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ROUVIER Paul

Ancien sénateur de la Charente-Inférieure

  • IIIème République

    Ancien sénateur de la
    IIIe République

Election

  • Elu le 28 avril 1901
  • Réélu le 4 janvier 1903
  • Fin de mandat le 6 janvier 1912 ( Ne se représente pas )

Extraits de la table nominative :

Biographie

avant 1889  (Extrait du «Robert et Cougny»)
1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)

avant 1889

ROUVIER (MAURICE), représentant en 1871, député depuis 1876 et ministre, né à Aix (Bouches-du-Rhône) le 17 avril 1842, fit ses études à Marseille, et acquit une importante situation commerciale. Il s'occupa en même temps de propager dans la région l'instruction primaire, créa des cours d'adulte, organisa la Ligue de l'enseignement, et collabora au Peuple de Marseille et au Rappel de la Provence, journaux démocratiques. Il soutint, en 1867, la candidature de Gambetta à Marseille, fonda, en janvier 1870, l'Egalité, journal d'opposition à l'empire, fut nommé secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône au 4 septem bre, refusa les fonctions de préfet en remplacement de M. Esquiros, fut nommé vice-président civil du camp des Alpines, et donna tous ses soins à l'organisation des mobiles de son département. Candidat à l'Assemblée nationale dans les Bouches-du-Rhône aux élections du 8 février 1871, il échoua avec 44,059 voix (75,803 votants, 140,189 inscrits), mais il fut élu à l'élection complémentaire du 4 juillet suivant, le 7e et dernier, par 34,156 voix sur 75,000 votants, et 149,670 inscrits. Il se fit inscrire à l'Union républicaine, par la pour la levée de l'état de siège à Marseille, contre l'exécution de Gaston Cremieux, et, ayant publié, dans le journal la Constitution, un article assez vif contre la commission des grâces, fut menacé de poursuites (1872) ; l'Assemblée ne répondit, sur la motion de Changarnier, que par « l'amnistie du dédain». Il se mêla aux discussions commerciales intéressant ses électeurs, obtint l'abolition de la surtaxe de pavillon, interpella le ministère (27 mars 1873) sur les procès de presse dans le Midi, parla (décembre) sur les capitulations dans le Levant, proposa (février 1874) un impôt sur le revenu, et vota contre la pétition des évêques, contre le pouvoir constituant de l'Assemblée, pour le service de trois ans, contre la démission de Thiers, contre le septennat, contre le ministère de Broglie, pour l'amendement Wallon, pour les lois constitutionnelles. Réélu, le 20 février 1876, député de la 3e circonscription de Marseille, par 8,503 voix (12,534 votants, 16,470 inscrits), contre 3,501 à M. Rostang-d'Ancézune, il reprit sa place à gauche, déposa (mars) un projet d'amnistie partielle, et devint secrétaire de la Chambre: accusé (juillet 1876) d'un outrage à la pudeur au Palais-Royal, il demanda lui-même à la Chambre d'autoriser les poursuites, et fut acquitté par le tribunal. Ses électeurs lui renouvelèrent son mandat, le 14 octobre 1877, par 8,784 voix sur 13,713 votants et 16,612 inscrits, contre 4,855 à M. A. de Jessé, candidat du gouvernement du 16 mai, et maire de Marseille. M. Rouvier continuade siéger à gauche, fit presque constamment partie de la commission du budget, comme membre, rapporteur général ou président, soutint la politique scolaire et coloniale des ministères républicains, etfut renvoyé à la Chambre, aux élections générales du 21 août 1881, par 8,308 voix (8,884 votants, 18,252 insorits), sur un programme demandant la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la suppression de l'inamovibilité de la magistrature, l'impôt sur le revenu avec une large décentralisation administrative, etc. Le 14 novembre suivant, il fut appelé à prendre, dans le « grand ministère» formé par Gambetta, le portefeuille du Commerce et des Colonies, qu'il garda jusqu'au 26 janvier 1882, date de la chute du ministère. En juillet 1883, il défendit les conventions de chemin de fer, en protestant contre l'imputation de pots-de-vin qui avait été alors lancée, professa des opinions libre-échangistes, présida (février 1884) la commission du budget, s'opposa (juin) à la surtaxe sur les sucres étrangers, et entra dans le cabinet Jules Ferry, le 14 octobre, comme ministre du Commerce, fonctions qu'il remplit jusqu'à la chute de ce ministère (29 mars 1885). Les élections générales du 4 octobre suivant le ramenèrent à la Chambre ; porté sur la liste opportuniste des Alpes-Maritimes, il fut élu, au second tour, le 3e et dernier, par 18,787 voix sur 36,883 votants et 58,227 inscrits, Il présida, de nouveau; en février 1886, la commission du budget, et fut chargé d'une mission officielle à Rome relative au renouvellement de notre traité de commerce avec l'Italie ; cette mission ne put aboutir, et, de retour au palais Bourbon, M. Rouvier défendit (juin) la convention de navigation avec l'Italie qu'il avait lui-même négociée, combattit (mars 1887) les surtaxes sur les céréales, et, le 30 mai suivant, à la chute du ministère Goblet, devint président du conseil avec le portefeuille des Finances. La gauche radicale se montra des le début hostile au nouveau cabi net auquel elle reprochait d'avance la probabilité d'une attitude conciliante vis-à-vis de la droite : mais un ordre du jour de défiance proposé par MM. Barodet et Jullien fut rejeté par 285 voix contre 139. Comme président du conseil, M. Rouvier repoussa l'urgence sur la proposition Labordère relative à l'élection du Sénat par le suffrage universel (27 Juin), ré pondit à l'interpellation Révillon-Pelletan sur les menées cléricales et monarchistes (11 juillet), fit rejeter par 322 voix contre 223 l'exemption du service militaire demandée pour les séminaristes et les instituteurs, proposa et fit voter (octobre) la conversion du 4 1/2 ancien, et donna sa démission (24 novembre) lors des affaires Wilson, après avoir essaye de couvrir constitutionnellement le président M. Grévy. Ce dernier refusa cette démission (1er décembre), mais M. Rouvier la renouvela après l'élection de M. Carnot à la présidence de la République, et cette fois elle fut acceptée. Président de l'Union des gauches (14 mars 1888), M. Rouvier combattit le projet de revision déposé par M. Pelletan, refusa un portefeuille dans le ministère Floquet (3 avril , se trouva atteint, comme président de la commission du budget, par les attaques de M. Gilly contre les membres de cette commission, et fut un des plus empressés à se rendre à Nîmes (octobre) pour déposer dans le procès qui se termina par l'acquittement de M. Gilly, M. Andrieux ayant retiré sa plainte. (Voy. ces noms.) La chute du ministère Floquet rappela M. Rouvier aux affaires; il fut nommé ministre des Finances dans le nouveau cabinet Tirard (février 1889). Dans la dernière session, M. Rouvier s'est prononcé pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889), pour l'ajournement indéfini de la revision de la Constitution, pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, pour les poursuites contre le général Boulanger. Economiste de talent, d'une compétence reconnue en matière financière, M. Rouvier sait donner aux discussions de tribune une forme passionnée qui semble n'être, à la lecture qu'un procédé oratoire, mais qui, dans le feu du débat, n'en impressionne pas moins ses auditeurs. Il est veuf de Mme Claude Vignon, qui s'était fait un nom dans les lettres et dans la presse.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)

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1889-1940

ROUVIER (ALEXANDRE, Paul), né le 25 mai 1829 à Niort (Deux-Sèvres), mort le 26 juillet 1918 à La Rochelle (Charente-Inférieure).

Sénateur de la Charente-Inférieure de 1901 à 1912.

Le 25 mai 1829 naissait à Niort un enfant, du sexe masculin, que l'on ne devait déclarer que sous les prénoms d'Alexandre Paul. C'est un décret présidentiel du 16 mai 1877 qui lui donna officiellement le droit de porter le patronyme de Rouvier sous lequel il devait déjà être connu sans qu'il soit possible d'en savoir davantage.

Il semble que Paul Rouvier, propriétaire agriculteur à Surgères, ait eu une intense activité dans le département de la Charente-Inférieure, où il présidait plusieurs sociétés locales. C'est lui qui fonda la laiterie de Surgères ; il fut porté à la présidence de l'association centrale des laiteries coopératives des Charentes et du Poitou et du comité central d'études de vigilance de la Charente-Inférieure.

Paul Rouvier entra dans la vie politique comme conseiller municipal de Surgères en 1870, à 41 ans. Sans qu'on puisse se fonder sur des dates précises, on peut estimer à une quarantaine d'années son activité municipale dont une vingtaine, à dater de 1894, comme maire. Il fut aussi, et longuement, conseiller général de Surgères, ayant été élu le 29 septembre 1879 en remplacement d'un conseiller décédé. On sait qu'il fut quelque temps vice-président du Conseil général de la Charente-Inférieure.

C'est comme tel qu'il devait être élu sénateur le 28 avril 1901, à une élection partielle destinée à remplacer Barbedette, décédé. Le résultat fut acquis dès le premier tour, Rouvier ayant réuni 596 voix sur 1.000 suffrages exprimés, battant de loin ses trois concurrents. C'est également au premier tour qu'il fut réélu le 4 janvier 1903, lors du renouvellement ; sur 1.002 suffrages exprimés, il en recueillait 752, arrivant en tête de tous les candidats, dont Emile Combes.

L'oeuvre parlementaire de Paul Rouvier, qui était inscrit au groupe de la gauche démocratique, ne fut pas de grande conséquence. En 1902, il fit partie de la commission qui examinait la proposition de loi due à Calvet, autre sénateur de son département, concernant l'organisation nationale de l'assurance et du crédit agricole ; il en fut même vice-président. En 1904, il siège à la commission chargée d'examiner le projet relatif à la propriété industrielle et à une commission chargée de modifier la loi de 1898 sur les sociétés de secours mutuels. Il fut encore membre de la commission des douanes en 1906.

Au renouvellement du 7 janvier 1912, Paul Rouvier ne confirma pas ses brillants succès de 1901 et 1903. La situation électorale du département était d'ailleurs bien confuse, « anarchique » dit même Le Temps. Pour quatre sièges, il y avait dix-huit candidats, dont douze radicaux et radicaux-socialistes. Dans la nuit précédant le scrutin, les délégués radicaux devaient éliminer deux sénateurs sortants, Calvet et Rouvier de la liste radicale où ils furent remplacés par Réveillaud, député et Perreau.

Ceux-ci furent élus avec deux sortants, Genet et Emile Combes. On ne sait si Rouvier maintint sa candidature. S'il obtint des voix, ce fut moins de cent, les documents ne donnant pas les résultats inférieurs à ce chiffre.

Paul Rouvier devait mourir à La Rochelle le 26 juillet 1918, à l'âge de 89 ans. Il était officier de la Légion d'honneur.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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Photo de M. Paul ROUVIER, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 25 mai 1829
Décédé le 26 juillet 1918
Profession
Propriétaire agricole
Département
Charente-Inférieure
  • Mis à jour le 02 septembre 2014