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CHAINTRON Jean

Ancien sénateur de la Seine

  • IVème République

    Ancien sénateur de la
    IVe République

Election

  • Elu le 7 novembre 1948
  • Réélu le 18 mai 1952
  • Fin de mandat le 8 juin 1958 (Ne se représente pas)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

CHAINTRON (Jean)

Né le 28 août 1906 à Lyon (Rhône)

Décédé le 7 janvier 1989 à Paris

Sénateur de la Seine de 1948 à 1958

Lorsque Jean Chaintron est élu au Conseil de la République, le 7 novembre 1948, en sixième position de la liste d'Union républicaine et résistante, présentée dans la Seine par le Parti communiste, il a déjà derrière lui une vie militante active et tumultueuse, au cours de laquelle il a fait preuve de courage, d'initiative et d'exceptionnelles qualités d'organisateur.

Fils d'un modeste employé des chemins de fer PLM, deuxième d'une famille de neuf enfants, Jean Chaintron est l'élève de l'école communale laïque de Feyzin, où il obtient son certificat d'études primaires. Grâce à une bourse obtenue à l'initiative de son instituteur, qui a remarqué ses aptitudes intellectuelles, il suit durant trois ans les cours de la section de mécanique de l'école pratique de Vienne, dans l'Isère, couronnés par le certificat d'études pratiques industrielles.

Il a alors seize ans, et s'engage comme ajusteur, puis dessinateur technique aux établissements Maréchal, à Vénissieux. Mobilisé pour son service militaire au 35è régiment d'aviation à Bron, Jean Chaintron fait alors la connaissance de militants communistes, appelés comme lui sous les drapeaux, et s'oriente vers cet engagement.

De retour à la vie civile, il entre aux établissements Berliet, et milite au sein de l'Union des syndicats de techniciens ; il est délégué de la région lyonnaise au congrès national de l'UST réuni à Lille en 1929. Un tournant décisif s'opère avec son adhésion au Secours rouge international, en 1930 ; il se joint alors à une délégation de militants pour un voyage de trois mois en URSS, et adhère au Parti communiste, à la cellule de la Croix-Rousse, lors de son retour en France, à la fin de l'année 1931.

Ayant perdu son emploi, il se consacre alors entièrement à l'activité militante. En février 1934, il part en Indochine avec Gabriel Péri pour soutenir des communistes indochinois emprisonnés. De retour en France, il est promu secrétaire de la région Paris-Ville du Parti, et se présente en mai 1935 aux municipales dans le quartier de Charonne, sans emporter de siège.

Puis il est envoyé comme instructeur du comité central du PCF auprès des communistes algériens, pour les aider à se constituer en Parti indépendant.

Sous le pseudonyme de Barthel, qu'il a adopté lors de son adhésion au Parti, il adresse une circulaire aux communistes algériens pour souligner que « la nation française n'est pas la nation du peuple d'Algérie », ce qui lui vaut d'être condamné par le tribunal correctionnel d'Alger à un an de prison ; l'arrivée du Front populaire lui permet d'échapper à l'incarcération, alors qu'il est lui-même candidat aux législatives de 1936, dans la première circonscription d'Alger ; il se désiste au second tour en faveur du candidat socialiste.

Cependant le résultat de ses efforts est illustré par la réunion à Alger, en octobre 1936, du congrès constitutif du Parti communiste algérien.

De retour en France à la fin de 1936, il part dès février 1937 comme volontaire dans les Brigades internationales en Espagne et devient commissaire politique de la brigade française.

Rapatrié, pour maladie, en novembre 1937, le congrès d'Arles de décembre l'élit membre suppléant du comité central et lui confie l'instruction des jeunesses communistes de Paris.

Mobilisé comme simple soldat en septembre 1939, il combat en Belgique, puis gagne l'Angleterre lors de l'exode de Dunkerque, avant de rejoindre, avec son unité, Brest, puis Toulouse. Démobilisé après l'armistice, il entreprend de réorganiser le Parti communiste, désormais clandestin, au sein de la zone non occupée. Arrêté par la police de Vichy en mars 1941, il est condamné à mort par le tribunal militaire de Montluc, peine qui est commuée en travaux forcés à perpétuité à la suite d'une intervention du Cardinal Gerlier. Il est alors transféré à la prison de Nontron, en Dordogne, où il est détenu jusqu'en juin 1944. Libéré par une attaque de maquisards, il s'engage dans la résistance armée sous le nom de « Commandant Jean-François » et combat en Dordogne, dans la Creuse et en Haute-Vienne, où il prend part à la libération de Limoges, en août. Son action est distinguée par la médaille de la Résistance, la croix de guerre, et la Légion d'honneur.

Dès le mois de septembre, il est nommé préfet de la Haute-Vienne par le gouvernement du Général de Gaulle, et administre le département avec rigueur et autorité, jusqu'en février 1947, date à laquelle il devient directeur du cabinet ministériel de Maurice Thorez; puis il anime les écoles de cadres du Parti.

Elu au Conseil de la République en novembre 1948, en septième position sur la liste d'Union Républicaine et Résistante qui, avec 1217 voix sur 3096 suffrages exprimés, remporte huit des vingt sièges à pourvoir, il siège à la Commission de l'intérieur, puis à celle du suffrage universel. Il participe activement à la séance publique, notamment sur le statut des territoires français d'outre-mer, les problèmes des anciens combattants, et tous les grands débats politiques et sociaux, mettant en valeur la profondeur de ses réflexions, qui excèdent souvent la stricte orthodoxie partisane.

Cette indépendance d'esprit lui vaut un relatif déclin au sein de l'appareil du Parti où, après avoir été l'homme de confiance de Thorez, qui le charge notamment d'animer la propagande du Conseil mondial de la paix, et de présider l'Amicale des anciens volontaires en Espagne républicaine, il est exclu du comité central en avril 1950, avec une trentaine d'autres grandes figures de la Résistance.

Dès son élection sénatoriale, il manifeste également un intérêt particulier pour les problèmes constitutionnels et le fonctionnement du Parlement : ainsi s'exprime-t-il sur la modification du règlement du Conseil de la République, en 1949 et 1950, la révision de la Constitution, l'élection des membres de l'Assemblée nationale, en 1951, et l'élection des conseillers de la République, en 1952.

Réélu sénateur de la Seine le 18 mai 1952, en huitième position de la liste communiste qui remporte huit des vingt sièges à pourvoir en recueillant 1217 voix sur 3097 suffrages exprimés, il siège alors à la Commission du suffrage universel, et à celle des affaires étrangères. Bon nombre de ses de ses interventions marquantes ont désormais trait aux problèmes extérieurs : Communauté européenne de défense (1952 et 1953), ratification du traité de l'Atlantique-Nord (1954), accords de Paris (1955). L'évolution des anciennes possessions françaises d'outre-mer : Cambodge, Viêt-Nam, Maroc, Tunisie, Madagascar, comme l'évolution du problème algérien requiert également son attention. Ses ultimes interventions en séance publique s'attachent à combattre, avec beaucoup de hauteur de vue, l'octroi des pleins pouvoirs au Gouvernement, et la révision constitutionnelle, sur laquelle il s'exprime en ces termes :

« On ne peut affirmer, sans doute, que cette constitution (de 1946) soit oeuvre parfaite, mais il est injuste de prétendre que c'est d'elle que vient tout le mal, quand on sait que, précisément, elle ne fut pas appliquée, notamment en ce qui concerne ces points si sensibles qui touchent à nos rapports avec les peuples ex-coloniaux.

Or, c'est précisément de cette carence qu'a résulté la crise abominable qui a mis la République en perdition. Et aujourd'hui, ce qu'on demande aux parlementaires, ce n'est pas de se ressaisir, mais de signer un procès-verbal de carence, de se faire hara-kiri, d'abroger en fait la Constitution dont ils sont les gardiens, d'abdiquer leurs pouvoirs de détenteurs de la souveraineté nationale et leurs pouvoirs de constituants. C'est d'un manque de démocratie qu'a souffert la République et l'on ne peut guérir le mal par le mal ».

Les dissensions nées au sein du Parti communiste français après la publication du rapport Khrouchtchev, en 1956, ont éloigné Jean Chaintron de l'organisation politique à laquelle il avait consacré tant d'ardeur : il est l'un des rares communistes à réclamer un examen critique de la période stalinienne, ce qui lui vaut d'être immédiatement destitué de toutes ses fonctions au sein du Parti, et de ne pas figurer sur la liste communiste aux élections sénatoriales du 8 juin 1958.

Il est finalement exclu du Parti en 1962, et anime ensuite un mouvement d'opposition à la direction communiste, le groupe « Unir-Débats ».

Les événements de mai 1968 lui permettent de renouer avec le militantisme actif et il se voit confier par Jean-Paul Sartre la direction du nouveau Secours rouge, avant de se retirer de la vie politique en 1974.

CHAINTRON (Jean)

Né le 28 août 1906 à Lyon (Rhône)

Décédé le 7 janvier 1989 à Paris

Sénateur de la Seine de 1948 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome III, p.82-83)

Jean Chaintron ne se représente pas aux élections sénatoriales du 8 juin 1958. Il poursuit son activité militante au sein du parti communiste (PC) puis du Parti socialiste unifié (PSU). Il gère en parallèle une coopérative ouvrière spécialisée dans les travaux d'édition. Il prend sa retraite en 1974 et meurt quinze ans plus tard, dans sa 83e année.

Il laisse un livre de mémoires Le vent soufflait devant ma porte (1989).

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Photo de M. Jean CHAINTRON,
Appartenance politique
Groupe Communiste
Etat-civil
Né le 28 août 1906
Décédé le 7 janvier 1989
Profession
Dessinateur
Département
Seine