SEANCE DU 23 JANVIER 2002


M. le président. L'amendement n° 182, présenté par M. Lassourd, au nom de la commission des affaires économiques, est ainsi libellé :
« Rédiger comme suit la première phrase du texte proposé par l'article 49 pour l'article L. 121-6 à insérer dans le code de l'environnement :
« Les crédits nécessaires au fonctionnement de la commission nationale du débat public sont inscrits au budget général de l'Etat sur proposition du Premier ministre. »
La parole est à M. Lassourd, rapporteur pour avis.
M. Patrick Lassourd, rapporteur pour avis. Cet amendement a pour objet de préciser le financement de la commission nationale du débat public.
Nous proposons que la commission soit financée par le budget général de l'Etat, sous l'autorité du Premier ministre. Ce n'est pas une précision de sémantique ou de détail. Il s'agit, au contraire, d'une proposition importante qui tend à affirmer le caractère interministériel de la commission, de façon à renforcer son indépendance.
Puisque, monsieur le ministre, vous avez parlé d'« autorité indépendante et autonome », s'agissant de la commission, allons jusqu'au bout de ce raisonnement et donnons à cet organisme un caractère interministériel, en prévoyant, par conséquent, que ce sont les services généraux du Premier ministre qui déterminent le budget de la commission, les moyens humains et matériels qui lui sont octroyés.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Favorable.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Yves Cochet, ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement. Nous estimons que cette mention n'est pas utile dans le présent projet de loi.
D'abord, il convient d'éviter toute confusion. Les budgets se rapportent toujours aux ministères dont il est question. Ainsi, les crédits affectés à l'ACNUSA, dont il a été question tout à l'heure, sont imputés sur le budget du ministère chargé de l'aviation civile. Pour l'Autorité de régulation des télécommunications ou le Conseil supérieur de l'audiovisuel, c'est le budget du ministère chargé des télécommunications qui est concerné. De même, les crédits de la Commission nationale de l'informatique et des libertés relèvent du budget du ministre chargé de la justice. A chaque fois, les crédits alloués sont prélevés sur les budgets - que le Parlement est d'ailleurs appelé à voter - de chaque ministre chargé du domaine dont il est question.
Vous voulez préciser qu'il s'agit du budget du Premier ministre. Evidemment, le Gouvernement est homogène et les budgets sont alloués au nom du Gouvernement sur une base interministérielle, mais au regard de la procédure concrète ils figurent dans les budgets des ministres concernés.
La précision que vous apportez me paraît redondante et n'a donc pas à figurer dans le présent projet de loi. Mais si vous le souhaitez, inscrivez dans la loi « budget du ministre de l'environnement ». Telle est la procédure pour la budgétisation de l'ensemble de ces autorités.
M. Patrick Lassourd, rapporteur pour avis. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. Lassourd, rapporteur pour avis.
M. Patrick Lassourd, rapporteur pour avis. Je souhaite répondre aux propos de M. le ministre concernant, notamment, ce qu'il présente comme étant une ouverture.
L'amendement qui est proposé par la commission des affaires économiques va au-delà d'un simple problème rédactionnel.
Je crois que toutes les autorités indépendantes sont plus ou moins rattachées aux services du Premier ministre et ce qui est important, dans cette affaire, c'est d'assurer l'autonomie et l'indépendance de cette commission vis-à-vis de tous les ministères.
En effet, il ne faut pas se faire d'illusions : il y aura, au regard de certains équipements, une confrontation saine entre des maîtrises d'ouvrage, notamment entre des ministères, lorsque l'Etat sera le maître d'ouvrage, qui obéissent à des logiques différentes.
Ainsi, il est évident que, lorsque le ministère de l'équipement envisagera la construction d'un pont, d'un TGV ou d'un aéroport ou lorsque le ministère de l'agriculture décidera de réaliser un équipement, les logiques de ces deux ministères seront confrontées à la logique du vôtre, monsieur le ministre, et cela me paraît sain.
Dès lors, pour donner plus de liberté à votre ministère dans la défense des intérêts environnementaux dont vous êtes chargé, il me semble important que ce soit le Premier ministre, au titre de l'intérêt général, qui soit effectivement le maître de l'opération, de l'organisation du débat public et des moyens qui lui sont octroyés, de façon à assurer l'indépendance de la commission.
En effet, les aspects environnementaux dont vous êtes chargé ne constituent pas l'essentiel de l'intérêt général ; c'est bien le Premier ministre qui est en charge et juge de l'intérêt général, c'est pourquoi la commission doit relever du Premier ministre.
Par conséquent, l'amendement que nous proposons sur le rattachement des moyens financiers auprès des services du Premier ministre n'est pas un simple amendement technique de précision. C'est un amendement qui doit fonder l'autorité de cette commission et permettre de préserver l'intérêt général qui, lui, est effectivement l'apanage et le fait du Premier ministre.
M. le président. Je mets aux voix l'amendement n° 182, accepté par la commission et repoussé par le Gouvernement.
M. Jean-Pierre Sueur. Le groupe socialiste s'abstient.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je mets aux voix, modifié, le texte proposé pour l'article L. 121-6 du code de l'environnement.

(Ce texte est adopté.)

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L'ARTICLE L. 121-6
DU CODE DE L'ENVIRONNEMENT