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LEBOEUF Edmond

Ancien sénateur du Second Empire

  • IInd Empire

    Ancien sénateur du
    Second Empire

Election

  • Elu le 24 mars 1870
  • Fin de mandat le 4 septembre 1870

Postes ministériels

  • Ministre de la Guerre du 21 août 1869 au 20 juillet 1870

Biographie

avant 1889  (Extrait du «Robert et Cougny»)

avant 1889

LEBOEUF (EDMOND), sénateur du Second Empire et ministre né à Paris le 5 décembre 1809, mort au château du Moncel-en-Trun près d'Argentan (Orne) le 7 juin 1888, entra à dix- neuf ans à l'École polytechnique, contribua à la prise de la caserne de Babylone lors du renversement de Charles X, fut décoré de juillet, et, sous-lieutenant d'artillerie (6 août 1830), alla passer deux années à l'École d'application de Metz d'où il sortit avec le n° 1. Lieutenant en premier en 1833, capitaine en second en 1837, Il fut envoyé en Algérie, prit part au siège de Constantine où il fut décoré, au combat de l'Oued-Lalleg, et aux expéditions de Médéah et de Milianah où il fut cité deux fois à l'ordre du jour et gagna la croix d'officier. Capitaine en premier (1841), chef d'escadron en 1846, il revint en France, exerça (avril 1848-octobre 1850) le commandement en second de l'École polytechnique, et fut nommé lieutenant-colonel en 1860 et colonel en 1852. Deux ans après, il partait pour la Crimée en qualité de chef d'état- major de l'artillerie de l'armée d'Orient. Général de brigade le 24 novembre 1854, il commanda (1855) l'artillerie du 1er corps chargé des travaux du siège de Sébastopol, fut promu commandeur de la Légion d'honneur et cité trois fois à l'ordre du jour de l'armée. En 1856, il fut placé à la tête de l'artillerie de la garde, et, la même année, attaché à l'ambassade extraordinaire de M. de Morny en Russie. A son retour à Paris, il fut élevé au grade de général de division (1857). Lorsqu'en 1859 éclata la guerre d'Italie, le général Leboeuf reçut le commandement en chef de l'artillerie, qu'il exerça pendant toute la campagne. Il contribua puissamment au succès de la bataille de Solférino ; aussi l'empereur l'attacha-t-il à cette époque à sa personne en qualité d'aide de camp, et le nomma-t-il grand officier de la Légion d'honneur. Le général présida, de 1864 à 1866, le comité d'artillerie, et fut désigné (1864) comme inspecteur-général de l'École polytechnique. En 1866, lors de la cession par l'Autriche de la Vénétie à l'Italie, il fut envoyé comme commissaire impérial chargé de remettre cette province au roi Victor-Emmanuel. Il commanda en 1868 le camp de Châlons, et, au mois de janvier 1869, fut appelé à remplacer le général de Goyon à la tête du 6e corps d'armée, à Toulouse. Au bout de huit mois de ce nouveau commandement, le général Leboeuf reçut (21 août de la même année) le portefeuille de la Guerre, en remplacement du maréchal Niel. Le 27 décembre suivant, il donna sa démission avec tous ses collègues pour faire place au nouveau cabinet formé par M. E. Ollivier; mais, le 3 janvier 1870, son portefeuille lui fut rendu. La veille de son élévation à la dignité de maréchal, dans la séance du Corps législatif du 23 mars 1870, abordant la question de l'organisation de la garde mobile, il prononça ces paroles : « Ma seule politique la voici: c'est d'être toujours prêt... Quant à me mêler de la paix et de la guerre, cela ne me regarde pas. Si la guerre arrive, je dois être prêt; tel est mon devoir et je le remplirai. » Ce langage fut vivement applaudi. Le lendemain (24 mars), le ministre de la Guerre, promu maréchal de France, entrait de droit au Sénat impérial. La question de l'Algérie mit le maréchal Leboeuf aux prises à la fois avec Jules Favre et le comte Lehon qu'une récente mission dans la colonie avait converti à la cause du gouvernement civil. Pour donner une sorte de satisfaction à l'opinion publique, le maréchal présenta à l'empereur, le 31 mai, un décret rétablissant dans chacun des territoires civil et militaire de l'Algérie, l'indépendance respective des généraux et des préfets. A l'occasion du plébiscite et des élections partielles au Corps législatif, il interdit les réunions électorales aux militaires, et il expliqua à la Chambre, à la suite d'une interpellation de la gauche, les sévérités exercées contre ceux qui avaient enfreint ses instructions. Lors de la déclaration de guerre à la Prusse, la responsabilité du maréchal Leboeuf fut considérable. Son langage, souvent rapporté, témoignait de la plus inaltérable assurance, et, à ceux des députés qui craignaient que la France ne fut pas prête, il répondit, a-t-on prétendu, par cette phrase, qui est restée tristement célèbre: « Nous sommes tellement prêts, que si la guerre durait deux ans, nous n'aurions pas même à acheter un bouton de guêtre!» Peu de jours après, le 19 juin, il fut nommé major- général de l'armée du Rhin, tout en conservant le portefeuille de la guerre, dont l'intérim fut confié au général Dejean. Après les désastres de Wissembourg, Woerth, Reichshoffon et

Forbach, le maréchal fut obligé de résigner ses fonctions de major-général et demeura provisoirement sans emploi (12 août). A ce moment, M. de Kératry proposa à la Chambre l'institution d'une commission d'enquête appelant à sa barre l'ex-ministre de la Guerre, et les principaux fonctionnaires de l'intendance, dont le désordre était attribué par l'opinion publique à l'incurie de l'ancienne administration de la guerre. Cependant, au moment où l'empereur quittait le commandement en chef et où Bazaine était nommé généralissime, M. Leboeuf remplaça, à la tête du 3e corps, le général Decaen qui venait d'être mortellement blessé à Borny. On assure que le maréchal tenta vainement de se faire tuer dans divers engagements, aux points les plus périlleux : il se distingua notamment à Mars la tour et à Noiseville. Investi dans Metz, il se prononça avec force, le 28 août, dans une réunion présidée par Bazaine, contre la capitulation. Obligé de capituler, le 29 octobre, avec les troupes qu'il commandait, il se rendit en captivité en Allemagne, et alla, après la paix, se fixer en Hollande. Il habitait La Haye quand il fut, au mois de décembre 1871, appelé à déposer devant la commission d'enquête sur les actes du gouvernement de la Défense nationale, et devant le conseil d'enquête chargé de juger les capitulations. Ses dépositions furent accablantes pour l'ex- commandant en chef de l'armée de Metz. Le maréchal Leboeuf avait fait partie du conseil général de l'Orne. Fixé dans sa résidence du Moncel, il y vécut dans la retraite jusqu'à sa mort. Grand-croix de la Légion d'honneur depuis 1866, décoré de la médaille militaire (1867) et d'un grand nombre d'ordres étrangers, et il était l'un des trois derniers maréchaux de France.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)

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Le Sénat vers 1870
Etat-civil
Né le 5 décembre 1809
Décédé le 7 juin 1888
Profession
Maréchal de France
  • Mis à jour le 15 janvier 2019