Appartenance politique :
Groupe du Rassemblement du Peuple Français
État civil :
Né le 25 septembre 1892
Décédé le 21 mai 1977
Profession :
Exploitant agricole
Département :
Sarthe

Elu le 21 octobre 1951
Elu le 18 mai 1952
Elu le 8 juin 1958
Fin de mandat le 26 avril 1959 (Elu(e) sénateur de la cinquième République)

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

ARGENLIEU (Philippe d')

Né le 25 septembre 1892 à Bordeaux (Gironde)

Décédé le 21 mai 1977 à Coulongé (Sarthe)

Membre de la première Assemblée nationale Constituante (Sarthe)

Sénateur de la Sarthe de 1951 à 1958

Après des études secondaires au lycée de Vesoul puis à Janson de Sailly à Paris, Philippe Thierry d'Argenlieu, cousin de l'amiral Georges Thierry d'Argenlieu, participe à la Grande Guerre, en qualité d'officier. Ses états de service et sa blessure sur la Somme, en 1916, lui valent les croix de guerre française et belge, et la croix de la Légion d'honneur, en 1929. En 1925, il quitte le service actif et se consacre à l'exploitation agricole de son domaine de Cherban à Coulongé, dans la Sarthe. Elu maire de Coulongé, en novembre 1930, il le restera jusqu'à sa mort. Mobilisé à nouveau en 1939-1940, Philippe d'Argenlieu continue la lutte dans la clandestinité en hébergeant des évadés et des résistants.

Il est élu à la première Assemblée nationale Constituante sur la liste Entente républicaine. Hostile à l'instabilité gouvernementale des débuts de la IVe République, il se retire provisoirement des compétitions politiques.

Le 21 octobre 1951, il se présente néanmoins sous l'étiquette RPF à l'élection partielle sénatoriale qui suit la démission, dans la Sarthe, de Raymond Dronne, élu député. Il sera réélu le 18 mai 1952, sur la liste RPF, et le 8 juin 1958, sur la liste des républicains sociaux. Membre du groupe RPF puis, à partir de 1955, du groupe des Républicains sociaux, Philippe d'Argenlieu siège à la Commission des affaires économiques et à la Commission des affaires étrangères, dont il assurera les fonctions de vice-président en 1956. Ses principales interventions sont consacrées à la politique agricole, et plus particulièrement aux problèmes de l'aménagement rural, ainsi qu'à la politique étrangère ; à plusieurs occasions, il s'affirme soucieux de défendre la présence et l'autorité de la France, aussi bien outre-mer que dans la Sarre.

Parallèlement à son mandat parlementaire, Philippe d'Argenlieu assume de nombreuses responsabilités dans différents organismes. Au moment de son élection, en 1951, il est membre du syndicat des agriculteurs de France et du syndicat des propriétaires forestiers, président du syndicat des exploitants agricoles et membre du bureau de l'Association des maires et adjoints de la Sarthe.

Ve République

ARGENLIEU (Philippe, THIERRY d')

Né le 25 septembre 1892 à Bordeaux (Gironde)

Décédé le 21 mai 1977 à Coulongé (Sarthe)

Membre de la première Assemblée nationale Constituante (Sarthe)

Sénateur de la Sarthe de 1951 à 1968

(Voir la première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome I, p. 398)

En juin 1958, Philippe d'Argenlieu vote pour le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs, et pour la révision de la Constitution. Réélu sénateur de la Sarthe le 26 avril 1959, au second tour, avec 746 voix sur 1 155 suffrages exprimés, il s'inscrit au groupe de l'Union pour la nouvelle république (UNR) du Sénat, et devient membre de la commission des affaires étrangères, dont il assure la vice-présidence jusqu'en 1967.

Propriétaire exploitant domicilié dans le château de Cherban, à Coulongé, Philippe d'Argenlieu s'est fortement investi jusqu'en 1958 dans la politique d'aménagement rural. Il se consacre, après sa réélection, aux questions militaires et à la politique étrangère, sans délaisser pour autant les questions agricoles. Ses interventions portent essentiellement sur ces trois thèmes.

En matière militaire, il intervient dans la discussion générale du projet de loi de programme relative à certains équipements militaires (9 novembre 1960), et participe à la discussion du projet de loi relatif à certaines modalités d'accomplissement des obligations imposées par la loi sur le recrutement, qui fixe le statut d'objecteur de conscience (6 novembre 1963). A cette occasion, il rappelle qu'il existe « chez l'immense majorité d'entre nous, un sentiment qui n'est pas simplement le sujet d'une imagerie d'Epinal, mais la résonance d'une conviction profonde chez les Français, à savoir : que c'est pour tous les citoyens un devoir sacré que d'assurer la défense du pays ». Il ajoute qu'il est « assez choquant de vouloir légiférer pour une catégorie d'individus qui se refusent à suivre la loi commune, pour des raisons peut-être honorables, mais qui ne peuvent s'exprimer que parce que l'ensemble de la collectivité nationale a su payer, au cours de son histoire, le prix de la liberté dont ils profitent aujourd'hui. Si la société à laquelle nous appartenons crée pour nous des droits, conclut-il, elle crée aussi des devoirs dont le premier est de la défendre contre les dangers extérieurs qui menacent sa propre existence ».

Philippe d'Argenlieu travaille également sur les questions de politique étrangère, à l'occasion desquelles il s'affirme soucieux de défendre les intérêts de ses compatriotes. En 1962, nommé rapporteur sur le projet de loi autorisant la ratification du traité de cession des Etablissements français de Pondichéry, Karikal, Mahé et Yanaon, il insiste sur la nécessité d'obtenir des contreparties pour ses concitoyens : « les ressortissants français des anciens Etablissements de l'Inde demandent que soient apportés au présent traité tous amendements de nature à leur garantir personnellement (...) les libertés sociales dont ils bénéficiaient antérieurement. Il leur importe au plus au point que, dès la ratification du traité obtenue, le gouvernement français entame des négociations avec le gouvernement indien pour recevoir les très légitimes satisfactions qu'ils réclament ».

A trois reprises, il intervient sur les crédits consacrés à l'agriculture, dans les projets de loi de finances pour 1960, 1967 et 1968, formulant des observations sur l'exploitation forestière, l'équipement des campagnes, et l'importation de poulets. « Cette volaille est importée à des prix anormalement bas, explique t-il, et cela risque de porter un préjudice grave à l'industrie avicole française. Il serait donc nécessaire d'envisager une extension du processus de libération des échanges, qui est prévu au titre du Marché commun, en faisant jouer la clause de sauvegarde permettant de fixer un prix minimum pour les produits importés ». Philippe d'Argenlieu utilise également la presse pour exposer ses idées en matière agricole. Il signe notamment un article dans Le Parlement économique et financier, le 25 juillet 1959, pour demander une aide financière à l'Etat, en ce qui concerne l'entretien des routes, l'électrification, l'adduction d'eau et l'habitat. A ses yeux, « ces quatre têtes de chapitre de l'aménagement rural » doivent faire l'objet de toutes les attentions pour éviter le dépeuplement des campagnes.

Son intérêt pour les questions agricoles et général, et pour les enjeux locaux en particulier, se manifeste encore dans les nombreuses responsabilités qu'il assume parallèlement à son mandat parlementaire. Président du syndicat d'exploitants agricoles, il figure également parmi les membres du syndicat des agriculteurs de France, et du syndicat des propriétaires forestiers. Au niveau local, outre sa fonction de maire de Coulongé exercée depuis 1930, Philippe d'Argenlieu fait partie du bureau de l'association des maires et adjoints de la Sarthe, et du comité directeur de l'association des maires de France, depuis 1959.

Philippe d'Argenlieu se représente aux élections sénatoriales le 22 septembre 1968. Avec 548 voix sur 1 188 votants, il arrive en quatrième position derrière un candidat isolé, et deux autres figurant sur la liste d'Union pour la défense des intérêts du département. Trois sièges étant à pourvoir, il n'est pas réélu. Son mandat parlementaire prend fin le 1er octobre suivant. Il se retire dans sa commune de Coulongé, dont il assume les fonctions de maire jusqu'à ce que la mort l'emporte, à l'âge de 85 ans. Promu commandeur de la Légion d'honneur en 1970, il était également titulaire de la médaille d'argent communale et départementale. Sous la Ve République, il a voté pour la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie (1960), et pour la loi portant réforme des régimes matrimoniaux (1965). Mais il n'a pas pris part au vote de la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances (1967).

Extrait de la table nominative

Résumé de l'ensemble des travaux parlementaire
de Philippe d'ARGENLIEU

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