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BARRACHIN Edmond

Ancien sénateur de la Seine
  puis des Hauts-de-Seine

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959 (Seine)
  • Réélu le 22 septembre 1968 (Hauts-de-Seine)
  • Fin de mandat le 8 novembre 1975 (décédé)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires culturelles
  • Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès

Extraits de la table nominative :

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1889-1940

BARRACHIN (EDMOND, MARCEL), né le 12 janvier 1900 à Paris.

Député des Ardennes de 1934 à 1936.

Député de la Seine à la 2e Assemblée Constituante en 1946 et à l'Assemblée Nationale de 1946 à 1958.

Ministre d'Etat chargé de la réforme constitutionnelle en 1953-1954. Sénateur de la Seine depuis 1959.

Publiciste, M. Edmond Barrachin a été attaché au Ministère des Colonies du 31 novembre 1929 au 2 mars 1930 et au Ministère du Budget en 1931.

Le 4 novembre 1934, il fut élu député des Ardennes (circonscription de Sedan) à une élection partielle en remplacement d'Etienne Riché, décédé le 31 juillet : au scrutin de ballottage, il obtenait 6.740 suffrages sur 13.201 votants. Au Palais-Bourbon, il s'inscrivit au groupe de la gauche radicale et appartint aux commissions de l'enseignement et des beaux-arts, de l'hygiène, des régions libérées, du commerce et de l'industrie, de la marine militaire. Il déposa deux demandes d'interpellation, 1 une sur le chômage dans la région de Montmédy-Sedan, l'autre sur les responsabilités encourues par le service de santé militaire dans le décès de deux soldats du contingent. Le 25 juin 1935, il intervint sur la demande de discussion immédiate de la proposition de résolution de Bracke qui tendait à charger la Commission du suffrage universel d'élaborer dans la huitaine un projet de réforme électorale instituant, pour les élections législatives, le scrutin de liste avec représentation proportionnelle, juste, loyale, sans prime ni panache. Dénonçant l'instabilité gouvernementale, il soulignait que la question mettait en jeu le destin même des institutions parlementaires et, reprochant au scrutin d'arrondissement à deux tours de rapprocher des hommes que rien n'unit, sinon le désir de se faire élire, il s'écriait : « Si la nouvelle Chambre était élue contre quelque chose, et non pour quelque chose, si la majorité se révélait impuissante à soutenir un gouvernement, s'il fallait continuer à accepter cette formule des pleins pouvoirs et des vacances parlementaires perpétuelles, je ne suis pas sûr que le régime républicain pourrait continuer à vivre ». Ainsi M. Barrachin attachait-il dès cette époque une importance primordiale au problème des institutions qui devait tenir, par la suite, une si grande place dans son activité publique.

Aux élections générales des 26 avril et 3 mai 1936, si, au premier tour, il réussit à distancer de quelque 2.500 voix son concurrent le plus favorisé, Gabriel Delattre, celui-ci l'emporta, au second avec 7.776 voix contre 6.228 à lui-même. Durant la période qui suit, M. Barrachin milite activement au parti social français, dont il dirige le bureau politique du 19 octobre 1936 jusqu'à la guerre. Il collabore à plusieurs journaux antimarxistes édités sous l'égide de ce parti. Engagé volontaire en 1939, il est fait prisonnier, mais s'évade, réussit à quitter la France pour l'Afrique du Nord et s'enrôle dans les forces française libres. Sa brillante conduite lui vaut deux citations, dont une à l'ordre de l'armée, la médaille militaire, la croix de guerre 1939-1945 avec palme et la médaille des évadés, Le 2 juin 1946, tête de liste du parti républicain de la liberté (P.R.L.) dans le 5e secteur de la Seine, il est élu membre de la deuxième Assemblée Nationale constituante. Le 10 novembre de la même année, ses électeurs lui renouvellent leur confiance. Il est, à l'Assemblée Nationale, vice-président du groupe du P.R.L. Devenu membre du conseil de direction du rassemblement du peuple français (R.P.F.), il préside l'intergroupe parlementaire de ce mouvement. C'est en tête d'une liste R.P.F., sur laquelle il est suivi de MM. Maurice-Rokanowski et Caillet, qu'il est réélu, le 17 juin 1951, avec 28,5 % des suffrages exprimés. Il est vice-président du groupe R.P.F. Mais en 1952, il soutient l'investiture de M. Pinay et, en. désaccord avec le général de Gaulle, fonde le groupe d'Action républicaine et sociale (A.R.S.), dont il est désigné comme président (juillet 1952). Il est Ministre d'Etat chargé de la réforme constitutionnelle dans le cabinet Laniel (28 juin 1953-19 juin 1954). En octobre 1953, il a été élu secrétaire général du parti de l'A.R.S. Aux élections du 2 janvier 1956, toujours dans le 5e secteur, il est, avec 12,3 % des suffrages exprimés, le seul élu de la liste d'union des indépendants, A.R.S. et républicains nationaux, dont il a pris la tête; avec agrément du Centre national des indépendants,. paysans et A. R. S. Il s'inscrit au groupe des indépendants et paysans d'action sociale. Le 22 juillet 1958, il est désigné-par la Commission du suffrage universel pour représenter l'Assemblée Nationale au Comité consultatif constitutionnel chargé de préparer une nouvelle constitution.

Aux élections au scrutin uninominal du 30 novembre 1958, il se présente dans la 35e circonscription de la Seine (Courbevoie - La Garenne - Colombes). Il arrive à peu près à égalité, au premier tour, avec le candidat communiste et le candidat U . N . R. ; mais, au second tour, celui-ci le Dr Edmond Pezé, conseiller général - emporte le siège avec plus de 7.000 voix d'avance.

De 1946 à 1958, M. Barrachin a appartenu à plusieurs grandes Commissions, dont celle du Suffrage universel, qu'il présida plusieurs années. On aurait peine a trouver un débat sur l'organisation des pouvoirs publics et sur les institutions dans lequel il ne soit pas intervenu - et ces débats ont été nombreux, qu'il s'agisse de l'Assemblée de l'Union française, de la loi électorale, des conseils généraux et municipaux, du renouvellement des assemblées législatives, de la dissolution de l'Assemblée nationale ou des réformes constitutionnelles. De même, il s'est constamment préoccupé du fonctionnement de l'Assemblée, de son règlement et de ses méthodes de travail. C'est sur son rapport que l'Assemblée décida l'installation d'un système de vote électronique. Il a déposé, sur tous ces sujets, nombre de propositions et de rapports. Mais son activité n'à pas été moins grande en matière de politique générale. A maintes reprises, il demanda a interpeller le gouvernement, fut entendu sur ces demandes et participa à la discussion d'interpellations - les siennes ou d'autres. Il prit aussi la parole -dans plusieurs débats sur l'investiture -de présidents du conseil désignés et sur des questions de confiance. En matière sociale, il est intervenu principalement, par la parole ou par l'écrit, en faveur du relèvement du niveau de vie des économiquement faibles, du reclassement des ouvriers licenciés des entreprises de constructions aéronautiques, du relèvement des crédits destinés aux anciens combattants et victimes de guerre. Mentionnons encore, pour compléter le tableau d'une activité que nous ne saurions ici retracer en détail, d'importantes interventions en matière économique et financière et sur l'Afrique du Nord. Outre les fonctions que nous avons rappelées, M. Barrachin a rempli celles de secrétaire-général adjoint de l'Institut de recherches économiques et politiques et de président du comité national d'études pour la réforme de la constitution.

Le 26 avril 1959, il a été élu sénateur de la Seine avec 1.270 des 6.003 suffrages exprimés ; il s'est inscrit au groupe des. républicains indépendants.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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Ve République

BARRACHIN (Edmond)

Né le 12 janvier 1900 à Paris

Décédé le 8 novembre 1975 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)

Député des Ardennes de 1934 à 1936

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Seine)

Député de la Seine de 1946 à 1958

Ministre d'Etat chargé de la réforme constitutionnelle du 28 juin 1953 au 19 juin 1954

Sénateur de la Seine de 1959 à 1968 puis des Hauts-de-Seine de 1968 à 1975

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, pp. 469-470 et deuxième partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome II, pp. 259-260)

Battu aux élections législatives du 30 novembre 1958 dans la 35e circonscription de la Seine, Edmond Barrachin décide de solliciter un mandat de sénateur lors du scrutin du 26 avril 1959 qui voit le renouvellement complet de la Haute assemblée. Il conduit la liste d'Union pour la défense des intérêts du département de la Seine présentée par le Centre national des indépendants et le Centre républicain qui recueille 1 270 voix sur 6 003 suffrages exprimés et remporte 5 sièges. Après quatorze années passées sur les bancs du Palais Bourbon, Edmond Barrachin fait donc son entrée au Palais du Luxembourg. Il est ensuite réélu lors du renouvellement sénatorial du 22 septembre 1968. La liste d'Union centriste progrès et démocratie qu'il dirige dans les Hauts-de-Seine obtient 385 voix sur 1 564 suffrages exprimés, ce qui lui octroie deux sièges au Sénat.

Dès son arrivée à la Haute Assemblée, Edmond Barrachin s'inscrit au groupe des Républicains indépendants. Il le préside de 1961 à 1964 avant d'en être désigné président d'honneur. Après les élections de 1968, il siège au sein du nouveau groupe de l'Union centriste des démocrates de progrès (UCDP). Il appartient à la commission des affaires étrangères de 1959 à 1974, puis à celle des affaires culturelles de 1974 à 1975.

S'étant déjà trouvé en désaccord avec le général de Gaulle sur l'attitude à adopter à l'égard de la IVe République, ce qui l'avait conduit à quitter le Rassemblement du peuple français (RPF) en 1952, il s'en démarque de nouveau sur la question algérienne. Après l'avoir dans un premier temps approuvée, il s'oppose à la politique d'autodétermination promue par l'homme du 18 juin. En février 1960, il se prononce également contre la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie. Par la suite, il dénonce à plusieurs reprises en séance publique au Sénat l'évolution vers une « Algérie algérienne ».

Surtout, Edmond Barrachin n'a de cesse de s'élever contre les atteintes portées aux prérogatives du Parlement. Il estime en novembre 1960 que « le pouvoir exécutif écrase le pouvoir législatif ». S'inquiétant de l'accroissement des pouvoirs du général de Gaulle, il juge en décembre 1960 que si « un homme peut être exceptionnel, [...] cela ne signifie pas qu'il soit infaillible ». Il n'est donc pas étonnant de le voir prendre position en faveur du « non », en 1962, lors du référendum sur l'élection du président de la République au suffrage universel. Il critique par ailleurs la personnalisation de la politique extérieure conduite par le général de Gaulle.

Membre du comité directeur du centre national des indépendants et paysans (CNIP), Edmond Barrachin soutient ensuite activement, en 1965, la candidature de Jean Lecanuet à l'élection présidentielle. L'année suivante il fonde avec lui le Centre démocrate et fait partie de son bureau exécutif de 1967 à 1973. En 1969, il préconise une réponse négative au référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat soumis aux électeurs par le général de Gaulle.

En dépit de la distance qui le sépare souvent de la politique gaulliste et qu'il exprime régulièrement à la tribune du Sénat, Edmond Barrachin ne se mue pas en opposant systématique. Il vote ainsi en faveur de la loi portant réforme des régimes matrimoniaux (1965), de la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances (1967) et de la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat (1973). Il se prononce en revanche contre la loi portant création et organisation des régions (1972). Par la suite, il vote pour plusieurs réformes de société proposées au début du septennat de Valéry Giscard d'Estaing : la loi fixant à dix-huit ans l'âge de la majorité (1974), la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse (1974) et la loi portant réforme du divorce (1975).

Ancien ministre d'Etat chargé de la réforme constitutionnelle et membre du comité consultatif constitutionnel mis en place au cours de l'été 1958 pour préparer la Constitution de la Ve République, Edmond Barrachin est surtout un éminent spécialiste des problèmes constitutionnels et électoraux. Ce brillant orateur prend souvent la parole en séance publique à ce propos. Maîtrisant les mécanismes électoraux dans leurs moindres détails, il participe à la discussion du projet de loi modifiant et complétant le code électoral en décembre 1966. Il interpelle également le Premier ministre Georges Pompidou en octobre 1962 sur la nécessité de procéder à une révision anticipée des listes électorales de façon à permettre l'intégration la plus rapide au corps électoral des Français d'Algérie rapatriés.

Tout au long de son mandat de sénateur, Edmond Barrachin se préoccupe en outre constamment de la vie parlementaire et plus particulièrement de celle du Sénat. Il s'exprime ainsi sur la conférence des présidents, la modification de l'article 28 de la Constitution concernant les dates d'ouverture des sessions parlementaires ou la procédure de remplacement des parlementaires.

Ne s'intéressant pas qu'aux questions constitutionnelles et électorales, il intervient également sur des sujets variés, tels que la loi de programme relative à certains équipements militaires, le budget des anciens combattants ou le IVe plan de développement économique et social.

Plusieurs alertes de santé très sérieuses le tiennent cependant de plus en plus éloigné du Palais du Luxembourg. Finalement, le 8 novembre 1975, Edmond Barrachin s'éteint dans sa soixante-seizième année, à Boulogne-Billancourt. Son suppléant Robert Parenty, conseiller général du canton de Neuilly, lui succède au fauteuil de sénateur des Hauts-de-Seine.

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Photo de M. Edmond BARRACHIN, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès
Etat-civil
Né le 12 janvier 1900
Décédé le 8 novembre 1975
Profession
Publiciste
Département
Hauts-de-Seine