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BAUDIN Charles

Ancien sénateur du Second Empire

  • IInd Empire

    Ancien sénateur du
    Second Empire

Election

  • Elu le 27 mai 1854
  • Fin de mandat le 7 juin 1854

Extraits de la table nominative :

Biographie

avant 1889  (Extrait du «Robert et Cougny»)

avant 1889

BAUDIN (CHARLES), fils du conventionnel, sénateur du Second Empire, né à Paris, le 21 juillet 1784, mort à Paris, le 7 juin 1854, fut élevé d'abord au collège de Sedan, puis placé à Paris, en 1794, dans la pension Savouré. Il venait d'y terminer sa rhétorique, quand la mort subite de son père, le laissant sans fortune, ne lui permit pas de finir ses humanités. Cette mort lui fit une impression profonde. « Aujourd'hui encore, écrivait-il dans les dernières années de sa vie, je ressens, après plus de quarante-cinq ans, la douleur de la mort de mon père, qui ne cessera qu'avec moi. Je n'ai jamais connu au monde, d'homme plus vertueux que mon père. Je n'en ai jamais rencontré, si élevé qu'il fût en fortune, en dignités, en talents, en vertus même, de qui je me sois dit : je voudrais être son fils plutôt que celui du père que la nature m'avait donné. » Le général Bonaparte poussa Baudin dans la marine et le fit embarquer au Havre (décembre 1799), comme novice sur la prame le Foudroyant, Baudin passait avec distinction, six mois après, l'examen d'aspirant de deuxième classe. Puis, désireux de prendre part à une expédition sérieuse, il obtint d'être envoyé aux terres australes, sous le commandement du capitaine Nicolas Baudin, du même nom que le jeune aspirant, mais sans parenté avec lui. Interrompue au bout de trois ans par la mort de son chef, l'expédition rentra à Lorient, en 1803, après avoir découvert et reconnu une portion considérable des côtes ouest et sud de la Nouvelle Hollande, et enrichi la science de travaux hydrographiques estimés. Nommé enseigne de vaisseau à son retour, Baudin reçut à Brest, en 1805, à vingt ans à peine, le commandement d'une canonnière, d'où il passa successivement sur deux des navires de l'escadre que l'amiral Ganteaume tenta vainement de conduire de Brest à Boulogne, et qui était destinée, dans la pensée de Napoléon, à assurer la descente en Angleterre. Il embarqua ensuite sur la Piémontaise, puis sur la Sémillante, qui, pendant plusieurs années, fit avec succès la guerre aux Anglais; c'est à bord de cette frégate qu'il eut le bras droit enlevé par un boulet, au moment où, le capitaine et le second étant blessés et hors de combat, il indiquait à un chef de pièce la direction dans laquelle il devait pointer sur la frégate ennemie. Il fut promu lieutenant de vaisseau en 1809, et fait chevalier de la Légion d'honneur. Rentré en France et commandant le brick le Renard, il défit, devant Saint-Tropez, le brick anglais Sicalou. Les Chambres de commerce de Marseille et de Gênes lui décernèrent alors chacune une épée d'honneur, et Baudin, capitaine de frégate, prit une part active au combat du 13 février 1814, devant Toulon, le dernier que soutint la marine impériale contre la flotte anglaise. Baudin était prêt à prendre la mer sur la corvette la Dryade, au commencement de mars 1815, quand le débarquement de Napoléon au golfe Juan modifia ses projets : il adhéra à l'Acte additionnel, et, après Waterloo, se chargea d'organiser la fuite de l'empereur en Amérique; à cet effet, il retint, dans la Gironde, tous les navires en partance, dans la pensée d'appareiller avec eux dès que le vent serait favorable; mais un contre-ordre arriva, et l'entreprise fut abandonnée. Peu de temps après, Baudin, placé en non activité, donna sa démission pour entrer dans la marine du commerce. De 1816 à 1822, il commanda ainsi plusieurs navires dans les mers des Indes, puis il créa au Havre une importante maison de commerce. Les événements de 1830 le rendirent à la marine militaire. Nommé au commandement de la corvette l'Héroïne, il fut chargé d'une mission politique devant Lisbonne, auprès de la reine Dona Maria. Ce fut encore lui qui, en 1838, conduisit à Saint- Domingue le commissaire français chargé de régler la question de l'indemnité imposée au gouvernement haïtien ; il fut fait contre-amiral après le succès de cette mission, puis il dut aller demander, avec une escadre, réparation au gouvernement mexicain des insultes adressées à notre pavillon. Après avoir épuisé tous les moyens de conciliation, l'amiral Baudin résolut d'attaquer le fort de Saint-Jean d'Ulloa, construit sur un récif, devant la ville de Veracruz, et réputé imprenable. Le feu, ouvert le 27 novembre, à midi, ne fut suspendu qu'à la nuit; le fort et la ville se rendirent le lendemain. Ce fait d'armes eut un grand retentissement. Nommé vice-amiral, Baudin fut appelé (1840) au commandement des forces navales françaises dans le Rio de La Plata, et, l'année d'après, envoyé à Toulon, comme préfet du 5e arrondissement

maritime. Il exerça ces fonctions jusqu'en 1847, et fut ensuite président du Conseil d'amirauté. Adversaire de la Révolution de 1848, il accepta cependant d'Arago, ministre de la Marine du gouvernement provisoire, son ami et son confrère au bureau des Longitudes, le commandement des forces navales de toute la Méditerranée; mais il refusa, un peu plus tard, la grand-croix de la Légion d'honneur que lui offrit Cavaignac. Il ne fut élevé à la dignité d'amiral que quelques jours avant sa mort, le 27 mai 1854. En même temps, il devint sénateur. Il était président du Conseil central des Églises réformées. M. le pasteur Athanase Coquerel père, qui prononça un discours sur sa tombe, le loua d'avoir pris une grande part, lui, protestant, à la mesure du gouvernement qui rétablissait le service des aumôniers à bord des vaisseaux, et d'avoir donné ainsi un mémorable exemple de tolérance.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)

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Photo de M. Charles BAUDIN, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 21 juillet 1784
Décédé le 7 juin 1854
Profession
Amiral
  • Mis à jour le 15 janvier 2019