas obstacle à la possibilité, ouverte à un établissement public de coopération intercommunale assurant la réalisation simultanée d'investissements de même nature pour le compte de plusieurs collectivités ou établissements publics de coopération intercommunale, de passer à cette fin un marché public global. »
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 131.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit, là encore, de répondre à un souci de simplification. L'amendement tend à revenir sur la création de budgets annexes pour retracer les prestations de services effectuées par un EPCI pour le compte d'une collectivité ou d'un autre EPCI.
M. le président. La parole est à M. Gaillard, pour présenter l'amendement n° 156.
M. Yann Gaillard. Je propose de supprimer le mot « intercommunale » pour que les établissements publics de coopération intercommunale puissent assurer des prestations de service pour des établissements publics de coopération tels que les syndicats mixtes.
Par ailleurs, en imposant aux établissements publics de coopération intercommunale assurant la réalisation simultanée d'investissements de même nature pour le compte de plusieurs collectivités ou EPCI, la passation d'un contrat, au titre de chacune de ces collectivités ou de chacun de ces établissements, on soustrait très souvent ces contrats, de montant unitaire fréquemment inférieur aux seuils prévus par le code des marchés publics, à toute mise en concurrence, au préjudice à la fois de transparence des procédures et de l'avantage financier qui pourrait résulter, pour ces collectivités et établissements, de la globalisation de leurs commandes dans un seul marché.
Quant à l'amendement n° 157 rectifié, il vise à permettre à l'EPCI de passer un marché public global.
M. le président. La parole est à M. Vasselle, pour présenter l'amendement n° 483 rectifié.
M. Alain Vasselle. Il s'agit de combler un oubli en faisant référence aux taxes, car les recettes ne se limitent pas aux redevances. Nous savons bien que les collectivités peuvent instaurer, si elles le souhaitent également, des taxes, dont la taxe d'enlèvement des ordures ménagères.
Cela étant, je pense que mon amendement fera long feu, M. le rapporteur ayant déposé un amendement de suppression. Pour ce qui me concerne, je m'en remets à la sagesse du Sénat quant au sort qui sera fait à cet amendement et, partant, au mien.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur les amendements n°s 156, 483 rectifié et 157 rectifié ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Défavorable.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 131, 156, 483 rectifié et 157 rectifié ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est défavorable à l'amendement n° 131, qui vise à supprimer l'article 30. En effet, cet article porte sur les prestations croisées au sein des établissements publics de coopération intercommunale et a été introduit pour des raisons de transparence et de sécurité juridique.
Il a deux objectifs.
Le premier consiste à lever l'ambiguïté actuelle sur la possibilité pour les EPCI d'effectuer des prestations de services au profit de communes extérieures, qui pourrait donner lieu à contentieux.
Le second objectif est de garantir aux communes membres de l'EPCI que l'exercice de la prestation rendue à une commune extérieure n'affecte en aucune façon le montant de leur participation financière ou le niveau de la fiscalité levée par l'EPCI.
Voilà donc un dispositif qui peut être géré avec des documents budgétaires simplifiés et qui n'entraîne pas de tâches administratives supplémentaires complexes. Si la prestation se limite à la réalisation de travaux, le dispositif des opérations sous mandat, encore plus allégé, peut se substituer au budget annexe.
C'est pourquoi le Gouvernement souhaite le maintien de cet article, qui offre quand même ces possibilités de prestations croisées.
Il est favorable à l'amendement n° 156 de M. Gaillard, qui vise à étendre les dispositions de l'article 30 aux syndicats mixtes.
En revanche, le Gouvernement est défavorable à l'amendement de M. Vasselle, car il n'est pas question que le groupement puisse se substituer à la commune, simple cliente, pour la perception par exemple, de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, en l'absence de tout transfert de compétences dans une optique intercommunale.
Enfin, le Gouvernement est défavorable à l'amendement n° 157 rectifié.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 131.
M. Robert Bret. Je demande la parole contre l'amendement.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Nous sommes quelque peu surpris, je l'avoue, que la commission nous invite à éviter que les opérations réalisées par les établissements publics de coopération intercommunale en faveur d'une autre collectivité ne fasse l'objet de l'inscription à un budget annexe.
Il nous semble en effet souhaitable, pour des raisons de transparence, qu'une telle orientation ne soit pas retenue d'autant que le rapport même de la commission des lois nous indique que c'est uniquement pour des raisons logistiques.
Nous posons d'ailleurs ici une question assez fondamentale : la mise en place d'un plus grand nombre d'établissements publics de coopération intercommunale va sans doute engendrer dans un avenir proche un certain nombre de coûts administratifs nouveaux.
La gestion comptable et administrative d'un EPCI est en effet suffisamment complexe pour justifier que l'on dispose, pour la suivre et la mettre en oeuvre, de personnels suffisamment nombreux et qualifiés.
Je l'ai déjà dit, même lorsqu'il s'agit d'un groupement de petites communes rurales et que cet ensemble finit par représenter la population d'une ville moyenne, on peut admettre la nécessité de transparence et de technicité particulière.
On ne peut notamment pas confier uniquement à des personnes sous contrat de travail précaire, sous contrat emploi-solidarité, par exemple, comme cela existe, ces fonctions hautement politiques.
Au regard de ces observations, nous vous invitons, mes chers collègues, à rejeter cet amendement.
M. Yves Fréville. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fréville.
M. Yves Fréville. Pour une fois, je vais être en désaccord avec la commission sur cette question du budget annexe.
Ce ne sont pas des raisons de simplification qui me guident en l'occurrence ; il me semble qu'il y a un problème de fond à régler.
J'ai connu une communauté de communes qui avait la compétence de voirie, mais non celle de la voirie rurale, et qui accomplissait des travaux de voirie rurale pour les communes membres. Le contrôle de légalité a estimé que, puisque ces travaux figuraient dans le budget de la communauté, ils devaient être financés par la fiscalité propre et non par le paiement des prestations. Etait donc exclue la contribution des communes à la communauté de communes. Je ne vois qu'un avantage à ce qu'il y ait un budget annexe, c'est d'éviter de pareils errements.
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Je me demande si l'amendement de suppression ne mériterait pas une deuxième lecture, en tout cas une nouvelle réflexion, de la part de la commission des lois.
La remarque faite à l'instant par notre collègue M. Fréville me paraît tout à fait pertinente. De tels cas de figure existent en nombre plus important qu'on ne l'imagine.
Par ailleurs, monsieur le secrétaire d'Etat, permettez-moi d'attirer votre attention sur l'amendement que j'ai présenté. Il visait le produit des taxes et non pas la taxe. L'article 30 du projet de loi dispose que « les dépenses afférentes sont retracées dans un budget annexe au budget visé aux articles L. 5212-18 à L. 5212-21, L. 5214-23, ou L. 5216-8 selon le cas. Les recettes du budget annexe comprennent le produit des redevances ». Or les redevances, comme les taxes du reste, sont instituées par les communes. Donc, vous ne pouvez pas m'opposer le fait que l'intercommunalité ne peut pas recueillir le produit de la taxe si elle ne l'a pas instituée elle-même puisque le dispositif peut fonctionner alors que la redevance a été instituée non pas par l'intercommunalité mais par la commune.
Ma proposition ne vise que le produit ; l'article précise bien que « les recettes du budget annexe comprennent le produit des redevances ». Quand les communes ont institué la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, c'est le produit des recettes de cette taxe qui a été affecté à la dépense. En tout cas, si une commune a décidé d'instituer une taxe d'enlèvement des ordures ménagères et qu'on ne lui donne pas la possibilité d'en reverser le produit, dans le cadre d'un budget annexe, à la structure intercommunale qui exerce la compétence pour le compte de la collectivité, cela posera des problèmes.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il était bon que ce débat ait lieu et que les préoccupations de transparence soient évoquées.
Il ne s'agit pas pour la commission, à travers son amendement, de nier la nécessité d'information et de transparence mais, tout au long du débat, s'est manifesté le souci de ne pas alourdir inutilement, par des procédures complexes, les documents qui sont présentés aux conseils municipaux ou aux conseils communautaires.
C'est parce que la commission des lois avait le sentiment que ce souci de souplesse, d'allègement des procédures, de simplification ne devait se traduire dans les faits qu'après un long débat et après avoir échangé tous les arguments, qu'elle a adopté cet amendement.
M. Vasselle a dit qu'une deuxième lecture de la commission pourrait être utilement consacrée à ce sujet. Mais, mon cher collègue, s'il ne doit pas y avoir de deuxième lecture en séance plénière, il y a eu beaucoup plus que deux lectures en commission des lois ! C'est donc non pas à la légère, mais après mûre réflexion, qu'elle vous présente cet amendement. J'espère ne pas trop heurter les scrupules, les interrogations, les questions des uns et des autres en le proposant. Après tout, il ne portera pas atteinte à des principes fondamentaux auxquels nous sommes tous attachés.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 131, repoussé par le Gouvernement.

(Après une épreuve à main levée déclarée douteuse par le bureau, le Sénat, par assis et levé, n'adopte pas l'amendement.)
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 156.
M. Robert Bret. Je demande la parole contre l'amendement.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Je m'exprimerai à la fois sur l'amendement n° 156 et sur l'amendement n° 157 rectifié, qui portent tous deux sur les relations entre les établissements publics de coopération intercommunale et les autres collectivités locales.
Notre collègue M. Gaillard nous invite à faire en sorte que, sous certaines conditions, certaines opérations, notamment les opérations d'investissement, soient globalisées, dans un souci, qui pourrait paraître louable, de simplification et de réalisation d'économies d'échelle.
Nous nous interrogeons sur la portée de ces mesures qui, sous prétexte de transparence, risquent en fait de mettre des collectivités en situation de devoir passer par un prestataire de services qui serait « choisi » par l'établissement de coopération et non par elles-mêmes.
Nous pourrions, dans ce cas, assister à une sorte de dérive de l'intercommunalité, permettant en fait aux groupes industriels et commerciaux spécialisés dans les services aux collectivités locales de se tailler des parts de marché.
Que les choses soient claires : quand on pense « marché global », on pense nécessairement à autre chose qu'aux PME et aux entreprises de proximité auxquelles ont en général recours les élus locaux pour les marchés de taille réduite et non soumis à concurrence.
M. Yann Gaillard. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Gaillard.
M. Yann Gaillard. Notre collègue M. Bret a mis sur le même plan deux amendements qui, pour être complémentaires, ont tout de même des objets différents.
L'amendement n° 156, auquel le Gouvernement est, semble-t-il, favorable, a pour objet de permettre à des syndicats mixtes de participer à l'intercommunalité et de réaliser des travaux pour des établissements de coopération intercommunale. Il n'y est pas question de la globalisation des marchés.
C'est l'amendement n° 157 rectifié, auquel le Gouvernement est, semble-t-il, défavorable, qui franchit ce pas. Je ne pense pas que la critique « globalisante » de M. Bret puisse concerner l'amendement n° 156.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 156, repoussé par la commission et accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 483 rectifié.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Après les explications qui ont été données par M. Vasselle, j'indique qu'il existe effectivement deux modes de financement des services d'ordures ménagères : la redevance et la taxe. Si le produit de la redevance est affecté à cet objet, le produit de la taxe, même si celle-ci est perçue au titre de l'enlèvement des ordures ménagères, n'est pas, dans le budget, affecté à cet objet, et cela en vertu d'un principe général des finances publiques.
Votre remarque, monsieur Vasselle, est pertinente sur ce point. Je m'en remets donc à la sagesse du Sénat sur votre amendement n° 483 rectifié.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 483 rectifié, repoussé par la commission et pour lequel le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 157 rectifié, repoussé par la commission et par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 30, modifié.

(L'article 30 est adopté.)

Article additionnel après l'article 30



M. le président.
Par amendement n° 321, M. Cornu propose d'insérer, après l'article 30, un article additionnel ainsi rédigé :
« Après l'article L. 5211-56 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article additionnel ainsi rédigé :
« Art. L... - Lorsque les procédures de retrait d'une commune d'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre échouent, le représentant de l'Etat dans le département peut prononcer ce retrait si la population de la commune concernée, consultée à la demande des deux tiers des membres du conseil municipal, se prononce en faveur de ce retrait à la majorité absolue des suffrages exprimés correspondant à un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits. »
La parole est à M. Cornu.
M. Gérard Cornu. Tout au long de ce débat, nous avons évoqué la question du retrait d'une commune d'un EPCI, et notre objectif permanent est d'encourager l'intercommunalité. Or, nous le savons bien, c'est la difficulté du retrait qui peut éventuellement dissuader les communes de s'engager dans l'intercommunalité.
Cet amendement a pour objet d'établir une cohérence entre les procédures de retrait.
Dans le cas des communes engagées dans une fusion-association, la décision de retrait peut être soumise à référendum, le préfet décidant ensuite s'il y a ou non retrait.
Or, en ce qui concerne les EPCI, qui correspondent à une forme moins poussée d'intercommunalité, la procédure de retrait est sans appel, et il est très difficile pour une commune de se retirer dès lors que les autres communes membres de l'EPCI ne le souhaitent pas. Dans ce cas joue donc l'effet dissuasif de la difficulté du retrait.
Il me semble paradoxal qu'il soit plus difficile de sortir d'un EPCI, où l'intercommunalité est moins forte, que d'une fusion-association, où elle est plus forte.
Mon amendement vise donc à combiner les deux systèmes pour les EPCI, en gardant la procédure de retrait, mais en ajoutant, en cas d'avis défavorable, la possibilité d'appel qui existe dans le cas de la fusion-association : dans un premier temps, la population de la commune est consultée par référendum et, dans un deuxième temps, le préfet prononce, le cas échéant, le retrait.
Je crois que le retrait d'un EPCI est une décision grave et que l'exigence de transparence, qui a été mise en avant tout à l'heure, suppose la consultation de la population.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Je comprends l'argumentation de notre collègue M. Cornu mais, alors même qu'il fait sien l'objectif de simplification, force est de reconnaître qu'il crée un mécanisme lourd et complexe.
Par surcroît, la consultation de la population pour le retrait d'une commune d'un EPCI peut ouvrir la porte à bien des aventures, à bien des risques.
N'allons pas jusque-là et restons logiques avec la position qui a été déjà adoptée hier à propos d'un autre amendement concernant la consultation de la population.
Sans doute, monsieur Cornu, convenait-il que vous posiez le problème. Votre proposition a certainement le mérite d'être innovante mais je crois qu'il serait dangereux de la concrétiser. Aussi, je vous invite à retirer votre amendement.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je fais miennes les observations qui ont été présentées par M. le rapporteur.
Cette procédure de retrait d'un EPCI avec consultation de la population serait susceptible de déstabiliser fortement la coopération intercommunale.
On peut imaginer que, à chaque renouvellement des conseils municipaux, l'occasion serait saisie de poser à nouveau le problème de la participation à un établissement public de coopération inercommunale en brandissant la menace de l'organisation d'un référendum.
Même si je comprends l'intérêt de la consultation de la population en cas de conflit grave, je crains que l'adoption de cet amendement ne fragilise tout l'édifice de la coopération intercommunale. C'est pourquoi le Gouvernement y est défavorable.
M. le président. Monsieur Cornu, maintenez-vous votre l'amendement ?
M. Gérard Cornu. Mon objectif était d'harmoniser les procédures de retrait quelle que soit la forme d'intercommunalité. Il m'a en effet semblé paradoxal qu'il soit plus facile de sortir d'une fusion-association que d'un EPCI.
Ayant entendu les observations de M. le rapporteur et de M. le secrétaire d'Etat, et ayant effectivement manifesté à plusieurs reprises mon souci de simplication, je ne peux que me plier à l'invitation qui m'a été faite.
Je retire donc cet amendement.
M. le président. L'amendement n° 321 est retiré.

Article 31



M. le président.
« Art. 31. _ Au I de l'article 1043 du code général des impôts, la référence à l'article L. 5216-23 est remplacée par la référence à l'article L. 5211-41. » - (Adopté.)

Article 32



M. le président.
« Art. 32. _ L'article L. 381-32 du code de la sécurité sociale est ainsi rédigé :
« Art. L. 381-32 . _ Les titulaires de mandats locaux sont affiliés au régime général de la sécurité sociale dans les conditions définies aux articles L. 2123-25, L. 2123-26, L. 2123-29, L. 2511-33, L. 3123-20, L. 3123-21, L. 3123-24, L. 4135-20, L. 4135-21, L. 4135-24 et L. 5211-14 du code général des collectivités territoriales. »
Par amendement n° 132, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose :
A. - De compléter cet article par un paragraphe ainsi rédigé :
« II. - L'intitulé de la section 10 du chapitre Ier du titre VIII du livre III du code de la sécurité sociale est ainsi rédigé : "Titulaires de mandats locaux". »
B. - En conséquence, de faire précéder le premier alinéa de cet article de la mention : « I. - »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit de la réparation d'un oubli dans l'intitulé ici visé.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 132, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 32, ainsi modifié.

(L'article 32 est adopté.)

Article 32 bis



M. le président.
« Art. 32 bis. _ I. _ Après l'article L. 5211-56 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 5211-57 ainsi rédigé :
« Art. L. 5211-57 . _ Les décisions du conseil d'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont les effets ne concernent qu'une seule des communes membres ne peuvent être prises qu'après avis du conseil municipal de cette commune. S'il n'a pas été rendu dans le délai de deux mois à compter de la transmission du projet de la communauté, l'avis est réputé favorable. »
« II. _ L'article L. 5214-20 du même code est abrogé. »
Par amendement n° 133, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, dans la seconde phrase du texte présenté par le I de cet article pour l'article L. 5211-57 du code général des collectivités territoriales, de remplacer les mots : « deux mois » par les mots : « trois mois ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement ne touche en rien au fond de l'article 32 bis . Il s'agit simplement de laisser à une commune un délai de trois mois, au lieu de deux, pour rendre un avis sur la décision d'un EPCI qui ne concerne qu'elle.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 133, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 134, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de compléter in fine le texte présenté par le I de l'article 32 bis pour l'article L. 5211-57 du code général des collectivités territoriales par une phrase ainsi rédigée : « Lorsque cet avis est défavorable, la décision est prise à la majorité des deux tiers des membres du conseil de l'établissement public de coopération intercommunale. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement est la reprise d'une disposition actuellement en vigueur pour les communautés de communes et qui paraît justifiée dès lors que la décision d'un EPCI ne concerne qu'une seule commune. M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement ne souhaitant pas qu'il existe des dérogations au dispositif mis en place par le projet de loi, il émet un avis défavorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 134, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 32 bis , modifié.

(L'article 32 bis est adopté.)

Article additionnel après l'article 32 bis



M. le président.
Par amendement n° 255 rectifié, MM. Trégouët et Hamel proposent d'insérer, après l'article 32 bis , un article additionnel ainsi rédigé :
« Les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre nouvellement créés peuvent instituer avec les communes membres, à titre transitoire pour une durée qui ne peut être supérieure à dix ans, des mécanismes conventionnels de péréquation financière dégressive, en vue d'atténuer les effets sur le contribuable local des changements brutaux de régime fiscal à l'intérieur du périmètre de solidarité.
« Ces mécanismes ne doivent pas se traduire, lors de leur mise en place, par une hausse de la pression fiscale totale constatée l'année précédant la création de l'établissement public de coopération intercommunale, au titre de la commune membre et du groupement. »
Cet amendement est assorti d'un sous-amendement n° 563, présenté par le Gouvernement, et tendant :
I. - Avant le texte proposé par l'amendement n° 255 rectifié pour insérer un article additionnel après l'article 32 bis , à ajouter un alinéa ainsi rédigé :
« Avant le premier alinéa de l'article 11 de la loi n° 80-10 du 10 janvier 1980 portant aménagement de la fiscalité locale, il est ajouté deux alinéas ainsi rédigés : ».
II. - Dans le premier alinéa du même texte, après les mots : « nouvellement créés », à insérer les mots : « par substitution à un syndicat intercommunal à vocation multiple ».
III. - A rédiger ainsi le second alinéa du même texte :
« Les reversements effectués au profit des communes membres doivent venir en déduction du produit attendu de la fiscalité communale. »
La parole est à M. Hamel, pour défendre l'amendement n° 255 rectifié.
M. Emmanuel Hamel. Je ne suis que l'humble présentateur d'un amendement dû à l'initiative de notre éminent collègue M. René Trégouët, qui s'intéresse à ces problèmes depuis de longues années.
Cet amendement tend à permettre aux établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, au moment de leur création, d'instituer avec les communes membres un dispositif conventionnel ayant pour objet l'élaboration d'une péréquation financière dégressive. Ce dispositif serait protecteur pour les contribuables locaux qui ne subiraient pas les conséquences des modifications éventuelles du régime fiscal dans le périmètre communautaire. J'ose espérer que le Sénat adoptera cet amendement, comme si M. Trégouët lui-même, avec son talent habituel, avait pu le défendre.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'Etat, pour défendre le sous-amendement n° 563.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est favorable à l'amendement n° 255 rectifié sous réserve de l'adoption du sous-amendement n° 563.
L'amendement n° 255 rectifié a pour objet de permettre à des établissements publics de coopération intercommunale qui adoptent la fiscalité additionnelle d'instituer, avec les communes membres, des mécanismes conventionnels limités dans le temps - dix ans - destinés à lisser les hausses de la pression fiscale qui résulte de ce choix.
Toutefois, cet amendement appelle deux précisions : d'une part, les conventions sont réservées aux établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre qui se substituent à un SIVOM préexistant ; tel est l'objet du paragraphe II du sous-amendement n° 563. D'autre part, il faut détailler la notion de pression fiscale totale ; tel est l'objet du paragraphe III de ce même sous-amendement.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur cet amendement et ce sous-amendement ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. S'agissant de l'amendement n° 255 rectifié, la commission avait l'intention de s'en remettre à la sagesse du Sénat. Toutefois, compte tenu des explications de M. le secrétaire d'Etat et du dépôt du sous-amendement n° 563, elle émet un avis favorable sur l'amendement et sur le sous-amendement.
M. le président. Je vais mettre aux voix le sous-amendement n° 563.
M. Yves Fréville. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fréville.
M. Yves Fréville. Monsieur le ministre, je souhaiterais obtenir une précision.
Vous avez parlé non pas de fiscalité propre, qui inclut la taxe professionnelle unique, mais de fiscalité additionnelle. Or, je ne vois pas comment le mécanisme proposé, et auquel je suis favorable, peut se conjuguer avec la taxe professionnelle unique.
S'il s'agit bien de la fiscalité additionnelle et que l'on passe en sifflet des participations des communes aux participations de la communauté, je suis parfaitement d'accord. En revanche, s'il s'agit de la taxe professionnelle unique, le sous-amendement me paraît incomplet. Il faudrait peut-être donc préciser qu'il s'agit des établissements de coopération intercommunale à fiscalité additionnelle.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je précise bien, à l'intention de M. Fréville, qu'il s'agit de fiscalité additionnelle.
M. Yves Fréville. Très bien !
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. J'avoue que le paragraphe II du sous-amendement n° 563 qui tend à insérer les mots « par substitution à un syndicat intercommunal à vocation multiple » me gêne quelque peu. Ce n'est qu'en cas de substitution que la disposition présentée par M. Trégouët pourra s'appliquer. Par conséquent, la rédaction proposée me semble quelque peu restrictive.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix le sous-amendement n° 563, accepté par la commission.

(Le sous-amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix, ainsi modifié, l'amendement n° 255 rectifié, accepté par la commission et par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. Emmanuel Hamel. Je m'en réjouis pour les communes... et pour M. Trégouët !
M. le président. En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet de loi, après l'article 32 bis .

Chapitre V bis

Syndicats d'agglomération nouvelle
et communautés d'agglomération nouvelle

Article 32 ter



M. le président.
« Art. 32 ter. _ Il est inséré, dans le code général des collectivités territoriales, un article L. 5333-4-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 5333-4-1 . _ Les communes membres d'un syndicat d'agglomération nouvelle ou d'une communauté d'agglomération nouvelle peuvent à tout moment transférer à ce syndicat ou à cette communauté tout ou partie des compétences visées à l'article L. 5216-5 dont le transfert n'est pas prévu par les articles L. 5333-1 à L. 5333-4, ainsi que les biens, équipements ou services publics nécessaires à l'exercice de ces compétences.
« Ces transferts sont décidés par délibérations concordantes du comité du syndicat d'agglomération nouvelle ou du conseil de la communauté d'agglomération nouvelle et des conseils municipaux se prononçant à une majorité des deux tiers au moins des conseils municipaux des communes intéressées représentant plus de la moitié de la population totale de celles-ci, ou par la moitié au moins des conseils municipaux des communes représentant les deux tiers de la population. Cette majorité doit nécessairement comprendre la commune dont la population est supérieure à la moitié de la population totale concernée. Le conseil municipal de chaque commune dispose d'un délai de trois mois à compter de la notification au maire de la commune de la délibération du comité du syndicat d'agglomération nouvelle ou du conseil de la communauté d'agglomération pour se prononcer sur les transferts proposés. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée favorable.
« Les transferts s'effectuent dans les conditions financières et patrimoniales prévues aux trois derniers alinéas de l'article L. 5211-17. »
Par amendement n° 135, M. Daniel Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin de la dernière phrase de l'avant-dernier alinéa du texte présenté par cet article pour l'article L. 5333-4-1 du code général des collectivités territoriales, de remplacer le mot : « favorable » par le mot : « défavorable ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Fidèle à la ligne que nous avons tracée depuis deux jours, nous souhaitons que l'approbation par les conseils municipaux des transferts de compétences aux syndicats d'agglomération nouvelle résulte d'une délibération expresse.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement maintient la position qu'il a déjà exprimée à plusieurs reprises : il est défavorable à cet amendement.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 135, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 32 ter ainsi modifié.

(L'article 32 ter est adopté.)

Article 32 quater



M. le président.
« Art. 32 quater . - I. _ Au premier alinéa de l'article L. 5333-4 du code général des collectivités territoriales, les mots : "ainsi que les services publics qui leur sont attachés" sont insérés après les mots : "gèrent les équipements".
« II. _ L'article L. 5332-3 du même code est ainsi rédigé :
« Art. L. 5332-3 . _ Une commune peut, sur sa demande, être admise à faire partie du syndicat d'agglomération nouvelle dans les conditions prévues à l'article L. 5211-18. »
Par amendement n° 136, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose d'insérer, après le I de cet article, un paragraphe ainsi rédigé :
« I bis. - Dans un délai d'un an à compter de la publication de la présente loi, il est établi, dans les conditions fixées au deuxième alinéa de l'article L. 5333-4 du code général des collectivités territoriales, un inventaire des services publics qui sont attachés aux équipements visés au premier alinéa du même article. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Afin de prévenir d'éventuels contentieux, cet amendement prévoit un inventaire des services publics attachés aux équipements.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 136, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 32 quater, ainsi modifié.

(L'article 32 quater est adopté.)

Chapitre VI


Transformation des districts, des communautés de villes, des syndicats et des communautés d'agglomération nouvelle

Section 1

Transformation des districts

Article 33



M. le président.
« Art. 33. _ Le chapitre III du titre 1er du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales est abrogé. » - (Adopté.)
M. le président. Mes chers collègues, nous allons interrompre nos travaux pendant quelques instants.
La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à dix-sept heures vingt-cinq, est reprise à dix-sept heures quarante.)

M. le président. La séance est reprise.
Nous poursuivons l'examen du projet de loi relatif au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale.
Dans la discussion des articles, nous en sommes parvenus à l'article 34.

Article 34



M. le président.
« Art. 34. _ I. _ Les districts existant à la date de publication de la présente loi, lorsqu'ils n'optent pas pour l'application des dispositions de l'article 35, sont transformés soit en communautés de communes, soit en syndicats de communes, par décision du conseil de district prise à la majorité des deux tiers au moins de ses membres, dans un délai qui expire un an après le renouvellement général des conseils municipaux qui suit la publication de la présente loi. La transformation est alors prononcée par arrêté du représentant de l'Etat dans le département lorsque les communes appartiennent au même département et par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements concernés dans le cas contraire. Elle n'entraîne pas création d'une nouvelle personne morale. Elle prend effet à la date de l'arrêté préfectoral pour les districts transformés en communautés de communes et au 1er janvier qui suit cet arrêté pour les districts transformés en syndicats de communes.
« L'ensemble des biens, droits et obligations du district sont transférés à la communauté de communes ou au syndicat de communes, qui est substitué de plein droit au district dans toutes les délibérations et tous les actes de ce dernier à la date de l'arrêté de transformation ou au 1er janvier qui suit cet arrêté selon le cas. Cette substitution ne donne lieu au paiement d'aucune indemnité, droit, taxe, salaire ou honoraire prévus au titre du transfert des biens par le code général des impôts. L'ensemble des personnels du district est réputé relever de la communauté de communes ou du syndicat de communes dans les conditions de statut et d'emploi qui sont les siennes à la date d'effet de la transformation.
« A défaut de décision du conseil de district à expiration du délai de six mois après le renouvellement général des conseils municipaux visé au premier alinéa ci-dessus, le district est transformé d'office en syndicat de communes dans les conditions prévues aux alinéas ci-dessus.
« II. _ La transformation d'un district en communauté de communes ou en syndicat de communes est sans effet sur les compétences exercées au lieu et place des communes membres. La communauté de communes ou le syndicat de communes est substitué au district pour l'exercice de ses compétences en matière de lutte contre l'incendie et de secours, dans les conditions fixées au chapitre IV du titre II du livre IV de la première partie du code général des collectivités territoriales.
« Lorsqu'un district transformé en communauté de communes n'exerce, à la date de l'arrêté de transformation, aucune compétence dans le groupe de compétences obligatoires "aménagement de l'espace", ce district devient compétent, au lieu et place des communes, pour les études d'aménagement.
« Lorsqu'un district transformé en communauté de communes n'exerce, à la même date, aucune compétence dans le groupe de compétences obligatoires "actions de développement économique intéressant l'ensemble de la communauté", ce district devient compétent, au lieu et place des communes, pour les études de développement économique.
« Lorsqu'un district transformé en communauté de communes n'exerce, à la date précitée, aucune compétence dans les groupes de compétences optionnelles visés au II de l'article L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales, le conseil de district précise, dans sa délibération de transformation, le groupe de compétences optionnelles qu'il choisit. Selon le groupe de compétences choisi, ce district devient alors compétent, au lieu et place des communes :
« 1° Pour les études relatives à la lutte contre les nuisances ;
« 2° Pour les études prospectives sur l'habitat et l'emploi ;
« 3° Pour la définition d'un projet communautaire de développement et d'aménagement de la voirie ;
« 4° Pour la définition d'un plan communautaire d'équipements culturels, sportifs et d'enseignement. »
Par amendement n° 339 rectifié, MM. Pelletier et Girod proposent, dans la première phrase du premier alinéa du I de cet article, de remplacer les mots : « soit en communautés de communes, soit en syndicats de communes » par les mots : « en communautés de communes ».
La parole est à M. Pelletier.
M. Jacques Pelletier. Avec les articles 34 et suivants, nous assistons à la fin des districts. Je ne sais pas s'il faut en pleurer ou s'en réjouir, mais cette formule avait probablement fait son temps.
Les districts dont la population est importante se transformeront en communautés d'agglomération ou en communautés urbaines. Parfait !
En revanche, s'agissant des districts dont la population est moins importante, qui sont les plus nombreux, l'article 34 prévoit qu'ils pourront se transformer soit en communautés de communes, soit en syndicats de communes. Or ce serait une régression sur le plan de l'intercommunalité.
Je souhaite donc, pour ma part, que le district puisse se transformer en communauté de communes, formule intégrée, mais non en syndicat de communes, formule non intégrée.
Si nous adoptions la disposition qui est prévue dans le projet de loi, nous irions vers une régression totale de l'intercommunalité. Avec un certain nombre de collègues de mon groupe, je ne le souhaite pas.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission a longuement débattu de ce problème.
M. Alain Lambert. Ça commence mal ! (Sourires.)
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'était même dégagé de la discussion une orientation favorable au libre choix.
Compte tenu de l'argumentation présentée et des orientations générales que prend le débat, qui tient à marquer une vision volontariste en direction de l'intercommunalité, la commission s'en remet à la sagesse de la Haute Assemblée.
M. Alain Lambert. Très bien !
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement souhaite maintenir les deux possibilités de transformation, c'est-à-dire la communauté de communes ou le syndicat de communes. Il faut conserver, me semble-t-il, une souplesse dans ce dispositif de transformation des districts.
Quant au souci qu'a formulé M. Pelletier de maintenir les districts dans la catégorie des établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, il est satisfait par la procédure de transformation allégée que nous examinerons à l'article 35.
Le Gouvernement émet donc un avis défavorable sur cet amendement.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 339 rectifié.
M. Robert Bret. Je demande la parole contre l'amendement.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. D'une certaine façon, l'amendement présenté par M. Pelletier enlève de la souplesse à un dispositif en soi contraignant qui prévoit, à cet article, la transformation des districts en communautés de communes ou en syndicats de communes.
Cet amendement ôterait toute possibilité aux élus locaux d'opter pour un syndicat de communes ou pour une communauté de communes.
A l'inverse du syndicat de communes, la communauté de communes présente un cadre bien plus contraignant, notamment en matière fiscale et financière.
Nous sommes convaincus, pour notre part, que la démarche intercommunale, si elle peut à certains moments se révéler opportune, ne doit en aucun cas, je le répète une nouvelle fois, se faire à marche forcée.
Autrement dit, à tout prendre, la solution alternative proposée par le Gouvernement nous semble meilleure que celle qui a été présentée par notre collègue et qui reviendrait à transformer l'ensemble des districts en communautés de communes.
M. Jean-Pierre Fourcade. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fourcade.
M. Jean-Pierre Fourcade. Je soutiens l'amendement de M. Pelletier et j'ai noté avec satisfaction que la commission des lois s'en remettait à la sagesse du Sénat.
En effet, certaines formes d'organisation intercommunale sont encouragées et d'autres ne le sont pas. Ainsi, les communautés de communes, les communautés d'agglomération et les communautés urbaines reçoivent, en contrepartie d'un certain nombre de contraintes, un prélèvement sur la DGF. En revanche, les syndicats de communes ne perçoivent rien.
Il me semble difficile de donner le choix à des collectivités ayant décidé d'une certaine forme de coopération - le district - de revenir à la formule syndicale ; je crains que le maintien du texte du Gouvernement ne pousse un jour les syndicats de communes à demander également une incitation.
Comme la DGF ne pourrait à mon avis pas supporter un prélèvement nouveau destiné aux syndicats, je me rallie à l'amendement de mon collègue et ami M. Pelletier.
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Je suis tout à fait favorable à l'amendement n° 339 rectifié. Je suis en effet fidèle à la position adoptée depuis le début de ce débat : l'absence de décision doit profiter à l'intercommunalité.
Il y a beaucoup plus de différences entre un syndicat et un district qu'il ne peut y en avoir entre un district et une communauté de communes, ce qui n'empêche nullement l'EPCI - je tiens à le dire à nos collègues, en particulier à M. Bret - d'opter pour une transformation en syndicat de communes. Encore faut-il qu'il décide non plus de sa transformation, mais de sa disparition et de son organisation en syndicat de communes.
L'absence de décision doit profiter à l'intercommunalité : il serait dommage qu'un établissement public de coopération intercommunale à intercommunalité de projet soit transformé, par absence de décision, en simple intercommunalité de gestion.
M. Patrick Lassourd. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Lassourd.
M. Patrick Lassourd. Je souhaite obtenir un éclaircissement de la part du Gouvernement. L'article 34 dispose que, si un district se transforme en communauté de communes, cette dernière est substituée au district pour l'exercice de ses compétences en matière de lutte contre l'incendie et de secours.
J'aimerais bien que l'on m'explique pourquoi, lorsque j'ai proposé, hier ou avant-hier, que figurent, parmi les compétences optionnelles pour l'intercommunalité, la construction, la gestion et l'entretien des casernements de pompiers, le Gouvernement, par la voix de M. Chevènement, m'a répondu qu'il n'était pas possible, en raison d'une trop grande complexité, que le service départemental établissement public puisse déléguer une maîtrise d'ouvrage à un EPCI. Comment, s'agissant du cas qui nous occupe aujourd'hui, cela peut-il devenir possible ?
Cela étant, je voterai l'amendement n° 339 rectifié.
M. Gérard Cornu. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Cornu.
M. Gérard Cornu. Je suis moi aussi favorable à cet amendement, car le passage d'un district à un syndicat intercommunal constituerait, à mon avis, une régression dans l'intercommunalité. Il faut faire en sorte, à mon avis, que le district ne puisse être transformé qu'en communauté de communes ou en communauté d'agglomération.
J'avoue d'ailleurs ne pas comprendre l'argument de M. le secrétaire d'Etat selon lequel cet amendement pourrait être satisfait par l'article 35.
Je remercie M. le rapporteur de s'en remettre à la sagesse de la Haute Assemblée sur l'amendement n° 339 rectifié qui, à mon avis, va dans le bon sens.
M. Joël Bourdin. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bourdin.
M. Joël Bourdin. Je suis étonné que le texte prévoie une procédure de confirmation pour les districts : on demande en effet à ces derniers de respecter un certain nombre de procédures, à des majorités qualifiées, pour éventuellement se transformer en communautés de communes. Mais ces procédures ont déjà eu lieu puisque les districts existent. Il n'y a donc pas d'égalité entre ce qui est proposé pour les communautés de communes et pour d'autres formes d'EPCI.
Si l'on exigeait que le district, se transformant en communauté de communes, adopte une procédure lourde pour se doter des compétences obligatoires et optionnelles, je comprendrais un peu. Mais le paragraphe II de l'article 34 prévoit une adaptation assez simple puisque les compétences en matière économique, en matière d'aménagement de l'espace et autres sont très allégées pour les districts qui soient transformés en communautés de communes. Aucune délibération spéciale n'est requise.
Je suis tout à fait d'accord avec la proposition de nos collègues Paul Girod et Jacques Pelletier. Il serait effectivement beaucoup plus simple de prévoir que les districts soient transformés en communautés de communes.
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Je souhaite apporter ma contribution à ce débat suscité par l'amendement n° 339 rectifié.
Nos collègues du groupe communiste républicain et citoyen défendent, me semble-t-il, la liberté pour les districts d'opter pour une formule ou pour une autre. Si nous voulons effectivement privilégier la liberté de choix pour les districts, c'est-à-dire respecter le volontariat et l'option des uns et des autres, mieux vaudrait les suivre et ne pas adopter l'amendement n° 339 rectifié.
Toute la difficulté de l'exercice concernant l'intercommunalité, aussi bien dans la loi de 1992 que dans tous les textes qui se sont succédé jusqu'à aujourd'hui, réside dans le fait que nous voulons à la fois concilier l'expression du volontariat des collectivités et choisir le type de structures dans lesquelles elles veulent évoluer pour mener ensemble des projets communs tout en recherchant un minimum de cohérence dans l'intercommunalité. Or cette cohérence pousse vers l'adoption de l'amendement n° 339 rectifié. En effet, le dispositif prévu par le projet de loi donne le sentiment de faire une sorte de marche arrière alors que tout pousse à encourager les collectivités à évoluer vers des structures intercommunales à fiscalité propre du type communauté de communes, communauté urbaine ou communauté d'agglomération. Or le schéma institutionnel de l'intercommunalité devrait, demain, se résumer à ces trois types d'intercommunalité, les SIVU, les SIVOM et les syndicats de communes étant appelés sans aucun doute à disparaître petit à petit.
Par conséquent, que faut-il faire ? Sans doute suivre MM. Paul Girod et Jacques Pelletier en prenant le risque de priver ces collectivités de cette liberté. J'imagine d'ailleurs assez difficilement qu'un district à fiscalité propre, qui bénéficie donc de la DGF, se transforme en simple syndicat de communes, ce qui impliquerait la perte de la DGF.
Je pense donc que la possibilité offerte par le texte aura peu de chances de trouver son application. C'est la raison pour laquelle mieux vaut en définitive, à mon avis, adopter l'amendement n° 339 rectifié.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je voudrais apporter deux précisions à MM. Cornu et Lassourd.
Tout d'abord, je dirai à M. Cornu - mais cela vaut pour le débat sur l'amendement n° 339 rectifié - que l'article 35 prévoit une procédure allégée pour le cas où il n'y a pas modification ni du périmètre ni des compétences.
Dans ce cas-là, la transformation d'un district en communauté de communes est quasi automatique.
L'article 34 vise le cas où le périmètre ou les compétences peuvent être modifiés. Dans ce cas-là, il y a un retour vers les communes.
Dans l'hypothèse où l'amendement n° 339 rectifié serait adopté, le refus des communes de se transformer en communauté de communes risquerait de faire tomber l'intercommunalité. D'où la nécessité d'offrir un choix, avec le syndicat de communes. C'est pour cette raison que nous souhaitons maintenir ce dernier tout en soulignant que l'idée est bien évidemment que le district, forme plus élaborée de coopération intercommunale que le syndicat de communes, devienne une communauté de communes. Tel est le principe.
L'amendement n° 339 rectifié, si l'on en comprend la formulation et l'idée de l'évolution, comporte donc un risque. Le Gouvernement souhaite par conséquent maintenir l'option du syndicat de communes pour le cas où les communes refuseraient à la majorité qualifiée d'évoluer vers des communautés de communes.
J'en viens à la question posée par M. Lassourd sur la compétence en matière de lutte contre l'incendie et de secours. En fait, cette compétence, depuis la loi de 1996, est devenue départementale. Elle a été organisée au niveau des services départementaux d'incendie et de secours. Les communes ou les EPCI qui s'y substituent ont simplement une participation par contingent mais ne possèdent plus un pouvoir d'organisation.
La question que vous évoquez, monsieur le sénateur, est en fait réglée dans le cadre de la départementalisation...
M. Jean-Jacques Hyest. Oui !
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. ... car il n'y a de compétence ni pour l'organisation ni pour la gestion ; il y a simplement une participation financière à l'organisation du service.
M. Patrick Lassourd. Donc, il n'y a pas de transfert de compétences !
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Il y a transfert à travers les financements pour le système de contingent.
M. Patrick Lassourd. Ce sont là des moyens et non pas une compétence. C'est différent !
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Il faut être en cohérence avec la loi de 1996. C'est d'ailleurs ce qui est prévu dans l'article concerné.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 339 rectifié, repoussé par le Gouvernement et pour lequel la commission s'en remet à la sagesse du Sénat.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je suis maintenant saisi de deux amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 518, le Gouvernement propose, dans le dernier alinéa du paragraphe I de l'article 34 de remplacer les mots : « à expiration du délai de six mois » par les mots : « à l'expiration du délai d'un an ».
Par amendement n° 256 rectifié, MM. Braye, Courtois, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent, dans le dernier alinéa du paragraphe I de ce même article, de remplacer les mots : « six mois » par les mots : « un an ».
Bien que différents dans leur libellé, ces deux amendements peuvent être considérés comme identiques.
La parole est à M. le secrétaire d'Etat, pour défendre l'amendement n° 518.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Il s'agit simplement de réparer un oubli.
L'Assemblée nationale a porté à un an après le renouvellement général des conseils municipaux le délai pendant lequel les districts doivent se transformer en communautés de communes, voire en communautés d'agglomération ou en communautés urbaines. Mais la mention du délai de six mois demeure au dernier alinéa.
L'amendement n° 518 vise donc à mettre l'ensemble des alinéas en cohérence.
M. le président. La parole est à M. Braye, pour défendre l'amendement n° 256 rectifié.
M. Dominique Braye. Cet amendement, pratiquement identique au précédent, est justifié par un double souci : d'une part, un souci de précaution, d'autre part, comme l'a rappelé M. le secrétaire d'Etat, un souci de cohérence.
L'article 34 prévoit que, lors de la transformation des districts en communautés de communes ou en syndicats de communes, le silence du conseil de district sur cette transformation durant six mois a pour conséquence une transformation automatique des districts. Or - c'est le souci de précaution - ce délai pourrait être utilement porté à un an pour laisser à cette instance un temps de réflexion suffisant.
J'en viens au souci de cohérence : il paraît judicieux de porter ce délai de six mois à un an pour rejoindre le souci des députés et mettre cette disposition en harmonie avec les autres délais similaires prévus par le texte qui nous est soumis. En effet, l'Assemblée nationale a déjà retenu le délai d'un an dans la quasi-totalité des dispositions du présent projet de loi, contrairement au délai de six mois prévu dans le texte initial.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur les amendements n°s 518 et 256 rectifié ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission est favorable au délai d'un an.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix les amendements identiques n°s 518 et 256 rectifié, acceptés par la commission.

(Les amendements sont adoptés.)
M. le président. Je suis saisi de deux amendements identiques.
L'amendement n° 340 rectifié est présenté par MM. Pelletier et Paul Girod.
L'amendement n° 398 est déposé par M. Emorine et les membres du groupe des Républicains et Indépendants.
Tous deux tendent, dans le troisième alinéa du I de l'article 34, à remplacer les mots : « syndicat de communes » par les mots : « communauté de communes ».
La parole est à M. Pelletier, pour défendre l'amendement n° 340 rectifié.
M. Jacques Pelletier. Il s'agit d'un amendement de coordination.
M. le président. La parole est à M. Bourdin, pour défendre l'amendement n° 398.
M. Joël Bourdin. Il s'agit effectivement d'un amendement de coordination.
M. le président. Quel est l'avis de la commission sur les amendements n°s 340 rectifié et 398 ?
M. Daniel Hoeffel. La commission constate qu'il s'agit d'amendements de coordination avec l'amendement n° 339 rectifié, qui a été adopté par le Sénat.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Avis défavorable, comme précédemment.
M. le président. Je vais mettre aux voix les amendements identiques n°s 340 rectifié et 398.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. La solution rédactionnelle proposée par ces amendements n'est pas respectueuse du choix volontaire des communes. Elle l'est d'autant moins quand il est proposé de les inclure d'office, par transformation automatique, dans un EPCI, pourtant déjà bien assez intégré !
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix les amendements identiques n°s 340 rectifié et 398, repoussé par le Gouvernement.

(Les amendements sont adoptés.)
M. le président. Par amendement n° 444, MM. Peyronnet, Autain et les membres du groupe socialiste et apparentés proposent de compléter l'article 34 par un nouveau paragraphe ainsi rédigé :
« ... - A défaut d'une délibération contraire prise à la majorité des deux tiers du conseil de district ou des deux tiers des conseils municipaux des communes membres adoptée dans un délai de six mois à compter de la publication de la loi n° du relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale, il est procédé à l'élargissement des compétences des districts formant un ensemble de plus de 500 000 habitants d'un seul tenant et sans enclave à l'ensemble des compétences définies à l'article L. 5216-5-1. »
La parole est à M. Peyronnet.
M. Jean-Claude Peyronnet. Cet amendement sent le grand large de la grande agglomération ! Il peut être rapproché de l'amendement n° 445 à l'article 35, que je me dispenserai de défendre tout à l'heure.
Aux termes du texte tel qu'il nous revient de l'Assemblée nationale, la transformation des districts en communautés d'agglomération ou en communautés urbaines suppose qu'ils exercent déjà, au moment de leur transformation, les compétences d'une communauté d'agglomération ou d'une communauté urbaine par décision du district prise à la majorité des deux tiers au moins de ses membres, dans un délai d'un an après le renouvellement des conseils municipaux.
L'objet de cet amendement n° 444 est de permettre aux districts de plus de 500 000 habitants de faire rapidement un premier pas vers plus d'intégration - l'amendement n'est donc pas du tout contraire à l'esprit de la loi - selon une procédure d'adoption simplifiée, à défaut d'opposition des deux tiers du conseil de district ou des deux tiers des conseils municipaux dans un délai de six mois à compter de la publication de la présente loi.
Cela permettrait le passage en communauté d'agglomération de façon souple d'ici aux prochaines municipales. En effet, et il faut insister sur ce point, certains de ces districts, à défaut de décision du conseil de district à l'expiration du délai de six mois après le renouvellement général des conseils municipaux, se verraient transformés d'office en syndicats de communes.
Pour les grosses agglomérations, en particulier, ainsi que cela a été dit, cela ne représente pas forcément un progrès : ce serait même sûrement, au contraire, une régression dans le cas présent.
Cet amendement vise donc à la fois à faciliter et à accélérer la transformation des districts de plus de 500 000 habitants qui sont déjà intégrés en communautés d'agglomération.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission des lois - et elle reste là dans son orientation constante - a souhaité que les élargissements de compétences, qui représentent un acte important dans le cadre intercommunal, résultent de délibérations expresses.
Tout à l'heure, à propos de transparence et de clarté, nous avons insisté sur la nécessité de livrer un maximum d'éléments à la connaissance des intéressés. Est-ce trop demander que de souhaiter qu'un élargissement de compétences puisse être l'objet d'une délibération expresse ?
Par conséquent, la commission a émis un avis défavorable.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Cet amendement tend à organiser une sorte de cheminement guidé des districts formant un ensemble de plus de 500 000 habitants vers les communautés d'agglomération.
Dans ce domaine, la procédure est déterminée : acquisition dans les six mois des compétences obligatoires et transformation en communauté d'agglomération un an après le renouvellement des conseils municipaux, à défaut d'une délibération contraire.
Quoi qu'il en soit, le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 444.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. J'ai déjà eu l'occasion d'exprimer, lors de l'examen des amendements précédents, notre attachement - et l'ensemble des élus locaux seront sensibles, je n'en doute pas, à cet argument - à une relative souplesse dans la mise en oeuvre des formes de l'intercommunalité.
La possibilité d'offrir à l'ensemble des communes de multiples structures intercommunales en fonction du degré d'avancement du travail intercommunal réalisé ici ou là est fondamentale.
La diversité des choix politiques des communes, la diversité des options défendues, qui sont le gage d'une démocratie en oeuvre sur le plan local, voilà autant d'éléments auxquels la législation doit prêter attention.
Or cet amendement restreint une nouvelle fois le choix des élus en matière d'élargissement des compétences du district. Cette démarche nous heurte, comme elle heurtera, nous en sommes certains, l'ensemble des élus locaux.
Aussi, nous voterons contre l'amendement qui nous est proposé et qui prévoit la transformation quasi automatique des districts de plus de 500 000 habitants en communauté d'agglomération, accompagnée de l'élargissement des compétences.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 444, repoussé par la commission et pour lequel le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(L'amendement n'est pas adopté.)
M. le président. Je vais mettre aux voix l'article 34.
M. Joël Bourdin. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bourdin.
M. Joël Bourdin. Monsieur le président, compte tenu des amendements que nous venons d'adopter, il reste des scories dans l'article 34 : il y est fait plusieurs fois référence à la possibilité pour le district de se transformer en communauté de communes ou en syndicat, des redondances subsistent, des éléments qui n'ont plus leur place dans cet article et qui auraient dû disparaître n'ont pas été supprimés.
Je compte donc sur la commission mixte paritaire pour rendre cet article cohérent.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'article 34, modifié.

(L'article 34 est adopté.)

Article 35



M. le président.
« Art. 35. _ Les districts formant un ensemble de plus de 500 000 habitants d'un seul tenant et sans enclave et exerçant au lieu et place des communes membres la totalité des compétences prévues à l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales sont transformés, à l'issue du délai fixé à l'article 34 ci-dessus, en communautés d'agglomération sauf si deux tiers au moins des membres du conseil de district s'y opposent. La transformation est prononcée par arrêté du représentant de l'Etat dans le département lorsque les communes appartiennent au même département et par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements concernés dans le cas contraire. Elle n'entraîne pas la création d'une nouvelle personne morale.
« Les districts qui exercent au lieu et place des communes membres la totalité des compétences prévues à l'article L. 5216-5 ou à l'article L. 5215-20 du code général des collectivités territoriales peuvent, dans le délai fixé à l'article 34 ci-dessus, être transformés en communautés d'agglomération ou en communautés urbaines par décision du conseil de district prise à la majorité des deux tiers au moins des membres de ce conseil, s'ils remplissent les conditions fixées à l'article L. 5216-1 ou à l'article L. 5215-1 du même code selon le cas. La transformation est prononcée par arrêté du représentant de l'Etat dans le département lorsque les communes appartiennent au même département et par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements concernés dans le cas contraire. Elle n'entraîne pas création d'une nouvelle personne morale.
« La communauté d'agglomération ou la communauté urbaine est substituée au district pour l'exercice de ses compétences en matière de lutte contre l'incendie et de secours, dans les conditions fixées au chapitre IV du titre II du livre IV de la première partie du code général des collectivités territoriales.
« L'ensemble des biens, droits et obligations du district sont transférés à la communauté d'agglomération ou à la communauté urbaine, qui est substituée de plein droit au district dans toutes les délibérations et tous les actes de ce dernier à la date de l'arrêté de transformation. Cette substitution ne donne lieu au paiement d'aucune indemnité, droit, taxe, salaire ou honoraire prévus au titre du transfert des biens par le code général des impôts. L'ensemble des personnels du district est réputé relever de la communauté d'agglomération ou de la communauté urbaine dans les conditions de statut et d'emploi qui sont les siennes à la date de la transformation. »
Je suis saisi de deux amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune. Par amendement n° 137, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de supprimer le premier alinéa de cet article.
Par amendement n° 445, MM. Peyronnet, Autain et les membres du groupe socialiste et apparentés proposent, à la fin de la première phrase du premier alinéa de cet article, avant les mots : « s'y opposent », d'insérer les mots : « ou si les deux tiers des conseils municipaux des communes membres ».
La parole est à M. le rapporteur, pour présenter l'amendement n° 137.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission estime que la transformation d'un district en communauté d'agglomération doit résulter d'une délibération expresse.
Autant, tout à l'heure, il pouvait apparaître logique de ne pas laisser le choix entre une formule de régression et le maintien dans une structure de coopération à fiscalité intégrée, autant, dans le cas présent, ce n'est pas trop demander qu'une délibération expresse soit nécessaire pour passer en communauté d'agglomération.
C'est l'unique objet de cet amendement.
M. le président. La parole est à M. Peyronnet, pour présenter l'amendement n° 445.
M. Jean-Claude Peyronnet. Cet amendement a le même objet que l'amendement n° 444, que j'ai défendu à l'article 34.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 137 et 445 ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 137.
M. Yves Fréville. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fréville.
M. Yves Fréville. Je souhaite demander une explication à la commission et au Gouvernement.
Dans l'hypothèse où un district souhaiterait se transformer en communauté d'agglomération sans disposer de la totalité des compétences, la procédure pourrait-elle être commune à l'élargissement des compétences et à l'adhésion à la communauté d'agglomération ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je réponds favorablement à la question de M. Fréville, dans la mesure où c'est une conséquence logique.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 137, pour lequel le Gouvernement s'en remet à la sagesse du Sénat.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'amendement n° 445 n'a plus d'objet.
Par amendement n° 322, M. Braye propose, dans la première phrase du deuxième alinéa de l'article 35, de supprimer les mots : « la totalité ».
La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Le présent amendement est dicté par un souci de clarification qui me semble nécessaire.
L'article 35, modifié par l'Assemblée nationale, expose les conditions auxquelles doivent être soumis les districts pour se transformer en communautés d'agglomération.
Les députés ont notamment prévu le cas des districts exerçant au nom de leurs communes membres la totalité des compétences prévues pour les communautés d'agglomération. Or ce cas de figure est contradictoire avec l'article 1er du projet de loi, puisque celui-ci prévoit expressément des compétences optionnelles pour les communautés d'agglomération.
Tel qu'il est libellé, l'article 35 concerne donc la totalité des compétences, aussi bien obligatoires qu'optionnelles. Or, pour pouvoir être transformé en communauté d'agglomération, il faut avoir la totalité des compétences obligatoires et un certain nombre de compétences optionnelles, que nous n'avons pas encore déterminées.
Je crois que l'on ne peut pas créer deux types de communautés d'agglomération, celles qui auraient la totalité des compétences obligatoires et des compétences optionnelles - ce ne seraient d'ailleurs plus des comptences optionnelles ! - et les autres.
Par conséquent, je crois qu'il faut adopter cet amendement.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. La commission est favorable à cet amendement, à condition que M. Braye accepte une rectification purement formelle. Il s'agit, en effet, non pas de supprimer les mots : « la totalité », mais de remplacer les mots : « la totalité des compétences » par les mots : « les compétences ».
Cette rédaction s'insère naturellement dans le texte et ne change rien, sur le fond, au problème évoqué.
M. le président. Monsieur Braye, acceptez-vous la suggestion de M. le rapporteur ?
M. Dominique Braye. Je l'accepte d'autant plus volontiers que je m'étais moi-même rendu compte que la rédaction de mon amendement était fautive.
Je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
M. Emmanuel Hamel. Vous serez pardonné ! (Sourires.)
M. le président. Il s'agit donc de l'amendement n° 322 rectifié, présenté par M. Braye, et tendant, dans la première phrase du deuxième alinéa de l'article 35, à remplacer les mots : « la totalité des compétences » par les mots : « les compétences ».
Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est favorable à l'amendement tel qu'il vient d'être rectifié.
Il va de soi qu'un district pourra se transformer en communauté d'agglomération s'il exerce l'ensemble des compétences obligatoires et trois des compétences optionnelles parmi les cinq qui ont été énumérées, sous réserve de remplir les conditions de seuil démographique et de continuité territoriale.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 322 rectifié, accepté par la commission et par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 35, modifié.

(L'article 35 est adopté.)

Article 36



M. le président.
« Art. 36. _ I. _ Sans préjudice des dispositions des articles L. 2121-33 et L. 2122-10 du code général des collectivités territoriales, les délégués des communes au conseil de district conservent leur mandat, pour la durée de celui-ci restant à courir, au conseil de la communauté de communes, du syndicat de communes, de la communauté d'agglomération ou de la communauté urbaine selon le cas.
« II. _ Les districts existant à la date de publication de la présente loi sont régis, jusqu'à la date d'effet de leur transformation en application des articles 34 et 35 ci-dessus, par les dispositions de l'article L. 5210-2 et du chapitre 1er du titre 1er du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales ainsi que par les dispositions suivantes :
« A. _ Organisation :
« Le nombre des membres du conseil du district est fixé par la décision institutive. Le choix du conseil municipal peut porter sur tout citoyen réunissant les conditions requises pour faire partie d'un conseil municipal.
« B. _ Compétences :
« Le district exerce de plein droit, au lieu et place des communes membres, la gestion :
« 1° Des services de logement créés en application des articles L. 621-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation ;
« 2° Des centres de secours contre l'incendie, sous réserve des dispositions du chapitre IV du titre II du livre IV de la première partie du code général des collectivités territoriales ;
« 3° Des services assurés par les syndicats de communes associant, à l'exclusion de toute autre, les mêmes communes que le district ;
« 4° Des services énumérés dans la décision institutive.
« C. _ Dispositions financières :
« 1° Les recettes du budget du district comprennent :
« a) Le produit des impôts mentionnés au 1° du a de l'article L. 2331-3 du même code ;
« b) Le produit des taxes, redevances et contributions correspondant aux services assurés ;
« c) Le revenu des biens, meubles ou immeubles, du district ;
« d) Les sommes qu'il reçoit des administrations publiques, des associations, des particuliers, en échange d'un service rendu ;
« e) Les subventions de l'Etat, de la région, du département et des communes ;
« f) Les produits des dons et legs ;
« g) Le produit des emprunts ;
« h) La contribution des communes intéressées, pour le fonctionnement de services assurés à la demande de ces dernières.
« 2° Les recettes du budget du district peuvent comprendre, le cas échéant, le produit des impôts mentionnés à l'article 1609 quinquies A ou à l'article 1609 quinquies B du code général des impôts.
« Les pertes de recettes que le district subit du fait des exemptions temporaires dont bénéficient les constructions nouvelles au titre de la taxe foncière des propriétés bâties sont compensées par une subvention de l'Etat, déterminée dans les mêmes conditions que l'allocation servie aux communes, conformément aux dispositions de l'article L. 2335-3 du code général des collectivités territoriales.
« Sont applicables au district les dispositions de l'article L. 5212-21 du même code.
« D. _ Représentation-substitution :
« Le district est substitué, pour l'exercice des compétences qu'il exerce, aux communes qui en font partie lorsque celles-ci sont groupées avec des communes extérieures au district au sein de syndicats de communes préexistants qui deviennent des syndicats mixtes au sens de l'article L. 5711-1 du même code. Cette disposition ne modifie ni les attributions ni le périmètre des syndicats.
« En cas de transfert à un district existant de l'ensemble des services en vue desquels un syndicat de communes a été institué, ce syndicat est dissous de plein droit à la date du transfert.
« E. _ Dissolution :
« Le district est dissous :
« a) Soit de plein droit, à l'expiration de la durée fixée par la décision institutive, ou à la date du transfert de la totalité de ses compétences à une communauté urbaine lorsque le district ne comprend pas de communes extérieures à la communauté urbaine.
« Dans ces deux derniers cas, sauf accord amiable et sous réserve des droits des tiers, des décrets en Conseil d'Etat fixent les conditions dans lesquelles les syndicats ou districts cessent leur activité et sont liquidés ;
« b) Soit à la demande de la moitié au moins des conseils municipaux représentant plus de la moitié de la population totale du district.
« La dissolution est prononcée par arrêté du représentant de l'Etat dans le département lorsque les communes appartiennent au même département et par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements concernés dans le cas contraire.
« Cet arrêté détermine, sous la réserve des droits des tiers, les conditions dans lesquelles le district est liquidé.
« La répartition des personnels concernés entre les communes membres est soumise, pour avis, aux commissions administratives paritaires compétentes. Elle ne peut donner lieu à un dégagement des cadres. Les personnels concernés sont nommés dans un emploi de même niveau et en tenant compte de leurs droits acquis. Les communes attributaires supportent les charges financières correspondantes. »
Par amendement n° 484 rectifié, MM. Vasselle, Flandre et Gerbaud proposent de supprimer la seconde phrase du troisième alinéa du II de cet article.
La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. A partir du moment où les communes sont représentées au deuxième degré dans des structures intercommunales à fiscalité propre qui prennent de plus en plus d'importance, il m'apparaît difficile que ces mêmes communes soient représentées par des personnes autres que des membres des conseils municipaux. La légitimité tirée du suffrage universel m'apparaît absolument indispensable pour représenter une commune dans une structure intercommunale.
J'entends bien que cet article 36 ne vise que les districts et n'a donc qu'une durée de vie limitée, puisque nous avons prévu, par nombre de dispositions, la transformation des districts en communauté de communes. Aussi, je défends plus l'esprit de cet amendement que sa portée réelle puisque, de toute façon, le district est appelé à disparaître.
Je m'en remettrai donc vraisemblablement sur ce point à la sagesse à laquelle m'appellera sans doute M. le rapporteur compte tenu du peu d'intérêt que présentera, à terme, cette disposition.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. M. Vasselle a deviné l'avis que la commission, après mûre réflexion, a cru devoir donner sur son amendement.
L'article 36 maintient le régime en vigueur pour les districts, qui devront se tranformer. Il s'agit donc d'une courte période, pendant laquelle les districts ne feront que survivre. Faut-il, pour cette courte période modifier leur composition ?
Actuellement, la faculté est ouverte aux communes de désigner comme délégué au conseil de district tout citoyen réunissant les conditions pour siéger dans un conseil municipal.
Je suis certain que, en pragmatique qu'il est, notre collègue Alain Vasselle acceptera de laisser les districts aller vers leur déclin sans soubresauts inutiles !
M. le président. L'amendement est-il maintenu, monsieur Vasselle ?
M. Alain Vasselle. Le voeu de M. le rapporteur est exaucé : je le retire.
M. le président. L'amendement n° 484 rectifié est retiré.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 36.

(L'article 36 est adopté.)

Article 37



M. le président.
« Art. 37. _ La commune, simultanément membre d'une communauté de communes et d'un district qui opte pour sa transformation en communauté de communes, se retire du district ou de la communauté de communes avant la transformation du district.
« Le conseil du district et le conseil de communauté fixent les conditions auxquelles s'opère le retrait. Faute d'accord, les conditions financières du retrait sont fixées par le ou les représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés.
« La décision de retrait est prononcée par arrêté du ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés. A défaut de décision de la commune à l'expiration du délai prévu au dernier alinéa du I de l'article 34 ci-dessus, elle est prononcée d'office. » - (Adopté.)

Article 38



M. le président.
« Art. 38. _ I. _ Au deuxième alinéa de l'article L. 5212-33 du code général des collectivités territoriales, les mots : "à un district," sont supprimés.
« II. _ L'article L. 5214-17 du code général des collectivités territoriales est abrogé.
« III. _ L'article L. 5214-21 du code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :
« a) Au premier alinéa, les mots : "ou un district" et les mots : "ou à ces districts" sont supprimés ;
« b) Le deuxième alinéa est complété par les mots : "dans des syndicats de communes".
« IV. _ A l'article L. 5214-22 du code général des collectivités territoriales, les mots : "ou un district," sont supprimés.
« V. _ 1° A l'article L. 5215-29 du code général des collectivités territoriales, les mots : "ou les districts" sont supprimés.
« 2° A l'article L. 5215-39 du code général des collectivités territoriales, les mots : "ou districts" sont supprimés.
« VI. _ L'article L. 5215-13 du code général des collectivités territoriales est abrogé. »
Par amendement n° 138, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de supprimer le dernier alinéa (b) du III de cet article.
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un simple amendement de coordination avec la fusion des deux derniers alinéas de l'article L. 5214-21 proposée à l'article 14.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 138.
M. Robert Bret. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Bret.
M. Robert Bret. Sur cet amendement, fidèles à notre position initiale et fondamentale quant aux conditions de développement de la coopération intercommunale, nous tenons à marquer notre désaccord avec la position exprimée par la commission des lois.
Nous pensons, en particulier, que les districts, dès lors qu'ils sont voués à disparaître, doivent être transformés selon les modalités que chacun des conseils de district jugera opportunes.
Si les membres d'un conseil de district souhaitent transformer leur établissement en syndicat de communes, toutes conséquences de ce choix prises en compte, il convient qu'ils en gardent la possibilité, même si chacun sait, ici, que cette solution est, sur le plan des ressources, sans doute moins intéressante que celle de la communauté.
Nous ne voterons donc pas cet amendement.
M. le président. Personne ne demande plus la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 138, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 38, ainsi modifié.

(L'article 38 est adopté.)

Section 2

Transformation des communautés de villes

Article 39



M. le président.
« Art. 39. _ Les communautés de villes existant à la date de publication de la présente loi et exerçant au lieu et place des communes membres la totalité des compétences prévues à l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales sont transformées en communautés d'agglomération par décision du conseil de communauté prise à la majorité des deux tiers au moins de ses membres dans un délai qui expire un an après le renouvellement général des conseils municipaux qui suit la publication de la présente loi. Dans le cas contraire, elles sont transformées en communautés de communes dans les mêmes conditions de majorité et de délai. Dans les deux cas cette transformation est alors prononcée par arrêté du représentant de l'Etat dans le département lorsque les communes appartiennent au même département et par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements concernés dans le cas contraire. Elle n'entraîne pas création d'une nouvelle personne morale.
« En cas de création d'une communauté d'agglomération ou d'une communauté urbaine sur un territoire présentant une continuité urbaine avec celui sur lequel une communauté de villes a été transformée en communauté d'agglomération, ces établissements se constituent en un seul établissement dans les six ans qui suivent la date de création de la communauté d'agglomération ou de la communauté urbaine.
« L'ensemble des biens, droits et obligations de la communauté de villes sont transférés à la communauté d'agglomération ou à la communauté de communes qui est substituée de plein droit à la communauté de villes dans toutes les délibérations et tous les actes de cette dernière à la date de l'arrêté de transformation. Cette substitution ne donne lieu au paiement d'aucune indemnité, droit, taxe, salaire ou honoraire prévus au titre du transfert des biens par le code général des impôts. L'ensemble des personnels de la communauté de villes est réputé relever de la communauté d'agglomération ou de la communauté de communes dans les conditions de statut et d'emploi qui sont les siennes à la date de la transformation.
« A défaut de décision du conseil de communauté à l'expiration du délai de six mois après le renouvellement général des conseils municipaux qui suit la publication de la présente loi, la communauté de villes est transformée d'office en communauté de communes dans les conditions et selon les modalités prévues aux premier et troisième alinéas.
« La transformation d'une communauté de villes en communauté d'agglomération ou en communauté de communes est sans effet sur les compétences exercées au lieu et place des communes membres. »
Par amendement n° 323 rectifié, MM. Legendre, Courtois, Braye, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent de rédiger comme suit la première phrase du premier alinéa de cet article :
« Quel que soit le nombre de leurs habitants, les communautés de villes existant à la date de publication de la présente loi sont transformées en communautés d'agglomération ou en communautés urbaines par décision du conseil de communauté prise à la majorité des deux tiers au moins de ses membres dans un délai qui expire un an après le renouvellement général des conseils municipaux qui suit la publication de la présente loi, sous réserve qu'elles acquièrent pendant ce délai les compétences prévues à l'article L. 5216-5 ou à l'article L. 5215-20 du code général des collectivités territoriales selon le cas. »
La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Nous le savons tous, depuis la promulgation, en 1992, de la loi relative à l'administration territoriale de la République, seulement cinq communautés de villes ont été constituées. Leur exemple a donc été peu suivi.
Les communes qui se sont engagées dans cette voie ont réalisé un réel effort en faveur du développement de l'intercommunalité.
L'article 39 du présent projet prévoit que ces communautés de villes appelées à disparaître, comme les districts, peuvent se transformer en communautés d'agglomération ou en communautés de communes.
Le présent amendement vise à leur offrir une option supplémentaire, celle de se transformer en communautés urbaines, quel que soit le nombre de leurs habitants, sous réserve qu'elles acquièrent, pendant la phase transitoire, l'ensemble des compétences dévolues à ces dernières.
Un tel dispositif irait dans le sens du renforcement de la coopération intercommunale, au bénéfice d'EPCI qui ont fait le choix d'une expérience intercommunale fortement intégratrice.
Il s'agit, en fait, de permettre aux cinq communautés de villes qui ont donné, depuis 1992, l'exemple de l'intercommunalité fortement intégrée, de se transformer en communautés urbaines, et ce sans leur imposer, naturellement, le respect des seuils démographiques.
Je suis sûr que cet amendement recueillera le soutien d'un certain nombre de collègues... au moins celui du président de la communauté urbaine d'Alençon !
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Nous abordons, avec cet amendement présenté avec conviction par notre collègue M. Braye, un problème de fond qui va au-delà de la transformation possible des communautés de ville en communautés urbaines, nous abordons en effet également tout le problème du montant de la DGF pour les trois échelons de communautés.
La transformation des communautés de villes en communautés urbaines aurait incontestablement un coût important en termes de DGF. Or, nous avons, en particulier au cours de nos débats de mardi et de mercredi, marqué la priorité que nous voulons accorder au resserrement de l'écart entre les différents montants de DGF selon les catégories de communautés.
Si nous ouvrons les vannes sur un plan, en particulier sur celui-là, nous rendrons plus difficile, dans trois semaines, le plaidoyer que nous ferons - il a des chances d'aboutir - en faveur du relèvement des seuils de DGF applicables aux communautés.
Je souhaite donc, mon cher collègue, que vous puissiez prendre en considération les contraintes qui sont les nôtres en cet instant pour arriver à atteindre l'objectif financier prioritaire que nous nous sommes fixé.
Cela ne signifie nullement que les communautés de villes n'ont pas été à l'avant-garde de l'action dans le domaine de l'intercommunalité. Simplement, les contraintes budgétaires étant ce qu'elles sont, je suis au regret de devoir demander que cet amendement, qui représenterait un élément de complication dans la négociation que nous aurons à mener, ne soit pas retenu.
Nous avons en effet demandé que l'examen d'un certain nombre d'articles sensibles soit reporté afin que rien ne vienne compliquer davantage encore cette négociation.
Je ne nie pas la pertinence de vos arguments, monsieur Braye. Mais le gestionnaire d'un EPCI que vous êtes sait combien pèsent, à tous les niveaux, les contraintes budgétaires.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Je veux d'abord saluer l'effort qui a été réalisé par les cinq communautés de villes qui ont adopté cette formule en 1992, allant ainsi dans le sens d'une plus grande intercommunalité.
Dans le présent projet, la possibilité de transformation des communautés de villes en communautés d'agglomération a été introduite sans condition de seuil. Etait en particulier visée la communauté de villes de Flers, évoquée par Mme Bassot à l'Assemblée nationale.
Du fait de leur transformation en communauté d'agglomérations, ces communautés de villes vont bénéficier, sur le plan financier, d'une DGF double de celle qu'elles perçoivent actuellement.
Il faut en rester là.
Les transformer automatiquement en communautés urbaines serait les faire entrer dans un cadre que le Gouvernement souhaite réserver, à l'avenir, aux grandes agglomérations métropolitaines. Rien ne le justifie, ni sur le plan des populations ni sur celui de l'organisation.
De plus, cette mesure aurait un coût supplémentaire puisque la DGF doublerait de nouveau.
Les communautés de villes devenues communautés urbaines seraient effectivement gagnantes. Mais l'équivalent de leur gain serait imputé sur la masse globale de la DGF et il en résulterait une évolution financière qui ne correspondrait pas à la réalité.
La transformation des communautés de villes en communautés d'agglomération me paraît être une évolution justifiée. Il ne faut pas franchir le stade supérieur, au niveau du seuil de population, car se sont des compétences ou des financements d'une autre taille.
Voilà pourquoi le Gouvernement est défavorable à l'amendement.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 323 rectifié.
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. On comprendra que, n'étant pas le seul signataire de cet amendement, je ne puisse manifestement pas le retirer. Je vais donc essayer de le défendre encore, même si je ne suis pas personnellement intéressé, car - on l'a dit à plusieurs reprises - nous travaillons pour l'intérêt général.
D'abord, nous prévoyons non pas, naturellement, la transformation automatique des cinq communautés de villes en communautés urbaines, mais simplement la possibilité pour celles qui le souhaitent de la demander, persuadés que nous sommes que nombre d'entre elles n'opteront pas pour cette transformation.
Je rappelle également que la DGF, s'agissant des communautés urbaines, n'est pas uniforme. La moyenne, dont on parle toujours, est, certes, de 478 francs, mais cela va de 248 francs pour la moins dotée à 678 francs pour la mieux dotée, à savoir celle de Creusot - Montceau-les-Mines.
Enfin, j'y reviens, la meilleure manière de saluer l'effort de ceux qui ont été les pionniers de l'intercommunalité serait de leur offrir cette possibilité que prévoit notre amendement.
Cela étant, très soucieux - M. le rapporteur le sait mieux que quiconque - de favoriser la négociation qui permettra d'augmenter la dotation globale de fonctionnement pour le secteur rural et les petites communes, je propose que l'on réserve cet amendement pour pouvoir en évaluer les conséquences financières, qui, loin d'être cataclysmiques, seront peut-être, tout compte fait, tout à fait raisonnables.
M. Yves Fréville. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fréville.
M. Yves Fréville. Je ne crois pas pouvoir voter cet amendement, car il est fondé sur une catégorie, la communauté de villes. Or, il existe d'autres structures de coopération intercommunale, dont les districts, qui, en adoptant la TPU - j'en connais - ont, en fait, un régime aussi intercommunal que celui des communautés de villes.
Si donc l'on retient la proposition de notre collègue M. Braye pour les communautés de villes, je ne vois pas comment on pourra ne pas en élargir le bénéfice aux districts à TPU. Et, dès lors, on ne sait pas où l'on va !
La sagesse consiste donc à s'en tenir à la position de la commission.
M. Alain Vasselle. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Il y aurait un moyen de mettre tout le monde d'accord.
En définitive, ce qui fait qu'un certain nombre de collectivités optent pour une formule d'intercommunalité plutôt que pour une autre, c'est bien la carotte de la DGF ! C'est une constante depuis que les dispositions sur l'intercommunalité existent.
Si des SIVOM se sont transformés en communautés de communes, c'est parce que la DGF leur permettait de continuer à exercer leurs compétences antérieures, tout en allégeant le poids de la fiscalité locale.
Demain, les communautés de villes, même s'il y a la contrainte de la TPU aux yeux de certains, iront vers la communauté d'agglomération ou la communauté de communes parce qu'il y a la carotte de la DGF. Ce raisonnement vaut pour les communautés urbaines.
L'une des solutions qui permettrait de mettre tout le monde d'accord consisterait à fixer la DGF à un niveau équivalent pour toutes les structures intercommunales, qu'elles soient rurales, d'agglomération ou urbaines.
En effet, les communautés de communes rurales ont moins de compétences, et donc de dépenses lourdes, mais elles perçoivent moins de recettes fiscales, le produit de la taxe professionnelle étant souvent nul. En revanche, les communautés d'agglomération ou les communautés urbaines, si elles bénéficient de la taxe professionnelle, assument en contrepartie des compétences lourdes.
Je m'en remettrai donc à la sagesse de la commission.
M. Jean-Pierre Fourcade. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Fourcade.
M. Jean-Pierre Fourcade. Le sujet est difficile. En effet, comme chacun le sait, en matière de DGF, ce qu'on donne à l'un, on le retire à d'autres.
Je veux par conséquent rappeler à M. Vasselle comment se déroule la répartition : on sépare la dotation forfaitaire - celle qui va à tout le monde - et la dotation d'aménagement ; sur cette dotation d'aménagement, on commence par prélever la part des groupements. Cela signifie que, plus la part des groupements augmente, plus la part de la DSU et de la DSR se réduit.
Vu sa composition, le comité des finances locales a tendance à estimer que, dans les communes bénéficiaires de la dotation de solidarité urbaine, les problèmes sociaux sont très difficiles, et il est donc enclin à retenir le maximum pour cette dotation. Il en résulte que la réduction porte sur la dotation de solidarité rurale.
Je ne voudrais pas que, pour faire plaisir aux communautés de villes, qui ont effectivement défriché la législation et créé des collectivités très importantes, la réduction ne porte finalement que sur la DSR.
Dans cette optique, la position de la commission des lois et de la commission des finances est raisonnable.
L'amendement n° 323 rectifié présente un second inconvénient en ce qu'il vise à inscrire dans la loi qu'une communauté de villes peut devenir une communauté urbaine quel que soit le nombre d'habitants. C'est là mettre le doigt dans un engrenage extrêmement dangereux.
Cela créerait en effet un problème nouveau qui finirait par se traduire par une compression de la dotation de solidarité rurale, ce qui paraît tout à fait difficile à envisager à ce stade de la discussion.
Il convient par conséquent de suivre la position de sagesse de la commission des lois.
M. Alain Vasselle. C'est le bon sens !
M. Michel Mercier, rapporteur pour avis. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le rapporteur pour avis.
M. Michel Mercier, rapporteur pour avis. M. Fourcade vient d'exprimer l'essentiel de ce que je voulais rappeler.
La DGF, c'est une enveloppe fermée : ce que l'on veut donner aux uns, on doit le prendre aux autres. C'est évident !
La commission des lois essaie, depuis le début de cette discussion, de respecter les pouvoirs que nous avons accordés dans le passé au comité des finances locales. En effet, plus nous rendrons le système rigide et moins le comité des finances locales pourra procéder à des ajustements.
Elle a également tenté, tout au long de ce débat, de préserver quelques soupapes de sécurité pour pouvoir augmenter la DGF des communautés de communes qui ont accompli un véritable effort d'intégration en recourant à la taxe professionnelle unique.
C'est le cas des communautés de villes, puisque leur caractéristique était d'avoir la taxe professionnelle unique. A ce jour, aucune communauté urbaine n'a encore une taxe professionnelle unique. Cela va venir, mais de nombreuses difficultés demeurent.
Si nous supprimons en une seule fois les marges que nous avons pu conserver jusqu'à maintenant, les seules qui pâtiront de cette affaire, ce seront non pas les communautés urbaines ou les communautés d'agglomération, qui se trouvent garanties par le texte, mais les communautés de communes à taxe professionnelle unique qui ont consenti volontairement un effort d'intégration et que nous ne pourrons pas soutenir financièrement.
Je comprends bien la position de notre collègue, qui n'est que le troisième signataire de l'amendement. Mais, comme les autres ne sont pas là ! et il serait bien qu'il retire cet amendement, plutôt que de nous forcer à voter contre.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 323 rectifié.
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. Vous avez déjà expliqué votre vote !
M. Dominique Braye. Oui, mais M. Mercier m'a interpellé !
M. le président. Si c'est pour nous dire que vous retirez l'amendement, je veux bien !
M. Dominique Braye. J'ai été suffisamment provocateur au cours de ce débat et je vais retirer l'amendement, d'autant que je suis persuadé qu'il ne passera pas ! (Sourires.)
Je voudrais cependant me livrer à une dernière provocation, et je vous demande de m'en excuser à l'avance.
Sommes-nous bien sûrs, puisque la DGF est une enveloppe fermée, que tous les avantages acquis par certaines catégories de communautés sont vraiment justifiés ? Ne ferions-nous pas mieux de répartir différemment certaines dotations, toujours au sein d'une enveloppe fermée ?
M. le président. L'amendement n° 323 rectifié est retiré.
Par amendement n° 324 rectifié, MM. Legendre, Courtois, Braye, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent dans la troisième phrase du premier alinéa de l'article 39, de remplacer le mot : « deux » par le mot : « trois ».
Cet amendement n'a plus d'objet.
Je suis maintenant saisi de quatre amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Les trois premiers sont identiques.
L'amendement n° 139 est présenté par M. Hoeffel, au nom de la commission des lois.
L'amendement n° 369 est déposé par MM. Bret, Foucaud et les membres du groupe communiste républicain et citoyen.
L'amendement n° 446 est présenté par MM. Peyronnet, Plancade, Picheral et les membres du groupe socialiste et apparentés.
Tous trois tendent à supprimer le deuxième alinéa de l'article 39.
Par amendement n° 325 rectifié, MM. Legendre, Courtois, Braye, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent, dans le deuxième alinéa de l'article 39, après les mots : « a été transformée en communauté d'agglomération » d'insérer les mots : « ou en communauté urbaine ».
La parole est à M. le rapporteur, pour présenter l'amendement n° 139.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement vise, en supprimant un ajout de l'Assemblée nationale, à revenir à la rédaction initiale du projet de loi. De surcroît, nous coordonnons ainsi notre position avec celle que nous avons adoptée à l'article 1er avant-hier.
M. le président. La parole est à M. Bret, pour présenter l'amendement n° 369.
M. Robert Bret. Cet amendement vise à supprimer le second alinéa de l'article 39, qui traite de la transformation des communautés de villes en communautés d'agglomération.
L'alinéa 2 prévoit la fusion des communautés d'agglomération issues d'une transformation des communautés de villes et de communautés urbaines dans un délai de six ans.
Cet alinéa rappelle étrangement l'article 20 du projet de loi sur l'aménagement du territoire, où les EPCI situés sur un territoire présentant une continuité urbaine doivent se constituer en communauté d'agglomération dans un délai de six ans.
Cette mesure nous semble dangereuse, dans la mesure où le choix des communes est bafoué.
De telles dispositions sont de nature à mettre en péril la coopération intercommunale qui ne peut réussir son développement sans l'assentiment des élus locaux.
Ce second alinéa, ajouté lors de l'examen du projet à l'Assemblée nationale, poursuit le même objectif que l'alinéa 2 de l'article L. 5216-1 que notre Haute Assemblée a supprimé à l'article 1er.
La pertinence territoriale dépend non pas de l'étendue du territoire, mais du projet politique constitué pour un même espace.
Aussi, je vous demande d'adopter cet amendement supprimant la limitation du nombre d'EPCI au sein d'un même territoire présentant une continuité urbaine.
M. le président. La parole est à M. Peyronnet, pour présenter l'amendement n° 446.
M. Jean-Claude Peyronnet. Cet amendement est identique à celui de la commission. Il s'agit d'un amendement de coordination.
M. le président. L'amendement n° 325 rectifié n'a plus d'objet.
Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 139, 369 et 446 ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est favorable à ces trois amendements identiques.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix les amendements identiques n°s 139, 369 et 446, acceptés par le Gouvernement.

(Les amendements sont adoptés.)
M. le président. Par amendement n° 326 rectifié, MM. Legendre, Courtois, Braye, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent, dans la première phrase du troisième alinéa de l'article 39, après les mots : « communauté d'agglomération » d'insérer les mots : « , à la communauté urbaine ».
Cet amendement n'a plus d'objet.
M. le président. Par amendement n° 327 rectifié, MM. Legendre, Courtois, Braye, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent, dans la dernière phrase du troisième alinéa de l'article 39, après les mots : « communauté d'agglomération » d'insérer les mots : « , de la communauté urbaine ».
Cet amendement n'a plus d'objet.
Je suis maintenant saisi de trois amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
Par amendement n° 140, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de supprimer l'avant-dernier alinéa de l'article 39.
Les deux amendements suivants sont identiques.
L'amendement n° 485 rectifié est présenté par MM. Vasselle, André, Flandre et Gerbaud.
L'amendement n° 519 est présenté par le Gouvernement.
Tous deux tendent, dans l'avant-dernier alinéa de l'article 39, à remplacer les mots : « délai de six mois », par les mots : « délai d'un an ».
La parole est à M. le rapporteur, pour défendre l'amendement n° 140.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit de supprimer une disposition redondante avec le premier alinéa de l'article 39. Simplifions chaque fois que nous le pouvons !
M. le président. La parole est à M. Vasselle, pour défendre l'amendement n° 485 rectifié.
M. Alain Vasselle. C'est un amendement de cohérence.
J'ai noté que le Gouvernement avait déposé un amendement identique. Mais je pense qu'il sera satisfait par l'amendement de la commission.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'Etat, pour présenter l'amendement n° 519 et pour donner l'avis du Gouvernement sur l'amendement n° 140.
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement est défavorable à l'amendement n° 140, car l'absence de décision n'est pas une hypothèse d'école, même si cela ne concerne que cinq communautés de villes qui doivent se transformer dans le délai prévu.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 140, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, les amendements n°s 485 rectifié et 519 n'ont plus d'objet.
Par amendement n° 328 rectifié, MM. Legendre, Courtois, Braye, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent, dans le dernier alinéa de l'article 39, après les mots : « communauté d'agglomération », d'insérer les mots : « , en communauté urbaine ».
Cet amendement n'a plus d'objet.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 39, modifié.

(L'article 39 est adopté.)

Article 40



M. le président.
« Art. 40. _ I. _ Sans préjudice des dispositions des articles L. 2121-33 et L. 2122-10 du code général des collectivités territoriales, les délégués des communes au conseil de la communauté de villes conservent leur mandat, pour la durée de celui-ci restant à courir, au conseil de la communauté d'agglomération ou de la communauté de communes selon le cas.
« II. _ Les communautés de villes existant à la date de publication de la présente loi sont régies, jusqu'à la date d'effet de leur transformation en application des dispositions de l'article 39 ci-dessus, par les dispositions de l'article L. 5210-2 et du chapitre Ier du titre Ier du livre II de la cinquième partie du code général des collectivités territoriales ainsi que par les dispositions suivantes :
« A. _ Organisation et fonctionnement :
« A défaut d'accord amiable entre les conseils municipaux intervenu dans un délai de trois mois à compter de la publication de l'arrêté fixant le périmètre de la communauté, la répartition des sièges au sein du conseil de communauté est assurée en fonction de la population à la représentation à la plus forte moyenne. Dans ce cas, le nombre total des sièges à répartir est déterminé par application des dispositions de l'article L. 5215-6 du même code et est augmenté, après répartition, de façon à ce que chaque commune dispose au moins d'un siège et à ce qu'aucune ne dispose de plus de la moitié des sièges.
« La désignation des délégués de chaque commune au conseil de communauté est opérée au sein de chaque conseil municipal au scrutin uninominal à un tour s'il n'y a qu'un délégué et au scrutin de liste majoritaire dans le cas contraire. Les listes de candidats peuvent comporter moins de noms que de sièges à pourvoir. Au cas où le nombre des conseillers municipaux est inférieur au nombre des sièges attribués à la commune, le conseil municipal peut désigner tout citoyen éligible au conseil municipal de la commune pour occuper les sièges qui ne peuvent être pourvus par des conseillers municipaux.
« Les décisions du conseil de communauté dont les effets ne concernent qu'une seule des communes membres ne peuvent être prises après avis du conseil municipal de cette commune. S'il n'a pas été rendu dans un délai de deux mois à compter de la transmission du projet de la communauté, l'avis est réputé favorable. Lorsque cet avis est défavorable, la décision doit être prise à la majorité des deux tiers des membres du conseil de communauté.
« B. _ Conditions d'exercice du mandat de membre du conseil de communauté :
« Les dispositions du chapitre III du titre II du livre Ier de la deuxième partie du code général des collectivités territoriales relatives à l'exercice des mandats municipaux ainsi que celles de l'article L. 5215-17 du même code sont applicables aux membres du conseil de communauté.
« C. _ Compétences :
« 1° La communauté de villes exerce de plein droit au lieu et place des communes membres, pour la conduite d'actions d'intérêt communautaire, les compétences relevant de chacun des deux groupes suivants :
« a) Aménagement de l'espace : schéma directeur, schéma de secteur, charte intercommunale de développement et d'aménagement, élaboration des programmes locaux de l'habitat visés à l'article L. 302-1 du code de la construction et de l'habitation, création et réalisation de zones d'aménagement concerté ;
« b) Actions de développement économique, création et équipement des zones d'activité industrielle, tertiaire, artisanale, touristique, portuaire ou aéroportuaire.
« 2° La communauté de villes doit par ailleurs exercer dans les mêmes conditions les compétences relevant d'au moins un des quatre groupes suivants :
« a) Protection et mise en valeur de l'environnement, politique du cadre de vie, lutte contre la pollution des eaux et de l'air, lutte contre le bruit, assainissement, collecte, traitement et élimination des déchets dans le cadre des schémas départementaux les concernant lorsqu'ils existent ;
« b) Politique du logement et actions de réhabilitation ;
« c) Création, aménagement et entretien de la voirie, plans de déplacements urbains et transports urbains ;
« d) Construction, entretien et fonctionnement d'équipements culturels et sportifs et d'équipements relevant de l'enseignement préélémentaire et élémentaire ; action et animation culturelles.
« La définition des compétences transférées au sein de chacun de ces groupes est fixée par la majorité qualifiée des deux tiers au moins des conseils municipaux des communes intéressées représentant plus de la moitié de la population totale de celles-ci ou de la moitié des conseils municipaux des communes comptant les deux tiers de la population, cette majorité devant comprendre le conseil municipal de la commune dont la population est supérieure à la moitié de la population totale concernée.
« 3° Le transfert de compétences emporte transfert au président et au conseil de communauté de toutes les attributions conférées ou imposées par les lois et règlements respectivement au maire et au conseil municipal.
« 4° Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions dans lesquelles sont achevées les opérations décidées par les communes, les syndicats de communes ou les districts avant le transfert de compétences, notamment en ce qui concerne le financement de ces opérations.
« D. _ Dispositions financières :
« Les recettes du budget de la communauté de villes comprennent :
« 1° Les ressources fiscales mentionnées aux articles 1609 nonies C et 1609 nonies D du code général des impôts ;
« 2° Le revenu des biens, meubles ou immeubles, de la communauté de villes ;
« 3° Les sommes qu'elle reçoit des administrations publiques, des associations, des particuliers, en échange d'un service rendu ;
« 4° Les subventions de l'Etat, de la région, du département et des communes ;
« 5° Le produit des dons et legs ;
« 6° Le produit des taxes, redevances et contributions correspondant aux services assurés ;
« 7° Le produit des emprunts ;
« 8° Le produit du versement destiné aux transports en commun prévu à l'article L. 2333-64 du code général des collectivités territoriales, lorsque la communauté est compétente pour l'organisation des transports urbains.
« Les garanties accordées et les subventions et annuités attribuées par les départements en faveur des communes ou groupements pour la réalisation d'ouvrages faisant l'objet d'un transfert se trouvent reportées sur la communauté de villes malgré toutes dispositions conventionnelles contraires.
« E. _ Représentation-substitution :
« La communauté de villes est substituée de plein droit, pour les compétences qu'ils exercent, aux syndicats de communes ou districts préexistants dont le périmètre est identique au sien.
« La communauté de villes est substituée, pour l'exercice des compétences qu'elle exerce, aux communes qui en font partie lorsque celles-ci sont groupées avec des communes extérieures à la communauté au sein de syndicats de communes préexistants. Cette disposition ne modifie ni les attributions ni le périmètre des syndicats qui deviennent des syndicats mixtes au sens de l'article L. 5711-1 du même code.
« Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions dans lesquelles peuvent être dévolues à une communauté de villes des compétences exercées antérieurement par un syndicat de communes inclus en tout ou en partie dans le périmètre de la communauté ou englobant celle-ci.
« F. _ Dissolution :
« La communauté de villes peut être dissoute sur la demande des conseils municipaux des communes qu'elle rassemble, statuant à la majorité des deux tiers au moins des conseils municipaux des communes intéressées représentant plus des trois quarts de la population totale de celles-ci, ou des trois quarts des conseils municipaux des communes intéressées représentant plus des deux tiers de la population totale, cette majorité devant nécessairement comprendre les conseils municipaux des communes dont la population totale est supérieure au quart de la population totale concernée.
« La dissolution est prononcée par décret en Conseil des ministres.
« Un décret en Conseil d'Etat détermine, sous réserve du droit des tiers, les conditions dans lesquelles la communauté est liquidée ; il fixe notamment les conditions dans lesquelles s'opère le transfert des biens, droits et obligations, après l'avis d'une commission dont la composition est fixée par arrêté du ministre de l'intérieur et qui comprend notamment des maires et des conseillers généraux.
« Les personnels de la communauté sont répartis entre les communes membres ou leurs éventuels organismes de coopération, après avis des commissions administratives paritaires compétentes, sans qu'il puisse être procédé à un dégagement des cadres et en tenant compte de leurs droits acquis. Les communes ou leurs éventuels organismes de coopération attributaires supportent les charges financières correspondantes. Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions et les modalités de cette répartition. »
Par amendement n° 329 rectifié, MM. Legendre, Courtois, Braye, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent, dans le I de cet article, après les mots : « communauté d'agglomération », d'insérer les mots : « , de la communauté urbaine ».
Cet amendement n'a plus d'objet.
Par amendement n° 257 rectifié, MM. Braye, Courtois, Cornu, Dufaut, Eckenspieller, Esneu, Fournier, Lassourd, Oudin, Vasselle, Doublet et les membres du groupe du Rassemblement pour la République proposent, dans la première phrase du cinquième alinéa du II de l'article 40, après les mots : « ne peuvent être prises », d'insérer le mot : « qu' ».
La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. S'il s'agit, par cet amendement, d'ajouter un simple « qu' », cela donne à la phrase un sens exactement contraire à ce qui est prévu et qui n'est pas satisfaisant puisque, en l'état, le texte prévoit que le conseil de communauté ne pourra pas prendre de décision après avis du conseil municipal de la commune ! Or, on veut dire, je pense, que les décisions du conseil de communauté ne pouvant être prises « qu' » après avis du conseil municipal.
En somme, monsieur le président, cet amendement est rédactionnel, mais il change tout ! (Sourires.)
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Favorable.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 257 rectifié, accepté par la commission et par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 486 rectifié, MM. Vasselle, André, Flandre et Gerbaud proposent, dans le sixième alinéa du C du II de l'article 40, après le mot : « collecte », d'insérer les mots : « tri sélectif ».
La parole est à M. Vasselle.
M. Alain Vasselle. Il s'agit d'un amendement de précision.
Le a du II de l'article 40 fait état de protection et mise en valeur de l'environnement, de politique du cadre de vie, de lutte contre la pollution des eaux et de l'air, de lutte contre le bruit, d'assainissement, de collecte, de traitement et d'élimination des déchets.
J'entends bien que, sous le couvert du mot « traitement », peut être également visé le tri sélectif. Il me paraît toutefois souhaitable d'afficher la volonté du Parlement et du Gouvernement de mener une action en matière de protection de l'environnement qui ne se limite pas au traitement traditionnel - c'est de cette façon que sont interprétés les mots « collecte » et « traitement » - tel que nous le connaissons et qui consiste simplement à éliminer les déchets et à les traiter en décharges contrôlées ou par voie d'incinération. Il s'agit bien d'accompagner les actions du tri sélectif, qui est un élément essentiel pour la protection de notre environnement et la valorisation des déchets.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Avec cette disposition, nous nous trouvons dans le même cas de figure que tout à l'heure à propos de la transformation des districts.
Les communautés de villes étant dans la phase terminale de leur existence, il faut d'autant moins modifier, pendant le court laps de temps qui leur reste, un certain nombre des règles de fonctionnement, que ces communautés de ville ont à préparer par ailleurs leur transformation en une autre structure. Ne les détournons donc pas de cet objectif prioritaire !
M. le président. Monsieur Vasselle, maintenez-vous votre amendement ?
M. Alain Vasselle. Je le retire.
M. le président. L'amendement n° 486 rectifié est retiré.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 40, modifié.

(L'article 40 est adopté.)

Article 41



M. le président.
« Art. 41. _ L'article L. 5215-43 du code général des collectivités territoriales est abrogé. » - (Adopté.)

Section 3

Dispositions diverses

M. le président. Par amendement n° 159, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de supprimer cette division et son intitulé.
La parole est à M. Hoeffel.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement est la conséquence de la proposition de la commission des lois visant à supprimer l'article 41 bis.
Cela m'amène, monsieur le président, si vous le permettez, à traiter de l'amendement n° 158 de la commission des lois.
Je rappelle que le Sénat a supprimé, à l'article 1er du projet de loi, le dernier alinéa, qui avait été ajouté par l'Assemblée nationale. Il s'agit du problème de la création d'une seule communauté d'agglomération sur un territoire ayant une continuité. Nous n'en avons pas voulu et nous l'avons clairement exprimé à l'occasion de l'article 1er.
Restons logiques avec nous-mêmes en adoptant les deux amendements n°s 158 et 159.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable aux deux amendements.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 159, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, la division et son intitulé sont supprimés.

Article 41 bis



M. le président.
« Art. 41 bis . - Les conditions du dernier alinéa de l'article L. 5216-1 du code général des collectivités territoriales ne sont pas exigées pour les communautés d'agglomération issues de la transformation d'un district ou d'une communauté de villes en application des articles 34 et 39 de la présente loi. »
Par amendement n° 158, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de supprimer cet article.
La commission a, par avance, défendu cet amendement. Quant au Gouvernement, il a déjà donné son avis.
Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 158, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'article 41 bis est supprimé.

Article 41 ter



M. le président.
« Art. 41 ter. _ L'article L. 5341-2 du code général des collectivités territoriales est ainsi rédigé :
« Art. L. 5341-2 . _ Dans les six mois suivant la date de publication du décret prévu à l'article L. 5341-1, un syndicat d'agglomération nouvelle ou une communauté d'agglomération nouvelle qui remplit les conditions fixées à l'article L. 5216-1 peut être transformé en communauté d'agglomération par décision prise à la majorité des deux tiers au moins des membres du comité du syndicat d'agglomération nouvelle ou du conseil d'agglomération nouvelle lorsque le syndicat ou la communauté exerce les compétences prévues à l'article L. 5216-5. Dans le cas contraire, cette transformation peut être décidée à la majorité qualifiée prévue au II de l'article L. 5211-5, sur proposition du comité du syndicat d'agglomération nouvelle ou du conseil de la communauté d'agglomération nouvelle adressée au représentant de l'Etat dans le département lorsque les communes font partie du même département ou aux représentants de l'Etat dans les départements concernés dans le cas contraire. Le conseil municipal de chaque commune membre dispose d'un délai de trois mois, à compter de la notification au maire de la commune de la délibération du comité du syndicat d'agglomération nouvelle ou du conseil de la communauté d'agglomération nouvelle par le ou les représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés, pour se prononcer sur cette proposition. A défaut de cette délibération dans ce délai, sa décision est réputée favorable.
« La transformation du syndicat d'agglomération nouvelle ou de la communauté d'agglomération nouvelle est prononcée par arrêté du représentant de l'Etat dans le département ou par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements concernés. La transformation n'entraîne pas création d'une nouvelle personne morale. Cette transformation est sans effet sur les compétences exercées au lieu et place des communes à la date de la transformation, ou en leur nom par voie de convention à la même date, et qui ne sont pas visées au I et au II de l'article L. 5216-5. L'ensemble des biens, droits et obligations du syndicat d'agglomération nouvelle ou de la communauté d'agglomération nouvelle est transféré à la communauté d'agglomération, qui est substituée de plein droit au syndicat d'agglomération nouvelle ou à la communauté d'agglomération nouvelle dans toutes les délibérations et tous les actes de ce dernier à la date de l'arrêté de transformation. L'ensemble des personnels du syndicat d'agglomération nouvelle ou de la communauté d'agglomération nouvelle est réputé relever de la communauté d'agglomération dans les conditions de statut et d'emploi qui sont les siennes. Sans préjudice des dispositions des articles L. 2121-33 et L. 2122-10, les délégués des communes au comité du syndicat d'agglomération nouvelle ou au conseil de la communauté d'agglomération nouvelle conservent leur mandat, pour la durée de celui-ci restant à courir, à l'assemblée délibérante de la communauté d'agglomération.
« En cas de rejet de la proposition du comité du syndicat d'agglomération nouvelle ou du conseil de la communauté d'agglomération nouvelle, le syndicat ou la communauté d'agglomération nouvelle continue d'être régi par les dispositions du titre III du présent livre.
« Le périmètre d'urbanisation prévu à l'article L. 5311-2 est abrogé, par arrêté du représentant de l'Etat dans le département, à la date de transformation du syndicat d'agglomération nouvelle ou de la communauté d'agglomération nouvelle en communauté d'agglomération. »
Par amendement n° 141, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose, à la fin du premier alinéa du texte présenté par cet article pour l'article L. 5341-2 du code général des collectivités territoriales, de remplacer le mot : « favorable » par le mot : « défavorable ».
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Eternel problème !
Nous en revenons à une demande que nous formulons lorsqu'il s'agit de transformer une structure en une autre, en l'occurrence en agglomération nouvelle, à savoir que ce soit par une délibération expresse.
Il me semble donc inutile que nous échangions à nouveau des arguments qui ont été définitivement consignés au procès-verbal de nos travaux.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Défavorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 141, repoussé par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 41 ter , ainsi modifié.

(L'article 41 ter est adopté.)

Article 41 quater



M. le président.
« Art. 41 quater. - Il est inséré, dans le code général des collectivités territoriales, un article L. 5341-3 ainsi rédigé :
« Art. L. 5341-3 . - Le périmètre d'une agglomération nouvelle dont les opérations de construction et d'aménagement sont déclarées terminées conformément à l'article L. 5341-1 et dont le comité du syndicat ou le conseil de la communauté d'agglomération nouvelle propose la transformation en communauté d'agglomération en application de l'article L. 5341-2 peut être étendu dans les conditions prévues aux trois premiers alinéas de l'article L. 5211-41-1. A cette fin, la proposition de transformation du comité du syndicat d'agglomération nouvelle ou du conseil de la communauté d'agglomération nouvelle et le projet d'extension du périmètre arrêté par le ou les représentants de l'Etat dans le ou les départements concernés font l'objet de la même notification aux communes membres du syndicat.
« Les communes auxquelles le périmètre a été étendu sont représentées à l'assemblée délibérante de la communauté d'agglomération dans les mêmes conditions que les autres communes jusqu'au renouvellement général des conseils municipaux qui suit la transformation. »
Je suis saisi de deux amendements identiques.
L'amendement n° 142 est présenté par M. Hoeffel, au nom de la commission des lois.
L'amendement n° 370 est déposé par MM. Bret, Foucaud et les membres du groupe communiste républicain et citoyen.
Tous deux tendent à supprimer cet article.
La parole est à M. le rapporteur, pour présenter l'amendement n° 142.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Cet amendement a pour objet la suppression de l'extension du périmètre de l'agglomération nouvelle - nous revenons à une disposition analogue à celle qui est prévue pour les structures autres et que nous avons déjà examinée - dans des conditions dérogatoires du droit commun à l'occasion de sa transformation en communautés d'agglomération.
Cette procédure pourrait aboutir à l'inclusion forcée d'une commune dans le nouvel EPCI, ce que nous rejetons avec constance.
M. Jean-Jacques Hyest. Tout à fait !
M. le président. La parole est à M. Bret, pour défendre l'amendement n° 370.
M. Robert Bret. Par cet amendement, nous proposons la suppression de l'article 41 quater, pour les mêmes raisons que nous avons précédemment évoquées aux articles 1er bis et 4 bis.
Cet article permet au préfet - comme vient de l'exposer M. Hoeffel - d'élargir le périmètre d'une communauté ou d'un syndicat d'agglomération nouvelle en vue de leur transformation en communauté d'agglomération.
Nous souhaitons que la volonté des élus locaux ne soit jamais bafouée et qu'ils soient associés à chaque étape.
En conséquence, nous vous proposons de voter la suppression de cet article.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement sur les amendements n°s 142 et 370 ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Le Gouvernement s'en remet à la sagesse de la Haute Assemblée.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix les amendements identiques n°s 142 et 370, pour lesquels le Gouvernement s'en remet à la sagessse du Sénat.

(Les amendements sont adoptés.)
M. le président. En conséquence, l'article 41 quater est supprimé.

Chapitre VII

Dispositions diverses

Article additionnel avant l'article 42



M. le président.
Par amendement n° 460 rectifié, M. Arnaud propose d'insérer, avant l'article 42, un article additionnel ainsi rédigé :
« Le premier alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales est complété par deux phrases ainsi rédigées :
« Le représentant de l'Etat dans le département doit préalablement à la saisine du tribunal administratif attirer l'attention de l'autorité communale ou intercommunale sur les illégalités entachant un acte. Dans ce cas, l'autorité communale dispose d'un délai de huit jours pour le rectifier. »
La parole est à M. Arnaud.
M. Philippe Arnaud. La rectification porte tout simplement sur le fait qu'il s'agit pour le préfet, dans ma proposition, d'attirer l'attention non seulement de l'autorité communale, mais aussi de l'autorité intercommunale.
Nous connaissons la complexité à la fois de la législation et des textes réglementaires. Au travers des débats mesurés que, dans tous les domaines, nous compliquions un peu plus, même si, quelquefois, nous cherchions à simplifier, nous avons réaffirmé, de façon très claire, la responsabilité et la liberté des élus. Nous savons bien aussi que les élus ne sont pas des spécialistes du droit.
Ma proposition consiste donc seulement non pas à autoriser, mais à imposer aux préfets qui sont chargés du contrôle de légalité, avant de saisir le tribunal administratif, d'informer les exécutifs des collectivités locales d'un acte qui pourrait être entaché d'illégalité afin de permettre aux responsables de revoir leur copie.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. M. Arnaud pose un problème qui est au coeur de nos préoccupations, celui de la sécurité juridique des élus, et que tous les élus rencontrent en permanence à l'occasion du nombre croissant d'actes de gestion qu'ils accomplissent.
M. Arnaud essaie de résoudre ce problème en réintroduisant le contrôle a priori par l'autorité préfectorale.
Si nous devons avoir le souci d'arriver à une meilleure sécurité juridique - et vous avez bien fait de poser le problème en cet instant pour sensibiliser à nouveau le Gouvernement - faut-il pour autant revenir sur des acquis de la décentralisation et réintroduire un contrôle a priori ?
La commission des lois ne le pense pas. C'est la raison pour laquelle, tout en vous répétant combien il était important qu'en cet instant vous posiez le problème et que le Gouvernement y soit à nouveau sensibilisé, je souhaite, monsieur Arnaud, que vous puissiez envisager le retrait de votre amendement.
M. le président. Monsieur Arnaud, accédez-vous à la demande si gentiment exprimée de M. le rapporteur ?
M. Emmanuel Hamel. Plus que gentiment : éloquemment demandée !
M. Philippe Arnaud. Je souhaite préalablement entendre l'avis du Gouvernement, monsieur le président.
M. le président. Quel est donc l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. M. Arnaud aborde un problème qui est réel et qui est vécu par un certain nombre d'élus locaux. Mais il le fait à l'occasion de l'examen d'un texte qui traite de l'intercommunalité ; je crains que nous ne soyons éloignés du sujet.
Je voudrais surtout lui indiquer que, outre le retour en arrière par rapport aux principes de la décentralisation, qu'entraînerait l'adoption de son amendement, celui-ci aurait deux conséquences inopportunes.
D'abord, le contrôle du préfet sur la légalité des actes serait amoindri, puisqu'il y aurait une formalité préalable à la saisine du tribunal administratif alors que les actes des collectivités locales sont exécutoires dès leur transmission au représentant de l'Etat. En effet, à partir du moment où un acte est exécutoire, le préfet a la possibilité de le déférer devant le tribunal administratif. Nous reviendrions donc sur des avancées de 1982.
Ensuite, cet amendement viderait de son sens l'exercice du sursis à exécution, dont le représentant de l'Etat, le préfet en l'occurrence, peut assortir son recours, notamment lorsque l'acte attaqué est de nature à compromettre l'exercice d'une liberté publique ou d'une liberté individuelle. Dans ce cas-là, le tribunal administratif doit se prononcer dans un délai raccourci, qui est de quarante-huit heures.
Voilà pourquoi cet amendement, s'il part d'une bonne préoccupation, a des conséquences à la fois juridiques et politiques, au sens large, dans l'esprit de la décentralisation, qui nous paraissent négatives.
M. le président. Maintenez-vous l'amendement n° 460 rectifié, monsieur Arnaud ?
M. Philippe Arnaud. Monsieur le président, je vais le retirer...
M. Alain Vasselle. Je le reprends, monsieur le président !
M. Philippe Arnaud. ... mais, auparavant, je tiens à préciser que je ne suis pas tout à fait satisfait de la réponse de M. le secrétaire d'Etat, ni d'ailleurs de celle de M. le rapporteur.
Le problème est réel. Ni dans la formulation de ma proposition ni dans mon esprit, il ne s'est agi, et à aucun moment, de rétablir le contrôle a priori . Il s'agit seulement d'introduire ce que l'on pourrait appeler un devoir d'information de la part des préfets, sinon un devoir de conseil.
Je rappelle que le préfet ne fait qu'apprécier, à un moment donné, ce qui est susceptible d'être entaché d'illégalité. Pourquoi défère-t-il au tribunal administratif ? C'est parce qu'il ne lui appartient pas, à lui, de se prononcer sur la légalité ou sur l'illégalité. C'est bien au tribunal ou au juge qu'il revient de le faire.
Par voie de conséquence, il ne me paraîtrait nullement contradictoire avec la décentralisation d'introduire une disposition qui permettrait au préfet d'attirer l'attention de l'autorité communale sur le fait que l'acte qu'elle vient de prendre court un risque majeur d'être entaché d'illégalité. Après quoi, libre aux élus de tenir compte ou non du conseil, de confirmer leur décision ou de la corriger.
Cela permettrait d'éviter un certain nombre de procédures.
C'était le sens de ma proposition.
Je retire l'amendement n° 460 rectifié en souhaitant, monsieur le secrétaire d'Etat, que d'autres solutions soient trouvées pour éviter qu'un peu trop souvent les élus, quelle que soit leur bonne volonté, ne se retrouvent devant les tribunaux.
M. le président. L'amendement n° 460 rectifié est retiré.
Monsieur Vasselle, vous avez émis le souhait de le reprendre ?
M. Alain Vasselle. Tout à fait, monsieur le président.
M. le président. Il s'agit donc de l'amendement n° 460 rectifié bis.
La parole est à M. Vasselle pour le défendre.
M. Alain Vasselle. Je fais partie des élus de la Haute Assemblée qui ont connu la difficulté à laquelle se sont trouvés confrontés nombre de maires de mon département dans le cadre de procédures administratives, en particulier de procédures liées à des marchés publics.
Je suis, quant à moi, persuadé que, si le contrôle de légalité avait fait son travail en temps et en heure et préalablement à l'exécution de ces délibérations, les dix-huit ou vingt collègues qui ont fait l'objet d'une mise en examen auraient pu éviter de se trouver dans cette situation. Si le préfet, ou le sous-préfet de l'arrondissement, avait appelé leur attention sur leurs délibérations qui pouvaient être entachées d'une certaine forme d'illégalité, ils auraient peut-être pu rapporter leur décision.
Mes chers collègues, il ne nous est pas interdit de revenir sur les lois de décentralisation si nous sommes amenés à constater l'effet pervers de certaines dispositions.
Le problème ne risque pas tellement de se poser pour des communautés d'agglomération, des communautés urbaines ou des grandes villes, voire des communes moyennes, qui ont les moyens de se payer un service juridique, un conseil juridique ou du personnel compétent en la matière, lesquels pourront les mettre en garde contre les erreurs qu'ils pourraient commettre dans l'application des règlements et des lois.
Mettez-vous à la place des maires de petites communes rurales au regard de la complexité des textes ! Malgré eux et en toute bonne foi, il leur arrive de faire un faux pas. Or le préfet et le sous-préfet pourraient les aider à l'éviter.
La proposition de nos collègues ne consiste pas à rétablir systématiquement le contrôle a priori sur les actes et délibérations des collectivités. L'amendement dit : « Le représentant de l'Etat dans le département doit préalablement à la saisine du tribunal administratif attirer l'attention de l'autorité communale ou intercommunale sur les illégalités entachant un acte. » Par conséquent, le préfet a déjà décelé une erreur potentielle dans un acte commis par un maire ou son conseil municipal.
Je poursuis la lecture de l'amendement : « Dans ce cas, l'autorité communale dispose d'un délai de huit jours pour le rectifier. »
Certes, ce n'est pas, mes chers collègues, parce que le préfet ou le sous-préfet aura fait connaître au maire qu'il risque de se trouver dans l'illégalité s'il maintient sa délibération que, pour autant, il bénéficiera d'une couverture juridique complète.
Ainsi, notre collègue Louis Souvet m'a confié en aparté, voilà peu de temps, qu'à propos d'une délibération qu'il avait préparée en accord avec le préfet et le sous-préfet de l'arrondissement, il avait eu beau faire état de cette concertation, on lui avait répondu que l'aval du préfet ne constituait pas une couverture juridique pour le maire si celui-ci avait commis une erreur.
Toutefois, si cet aval peut éviter à un certain nombre de maires de faire un faux pas et de se trouver dans une situation inconfortable, il ne faut pas hésiter à le prévoir en attendant que de nouvelles dispositions soient prises.
Par cet amendement, c'est un appel que nous lançons au Gouvernement pour qu'il nou sinvite à légiférer le plus rapidement possible sur le problème de la responsabilité pénale des maires. N'attendons pas davantage ! Il n'y a pas que le problème de la présomption d'innocence à traiter, il y a aussi celui de la responsabilité pénale des maires.
Il me paraît donc important, au moins en termes d'affichage, que cet amendement soit voté, quitte à ce qu'il soit rejeté. C'est la raison pour laquelle je le reprends et demande à la Haute Assemblée de se prononcer.
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n0 460 rectifié bis .
M. Dominique Braye. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Braye.
M. Dominique Braye. Cet amendement me paraît en effet relativement intéressant. Je partage tout à fait l'avis de mon collègue M. Arnaud.
De toute façon, il reprend un usage qui se pratique déjà : le préfet ou le sous-préfet, très souvent, avant de saisir le tribunal administratif ou la juridiction compétente, se mettent en rapport avec le maire. Cet usage devrait être généralisé ; c'est ce que propose cet amendement.
J'ai eu personnellement, je ne vous le cache pas, des problèmes à propos du service d'enlèvement des ordures ménagères. Le préfet m'a dit qu'il allait me déférer au tribunal administratif en arguant du principe de proximité, sur lequel la législation est excessivement floue. Nous avons décidé d'un commun accord qu'il me traduirait de toute façon devant le tribunal administratif de façon à créer une jurisprudence et à apporter notre contribution à la précision de certaines notions.
Or, pour nombre de maires, le fait que les préfets se mettent en rapport avec eux serait certainement une bonne chose. Ils le font systématiquement avec nous qui sommes maires et parlementaires. Je souhaiterais qu'ils le fassent aussi avec les autres maires. Voilà pourquoi cette proposition me semble aller dans le bon sens.
M. Jean-Claude Peyronnet. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Peyronnet.
M. Jean-Claude Peyronnet. Cette discussion me semble un peu surréaliste. Nous sommes en train de confondre deux juridictions : la juridiction administrative et la juridiction pénale.
L'amendement ne concerne que le tribunal administratif, et ce n'est pas parce qu'un préfet vous aura autorisé, conseillé, que vous serez garanti sur le plan pénal. C'est l'évidence. Certes, le préfet joue son rôle de conseil et de garant de la légalité. Il demande aussi de nombreuses explications. Je reçois sans cesse des demandes d'explication - d'ailleurs, cela me lasse un peu parfois - sur des sujets sur lesquels les préfets sont particulièrement attentifs, comme les marchés, les emplois, les contrats... Sur ce plan, le préfet joue son rôle. Qu'il ne voie pas tout passer, c'est évident. Qu'il ne soit pas juge de la légalité absolue des actes des élus, c'est aussi évident. En tout état de cause, cette procédure ne saurait protéger les élus sur le plan pénal.
M. Jacques Larché, président de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le président de la commission des lois.
M. Jacques Larché, président de la commission des lois. Mes chers collègues, je voudrais appeler votre attention sur la signification de la disposition proposée.
Alors que nous nous situons dans une optique de décentralisation, elle fait intervenir le préfet dans un rôle nouveau, qui, à mon sens, ne doit pas lui être nécessairement conféré. Je ne vois pas, en effet, en quoi ce peut être d'une utilité quelconque.
Déjà, en l'état actuel des choses, le préfet ne manque pas, bien souvent avec une constance remarquable, de marquer, ou de tenter de marquer ses prérogatives à l'égard des élus que nous sommes en les avertissant, en les prévenant, en leur faisant savoir que telle ou telle décision ne correspond peut-être pas à la conception qu'il a de l'intérêt général. Mais, en ce qui nous concerne, nous faisons ce que nous pensons devoir faire, c'est-à-dire que nous prenons nos décisions dans le cadre de nos responsabilités. Nous sommes responsables, nous prenons nos décisions, et je ne sache pas que les élus locaux souffrent d'une quelconque déficience juridique ou intellectuelle !
Je dois dire également que, dans certains départements, les élus locaux ont l'habitude de demander conseil à leurs parlementaires. Certes, nous sommes là pour ça ; ils s'adressent à nous, ils nous demandent ce qu'il faut faire, ce que nous pensons de tel ou tel de leurs problèmes, et nous sommes bien armés pour leur faire savoir, à titre de conseil amical et bénévole, ce qui nous paraît devoir être fait. Mais ce n'est jamais qu'un conseil.
Cette prérogative que l'on voudrait donner au préfet ne débouchera sur rien, sur aucune procédure juridique concrète. C'est une sorte d'invitation faite à l'élu et au préfet de se rencontrer et de s'écouter. Mais, enfin, c'est la pratique quotidienne !
Nous éprouvons déjà suffisamment de difficultés à mettre dans ce texte des dispositions qui correspondent à ce que nous voulons faire, à ce que nous voulons sauvegarder - et je suis persuadé que nous y arriverons grâce au travail que nous sommes en train d'accomplir - pour ne pas le surcharger avec des dispositions qui, je le répète, n'auront aucun effet juridique concret et qui ne garantiront absolument aucune sécurité à l'élu qui aura reçu le conseil.
En effet, lorsqu'une procédure contentieuse interviendra, peut-être le préfet aura-t-il changé, et l'on ne se souviendra plus qu'il aura donné un conseil en temps utile. De toute manière, ce conseil n'engageait que lui et n'impliquait aucune responsabilité de sa part, alors que la dignité de l'élu, c'est de prendre ses responsabilités dans le cadre de la loi. C'est ce que nous faisons lorsque nous décidons ; après, intervient le contrôle de légalité, ce qui est tout à fait normal. Notons d'ailleurs que, du contrôle de légalité, nous en faisons ce que nous entendons !
Nous pouvons aussi avoir pour pratique - je ne la cite pas en exemple - de refuser tout contrôle de légalité et d'aller systématiquement devant le tribunal administratif, ce qui, du reste, aboutit à de bons résultats, puisque l'on gagne dans 90 % des cas !
M. Jean-Jacques Hyest. Cela diminue d'autant les saisines du tribunal administratif par l'autorité préfectorale ! (Sourires.)
M. le président. Monsieur Vasselle, l'amendement n° 460 rectifié bis est-il maintenu ?
M. Alain Vasselle. Je remercie M. le président de la commission des lois d'être intervenu et de nous avoir éclairés au moins sur un point, que j'avais d'ailleurs évoqué dans ma propre argumentation, à savoir qu'en aucun cas cette disposition n'assurerait la protection juridique du maire.
M. Jacques Larché, président de la commission des lois. Nous sommes bien d'accord !
M. Alain Vasselle. Aussi, dans la mesure où nous risquons de répandre une illusion chez les élus locaux à travers cette disposition, je préfère retirer l'amendement.
Mais soyez sûrs, mes chers collègues, que je reviendrai à la charge dans le cadre d'autres discussions, car il y a urgence à légiférer en la matière !
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. On vous fait confiance ! (Sourires.)
M. le président. L'amendement n° 460 rectifié bis est retiré.

Article 42



M. le président.
« Art. 42. _ Il est inséré, dans le code général des collectivités territoriales, un article L. 1321-9 ainsi rédigé :
« Art. L. 1321-9 . _ En cas de retrait de la compétence transférée à la collectivité ou à l'établissement public de coopération intercommunale ou au syndicat mixte bénéficiaire, les biens meubles et immeubles ainsi que l'encours de la dette afférent à l'exercice de cette compétence sont répartis entre collectivités et établissements publics de coopération intercommunale antérieurement compétents.
« Les biens meubles et immeubles mis à la disposition de la collectivité, de l'établissement public de coopération intercommunale ou du syndicat mixte sont restitués aux collectivités et établissements publics de coopération intercommunale antérieurement compétents. Ces biens sont réintégrés dans leur patrimoine pour leur valeur nette comptable, avec les adjonctions effectuées sur ces biens, liquidées sur les mêmes bases.
« Les biens meubles et immeubles acquis ou réalisés postérieurement au transfert de compétence sont répartis entre la ou les collectivités ou établissements publics qui reprennent la compétence. Il en va de même pour le produit de la réalisation de tels biens, intervenant à cette occasion.
« Le solde de l'encours de la dette transférée lors du transfert de compétence est restitué aux collectivités ou établissements publics antérieurement compétents.
« Le solde de l'encours de la dette contractée postérieurement au transfert de compétence est réparti entre la ou les collectivités, ou établissements qui reprennent la compétence.
« La collectivité ou l'établissement public de coopération intercommunale ou le syndicat mixte qui restitue la compétence notifie aux cocontractants la substitution dans les droits et obligations résultant des contrats portant notamment sur des emprunts affectés et des marchés afférents aux investissements mentionnés ci-dessus. »
Par amendement n° 143, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit cet article :
« Après l'article L. 5211-25, il est inséré, dans le code général des collectivités territoriales, un article L. 5211-25-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 5211-25-1. - En cas de retrait de la compétence transférée à un établissement public de coopération intercommunale :
« 1° Les biens meubles et immeubles mis à la disposition de l'établissement bénéficiaire du transfert de compétence sont restitués aux communes antérieurement compétentes et réintégrés dans leur patrimoine pour leur valeur nette comptable, avec les adjonctions effectuées sur ces biens liquidées sur les mêmes bases. Le solde de l'encours de la dette transférée afférente à ces biens est également restituée à la commune propriétaire.
« 2° Les biens meubles et immeubles acquis ou réalisés postérieurement au transfert de compétence sont répartis entre les communes qui reprennent la compétence ou entre la commune qui se retire de l'établissement public de coopération intercommunale et l'établissement ou, dans le cas particulier d'un syndicat dont les statuts le permettent, entre la commune qui reprend la compétence et le syndicat de communes. Il en va de même pour le produit de la réalisation de tels biens, intervenant à cette occasion. Le solde de l'encours de la dette contractée postérieurement au transfert de compétences est réparti dans les mêmes conditions entre les communes qui reprennent la compétence ou entre la commune qui se retire et l'établissement public de coopération intercommunale ou, le cas échéant, entre la commande et le syndicat de communes.
« Les contrats sont exécutés dans les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf accord contraire des parties. La substitution de personne morale aux contrats conclus par les communes n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. L'établissement public de coopération intercommunale qui restitue la compétence informe les cocontractants de cette substitution. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel. Comme précédemment, il s'agit des conséquences patrimoniales du retrait d'une compétence.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 143, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, l'article 42 est ainsi rédigé.

Article 43



M. le président.
« Art. 43. _ Le titre Ier du livre IV de la première partie du code général des collectivités territoriales est intitulé : "Principes généraux" et composé d'un chapitre Ier intitulé : "Les délégations de service public", comprenant les articles L. 1411-1 à L. 1411-18 et d'un chapitre II ainsi rédigé :

« Chapitre II

« Gestion directe des services publics

« Art. L. 1412-1 . _ L'exploitation directe d'un service public industriel et commercial par des collectivités territoriales ou leurs établissements publics ou par des établissements publics de coopération intercommunale ou par des syndicats mixtes du livre VII de la cinquième partie s'effectue par l'intermédiaire d'une régie constituée dans les conditions prévues au chapitre Ier du titre II du livre II de la deuxième partie.
« Art. L. 1412-2 . _ Les collectivités territoriales ou leurs établissements publics ou les établissements publics de coopération intercommunale ou les syndicats mixtes du livre VII de la cinquième partie peuvent individualiser, par la création d'une régie dans les conditions prévues au chapitre Ier du titre II du livre II de la deuxième partie, la gestion d'un service public à caractère administratif. Sont toutefois exclus les services qui, par leur nature ou par la loi, ne peuvent être assurés que par la collectivité locale elle-même. »
Par amendement n° 144, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit le texte présenté par cet article pour l'article L. 1412-1 du code général des collectivités territoriales :
« Art. L. 1412-1. - Les collectivités territoriales, leurs établissements publics, les établissements publics de coopération intercommunale ou les syndicats mixtes, pour l'exploitation directe d'un service public industriel et commercial relevant de leur compétence, constituent une régie soumise aux dispositions du chapitre Ier du titre II du livre II de la deuxième partie. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit d'un amendement rédactionnel et de précision.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 144, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Par amendement n° 145, M. Hoeffel, au nom de la commission des lois, propose de rédiger comme suit la première phrase du texte présenté par l'article 43 pour l'article L. 1412-2 du code général des collectivités territoriales : « Les collectivités territoriales, leurs établissements publics, les établissements publics de coopération intercommunale ou les syndicats mixtes peuvent individualiser la gestion d'un service public administratif relevant de leur compétence par la création d'une régie soumise aux dispositions du chapitre Ier du titre II du livre II de la deuxième partie. »
La parole est à M. le rapporteur.
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Il s'agit également d'un amendement rédactionnel et de précision.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Jean-Jack Queyranne, secrétaire d'Etat. Favorable.
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'amendement n° 145, accepté par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Personne ne demande la parole ?...
Je mets aux voix l'article 43, modifié.

(L'article 43 est adopté.)
M. le président. La suite de la discussion est renvoyée à la séance du 27 avril 1999.

3

TRANSMISSION D'UNE PROPOSITION DE LOI

M. le président. J'ai reçu de M. le président de l'Assemblée nationale une proposition de loi, adoptée avec modifications par l'Assemblée nationale en deuxième lecture, relative au pacte civil de solidarité.
La proposition de loi sera imprimé sous le n° 310, distribuée et renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale.

4

DÉPÔT D'UN RAPPORT D'INFORMATION

M. le président. J'ai reçu de MM. Xavier de Villepin, Serge Vinçon, André Dulait, André Boyer, Jean Puech, Jean-Luc Bécart, André Rouvière et Hubert Durand-Chastel un rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées à la suite d'une mission effectuée au Mexique du 20 au 28 février 1999.
Le rapport d'information sera imprimé sous le n° 309 et distribué.

5

ORDRE DU JOUR

M. le président. Voici quel sera l'ordre du jour de la prochaine séance publique, précédemment fixée au jeudi 15 avril 1999, à quinze heures :
Questions d'actualité au Gouvernement sur la situation au Kosovo.

Délais limites pour les inscriptions de parole
et pour le dépôt des amendements

Question orale avec débat n° 12 de M. Hubert Haenel sur la redéfinition des responsabilités des maires :
Délai limite pour les inscriptions de parole dans le débat : mardi 27 avril 1999, à dix-sept heures.
Projet de loi constitutionnelle, adopté par l'Assemblée nationale, insérant au titre VI de la Constitution un article 53-2 et relatif à la Cour pénale internationale (n° 302, 1998-1999) :
Délai limite pour les inscriptions de parole dans la discussion générale : mercredi 28 avril 1999, à dix-sept heures ;
Délai limite pour le dépôt des amendements : ouverture de la discussion générale.
Personne ne demande la parole ?...
La séance est levée.

(La séance est levée à dix-neuf heures quinze.)

Le Directeur
du service du compte rendu intégral,
DOMINIQUE PLANCHON





NOMINATIONS DE RAPPORTEURS
COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES

M. Adrien Gouteyron a été nommé rapporteur pour avis du projet de loi n° 555 (1997-1998) portant réglementation des ventes volontaires de meubles aux enchères publiques (chapitres Ier, II, IV et V), en remplacement de M. Philippe Nachbar, dont la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale est saisie au fond.

COMMISSION DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES ET DU PLAN

M. Jean-François Le Grand a été nommé rapporteur de la proposition de loi n° 198 (1998-1999) de M. Jean-François Le Grand pour la protection et l'information des riverains d'aéroports.
M. Jean Bizet a été nommé rapporteur de la proposition de loi n° 200 (1998-1999) de M. Robert Bret relative aux actions propres à enrayer l'extension de l'algue tropicale Caulerpa taxifolia en Méditerranée.
Mme Yolande Boyer a été nommée rapporteur de la proposition de loi n° 219 (1998-1999) de M. Franck Sérusclat visant à l'établissement d'un permis de pêche sous-marine.
M. Henri Revol a été nommé rapporteur de la proposition de loi n° 235 (1998-1999) de M. Henri Revol tendant à modifier l'article 6 ter de l'ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 modifiée relative au fonctionnement des assemblées parlementaires.

COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES,
DE LA DÉFENSE ET DES FORCES ARMÉES

M. Robert Del Picchia a été nommé rapporteur du projet de loi n° 293 (1998-1999) relatif aux volontariats civils institués par l'article L. 111-21 du code du service national.

COMMISSION DES FINANCES

M. Yann Gaillard a été nommé rapporteur pour avis du projet de loi n° 555 (1997-1998) portant réglementation des ventes volontaires de meubles aux enchères publiques dont la commission des lois est saisie au fond.
M. Jacques Chaumont a été nommé rapporteur du projet de loi n° 276 (1998-1999) autorisant la ratification de la convention relative à l'adhésion de la République d'Autriche, de la République de Finlande et du Royaume de Suède à la convention relative à l'élimination des doubles impositions en cas de correction des bénéfices d'entreprises associées.
M. Jean-Philippe Lachenaud a été nommé rapporteur de la proposition de loi n° 241 (1998-1999) de M. Philippe Richert tendant à créer un fonds national de prêts d'honneur aux étudiants.

COMMISSION DES LOIS CONSTITUTIONNELLES,
DE LÉGISLATION, DU SUFFRAGE UNIVERSEL, DU RÈGLEMENT
ET D'ADMINISTRATION GÉNÉRALE

M. Charles Jolibois a été nommé rapporteur du projet de loi n° 291 (1998-1999), adopté par l'Assemblée nationale, renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes.
M. Robert Badinter a été nommé rapporteur du projet de loi constitutionnelle n° 302 (1998-1999), adopté par l'Assemblée nationale, insérant au titre VI de la Constitution un article 53-2 et relatif à la Cour pénale internationale.



Le Directeur du service du compte rendu intégral, DOMINIQUE PLANCHON QUESTIONS ORALES REMISES À LA PRÉSIDENCE DU SÉNAT (Application des articles 76 à 78 du réglement)


Paiement des cotisations sociales par les éleveurs

512. - 8 avril 1999. - M. Guy Vissac attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur le problème de l'arrivée à échéance de paiement du report des cotisations sociales accordé par les pouvoirs publics jusqu'à l'automne 1999. Il lui rappelle que ledit report accordé ayant été conçu comme ne pouvant être transformé en aide exceptionnelle, compte tenu de l'état actuel des comptes publics, les éleveurs sont censés s'acquitter au mois d'octobre 1999 de 150 % des cotisations sociales (celles de l'année en cours + 50 % de l'année 1996). Il lui indique à ce sujet, qu'en Auvergne, un nombre important d'éleveurs est ainsi concerné pour des montants restant à ce jour impayés : pour le département de la Haute-Loire, il s'agit de 493 éleveurs pour un montant de 3 515 961 francs. Il lui demande donc s'il entend arrêter des mesures - telles que la transformation du report en prise en charge totale ou partielle, l'étalement du report sur cinq ans - afin que les éleveurs ne soient pas asphyxiées financièrement.



ANNEXE AU PROCÈS-VERBAL
de la séance
du jeudi 8 avril 1999


SCRUTIN (n° 89)



sur l'amendement n° 252 rectifié, présenté par M. Jean-Patrick Courtois et les membres du groupe du Rassemblement pour la République à l'article L. 5211-39 du code général des collectivités territoriales, proposé par l'article 26 du projet de loi, adopté par l'Assemblée nationale après déclaration d'urgence, relatif au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale (exonération de l'obligation de publication d'un rapport annuel d'activité pour certains EPCI).

Nombre de votants : 318
Nombre de suffrages exprimés : 318
Pour : 219
Contre : 99

Le Sénat a adopté.

ANALYSE DU SCRUTIN


GROUPE COMMUNISTE RÉPUBLICAIN ET CITOYEN (16) :
Contre : 16.

GROUPE DU RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN (22) :

Pour : 17.
Contre : 5. - MM. François Abadie, Jean-Michel Baylet, André Boyer, Yvon Collin et Jacques Pelletier.

GROUPE DU RASSEMBLEMENT POUR LA RÉPUBLIQUE (99) :
Pour : 97.
Contre : 1. - M. Dominique Braye.
N'a pas pris part au vote : 1. - M. Christian Poncelet, président du Sénat.

GROUPE SOCIALISTE (78) :

Contre : 77.
N'a pas pris part au vote : 1. - M. Guy Allouche, qui présidait la séance.

GROUPE DE L'UNION CENTRISTE (52) :

Pour : 52.

GROUPE DES RÉPUBLICAINS ET INDÉPENDANTS (47) :

Pour : 47.

Sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe (7) :

Pour : 6.
N'a pas pris part au vote : 1. - M. Gérard Delfau.

Ont voté pour


Nicolas About
Philippe Adnot
Louis Althapé
Jean-Paul Amoudry
Pierre André
Philippe Arnaud
Jean Arthuis
Denis Badré
José Balarello
René Ballayer
Janine Bardou
Michel Barnier
Bernard Barraux
Jean-Paul Bataille
Jacques Baudot
Michel Bécot
Claude Belot
Georges Berchet
Jean Bernadaux
Jean Bernard
Daniel Bernardet
Roger Besse
Jacques Bimbenet
Jean Bizet
Paul Blanc
Maurice Blin
Annick Bocandé
André Bohl
Christian Bonnet
James Bordas
Didier Borotra
Joël Bourdin
Jean Boyer
Louis Boyer
Jean-Guy Branger
Gérard Braun
Paulette Brisepierre
Louis de Broissia
Guy-Pierre Cabanel
Michel Caldaguès
Robert Calmejane
Jean-Pierre Cantegrit
Jean-Claude Carle
Auguste Cazalet
Charles Ceccaldi-Raynaud
Gérard César
Jacques Chaumont
Jean Chérioux
Marcel-Pierre Cleach
Jean Clouet
Gérard Cornu
Charles-Henri de Cossé-Brissac
Jean-Patrick Courtois
Charles de Cuttoli
Xavier Darcos
Philippe Darniche
Désiré Debavelaere
Luc Dejoie
Robert Del Picchia
Jean Delaneau
Jean-Paul Delevoye
Jacques Delong
Fernand Demilly
Christian Demuynck
Marcel Deneux
Gérard Deriot
Charles Descours
André Diligent
Jacques Dominati
Michel Doublet
Alain Dufaut
Xavier Dugoin
André Dulait
Ambroise Dupont
Jean-Léonce Dupont
Hubert Durand-Chastel
Daniel Eckenspieller
Jean-Paul Emin
Jean-Paul Emorine
Michel Esneu
Hubert Falco
Pierre Fauchon
Jean Faure
André Ferrand
Hilaire Flandre
Gaston Flosse
Jean-Pierre Fourcade
Bernard Fournier
Alfred Foy
Serge Franchis
Philippe François
Jean François-Poncet
Yves Fréville
Yann Gaillard
René Garrec
Jean-Claude Gaudin
Philippe de Gaulle
Patrice Gélard
Alain Gérard
François Gerbaud
Charles Ginésy
Francis Giraud
Paul Girod
Daniel Goulet
Alain Gournac
Adrien Gouteyron
Francis Grignon
Louis Grillot
Georges Gruillot
Hubert Haenel
Emmanuel Hamel
Anne Heinis
Marcel Henry
Pierre Hérisson
Rémi Herment
Daniel Hoeffel
Jean Huchon
Jean-Paul Hugot
Jean-François Humbert
Claude Huriet
Roger Husson
Jean-Jacques Hyest
Pierre Jarlier
Pierre Jeambrun
Charles Jolibois
Bernard Joly
André Jourdain
Alain Joyandet
Christian de La Malène
Jean-Philippe Lachenaud
Pierre Laffitte
Alain Lambert
Lucien Lanier
Jacques Larché
Gérard Larcher
Patrick Lassourd
Robert Laufoaulu
Edmond Lauret
René-Georges Laurin
Henri Le Breton
Jean-François Le Grand
Dominique Leclerc
Jacques Legendre
Guy Lemaire
Serge Lepeltier
Marcel Lesbros
Jean-Louis Lorrain
Simon Loueckhote
Roland du Luart
Jacques Machet
Kléber Malécot
André Maman
Philippe Marini
René Marquès
Pierre Martin
Paul Masson
Serge Mathieu
Louis Mercier
Michel Mercier
Lucette Michaux-Chevry
Jean-Luc Miraux
Louis Moinard
René Monory
Aymeri de Montesquiou
Georges Mouly
Bernard Murat
Philippe Nachbar
Paul Natali
Lucien Neuwirth
Philippe Nogrix
Nelly Olin
Paul d'Ornano
Joseph Ostermann
Georges Othily
Jacques Oudin
Charles Pasqua
Lylian Payet
Michel Pelchat
Jean Pépin
Jacques Peyrat
Alain Peyrefitte
Xavier Pintat
Bernard Plasait
Jean-Marie Poirier
Guy Poirieux
Ladislas Poniatowski
André Pourny
Jean Puech
Jean-Pierre Raffarin
Henri de Raincourt
Jean-Marie Rausch
Victor Reux
Charles Revet
Henri Revol
Henri de Richemont
Philippe Richert
Yves Rispat
Jean-Jacques Robert
Louis-Ferdinand de Rocca Serra
Josselin de Rohan
Michel Rufin
Jean-Pierre Schosteck
Bernard Seillier
Raymond Soucaret
Michel Souplet
Louis Souvet
Martial Taugourdeau
Henri Torre
René Trégouët
François Trucy
Alex Türk
Maurice Ulrich
Jacques Valade
André Vallet
Alain Vasselle
Albert Vecten
Xavier de Villepin
Serge Vinçon
Guy Vissac

Ont voté contre


François Abadie
Bernard Angels
Henri d'Attilio
Bertrand Auban
François Autain
Robert Badinter
Jean-Michel Baylet
Marie-Claude Beaudeau
Jean-Luc Bécart
Jean-Pierre Bel
Jacques Bellanger
Maryse Bergé-Lavigne
Jean Besson
Pierre Biarnès
Danielle Bidard-Reydet
Marcel Bony
Nicole Borvo
André Boyer
Yolande Boyer
Dominique Braye
Robert Bret
Jean-Louis Carrère
Bernard Cazeau
Monique Cerisier-ben Guiga
Gilbert Chabroux
Michel Charasse
Marcel Charmant
Michel Charzat
Yvon Collin
Raymond Courrière
Roland Courteau
Marcel Debarge
Bertrand Delanoë
Jean-Pierre Demerliat
Dinah Derycke
Rodolphe Désiré
Marie-Madeleine Dieulangard
Claude Domeizel
Michel Dreyfus-Schmidt
Michel Duffour
Josette Durrieu
Bernard Dussaut
Claude Estier
Léon Fatous
Guy Fischer
Thierry Foucaud
Serge Godard
Jean-Noël Guérini
Claude Haut
Roger Hesling
Roland Huguet
Alain Journet
Philippe Labeyrie
Serge Lagauche
Roger Lagorsse
Dominique Larifla
Gérard Le Cam
Louis Le Pensec
Pierre Lefebvre
André Lejeune
Claude Lise
Paul Loridant
Hélène Luc
Philippe Madrelle
Jacques Mahéas
François Marc
Marc Massion
Pierre Mauroy
Jean-Luc Mélenchon
Gérard Miquel
Michel Moreigne
Jean-Marc Pastor
Jacques Pelletier
Guy Penne
Daniel Percheron
Jean-Claude Peyronnet
Jean-François Picheral
Bernard Piras
Jean-Pierre Plancade
Danièle Pourtaud
Gisèle Printz
Jack Ralite
Paul Raoult
Ivan Renar
Roger Rinchet
Gérard Roujas
André Rouvière
Claude Saunier
Michel Sergent
Franck Sérusclat
René-Pierre Signé
Simon Sutour
Odette Terrade
Michel Teston
Pierre-Yvon Tremel
Paul Vergès
André Vezinhet
Marcel Vidal
Henri Weber

N'a pas pris part au vote


M. Gérard Delfau.

N'ont pas pris part au vote


MM. Christian Poncelet, président du Sénat, et Guy Allouche, qui présidait la séance.


Les nombres annoncés en séance avaient été de :
Nombre de votants : 319
Nombre de suffrages exprimés : 319
Majorité absolue des suffrages exprimés : 160
Pour l'adoption : 219
Contre : 100

Mais, après vérification, ces nombres ont été rectifiés conformément à la liste ci-dessus.