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CARNOT Hippolyte

Ancien sénateur Inamovible

  • IIIème République

    Ancien sénateur de la
    IIIe République

Election

  • Elu le 15 décembre 1875
  • Fin de mandat le 15 mars 1888 ( Décédé )

Extraits de la table nominative :

1876 , 1877 , 1879 , 1880 , 1881 , 1882 , 1883 , 1884 , 1885 , 1886 , 1887 , 1888

Biographie

avant 1889  (Extrait du «Robert et Cougny»)

avant 1889

CARNOT (LAZARE-HIPPOLYTE), fils du précédent, député de 1839 à 1848, ministre, représentant du peuple aux Assemblées constituante et législative, député au Corps législatif impérial, représentant à l'Assemblée de 1871, et sénateur inamovible de 1875 à 1888, né à Saint-Omer (Pas-de-Calais), le 6 août 1801, mort à Paris, le 15 mars 1888, passa les années de son enfance à Presles, et celles de sa jeunesse en Allemagne, où son père était exilé. Il quitta ce pays au commencement de 1820, pour se rendre à Nolay, dans la maison paternelle, puis il revint à Magdebourg au bout de quelques mois, et rentra définitivement en France, après avoir rendu les derniers devoirs à Lazare Carnot, en 1823. Son premier projet fut d'entrer au barreau ; il y renonça pour ne pas prêter serment aux Bourbons, et ne tarda pas à devenir un des plus fervents adeptes des doctrines philosophiques et sociales de Saint-Simon; ce fut chez lui que furent données les premières conférences saint-simoniennes. Collaborateur du journal le Producteur, il se lia en même temps avec les personnages les plus en vue du parti libéral, se fit admettre à la « Société de la morale chrétienne » qui s'était donné pour tâche de combattre la « Congrégation» sous un nom inattaquable, au moyen d'oeuvres philanthropiques, à la « Société pour l'instruction élémentaire» dont son père avait été le fondateur, etc. Enfin il compléta le cercle de ses études par des voyages en Angleterre, en Suisse, en Hollande. En même temps il collaborait à la Revue encyclopédique, et traduisait des ouvrages allemands, notamment les Chants helléniques, de Wilhelm Müller (1828). C'est au milieu de ces occupations plus studieuses que militantes, qu'il fut surpris par la révolution de Juillet 1830. L'école Saint-simonienne, en face du soulèvement de Paris, était très divisée : d'une part, Enfantin considérait que la doctrine n'avait rien à voir avec des querelles dont le seul objet était la forme du gouvernement; d'autre part, Bazard voyait dans le saint-simonisme le dépositaire des idées libérales et se déclarait favorable à la révolution. Carnot se rangea du côté de Bazard; il descendit dans la rue, fit le coup de feu sur les barricades, et le 29, se trouva porté parmi les membres de la municipalité improvisée de son arrondissement. Quelques jours plus tard, il refusait, dit un biographe, d'entrer dans les fonctions publiques sous le gouvernement nouveau, et reprenait le cours de ses travaux. Il continua sa participation à la propagande saint-simonienne, soutenant de sa plume et de sa fortune des journaux comme le Globe, l'Organisateur, jusqu'au, jour ou le Père Enfantin voulut tirer de la doctrine les dogmes d'une religion toute charnelle, et, par exemple, prétendit substituer au mariage un arrangement beaucoup plus libre des relations entre les deux sexes. Hippolyte Carnot rompit aussitôt avec les Enfantiniens de Ménilmontant, non sans protester hautement contre ce qu'il appela « le règlement de l'adultère ». La direction de la Revue encyclopédique l'occupa quelque temps ; il voyagea encore en Angleterre, en Hollande et en Suisse, puis il se décida à entrer dans la politique active. Candidat une première fois, sans succès, en 1837, dans quatre collèges électoraux de la Bourgogne, Dijon, Beaune, Autun et Chalon, il fut, le 2 mars 1839, élu député du 6e arrondissement de Paris, par 830 voix (1453 votants), contre 602 à M. Michel, président du tribunal de commerce. Il était alors à la tête du comité central des électeurs de Paris; la profession de foi, par laquelle il avait accepté la candidature à la députation réclamait : l'extension du droit de suffrage, la limitation de la prérogative royale, l'impôt proportionnel aux ressources des contribuables, l'abolition des fonds secrets, et plus de dignité dans la politique extérieure. Il prit place dans les rangs de l'opposition dynastique, mais ne traita pas le gouvernement en ennemi irréconciliable; il soutint même fréquemment le ministère Thiers. Parmi les discours, assez nombreux, qu'il prononça à la tribune de la Chambre des députés, on peut signaler ceux qu'il fit pour la réduction de la durée du service militaire et la création d'une puissante réserve nationale, pour combattre le régime cellulaire, pour réclamer contre une diminution des patentes, dont le but était d'éliminer du corps électoral les petits boutiquiers, etc. Il vota en faveur de l'abolition du scrutin secret à la Chambre, et fit une proposition tendant à dégrever d'abord les impôts indirects sur les denrées indispensables, comme le sel, ou sur les communications, comme le timbre des lettres de roulage et le port des lettres. Réélu le 9 juillet 1842, par 882 voix, (1,450 votants, 1,706 inscrits), contre M. Paillet, avocat, 553, puis le 1er août 1846, par 725 voix (1,200 votants, 1,431 inscrits), contre M. Cotelle, 470, il fit campagne pour la réforme électorale, et formula, en 1847, la doctrine de son parti dans un écrit intitulé : les Radicaux et la Charte, où il s'efforçait de se placer sur le terrain purement constitutionnel et de démontrer que l'opposition était seule fidèle à l'esprit véritable de la Charte, tandis que le pouvoir exécutif essayait de la fausser. Mais la révolution de Février vint mettre fin à ce débat. Carnot accepta la proclamation de la République, et reçut dans le ministère formé le 24 février 1848 par le gouvernement provisoire, le portefeuille de l'Instruction publique (les cultes, disait le décret, formeront une division de ce ministère.) Il s'adjoignit pour auxiliaires Jean Reynaud, le philosophe, et M. Edouard Charton, un de ses anciens compagnons en saint-simonisme. Ses actes répondirent à ses principes. Dès le 8 mars, il fit rendre par le gouvernement provisoire un décret ainsi conçu : « Une Ecole d'administration, destinée au recrutement des diverses branches d'administration jusqu'ici dépourvues d'écoles préparatoires, sera établie sur des bases analogues à celles de l'Ecole polytechnique. » Le vieux collège du Plessis servit d'asile à la nouvelle Ecole, qui, d'ailleurs, fut supprimée après Carnot. Elle compta parmi ses maîtres : Elie de Beaumont, Sainte-Claire Deville, Guignault, Ampère, etc.

Nommé (23 avril 1848) représentant du peuple de la Seine à l'Assemblée constituante, le 9e sur 34, par 195,608 voix (267,888 votants, 399,191 inscrits), il prit, comme ministre et comme membre de l'Assemblée, une part importante aux travaux parlementaires, présenta, le 6 mai, un rapport sur l'organisation de l'Université, déposa et fit adopter dans les premiers jours de juin, un décret qui ouvrait un crédit d'un million destiné à améliorer le traitement des instituteurs primaires, et prépara un projet de loi sur la gratuité et l'obligation de l'instruction. Quant à la laïcité de l'école, qui depuis est devenue un point du programme républicain en matière scolaire, le projet n'en parlait point. Carnot rétablit à l'Ecole normale supérieure la gratuité absolue, et songea à l'enseignement secondaire pour les jeunes filles. La majorité conservatrice de l'Assemblée constituante se montra bientôt hostile aux intentions comme aux actes du ministre de l'Instruction publique. On s'empara contre lui d'une circulaire qu'il avait adressée aux recteurs durant la période électorale, et où il disait : « La plus grande erreur contre laquelle il faille prémunir les populations de nos campagnes, c'est que, pour être représentant, il soit nécessaire d'avoir de l'éducation ou de la fortune. » On lui reprocha surtout les Manuels rédigés, sur son initiative, « pour l'enseignement civique des instituteurs», et où l'on crut trouver l'expression de quelques idées socialistes. Il fut blâmé par l'Assemblée à une majorité de onze voix, et se retira le 5 juillet. Il avait été maintenu à son poste lors des remaniements ministériels du 11 mai et du 28 juin. Il eût pour successeur M. Vaulabelle. Comme représentant, il vota à l'Assemblée, avec la fraction modérée du parti démocratique : le 9 août 1848, contre le rétablissement du cautionnement; le 18 septembre, pour l'abolition de la peine de mort; le 7 octobre, pour l'amendement Grévy sur la présidence; le 2 novembre, contre le droit au travail; le 25 novembre, pour l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac; le 12 janvier 1849, contre la proposition Rateau; le 21 mars, contre l'interdiction des clubs; le 16 avril, contre les crédits de l'expédition de Rome; le 2 mai, pour l'amnistie des transportés.

Carnot n'avait pas été réélu, le 13 mai 1849, à l'Assemblée législative; il n'y entra que le 10 mars 1850, lors d'une élection partielle, en remplacement du sergent Rattier, condamné par la Hante-Cour de Versailles pour l'affaire du 13 juin 1840. L'appui du parti démocratique socialiste le fit élire représentant de la Seine, sur la même liste que Vidal et de Flotte, avec 132,797 voix (260,198 votants, 366,655 inscrits). Le plus favorisé des conservateurs obtint 125,643 suffrages. Il vota avec la gauche, jusqu'au 2 décembre 1851, et fit partie, ainsi que Victor Hugo, de Flotte, Jules Favre, Mathieu de la Drôme, Madier de Montjau, Michel de Bourges, du comité résistance qui tenta vainement de s'opposer au coup d'Etat; il signa les proclamations et les décrets rédigés par ce comité, puis, quand le coup d'Etat fut accompli, il réussit à passer à l'étranger. Il n'y resta d'ailleurs que fort peu de temps, le prince président ne l'ayant pas compris sur les listes de proscription. Cette circonstance lui permit d'être, le 29 février 1852, élu comme candidat de l'opposition, député de la 4e circonscription de Paris au Corps législatif, par 14,744 voix (32,085 votants, 42,669 inscrits), contre MM. Moreau, 13,511, et Dubail, 1,139. Il refusa de siéger, ne voulant pas prêter serment à Louis-Napoléon, et, réélu de même, le 22 juin 1857, dans la 5e circonscription, par 12,034 voix contre 8,426 à M. Monnin-Japy, il persista dans son refus. En 1864, cependant, il se décida à se soumettre à la formalité du serment préalable, et le 20 mars, en remplacement de M. Havin, qui avait opté pour la Manche, la 1re circonscription de Paris l'envoya, par 13,551 voix contre 4,979 à M. E. Pinard et 914 à M. Laboulaye, rejoindre les 35 opposants du Corps législatif. Il siégea naturellement à gauche, et s'attacha surtout aux questions concernant les affaires étrangères et l'instruction publique. Il parla aussi dans la discussion de la loi militaire, le 24 décembre 1867, pour défendre le système qui, par la brièveté du service, rapproche l'armée de la nation. Carnot cessa en 1869 d'appartenir à la députation, Paris ne lui ayant donné, le 24 mai, que 11,604 voix contre 21,744 accordées à l'élu, Léon Gambetta, et le 22 novembre de la même année que 13,445 contre 17,978 à M. Henri Rochefort. Au 4 septembre 1870, il devint maire du 8e arrondissement de Paris; puis, lors des élections du 8 février 1871, il fut élu représentant de Seine-et-Oise à l'Assemblée nationale, le 7e sur 11, par 20,089 voix (53,390 votants, 123,875 inscrits). Il siégea à la gauche républicaine, vota avec la majorité pour les préliminaires de paix, et, avec la minorité contre le renversement de Thiers, contre le gouvernement du 24 mai, contre la loi des maires, contre le septennat, etc. Il adopta l'ensemble des lois constitutionnelles, et prit d'ailleurs, peu de part aux discussions publiques. Elu, le 15 décembre 1875, par 1 Assemblée, sénateur inamovible, au 6e tour, avec 344 voix sur 681 votants, il s'associa jusqu'à sa mort, survenue en 1888, à tous les votes des républicains de la Chambre haute dont, à la fin de sa vie, il était devenu le doyen. Il se prononça notamment : en 1877, contre la dissolution de la Chambre des députes; en 1879 pour le ministère Dufaure; en 1880, pour les divers projets de loi sur l'enseignement, et pour l'article 7; en 1881, pour les lois nouvelles sur le droit de réunion et la liberté de la presse; en 1883, pour la réforme judiciaire; en 1884, pour le divorce, etc. Hippolyte Carnot siégeait comme sénateur le 3 décembre 1887, à la séance du Congrès, où son fils, M. Sadi Carnot, fut nommé président de la République.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)

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Photo de M. Hippolyte CARNOT, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 6 août 1801
Décédé le 15 mars 1888
Profession
Journaliste
Département
Inamovible
  • Mis à jour le 20 septembre 2014