SEANCE DU 7 NOVEMBRE 2000


M. le président. La parole est à M. Marquès, auteur de la question n° 881, adressée à M. le ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
M. René Marquès. J'attire l'attention de M. le ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat sur le régime indemnitaire des agents du cadre d'emploi des gardiens de police municipale.
En effet, dans une réponse à une question orale posée à l'Assemblée nationale, parue au Journal officiel du 10 avril 2000, le ministre de la fonction publique a précisé que l'indemnité spéciale mensuelle de fonctions instaurée par le décret du 31 mai 1997 était cumulable avec les indemnités horaires pour travaux supplémentaires versées dans les conditions du décret du 6 octobre 1950.
Or le décret du 3 janvier 1974 instituant l'indemnité spéciale mensuelle police municipale précisait que ladite indemnité était cumulable avec les indemnités dont l'agent pourrait bénéficier à un autre titre.
Il serait utile de connaître la position du ministère sur la possibilité de cumuler cette indemnité spéciale avec, d'une part, l'indemnité horaire pour travail de nuit instaurée par le décret du 10 mai 1961 et, d'autre part, l'indemnité pour travail intensif de nuit.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Louis Besson, secrétaire d'Etat au logement. Monsieur le sénateur, je vous prie tout d'abord de bien vouloir excuser l'absence de mon collègue Michel Sapin, ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat.
Vous l'avez interrogé sur le devenir du régime indemnitaire des gardiens de police municipale fondé antérieurement sur l'arrêté du 3 janvier 1974 modifié, qui prévoyait l'attribution d'une indemnité spéciale de fonctions fixée au taux individuel maximal de 16 % du traitement indiciaire de l'agent.
Cette indemnité pouvait être complétée, conformément à l'article 3 de cet arrêté, avec les indemnités « dont l'agent pourrait bénéficier à un autre titre ».
Il en résultait que l'agent pouvait se voir attribuer, dans le cadre d'un travail de nuit, selon les cas, des indemnités horaires pour travaux supplémentaires, en application de la réglementation sur les heures supplémentaires, ou des indemnités horaires pour travail de nuit et une majoration spéciale pour travail intensif définies par le décret du 10 mai 1961, commun à divers corps ou catégories de fonctionnaires.
Désormais, ces dipositions ne s'appliquent plus. Pour autant, les nouvelles règles applicables aux agents de police municipale permettent à ces derniers de bénéficier d'un régime favorable.
En effet, le régime indemnitaire des agents de police municipale, faute de corps équivalent dans la fonction publique de l'Etat, est désormais établi, en application de l'article 68 de la loi du 16 décembre 1996 relative à l'emploi dans la fonction publique et à diverses mesures d'ordre statutaire, en dérogation aux dispositions de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée précitée, par le décret du 31 mai 1997.
Ce décret prévoit que les agents de police municipale peuvent percevoir cumulativement : une indemnité spéciale mensuelle de fonctions ; des indemnités horaires pour travaux supplémentaires dans les conditions fixées par le décret du 6 octobre 1950, celles-ci pouvant être majorées pour les heures supplémentaires de minuit à sept heures.
De fait, les avantages prévus par le décret du 10 mai 1961 précité ne peuvent plus être transposés aux agents du cadre d'emplois des agents de police municipale, faute d'équivalence de ce cadre d'emplois avec un corps de l'Etat qui en bénéficierait.
M. Michel Sapin, ministre de la fonction publique, tient à souligner, cependant, que le taux maximal de l'indemnité spéciale mensuelle de fonctions fixé par le décret du 31 mai 1997 précité est passé de 16 % à 18 % du traitement indiciaire individuel et que ce traitement a lui-même bénéficié de la revalorisation des grilles indiciaires résultant de la création du cadre d'emplois des agents de police municipale qui a remplacé, en 1994, l'ancien statut communal. Au total, les communes peuvent ainsi assurer un niveau global de primes individuel équivalent ou supérieur.
Enfin, dans le cadre de l'organisation du temps de travail, les collectivités peuvent tenir compte des contraintes du travail de nuit. La nouvelle réglementation qui sera applicable aux fonctionnaires territoriaux en matière de temps de travail, sur la base des projets de textes examinés par le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale les 15 juin et 6 juillet derniers, permettra de mieux répondre à ce type de besoins, par exemple avec le recours à la notion de cycles de travail.
Tels sont les éléments qu'au nom de M. Sapin je pouvais vous apporter, monsieur le sénateur.
M. René Marquès. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. Marquès.
M. René Marquès. Je vous remercie, monsieur le secrétaire d'Etat, de répondre à une question qui est complexe et qui dépend de beaucoup de lois et de décrets.
Il ne faut pas l'oublier, le rôle difficile des agents de police municipale, surtout en milieu rural, exige de leur part une polyvalence et une présence supérieures à celles que peuvent exercer les policiers de la police nationale, par exemple. Or ils jouissent de peu de considération, ce qu'ils ressentent de façon très importante.
Tout cela mérite bien de les faire bénéficier d'un régime indemnitaire !
Vous avez évoqué l'augmentation du taux de l'indemnité spéciale mensuelle de fonctions de 16 % à 18 % ainsi que la revalorisation du cadre d'emploi. Je vous remercie pour ces précisions et je serais heureux que les nouvelles modifications apportées aillent dans le sens que je souhaite.

SUPPRESSION DES FICHES D'ÉTAT CIVIL
ET JUSTIFICATIFS DE DOMICILE