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LEFRANC Serge

Ancien sénateur de la Seine-et-Oise

  • IVème République

    Ancien sénateur de la
    IVe République

Election

  • Elu le 8 décembre 1946
  • Fin de mandat le 7 novembre 1948 (Ne se représente pas)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

LEFRANC (Serge)

Né le 21 mars 1903 à Boissy-la-Rivière (Seine-et-Oise)

Décédé le 29 mai 2000 à Etampes (Essonne)

Conseiller de la République de Seine-et-Oise de 1946 à 1948

Orphelin à l'âge de sept ans, Serge Lefranc a eu une enfance modeste. Subissant l'épreuve de l'injustice sociale, il se jure alors de lutter pour que le moins d'hommes possible subissent de telles épreuves. Cette soif de combattre l'inégalité le mène à adhérer au parti socialiste en 1917 et au parti communiste en 1921.

Il commence sa carrière professionnelle comme ouvrier meunier puis monte un commerce de volailles qui lui apporte une plus grande aisance financière. Grand défenseur des intérêts du monde rural, il est l'un des créateurs de l'Office du blé qui deviendra si célèbre par la suite.

Mais Serge Lefranc n'en oublie pas pour autant les différences sociales qui l'entourent. Il détermine en tant que communiste les ennemis qu'il doit combattre en priorité, à l'intérieur comme à l'extérieur, à savoir le fascisme et les trusts. Dans les années trente, il décide de s'engager plus activement en politique et il est élu conseiller municipal de Saclas. Mais sa vision de la politique est plus vaste ; il prend parti sur les questions internationales et dénonce autant la non-intervention en Espagne que la rencontre de Munich.

Puis la guerre, qu'il avait prévue, éclate. Il est mobilisé en 1939 en tant que pilote et est blessé. De retour à Saclas, il apprend qu'Edouard Daladier l'a déchu de sa fonction de conseiller municipal qu'il occupait depuis 1929. Serge Lefranc décide alors d'organiser le groupe de Résistance dans la région d'Etampes. Un commerçant l'avertit que la Gestapo cherche à l'arrêter. Prenant le fuite, il connaît la vie des francs-tireurs : il est blessé par les Allemands lors d'une embuscade. En 1944, il est nommé président du Comité départemental de libération de Seine-et-Oise, puis d'Ile-de-France.

Une fois la France libérée, Serge Lefranc reçoit la rosette de la Résistance et la croix de guerre avec palme. Puis le général de Gaulle le charge de la réorganisation et de la reconstruction de son département. Il entreprend ce projet dès son élection à la mairie de Saclas et au conseil général pour le canton de Méréville en 1945.

Elargissant encore la portée de son action, il est élu au Conseil de la République le 8 décembre 1946. Mais ses objectifs politiques demeurent les mêmes que ceux qu'il s'était assignés étant enfant : assurer à tous la justice sociale. Au Conseil de la République, où il remplit la fonction de questeur, il est nommé à la commission du ravitaillement et à la commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions.

Il intervient pour défendre les intérêts des petits et moyens commerçants, des industriels et des artisans, des familles et, notamment, pour supprimer les manifestations de luxe inopportunes et pour faire percevoir une taxe sur les transactions par l'administration locale des contributions indirectes. Il dépose un amendement tendant à introduire un abattement pour les contribuables soumis à de petits forfaits. Il appelle enfin le gouvernement à prendre des mesures en faveur des femmes seules chargées d'enfants pour leur assurer une vie normale, ou à prendre des mesures pour baisser les tarifs ferroviaires pour les colonies de vacances.

Son activité en tant que membre de la commission du ravitaillement est également très dense. Il incite le Gouvernement à prendre des mesures en vue d'assurer aux Français le pain quotidien. Pour mener à bien cette exigence apparemment irréalisable, il faut remettre sur pieds l'agriculture française et notamment ensemencer le même nombre d'hectares qu'avant la guerre. Selon Serge Lefranc, la situation d'après guerre est le résultat d'une politique agricole incohérente. Il intervient sur la mise en place des engrais de printemps et pour encourager la culture du blé et du seigle, il préconise l'établissement d'une prime à l'hectare. Le Gouvernement peut ainsi créer des ressources nouvelles pour les collectivités locales. Il s'agit aussi de protéger les professions rurales : outre son rapport sur le projet de loi instituant une carte d'acheteur pour les professionnels du bétail, il dépose en 1948 une proposition de loi pour assurer la liberté totale du commerce aux fruitiers détaillants.

Pour Serge Lefranc, la bonne répartition des productions et l'aide apportée aux plus démunis ne peuvent être assurée que par l'Etat. Celui-ci doit réglementer le travail et rendre ses institutions transparentes. Serge Lefranc se prononce ainsi en faveur de la publication des comptes-rendus des comités secrets du Sénat. Lors des séances, il intervient à plusieurs reprises pour des rappels au règlement. De même, il exige une totale transparence des processus de remplacement des conseillers de la République, et rédige un rapport sur le renouvellement des conseils généraux.

Celui que ses amis ont surnommé « la mitrailleuse » pour ses arguments acérés qu'il utilise afin de déstabiliser ses interlocuteurs a eu au Conseil de la République une activité parlementaire particulièrement importante. Outre ses rapports et propositions de résolution, il a été présent en séance sur de nombreux sujets épineux propres à l'après-guerre. Pourtant, comme nombre de ses collègues communistes, son mandat s'achève après deux courtes années. Il n'est en effet pas réélu lors des élections du 7 novembre 1948.

Serge Lefranc se consacre alors à Saclas et sa région. Après une vie bien remplie, il meurt le 29 mai 2000 à Etampes à l'âge de 97 ans.

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Photo de M. Serge LEFRANC,
Appartenance politique
Groupe Communiste
Etat-civil
Né le 22 mars 1903
Décédé le 29 mai 2000
Profession
Négociant en vollailles
Département
Seine-et-Oise