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de LA GONTRIE Pierre

Ancien sénateur de la Savoie

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Fin de mandat le 1er octobre 1968 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale
  • Membre du Groupe de la Gauche Démocratique

Travaux parlementaires

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

LA GONTRIE (Pierre de)

Né le 30 juillet 1902 à La Rochelle (Charente-Maritime)

Décédé le 6 mai 1971 à Chambéry (Savoie)

Sénateur de la Savoie de 1948 à 1958

Après des études de droit, Pierre de La Gontrie s'inscrit en 1930 au barreau de Chambéry. Quelques années plus tard, la seconde guerre mondiale éclate et, dès 1940, Pierre de la Gontrie entre dans la Résistance. Recherché par la Gestapo pour avoir participé à une manifestation gaulliste organisée un 14 juillet, il s'enfuit en Espagne. Il y est alors retrouvé et emprisonné à Pampelune puis au camp de concentration de Urberuaga de Utillo sous le nom de Pierre Garnier, où il est unanimement choisi chef des prisonniers français par ses camarades résistants. Il parvient ensuite à rejoindre la France libre à Alger. Son action a été saluée par la médaille des évadés, la médaille du Maroc et la Légion d'Honneur au titre de la Résistance en 1948.

Entré dans la carrière publique, il est élu conseiller général de la Savoie en 1938, mandat qu'il conservera jusqu'en 1951. Il est également élu président de l'assemblée départementale de 1945 à 1951. Toujours au niveau local, il est conseiller municipal de Chambéry de 1945 à 1947 et maire de Saint Bon-Courchevel à partir de 1959. Pierre de la Gontrie milite avec conviction pour le parti radical socialiste. Une fois au Conseil de la République, il assurera d'ailleurs la présidence du groupe de la gauche démocratique de 1959 à 1968.

Elu au Conseil de la République le 1er novembre 1948, Pierre de la Gontrie devient membre de la commission de l'intérieur et de la commission de la justice et de la législation civile, criminelle et commerciale, dont il sera vice-président en 1951. Il s'y montre soucieux des affaires intérieures. Ainsi, en 1949, il dépose une proposition de résolution pour que le gouvernement vienne en aide aux populations de la Savoie sinistrées par la tornade de mai 1949 et de même, en 1950, pour les agriculteurs de Bonneval victimes d'un incendie et pour les habitants de Villard-sur-Doron, qui ont dû faire face aux conséquences d'un éboulement. Il intervient en faveur d'une modification de la législation sur les logements et les allocations de logement, afin de remédier à la crise du logement. Il tente également de favoriser la construction d'établissements scolaires et d'équipements collectifs. Il soutient enfin l'institution d'un fonds national de solidarité et d'un fonds spécial d'investissement routier qui doit bénéficier à la voirie vicinale et rurale.

Sur le plan du droit et des institutions, il participe pleinement au souci des dirigeants de la IVe République d'adapter la Constitution aux réalités. Pierre de la Gontrie est nommé membre de la commission chargée d'étudier la codification et la simplification des textes législatifs et réglementaires. En 1949, il intervient à propos des opérations électorales du territoire de Belfort et rédige un rapport sur le projet de loi réglementant la propagande électorale lors des élections cantonales. En qualité de vice-président, il intervient en 1952 sur le fonctionnement des services de la justice et en 1954 sur la révision de la constitution.

Homme de son époque, Pierre de la Gontrie s'intéresse aux questions coloniales et à la défense de la France en Europe. Il est nommé membre suppléant de la commission de la France d'outre-mer. Il intervient sur l'organisation et la composition du Haut conseil de l'Union française ainsi que sur la création d'une radiodiffusion réservée aux territoires colonisés. Il est également nommé membre suppléant de la commission de la défense nationale et, à ce titre, participe au contrôle de l'organisation des procès des collaborationnistes devant les tribunaux militaires. Pierre de la Gontrie garde en effet profondément le souvenir de la guerre ; ainsi, il propose une résolution pour que le gouvernement établisse un « martyrologe de la patrie de 1940 à 1945 ».

Enfin, Pierre de la Gontrie s'est toujours attaché à la défense de sa région d'adoption. Ses interventions concernent aussi bien la construction d'un tunnel sous le Mont Blanc que la promotion du ski. Ainsi, en 1950, écrit-il un article dans Est-Matin, pour convaincre les lecteurs de l'enjeu économique que représente le développement du tourisme hivernal et la mise en valeur des stations de ski au même titre que les stations balnéaires. Cet attachement à la Savoie s'est encore manifesté par la question inattendue de Pierre de la Gontrie au ministre des affaires étrangères en voyage à Rome sur le statut du territoire de la région du Mont-Cenis rattaché à la Savoie, et donc à la France, par un traité de paix de 1947, qui serait éventuellement abandonné par la France à l'Italie. Ces interventions sont représentatives de l'activité riche de Pierre de la Gontrie au Sénat, activité qui se poursuivra jusqu'en 1968 lorsqu'il décide de ne pas se représenter.

Les 2 et 3 juin 1958, Pierre de La Gontrie vote en faveur des pleins pouvoirs au gouvernement du général de Gaulle et de la révision de la Constitution.

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Ve République

LA GONTRIE (Pierre MOSSION de)

Né le 30 juillet 1902 à La Rochelle (Charente-Maritime).

Décédé le 6 mai 1971 à Chambéry (Savoie).

Sénateur de la Savoie de 1948 à 1968.

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome V, p. 37-38).

Battu aux élections cantonales d'avril 1955 à Bourg-Saint-Maurice, Pierre de La Gontrie ne dispose plus de mandat local en 1958. Il se présente avec succès comme tête de liste aux élections municipales de mars 1959 à Saint-Bon-Tarentaise. Son objectif est d'achever, comme maire, ce qu'il avait initié comme président du Conseil général avant 1951 : le développement des trois stations de ski de Courchevel. Pierre de La Gontrie sollicite le renouvellement de son mandat sénatorial à l'occasion des élections du 26 avril 1959. Il se présente aux suffrages des grands électeurs avec son collègue Paul Chevallier, élu de Chambéry, et affronte au premier tour une liste de droite modérée emmenée par l'industriel Paul de Lavareille, suppléant du député Jean Delachenal. Ayant obtenu 343 voix sur 761 au premier tour, le maire de Saint-Bon-Tarentaise bénéficie du retrait de la liste communiste en sa faveur. Il est réélu sénateur de la Savoie au second tour de scrutin.

Ce juriste retrouve en mai 1959 la vice-présidence de la commission des lois constitutionnelles, de la législation, du suffrage universel, du règlement et de l'administration générale, qui succède notamment à l'ancienne commission de la justice. Ses collègues radicaux le choisissent pour présider le groupe de la Gauche démocratique au printemps 1959.

Quoiqu'il ait voté en faveur des pleins pouvoirs et de la révision constitutionnelle le 2 juin 1958, Pierre de La Gontrie évolue vers une opposition de plus en plus nette au pouvoir gaullien sous la Ve République. Il intervient dans les débats du Sénat pour dénoncer, en sa qualité de président de groupe parlementaire, le déséquilibre des pouvoirs au bénéfice de l'Exécutif. Lors de la séance publique du 18 novembre 1959, il refuse de céder à la précipitation pour autoriser les poursuites judiciaires à l'encontre de son collègue et ami François Mitterrand quelques semaines après le faux attentat de l'Observatoire. Le sénateur de la Savoie regrette à plusieurs reprises que le Parlement ne soit pas plus largement associé au règlement de l'affaire algérienne, même si, le 3 février 1960, il autorise le gouvernement Debré à prendre certaines mesures exceptionnelles pour maintenir l'ordre en Algérie, au lendemain de la semaine des barricades. Pierre de la Gontrie s'inquiète en particulier du sort des futurs rapatriés d'Algérie et critique l'opacité de la politique gouvernementale en la matière, le 24 octobre 1961.

Après que Gaston Monnerville a parlé de « forfaiture » au congrès du Parti radical à Vichy le 30 septembre 1962, Pierre de La Gontrie s'affirme comme un de ses soutiens les plus fermes de la Chambre haute. Il appelle à voter « non » au référendum d'octobre 1962 sur l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel. Le sénateur de la Savoie ne cesse de dénoncer le manque d'égards du gouvernement Pompidou pour le Sénat et pour son président entre 1962 et 1968. A cette époque, les ministres de plein exercice s'abstiennent dans la plupart des cas d'assister aux débats se déroulant au Palais du Luxembourg. Ils y délèguent souvent un secrétaire d'Etat peu au fait des questions étudiées : Jean de Broglie, Pierre Dumas, Yvon Bourges, Robert Boulin ou Jacques Chirac tiennent à l'occasion ce rôle ingrat en séance publique. Le 29 janvier 1963, Pierre de La Gontrie déplore ainsi, au nom du groupe de la Gauche démocratique, « l'attitude prise à l'égard du Sénat par le Gouvernement, attitude qui est sans précédent et qui est de nature à compromettre l'efficacité du contrôle parlementaire ». L'élu savoyard plaide au contraire pour un meilleur respect de la lettre de la Constitution de 1958. Au titre de la loi fondamentale, le Sénat est défini comme la Chambre des collectivités locales : Pierre de La Gontrie le rappelle lors de la discussion d'une question orale le 11 juin 1963, pour mieux souhaiter que le regroupement des communes envisagé par le Gouvernement garde « un caractère volontaire et libre ». Il estime en outre que « la région ne sera jamais une réalité si les communes et les départements n'y participent pas » et regrette que l'Exécutif envisage la réforme régionale sous un angle trop strictement administratif.

Le sénateur de la Savoie est reconduit à la tête du groupe de la Gauche démocratique au Sénat après les renouvellements de 1962 et de 1965. Si Pierre de la Gontrie regrette que le Sénat, en conséquence de l'abstention gouvernementale, se transforme en « palais mélancolique », il continue d'y prendre la parole sur les sujets juridiques et administratifs au sens large, comme la réforme de la procédure d'adoption (juin 1966) ou les modifications apportées à certains articles du code électoral (novembre 1967). Homme de progrès, il se prononce en faveur de la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965) et de la légalisation de la pilule contraceptive (5 décembre 1967). Son expérience d'élu savoyard le conduit à intervenir dans le débat sur la création d'offices du tourisme dans les stations classées, le 26 juin 1964. Il quitte la vice-présidence de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale le 11 octobre 1967.

Réélu maire de Saint-Bon-Tarentaise en 1965, Pierre de La Gontrie est confronté à la fronde de plusieurs de ses colistiers en mars 1968. A cette date, une majorité de conseillers municipaux remet en effet sa démission pour protester contre les méthodes de gestion du maire, jugées trop personnelles. Pierre de La Gontrie se voit contraint d'abandonner ses fonctions de premier magistrat, quoique beaucoup s'accordent à souligner la qualité de son action au service de sa commune et pour le développement du tourisme hivernal. Il demeure cependant président du syndicat départemental des communes électrifiées de Savoie jusqu'à sa mort.

Privé d'assise locale, Pierre de La Gontrie renonce à solliciter le renouvellement de son mandat à l'occasion des élections sénatoriales du 22 septembre 1968 et se consacre à ses activités d'avocat. Il décède subitement au printemps 1971, âgé de soixante-huit ans.

Sa fille, Marie-Pierre de La Gontrie, perpétue la tradition familiale d'engagement en politique dès le début des années 1980. Collaboratrice du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, elle entre ensuite au Conseil régional d'Ile-de-France et au Conseil de Paris, où elle exerce des responsabilités de première importance.

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Photo de M. Pierre de LA GONTRIE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique
Etat-civil
Né le 30 juillet 1902
Décédé le 6 mai 1971
Profession
Avocat
Département
Savoie