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DIETHELM André

Ancien sénateur de la Seine-et-Oise

  • IVème République

    Ancien sénateur de la
    IVe République

Election

  • Elu le 7 novembre 1948
  • Fin de mandat le 17 juin 1951 (Démission (élu(e) député))

Extraits de la table nominative :

1949 , 1950 , 1951

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

DIETHELM (Maurice, André)

Né le 3 juillet 1896 à Bourg (Ain)

Décédé le 11 janvier 1954 à Paris (8e)

Membre de la première Assemblée nationale Constituante (Vosges)

Conseiller de la République de 1948 à 1951 (Seine-et-Oise)

Député de 1951 à 1954 (Seine-et-Oise)

André Diethelm est né le 3 juillet 1896 à Bourg d'un père alsacien, fils d'un émigré de 1870 et d'une mère vosgienne. Au hasard des affectations de son père, directeur des contributions directes, il fréquente les lycées de Foix, de Saint-Etienne et enfin Louis-le-Grand pour préparer le concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure. C'est du reste après avoir intégré la rue d'Ulm qu'il s'engage volontairement dans l'armée, en septembre 1914. Il participe aux combats d'Alsace et de la Marne, puis il est envoyé à Salonique. Capitaine à vingt ans, cinq citations dont trois à l'ordre de l'armée lui valent d'être nommé chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur.

Le retour à la vie civile l'éloigne d'une carrière universitaire pour laquelle il a peu de goût. Armé d'une licence ès lettres et d'une licence de droit, il est brillamment reçu au concours de l'inspection des finances en 1920. Il est directeur des finances d'Indochine de 1929 à 1933, directeur des affaires économiques au ministère des Colonies en 1938 et 1939, ainsi qu'administrateur du Crédit colonial et directeur de l'Urbaine-vie. Mais surtout, Georges Mandel en fait son chef de cabinet au ministère des colonies en 1938, puis au ministère de l'Intérieur en 1940.

De cet observatoire privilégié, André Diethelm mesure l'étendue de la tragédie qui frappe la France, et animé par l'esprit de résistance de l'ancien collaborateur du Tigre, il renonce dès le 16 juin 1940 à toute fonction publique pour ne pas être mêlé un tant soit peu à la demande d'armistice. En juin 1941, il rallie le général de Gaulle. Les grands serviteurs de l'Etat sont alors très peu nombreux et il est aussitôt nommé commissaire à l'Intérieur, au Travail et à l'Information du Comité national de Londres, échangeant ensuite ce portefeuille pour celui des Finances et des pensions (28 juillet -17 octobre 1942), puis des Finances, de l'Economie et de la Marine marchande (17 octobre 1942 -7 juin 1943). Dès la formation du Comité français de la Libération nationale, il est titulaire du Commissariat à la Production et au commerce sous le duumvirat Giraud-de Gaulle (7 juin 1943 -8 novembre 1943), puis sous la seule responsabilité de de Gaulle, de ceux du Ravitaillement et de la production (9 novembre 1943 -3 avril 1944). Mais son nom reste surtout attaché à la fonction de commissaire à la Guerre puis de ministre de la Guerre du gouvernement provisoire qu'il occupe du 4 avril 1944 au 21 novembre 1945, à Alger puis à Paris au moment des combats décisifs sur l'Allemagne.

Le 21 octobre 1945, André Diethelin cherche à obtenir une légitimité démocratique dans les Vosges, département dont est originaire sa mère. La liste gaulliste républicaine d'action démocratique qu'il conduit obtient 63 194 suffrages sur 169 105 exprimés. Elu au quotient, apparenté au groupe paysan, il est nommé juré à la Haute Cour de justice et membre de la Commission de la Défense nationale. Après le départ du général de Gaulle du pouvoir, André Diethelm est l'un des tout premiers compagnons à lui rendre visite dans sa retraite. Par fidélité pour lui, il ne se représente pas aux élections à la seconde Assemblée nationale Constituante et à la première Assemblée nationale, les 2 juin et 10 novembre 1946.

André Diethelm fait sa rentrée politique avec l'Homme du 18 juin. Il est à ses côtés lors du discours de Strasbourg du 7 avril 1947, et participe au lancement du Rassemblement du peuple français. C'est sous cette étiquette qu'il se fait élire, en novembre 1948, conseiller de la République du département de Seine-et-Oise. L'inspecteur général des finances rejoint la prestigieuse Commission des finances pour toute la durée de l'exercice de son mandat, la Commission de la marine et des pêches en 1948, la sous-commission chargée de suivre et de contrôler d'une façon permanente l'emploi des crédits affectés à la Défense nationale. Il est, en outre, président du groupe gaulliste, Action démocratique et républicaine, qui regroupe une cinquantaine d'élus.

De 1948 à 1951, il présente au nom de la Commission des finances de nombreux rapports et intervient sur différents points lors de la discussion annuelle du budget pour réclamer une réforme fiscale et une plus grande maîtrise des dépenses. Par exemple, le 31 décembre 1948, il veut déduire cent millions sur plus d'un milliard des crédits affectés aux fonds secrets de la présidence du Conseil qui servent entre autres choses à financer les adversaires du R.P.F. L'ancien ministre de la Guerre défend les intérêts des militaires et notamment veille à ce que leur rattachement à la Sécurité sociale ne lèse pas l'avantage qu'ils tirent de la gratuité de certains actes dans les hôpitaux des armées (3 mars 1949). La même année, le 25 mai, il propose le rejet de l'ensemble du projet de loi adopté par l'Assemblée nationale modifiant le statut de la Cochinchine dans l'Union française, car, en face d'une situation très grave, le gouvernement ne manifeste « ni la volonté de combattre Ho Chi Minh, ni celle de soutenir Bao Daï ». En revanche, le 1er février 1950, il approuve le projet de loi portant ratification des accords franco-vietnamiens, franco-cambodgiens et franco-laotiens pour manifester « notre volonté inébranlable de maintenir la France et l'Union française ».

Cet adversaire pugnace du régime saisit l'occasion que lui offrent les élections législatives du 17 juin 1951 pour rejoindre la tribune du Palais Bourbon. Dans la première circonscription de Seine-et-Oise, André Diethelm fait campagne sur les thèmes du péril que courent les finances publiques, de l'instabilité des prix et des difficultés sociales qui en résultent ainsi que sur celui de la sécurité de la France menacée par l'U.R.S.S. et de la dislocation de l'Union française sous ses coups de boutoir. Il reprend la thématique gaullienne du nécessaire rassemblement par l'amnistie, l'octroi de l'allocation-éducation, l'intéressement des salariés ; rassemblement sous l'égide d'un Etat solide, seul capable de répondre aux défis du moment pour peu que le général de Gaulle en prenne la tête. Malgré la multiplication des listes, André Diethelm fait presque jeu égal avec les communistes (respectivement 97 744 voix et 116 510 sur 443 197 suffrages exprimés) ; dans les deux cas trois membres de la liste sont élus.

Après avoir démissionné de son mandat de sénateur le 10 juillet, il rejoint la Commission des finances de l'Assemblée nationale et plus ponctuellement celle du travail et de la Sécurité sociale en 1953. La même année, la Commission des finances le désigne pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et de contrôler d'une façon permanente l'emploi des crédits affectés à la défense nationale. Son élection à la vice-présidence de l'Assemblée en 1951 et 1952 et le fait qu'il préside le groupe R.P.F. font de lui un député de tout premier plan. Il dépose moins de rapports et de propositions de résolution qu'au Conseil de la République mais il multiplie les interventions, soit sur les sujets qui relèvent de la Commission des finances, le plus souvent pour critiquer les gouvernements, soit sur les questions de politique étrangère et presque toujours lors des débats d'investiture. Sur le premier point, reprenant les arguments qu'il avait déjà développés au Conseil de la République, il préconise des économies budgétaires drastiques (9 septembre 1951, 1er janvier 1952) et une réforme fiscale (2 avril 1952). Au nom du groupe du R.P.F., lors de la discussion du projet de loi portant ratification du traité instituant la C.E.C.A., le 7 décembre 1951, il précise que son opposition n'est pas de principe mais qu'il ne peut voter un texte qui ne ménage pas une période transitoire assez longue et n'offre pas de précisions suffisantes sur l'articulation entre la C.E.C.A. et l'Union française. Si l'on ajoute à cela la disparité des cours du mark et du franc, ce traité jette la France dans l'inconnu. De même, le 8 avril 1952, il exprime sa crainte que la représentation nationale ne soit placée devant le fait accompli en ce qui concerne la C.E.D. Mais il cesse de s'opposer quand il s'agit de voter les crédits militaires, surtout lorsqu'ils sont destinés à soutenir l'effort de guerre en Indochine (29 février 1952).

Lors du débat d'investiture d'Antoine Pinay le 6 mars 1952, le gaulliste André Diethelm se prononce contre la volonté exprimée par le président désigné de former un gouvernement de techniciens « (...) Dans une République bien ordonnée, le dernier mot est au Parlement, c'est-à-dire aux formations politiques, à la majorité politique de l'Assemblée nationale et non aux techniciens ». Il s'abstient volontairement alors que 27 députés R.P.F. votent l'investiture. Le R.P.F, a alors trouvé les limites de son opposition systématique au régime. André Diethelm lui-même glisse vers la participation. En décembre 1952, il n'est pas opposé à l'idée de voir Jacques Soustelle remplacer Antoine Pinay, et en souvenir des années de guerre, il soutient René Mayer le 7 janvier 1953. Si des gaullistes participent désormais aux majorités, ils peuvent aussi renverser les gouvernements. Ainsi, le 21 mai 1953, André Diethelm refuse la confiance au cabinet Mayer sous le prétexte que la demande des pleins pouvoirs financiers est contraire à la Constitution « Nous ne sommes pas morts puisque nous pouvons encore détruire », déclare-t-il à l'issue des débats. Le Président de la République, après avoir fait appel à Guy Mollet pour former le nouveau gouvernement, lève l'hypothèque gaulliste en offrant la Présidence du Conseil à André Diethelm le 24 mai. Le lendemain, il réclame « un gouvernement fort et stable, doté de pouvoirs étendus » mais renonce à la désignation après avoir consulté son groupe qui prend le 26 mai le nom d'Union des républicains d'action sociale (U.R.A.S.) puisque le général de Gaulle a rendu aux parlementaires, depuis le 6 mai, leur liberté.

La maladie oblige André Diethelm à résilier sa fonction de président du groupe au profit de Jacques Chaban-Delmas le 9 juillet 1953. En novembre, il ne peut se déplacer pour témoigner devant la Commission parlementaire sur le trafic des piastres.

André Diethelm est décédé le 11 janvier 1954 à Paris.

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Photo de M. André DIETHELM,
Appartenance politique
Groupe du Rassemblement du Peuple Français
Etat-civil
Né le 3 juillet 1896
Décédé le 11 janvier 1954
Profession
Inspecteur des Finances
Département
Seine-et-Oise