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MÉRIMÉE Prosper

Ancien sénateur du Second Empire

  • IInd Empire

    Ancien sénateur du
    Second Empire

Election

  • Elu le 23 juin 1853
  • Fin de mandat le 23 septembre 1870

Extraits de la table nominative :

Biographie

avant 1889  (Extrait du «Robert et Cougny»)

avant 1889

MÉRIMÉE (PROSPER), sénateur du Second Empire, né à Paris le 28 septembre 1803, mort à Cannes (Alpes-Maritimes) le 3 octobre 18701, était fils du célèbre peintre et chimiste Jean- Francois-Léonor Mérimée (1757-1836). Il étudia le droit, mais n'entra point au barreau, préféra la carrière administrative et s'occupa surtout de littérature. Ses débuts furent deux ouvrages apocryphes: le Théâtre de Clara Gazul et la Guzla. Dans le premier, il se donnait comme le simple éditeur et traducteur de petites comédies espagnoles dues à une actrice inconnue, Clara Gazul, personnage imaginaire; la Guzla était un prétendu recueil de chants illyriens attribués à Hyacinthe Maglanowitch. Ces premiers essais donnèrent la célébrité à leur auteur: ils marquent le trait distinctif du talent de Prosper Mérimée, qui est la sobriété poussée jusqu'à l'exagération. 11 publia encore, sous le voile de l'anonyme, la Jacquerie (1828), suite de scènes féodales, suivie de la Famille Carcajal, et la Chronique du règne de Charles IX. Il y a moins de sécheresse, plus d'abandon dans ces ouvrages, et surtout dans Colomba (1830), qui passe pour son chef-d'oeuvre: cette saisissante peinture des vendettas corses est restée populaire. Bientôt après, il signa Tamango, la Prise de la Redoute, la Vénus d'Ille, les Ames du purgatoire, la Vision de Charles XI, la Peste de Tolède, la Partie de trictrac, le Vase étrusque, la Double méprise, etc., qui le placèrent au premier rang des conteurs. Les brillants succès littéraires de Mérimée ne nuisirent pas à sa carrière administrative. « Vous avez vu probablement, écrivait-il le 29 décembre 1830 à madame Ancelot, comment, moi, soixante millième, j'ai sauvé la patrie, mercredi dernier, de cinq ou six cents gamins, la plupart pâtissiers et bossus, qui voulaient la républicaniser. Pour prix de mon héroïsme, j'ai attrapé ce rhume et ce nez. » Le comte d'Argout, devenu ministre, le choisit pour secrétaire de son cabinet, puis le nomma successivement secrétaire du ministère du Commerce, et chef de bureau au ministère de la Marine. En 1831, Mérimée succéda à M. Vitet comme inspecteur des monuments historiques, fonctions auxquelles le désignaient ses études particulières et son goût très vif pour l'archéologie. Les excursions qu'il fit, eu cette qualité, lui fournirent la matière d'ouvrages remarquables, tels que: Voyage dans le midi de la France (1835); Voyage dans l'ouest de la France (1836) ; Voyage en Auvergne et dans le Limousin (1838); Voyage en Corse (1840); Monuments historiques (1840); Peintures de l'église de Saint-Savin (1843). De plus, il trouva, au cours d'un de ces voyages, l'occasion de se lier avec Mme de Montijo, mère de la future impératrice Eugénie; il ne fut pas étranger, plus tard, aux négociations du mariage de Napoléon III, et ces relations lui valurent d'être reçu aux Tuileries sur le pied de la plus grande intimité. Prosper Mérimée montra encore d'éminentes qualités de narrateur et d'écrivain dans l'Essai sur la guerre sociale (1841); la Conjuration de C'atilina (1844); l'Histoiré de Don Pedre, les Faux Demetrin. Eu 1844, il remplaça Charles Nodier à l'Académie française, et, peu après, il fut nommé membre de l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres. En 1848, le gouvernement provisoire le choisit pour l'un des commissaires chargés de l'inventaire des biens de la famille d'Orléans. Quelque temps après, lorsque les tribunaux eurent condamné par contumace M. Libri, inspecteur des bibliothèques, pour détournement de livres et manuscrits, Mérimée, entraîné par un fâcheux attachement, persista à soutenir l'innocence de son ami: deux Lettres insérées par lui dans la Revue des Deux- Mondes, et ou il récriminait contre la chose jugée, lui valurent une condamnation à l'amende et à quinze jours d'emprisonnement. Il fut aussi l'ami dévoué de Stendhal, dont le talent n'était pas sans analogie avec le sien. Mérimée faisait profession de scepticisme et d'athéisme très éloigné, d'ailleurs, de la république et des républicains, il applaudit au coup d'État du 2 décembre 1851, et fut appelé à faire partie du Sénat par un décret impérial du 23 juin 1853. Il ne cessa de soutenir de son vote, à la Chambre haute, le gouvernement de Napoléon III, et prit quelquefois la parole, notamment dans la session de 1861, pour défendre un amendement qu'il avait signé, et qui réclamait « pour les oeuvres de l'intelligence des encouragements plus dignes du règne de Sa Majesté, et du grand empire qu'elle gouverne ». L'amendement fut rejeté après un discours de M. Magne, ministre des Finances, qui voulut y voir une critique

indirecte des actes du gouvernement. C'était d'ailleurs sous l'inspiration de Mérimée que l'Empereur avait rendu le décret du 5 novembre 1860, qui enlevait l'Institut et les Bibliothèques au ministère de l'instruction publique, pour les mettre au ministère d'État, et les placer ainsi plus directement sous la protection personnelle du souverain. M. Mérimée était de toutes les réunions intimes des Tuileries, de Compiègne et de Saint-Cloud, et ne dédaignait pas de jouer aux charades et aux petits billets. L'opposition platonique, qui était dans son caractère, ne se faisait jour que dans ses lettres intimes; le 22 mai 1869, il mandait à Panizzi :

« Le vent est au parlementarisme, un des plus mauvais gouvernements dans un pays où il n'y a pas une forte aristocratie. » Le 21 août 1870, il écrivait au même: « Finis Gallioe ! Nous avons de braves soldats, mais pas un général. Je ne vois ici que le désordre et la bêtise. » La chute de l'Empire, la perte des affections auxquelles tenaient ses habitudes de bien-être, lui portèrent un coup mortel ; il succomba à Cannes, le 3 octobre 1870, des suites d'une maladie de poitrine. Dans ses dernières années, il s'était occupé de traduire des poètes et des romanciers russes: la Dame de pique, les Bohémiens, les Hussards de Pouchkine ; Fumée, d'Yvan Tourguéneff (1868), etc. On lui doit encore de nombreux travaux insérés dans la Revue des Deux-Mondes et le Moniteur, des éditions de Brantôme et d'Agrippa d'Aubigné. Son dernier ouvrage fut une nouvelle: Lokis (1868), écrite avec cette singulière concentration de style qui caractérise son talent. On a publié après sa mort plusieurs écrits inédits sortis de sa plume, notamment les curieuses Lettres à une Inconnue, pleines de piquants détails sur les hommes et les moeurs du second empire.

1 Archives départementales des Alpes-Maritimes, registre d'état civil : décédé le 23 septembre 1870 à Cannes (Alpes-Maritimes).

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)

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Photo de M. Prosper MÉRIMÉE, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 28 septembre 1803
Décédé le 23 septembre 1870
Profession
Écrivain
  • Mis à jour le 15 janvier 2019