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BOULARD Jean-Claude

Ancien sénateur de la Sarthe

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 28 septembre 2014
  • Fin de mandat le 30 septembre 2017 (démissionnaire)

Fonctions antérieures

  • Député de la Sarthe

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des finances
  • Membre du Groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République


BOULARD (Jean-Claude)

Né le 28 mars 1943 à Nantes (Loire-Inférieure)

Décédé le 31 mai 2018 au Mans (Sarthe)

Député de la Sarthe de 1988 à 1993 et de 1997 à 2002

Sénateur de la Sarthe de 2014 à 2017

Fils d'enseignant, Jean-Claude Boulard voit le jour le 28 mars 1943 à Nantes mais passe toute son enfance à Saint-Marceau, commune rurale située à une vingtaine de kilomètres au nord du Mans. Il effectue ensuite toute sa scolarité secondaire au lycée Henri-IV, à Paris, avant d'étudier à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il sort diplômé, et d'obtenir une licence de sociologie à la faculté des lettres de Paris.

Élève de 1966 à 1968 à l'École nationale d'administration, au sein de la promotion Turgot, il est affecté, à sa sortie, au Conseil d'État comme auditeur, avant d'en devenir maître des requêtes en 1975. S'il est chargé de mission au Commissariat au Plan (1971-1974), puis adjoint au secrétaire général de la Marine marchande (1974-1978), il passe l'essentiel de sa carrière de haut-fonctionnaire au sein du Conseil d'État jusqu'à son admission à la retraite en 2004. Il préside par ailleurs l'Institut universitaire de technologie de l'université du Maine de 1977 à 1993.

Il entre également en politique. Marqué par la lutte contre la guerre en Algérie et pour la décolonisation, il s'engage aux côtés de Michel Rocard au sein du Parti socialiste unifié. En 1971, il obtient son premier mandat électif comme conseiller municipal de Saint-Marceau. Devenu adhérent du Parti socialiste après le congrès d'Épinay, il est élu conseiller général du canton de Ballon en 1976. Il siège ensuite sans interruption au conseil général de la Sarthe jusqu'en 2001.

Candidat aux élections municipales de 1983 au Mans à la tête d'une liste d'union du Parti socialiste et du Mouvement des radicaux de gauche, il est choisi comme adjoint au maire par le communiste Robert Jarry, réélu à l'issue du scrutin. En 1983, il devient également président de la communauté urbaine du Mans, fonction qu'il exerce jusqu'à son décès. Il est aussi conseiller régional des Pays de la Loire de 1983 à 1988.

À deux reprises, de 1981 à 1983 puis en 1988, il est directeur de cabinet du ministre de la Mer du gouvernement de Pierre Mauroy, Louis Le Pensec, rocardien comme lui. Au PS, il occupe différentes responsabilités : membre du comité directeur du parti (1985-1993) et secrétaire national aux affaires sociales (1988-1992).

Après la réélection de François Mitterrand à la Présidence de la République, il fait son entrée au Parlement, devenant député de la Sarthe lors des élections législatives de juin 1988. Candidat sous l'étiquette de la majorité présidentielle, il l'emporte avec 50,12 % des suffrages exprimés au second tour contre 44,19 % à Georges Bollengier-Stragier, le député UDF sortant.

Au Palais-Bourbon, il s'inscrit au groupe socialiste. Un temps membre de la commission des Affaires étrangères (juin-septembre 1988), il siège ensuite à celle des Affaires culturelles, familiales et sociales (septembre 1988-mars 1993).

Ce « défenseur acharné des mal-lotis », comme le qualifie son ami Michel Rocard, devenu Premier ministre en mai 1988, consacre l'essentiel de son action de député, lors de la IXe législature (1988-1993), aux questions sociales. Il s'implique particulièrement en 1988 en faveur de l'adoption de la loi relative au revenu minimum d'insertion, à la conception de laquelle il prend part. À ses yeux, l'instauration de cette allocation constitue « un progrès décisif dans notre dispositif de protection sociale » par lequel « l'on passe de l'assistance à la solidarité1 ». Il présente également des rapports sur différentes questions sociales : l'accueil par des particuliers de personnes âgées ou handicapées adultes (1989), les cotisations sociales d'assurance vieillesse (1990), les assurances sociales (1990) et la création du Fonds de solidarité vieillesse (1992). La commission des affaires culturelles lui confie, en 1991, la rédaction d'un rapport d'information sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Il intervient aussi en séance publique sur le financement des pensions de retraites (1990 et 1991) ou les allocations de chômage (1992). Le président de la communauté urbaine du Mans, ville accueillant l'une des plus fameuses courses automobiles, dépose par ailleurs, en 1989, une proposition de loi tendant à rétablir l'autorité de l'État sur l'organisation de cette compétition. En 1992, il approuve la loi constitutionnelle ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne » (Maastricht).

Il brigue le renouvellement de son mandat aux élections législatives de mars 1993. Au premier tour, il ne réunit que 24,80 % des suffrages exprimés, devancé par l'ancien député RPR Pierre Gascher sur lequel se portent 30,45 % des voix. Il est ensuite nettement battu au second tour, n'obtenant que 41,72 % des suffrages exprimés contre 58,28 % pour le maire gaulliste de Marolles-les-Braults. Après cette défaite, il réintègre le Conseil d'État.

Il reconquiert cependant le siège de député de la cinquième circonscription de la Sarthe lors des élections législatives des 25 mai et 1er juin 1997, provoquées par la dissolution anticipée de l'Assemblée nationale par Jacques Chirac. Arrivé en tête lors du premier tour avec 33,35 % des suffrages exprimés, il s'impose au second avec 52,15 % des voix contre 47,85 % pour Dominique Le Mener, conseiller municipal RPR du Mans.

De retour à l'Assemblée nationale, il retrouve le groupe socialiste et la commission des Affaires culturelles. Au cours de ce second mandat, le député sarthois s'intéresse de nouveau principalement aux questions sociales. Rapporteur pour avis du budget de l'Emploi pendant toute la XIe législature (1997-2002), il présente aussi en 1997 le rapport sur le projet de loi qui instaure les emplois-jeunes. En outre, après s'être vu chargé en 1998 par Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, d'une mission temporaire sur la création d'une couverture maladie universelle, il rapporte la même année la loi qui institue cette prestation sociale. Il préside en outre, de 1999 à 2002, le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

Il s'exprime également sur d'autres sujets en séance publique tels que la réforme du service national et la pêche maritime en 1997 ou la suppression d'emplois dans l'usine Philips du Mans en 2001. Il approuve la loi d'orientation et d'incitation relative à la réduction du temps de travail en 1998 et la loi relative au pacte civil de solidarité en 1999.

En juin 2002, il choisit de ne pas se représenter aux élections législatives et de se consacrer pleinement au mandat de maire du Mans qu'il a conquis l'année précédente. Conduisant une liste de la Gauche plurielle, il s'était en effet imposé aux élections municipales de mars 2001 avec 51,65 % des suffrages contre 48,35 % pour le candidat de la droite, Jean-Marie Geveaux. Ainsi, dix-huit ans après avoir obtenu la présidence de la communauté urbaine et avoir fait son entrée au conseil municipal, il prend la succession de R. Jarry à la mairie du Mans. Réélu en 2008 et 2014, il marque le chef-lieu de la Sarthe de son empreinte, y faisant notamment construire deux lignes de tramway et l'espace culturel des Jacobins.

Il brigue un mandat sénatorial aux élections du 28 septembre 2014. Conduisant la liste socialiste d'« Union pour la défense de nos collectivités territoriales » qui arrive en tête du scrutin, avec 26,61 % des suffrages exprimés, il est élu sénateur. Il parvient ainsi à ébranler l'hégémonie de la droite dans la Sarthe qui détenait depuis 1968 les trois sièges sénatoriaux.

Au Palais du Luxembourg, il s'inscrit au groupe socialiste et républicain de 2014 à 2017 avant de rallier le groupe La République en Marche dès sa fondation en 2017. J.-C. Boulard a en effet été l'un des premiers socialistes à apporter son soutien à Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle de 2017 malgré les menaces d'exclusion du parti de la rue de Solférino : il avait l'accueilli le candidat lors de son meeting au Mans dès octobre 2016 avant de se rallier officiellement en janvier 2017.

Au cours de son séjour à la Haute Assemblée, il siège au sein de la commission des Finances, consacrant cependant l'essentiel de son action au Sénat aux questions sociales . Membre suppléant du Haut conseil du financement de la protection sociale, il est rapporteur spécial du budget des régimes sociaux et de retraite de 2014 à 2017. Il s'exprime en séance publique au sujet des logements sociaux en 2014 et des pensions de retraites en 2015.

En 2015 et 2016, il rapporte le projet de loi de règlement du budget et d'approbation des comptes de l'année. Il intervient aussi à propos des relations avec les collectivités territoriales (2014), du système prostitutionnel (2015), de la biodiversité (2016) et des énergies renouvelables (2017).

Il vote la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République en 2015 et les cinq lois prorogeant l'application de l'état d'urgence en 2015 et 2016. Il se prononce en revanche contre la loi constitutionnelle de protection de la Nation (engagement de l'état d'urgence, dépossession de la nationalité française) en 2016.

Le 30 septembre 2017, il démissionne de son mandat de sénateur, conformément à la loi du 14 février 2014 sur le cumul des mandats, afin de continuer à exercer celui de maire du Mans. Il cède alors son siège au Palais du Luxembourg à sa suppléante, Nadine Grelet-Certenais, adjointe au maire de La Flèche et conseillère départementale de la Sarthe.

Le 31 mai 2018, il s'éteint brutalement à l'âge de soixante-quinze ans. Le président de la République Emmanuel Macron salue « à titre personnel, un ami et un soutien de la toute première heure », « épris d'équité et de progrès social, croyant à l'émancipation par le travail », qui « toute sa vie aura fait de l'intérêt général son unique boussole. »

Chevalier de l'Ordre national du Mérite, J.-C. Boulard était aussi un écrivain, auteur de nombreux ouvrages, notamment des romans historiques.

1 : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 5 octobre 1988, p. 692.

Sources

Archives du Sénat : dossier personnel de sénateur ; tableau des élections.

Who's Who in France (plusieurs éditions).

Le Monde, 3 et 4 juin 2018, article nécrologique.

Bibliographie

Dragon (Roland), Imbert (Jean), Tulard (Jean) et Monnier (François) (dir.), Dictionnaire biographique des membres du Conseil d'État. 1799-2002, Paris, Fayard, 2004.

Ouvrages de Jean-Claude Boulard

Les Fondeurs d'Antoigné, Les Sarthois par eux-mêmes, 1983.

L'Épopée de la sardine, Éditions Ouest-France, 1991.

Pêcheurs d'hier, Éditions Ouest-France, 1993.

Le Charretier de la ravissante, Éditions Ouest-France, 1996.

Les Aventuriers de la langouste verte, Éditions Ouest-France, 1996.

Le Curé de Sainte-Colombe, Libra Diffusio, 2000.

La Langouste d'or, Libra Diffusio, 2001.

Le Maître des mots, Libra Diffusio, 2002.

Chroniques de Finuchietti, Libra Diffusio, 2003.

Éloge de la morue, Libra Diffusio, 2005.

H ou le roman d'une vie, Libra Diffusio, 2009.

Voyage au pays des juges, Éditions Intervalles, 2010.

Aliénor, une femme de pouvoir, Libra Diffusio, 2013.

Le Voyage à l'envers, Libra Diffusio, 2015.

La rencontre au sommet ou Le changement, c'est quand ?, Libra Diffusio, 2016.

Fragments ou les petites leçons de la vie, Libra Diffusio, 2019.

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article138430, notice MALÉCOT Aimé, Léon par Gilles Morin, version mise en ligne le 1er octobre 2011, dernière modification le 27 avril 2013.

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Photo de M. Jean-Claude BOULARD, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants
Etat-civil
Né le 28 mars 1943
Décédé le 31 mai 2018
Profession
Conseiller d'État
Département
Sarthe