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AUBERT Emile

Ancien sénateur des Basses-Alpes

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 23 septembre 1962
  • Fin de mandat le 22 août 1969 (décédé)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe Socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

AUBERT (Emile)

Né le 28 juillet 1906 à Romette (Hautes-Alpes)

Décédé le 22 août 1969 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Sénateur des Basses-Alpes de 1948 à 1958

Après des études à Avignon et à Aix-en-Provence, Emile Aubert obtient le diplôme d'ingénieur de l'Ecole nationale des arts et métiers d'Aix-en-Provence. Son père travaillant dans la mécanique automobile, Emile Aubert passe quelques années en Algérie, pour lancer la fabrication de boîtes de vitesse d'un type nouveau. Rentré en métropole, il se consacre à la recherche dans l'industrie mécanique et dépose plusieurs brevets d'invention. Il devient également l'ingénieur conseil de plusieurs sociétés aéronautiques, dont la société Breguet. Emile Aubert sera, après la guerre, le président de la Société mécanique et industrielle, puis le gérant de la société Ascenseurs Schlieren Suresnes, enfin le directeur général de la société Ascinter-Otis. Mais auparavant, il est, à partir de 1942, l'un des principaux organisateurs de la Résistance dans la région de Barcelonnette, d'abord comme chef de secteur des FFI de l'Ubaye, puis comme chef du district Ubaye-Verdon. Le 28 août 1944, il est désigné par les mouvements de résistance comme maire de Barcelonnette, et membre du comité de libération des Basses-Alpes.

Durant l'hiver 1944-1945, il s'engage dans la première Armée Française ; grièvement blessé lors d'un engagement dans la haute vallée de l'Ubaye, le 24 avril 1945, il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur, la croix de guerre et la médaille de la Résistance.

Elu, le 7 novembre 1948, au Conseil de la République, sur la liste SFIO des Basses-Alpes, Emile Aubert est réélu, le 19 juin 1955, sur la même liste. Longtemps membre de la Commission de la production industrielle et de la Commission des moyens de communication et des transports, qu'il présidera de 1952 à 1955, Emile Aubert consacrera la plus grande partie de ses interventions aux grands problèmes économiques et financiers de l'après-guerre. Aux élections cantonales de 1958, il est élu conseiller général du canton de Saint-Paul. Parallèlement à ses activités politiques, il préside, de 1955 à 1958, la Commission de normalisation au conseil supérieur de la Recherche scientifique.

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Ve République

AUBERT (Emile)

Né le 23 juillet 1906 à Romette (Hautes-Alpes)

Décédé le 22 août 1969 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Sénateur des Basses-Alpes de 1948 à 1969

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome I, p. 415)

Représentant le département des Basses-Alpes au Conseil de la République depuis 1948, Emile Aubert sollicite le renouvellement de son mandat lors des premières élections au Sénat organisées le 26 avril 1959 par la toute jeune Ve République. Candidat sans étiquette, il est très aisément réélu dès le premier tour de scrutin : il obtient 246 voix sur 405 suffrages exprimés, ses trois autres adversaires se partageant le reste des voix.

Il se porte de nouveau candidat le 23 septembre 1962 devant les grands électeurs bas-alpins. Ceux-ci le plébiscitent véritablement puisqu'avec 336 voix sur 380 suffrages exprimés lors du premier tour de scrutin, Emile Aubert réunit sur son nom une majorité exceptionnelle de 88 % des voix. Le seul autre candidat, Fernand Granet, n'obtient que 44 voix. Emile Aubert est ainsi l'un des sénateurs les mieux élus de France.

Au Palais du Luxembourg, il s'inscrit au groupe socialiste, dont il était déjà membre au Conseil de la République, et siège successivement dans plusieurs commissions. Il est d'abord membre de celle des affaires sociales de 1959 à 1966, puis de la commission des affaires économiques et du Plan de 1966 à 1968. Enfin, il entre à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées en novembre 1968 et en fait partie jusqu'à son décès, en août 1969.

Très apprécié de ses collègues sénateurs pour sa « courtoisie simple et charmante », son « affabilité légère et discrète », sa « modestie naturelle et toute spontanée » et sa « droiture » selon les mots du président du Sénat Alain Poher lors de l'éloge funèbre qu'il prononce en 1969, Emile Aubert se montre très assidu, aussi bien en commission que dans l'hémicycle sénatorial. Il est en revanche d'une grande discrétion en séance publique de 1959 à 1969, alors qu'il intervenait fréquemment à la tribune de la Haute Assemblée sous la IVe République. Il dépose toutefois en 1959 une proposition de résolution sur un sujet qui lui est cher : elle tend à inviter le Gouvernement à déposer un projet de loi en vue de protéger la production, à l'échelle familiale, de la lavande et du lavandin, culture emblématique de la Haute Provence.

En février 1960, Emile Aubert vote contre la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie, loi soumise à l'examen des parlementaires à la suite de la semaine des barricades à Alger. Le sénateur des Basses-Alpes craint que le pouvoir conféré au Gouvernement pour agir en Algérie ne menace la démocratie, parce qu'il n'est pas limité à « la répression des menées antirépublicaines » et à « l'application de la politique d'autodétermination », ainsi qu'il l'explique dans une lettre adressée à l'ensemble des maires bas-alpins. Le même souci d'éviter une dérive vers un régime autoritaire avait déjà conduit Emile Aubert en septembre 1958 à voter « non » au référendum sur l'institution de la Ve République. Il se prononce toutefois en faveur de deux réformes de société essentielles proposées ensuite par le gouvernement gaulliste : la loi portant réforme des régimes matrimoniaux en 1965 et la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances en 1967.

Parallèlement à son mandat de sénateur, Emile Aubert consacre une grande part de son temps au département des Basses-Alpes et plus particulièrement à sa chère vallée de l'Ubaye. Ancien maire de Barcelonnette qui demeure sa commune de résidence, il est conseiller général du canton montagnard de Saint-Paul-sur-Ubaye de 1958 à 1964. Cet amoureux des montagnes de la Haute Provence, qui continue longtemps de les arpenter en dépit de la perte d'une jambe lors de la guerre, se préoccupe constamment du développement et de la protection de sa région majoritairement rurale. C'est dans le but de préserver l'habitat rural qu'il crée en 1951 dans les Basses-Alpes le premier gîte rural en France : ces gîtes doivent permettre aux paysans de compléter leurs revenus en accueillant des touristes. Par la suite, il fonde en 1955 la Fédération nationale des gîtes ruraux.

Membre du Conseil supérieur de la recherche scientifique et du progrès technique à partir de 1954, présidant aux destinées de la société mécanique et industrielle et à celles de la société des ascenseurs Schlieren-France, Emile Aubert se voit également confier la direction de la société Ascinter-Otis, regroupement des grandes firmes de fabrication d'ascenseurs, dans le but de les lier à l'industrie européenne du Marché commun naissant. Il soutient en outre activement la fondation Vibert pour les jeunes artistes et écrivains au château de Lourmarin, situé dans le département du Vaucluse. Il est élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur en reconnaissance de l'ensemble de son action.

A la fin des années soixante, le sénateur des Basses-Alpes se consacre aux activités de la Convention des institutions républicaines, club fondé par François Mitterrand en 1964. Désireux de refonder la doctrine et les principes d'action de la gauche par le biais des clubs politiques, en pleine floraison dans les années 1960, Emile Aubert appartient au présidium de la Convention des institutions républicaines, après avoir successivement dirigé la Ligue pour le combat républicain puis le Centre d'action institutionnelle. Signataire de la charte de la fédération de la gauche démocrate et socialiste en 1965, il est l'un des fidèles compagnons de François Mitterrand. Ce dernier n'hésite du reste pas à reconnaître à la fin de son ouvrage, Ma part de vérité, publié en 1969 : « Quand je doute de moi-même, j'aime appeler Emile Aubert ».

Le 22 août 1969, victime d'un infarctus du myocarde, Emile Aubert décède brutalement à l'âge de soixante-trois ans, à Marseille, où il avait été transporté d'urgence. Il s'éteint ainsi après avoir siégé vingt et une années consécutives à la Haute Assemblée. Il est remplacé au siège de sénateur des Basses-Alpes par son suppléant Maxime Javelly, conseiller général des Basses-Alpes et maire de Riez.

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Photo de M. Emile AUBERT, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 29 juillet 1906
Décédé le 22 août 1969
Profession
Industriel
Département
Basses-Alpes