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DELOBEAU Louis

Ancien sénateur du Finistère

  • IIIème République

    Ancien sénateur de la
    IIIe République

Election

  • Elu le 23 juillet 1893
  • Réélu le 7 janvier 1894
  • Réélu le 4 janvier 1903
  • Réélu le 7 janvier 1912
  • Fin de mandat le 22 mai 1912 ( Décédé )

Extraits de la table nominative :

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)

1889-1940

DELOBEAU (LOUIS, ARTHUR), né le 2 septembre 1834 à Brest (Finistère), mort le 22 mai 1912 à Paris.

Sénateur du Finistère de 1893 à 1912.

Né le 2 septembre 1834 à Brest, Louis, Arthur Delobeau fit ses études de droit à Paris, puis revint à Brest comme avoué. D'opinions fermement républicaines, Il fit une vive opposition au Gouvernement du 2 décembre, et fut notamment un des fondateurs du Comité antiplébiscitaire de Brest, dont l'active propagande infligea au régime impérial un échec qui eut, en son temps, un énorme retentissement ; les votes de la ville de Brest au plébiscite du 8 mai 1870 furent en effet formés de 5.597 non contre 2.347 oui.

Elu conseiller municipal en 1871, Louis Delobeau fut, la même année, nommé conseiller d'arrondissement du troisième canton de Brest.

En 1884, il devint en même temps conseiller général du Finistère et maire de Brest. Il le resta jusqu'en 1900. Il abandonnera alors l'administration de la ville, pour la reprendre en 1908 sur les pressantes sollicitations de ses concitoyens. Il ne se représenta pas lors du renouvellement de 1912, pour des raisons de santé.

Sous son administration intelligente, les travaux d'assainissement de la ville de Brest furent activement poussés. Il prit de nombreuses mesures d'hygiène, s'occupa de l'amélioration de la voirie et de la construction d'écoles, et contribua à la création de plusieurs chemins de fer d'intérêt local.

En même temps, partisan convaincu de l'alliance franco-russe, il s'attacha à donner un éclat particulier aux fêtes organisées à Brest en octobre 1891, à l'occasion de la visite des maires russes et de l'amiral Gervais revenant de Cronstadt. Louis Delobeau présida ces fêtes et fit décerner le titre de citoyen brestois au commandant russe de Birikeff, devenu amiral depuis.

En 1895, à l'occasion d'une nouvelle réception de bateaux russes, il offre à l'amiral russe Kalojueras une photographie du Président Félix Faure, dans un cadre sculpté orné de rubans aux couleurs nationales et accompagné de cette lettre : « Amiral, la ville de Brest ne sera jamais aussi heureuse que lorsqu'elle pourra réaliser vos désirs... Permettez-moi de vous offrir, au nom de notre cité, ce portrait du très aimé Président de la République française, M. Félix Faure. Vous pouvez le placer à votre bord auprès de celui de votre vénéré Empereur, Sa Majesté Nicolas II... ».

Louis, Arthur Delobeau entra dans la vie parlementaire le 23 juillet 1893 lorsqu'il remplaça au Sénat, comme républicain, le contre-amiral Halna du Fretay, monarchiste décédé. Il obtint alors 709 voix, contre 525 à M. Chancerelle, candidat de la droite. Au renouvellement du 7 janvier 1894, qui décida de la défaite dans le Finistère du parti monarchiste, il fut réélu sur un programme nettement républicain, par 678 voix sur 1.223 votants.

Lors de son élection, il se prononce « pour un gouvernement fort, assurant l'ordre dans la liberté, pour le maintien des lois qui sont les meilleures conquêtes de la République et qui, pour cette raison, sont le plus violemment attaquées ; pour le respect de la liberté de conscience ; pour la protection agricole et commerciale ; pour l'affermissement de l'alliance franco-russe... »

Républicain progressiste, il appartint, au Sénat, au groupe de la gauche républicaine et de l'Union républicaine.

Il fut membre, en particulier, de la Commission de la Marine et de la Commission extra-parlementaire instituée auprès du Ministère de la Marine, de 1894 à 1898, et en 1904.

Il participa activement aux travaux du Sénat.

Il intervint en 1894 dans la discussion d'une interpellation adressée au Ministre de la Marine sur la situation de l'armée coloniale et fut membre de la huitième Commission d'initiative parlementaire ainsi que de la Commission de la Marine.

En 1895, membre de la Commission des congés, il intervint dans la discussion du budget du Ministère de la Marine et dans la discussion d'une proposition de loi ayant pour objet soit de compléter le règlement des abattoirs publics autorisés, soit d'en faciliter la création, surtout dans les petites localités. Il présenta un amendement, qui fut repoussé, à cette proposition de loi.

En 1896, il déposa le rapport sur une proposition de loi tendant à rendre applicable en matière de presse l'article 368 du Code d'Instruction criminelle, et intervint dans la discussion du projet de loi relatif à l'inscription maritime ; il proposa quatre amendements à ce texte, mais les retira.

Il prononça en 1897 un discours s'élevant contre les menées cléricales dans l'Ouest. , En 1898, il prit part au débat auquel donna lieu l'interpellation du Ministre de la Justice au sujet de la suppression des traitements ecclésiastiques dans le Finistère. Il intervint également dans la discussion du projet de loi portant modification du décret-loi disciplinaire et pénal du 24 mars 1852, relatif à la marine marchande.

Cette même année, il présenta un projet de loi portant approbation de la convention passée avec la Compagnie Générale Transatlantique pour l'exploitation du service maritime postal du Havre à New York, un projet de résolution invitant les Ministres du Commerce et de la Marine à préparer un projet de mise en adjudication de ce service, avec autorisation de proroger le traité en cours, de manière à permettre la construction des navires du nouvel adjudicataire sur des chantiers français. Mais ce projet fut repoussé par 207 voix contre 16.

En 1899, il fut nommé membre de la Commission de la marine et de la seconde Commission d'initiative parlementaire ; il fut également élu vice-président de la Commission de la Haute-Cour de Justice, par 115 voix contre 29 à M. Baduel. Il intervint dans la discussion des budgets des Ministères de la Marine, des Travaux publics et de la Guerre.

Il prononça en 1900 un discours sur l'armée coloniale, et intervint dans les débats qui eurent lieu au sujet de l'amnistie et du régime des boissons.

En 1901, vice-président de la Commission de la marine, il déposa le rapport sommaire sur une proposition de loi tendant à interdire toute vente d'îles, d'îlots, châteaux forts, batteries, ou forts du littoral déclassés, sans avis favorable du Conseil supérieur de la Marine, et sans approbation de la Chambre des Députés et du Sénat.

Il déposa également une pétition des greffiers des justices de paix et tribunaux de simple police de l'arrondissement de Brest.

Président de la Commission chargée de l'examen d'un projet de loi tendant à l'adjonction d'un paragraphe à l'article 354 du Code pénal, il dépose le rapport sur une proposition de loi relative aux délits et contraventions en matière de pêche maritime et de navigation.

Il dépose enfin le rapport sur un projet de loi portant création d'un cadre d'officiers de marine en résidence fixe. En 1902, il prend part à la discussion d'un projet de loi portant organisation du corps du contrôle de la marine, et pose une question au Ministre de la Guerre au sujet des candidats à Saint-Cyr.

En 1903, il est réélu au premier tour, par 706 voix sur 1.273 votants. Il dépose un rapport sur les élections dans le département de l'Eure, et un second sur la proposition de loi tendant à créer un corps de marins indigènes ou Baharia en Algérie et en Tunisie. Il participa à la discussion des budgets de la Guerre et de la Marine.

En 1904, il prit part à la discussion d'une interpellation relative aux troubles de Lorient et de Brest, et déposa et lut le rapport sur les élections dans le département de l'Aisne.

En 1906, il déposa le rapport de la Commission des finances sur une proposition de loi relative aux veuves des inscrits maritimes titulaires de pensions de demi-solde réglées antérieurement à la loi du 11 avril 1881.

Il déposa et lut un avis de la Commission des finances sur une proposition de loi relative aux pensions de retraite des guetteurs des électro-sémaphores de la marine et déposa un rapport sur un projet de loi relatif à la création de sociétés de crédit maritime.

En 1908, il prit part à la discussion des budgets de la Guerre et de la Marine et déposa un rapport sur un projet de loi tendant à appliquer à l'élection des conseils généraux et d'arrondissement le décret du 1" mars 1869 relatif à l'élection des députés.

Il participa en 1911 à la discussion d'un projet de loi autorisant la mise en chantier de bâtiments dans le courant de l'année.

En 1912, il se représente aux élections sénatoriales et est élu au premier tour par 700 voix, sur 1.315 votants. Il prend part à la discussion du budget du Ministère de la Marine et dépose une pétition des greffiers de justice de paix de l'arrondissement de Quimperlé.

Mais, malade depuis un moment déjà, il meurt à Paris le 22 mai 1912, âgé de 78 ans.

Dans l'éloge funèbre qu'il prononça le 23 mai, le Président Antonin Dubost dit de Louis-Arthur Delobeau : « Il connaissait toutes les ardeurs des luttes des partis, où il apportait les qualités d'un homme d'expérience, mais il se faisait une haute idée des nécessités permanentes d'une bonne administration et des intérêts généraux du pays... Nous l'avons connu et apprécié pendant de longues années, fidèle à ses doctrines, actif à les défendre, et en même temps attentif et laborieux sur toute affaire dans les Commissions et les débats.

« Il intervenait fréquemment à la tribune dans des affaires variées, avec l'aisance et la simplicité que lui donnait sa grande habitude des affaires.

« L'homme privé n'était pas moins estimable que l'homme public ; ses manières étaient courtoises, sa familiarité sans détour et son amitié, une fois donnée, l'était sûrement. »

Chevalier de la Légion d'honneur, Louis, Arthur Delobeau avait reçu en 1894 la médaille d'honneur des épidémies, à l'occasion d'une de ces calamités qui s'était abattue sur Brest. Il était en outre Commandeur de l'ordre de Saint-Stanislas de Russie.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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Photo de M. Louis DELOBEAU, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 2 septembre 1834
Décédé le 22 mai 1912
Profession
Avoué
Département
Finistère
  • Mis à jour le 25 octobre 2014