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DURAND Hubert

Ancien sénateur de la Vendée

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Devenu Sénateur le 29 juin 1959 (en remplacement de M. Henri ROCHEREAU)
  • Elu le 22 septembre 1968
  • Fin de mandat le 2 octobre 1977 (non réélu)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires culturelles
  • Membre du Groupe des Républicains et Indépendants

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

DURAND (Hubert, Charles, Georges)

Né le 21 octobre 1910 à La Caillère (Vendée)

Décédé le 12 octobre 1981 à La Roche-sur-Yon (Vendée)

Sénateur de Vendée de 1959 à 1977

Les deux grands pères d'Hubert Durand étaient l'un marchand de boeufs, l'autre forgeron. Ces origines terriennes marquent le futur sénateur de Vendée dont le père exerçait la profession de pharmacien. Après des études à l'Institut catholique d'Angers, le jeune homme s'oriente vers les assurances et il devient en 1942 directeur des Assurances générales pour la Vendée. Le métier de minotier, exercé à Mortagne-sur-Sèvre de 1945 à 1973, sur la rive droite de la sèvre nantaise, au nord du département, au seuil des hauteurs de Gâtine, le conduit vers des responsabilités socioprofessionnelles. Président de la Chambre de commerce et d'industrie de La Roche-sur-Yon de 1951 à son décès, il prend, l'année suivante, la direction des caisses rurales de Crédit mutuel. C'est l'engagement de sa vie. Au moment où il est élu sénateur, il est directeur général de la Fédération régionale des caisses de Crédit mutuel de Vendée, Loire et Sèvres. Il sera, à sa retraite, président de la caisse fédérale de ce même établissement. Ces responsabilités lui ouvrent sa carrière politique. Il est tout naturellement élu conseiller municipal de La Roche-sur-Yon à partir de 1953 puis conseiller général de cette ville à partir de 1958. Au Conseil général, son attention se porte sur les écarts ruraux. Il préside le syndicat départemental d'électrification rurale et celui de l'alimentation en eau potable. Dans un autre registre, il préside aussi la Vendéenne de La Roche-sur-Yon, société sportive et culturelle. Henri Rochereau le choisit comme suppléant pour les élections qui doivent former le Sénat nouveau de la Ve République.

Le 26 avril 1959, au premier tour et au nom de la liste du Centre national des indépendants et paysans, Henri Rochereau obtient 887 voix sur 1 177 inscrits et 1 151 suffrages exprimés. Le 28 juin suivant, Hubert Durand est nommé sénateur en remplacement d'Henri Rochereau devenu ministre de l'agriculture. Le 22 septembre 1968, Hubert Durand est facilement réélu dès le premier tour. S'il obtient 652 voix sur 1 194 inscrits et 1 165 suffrages exprimés, on note néanmoins un recul sensible de son résultat. Le 30 juin 1959, il s'inscrit au groupe des Républicains indépendants. Il appartient, par alternance, à deux commissions permanentes, les affaires sociales (du 2 juillet 1959 à octobre 1961, puis du 4 octobre 1971 à octobre 1974) et les affaires culturelles (du 5 octobre 1961 à octobre 1971, et à partir du 4 octobre 1974).

L'action législative d'Hubert Durand est plus soutenue pendant la première décennie de son mandat que pendant la seconde. Le sénateur de Vendée rapporte d'abord pour avis un texte mineur, le projet de loi relatif aux dispositions transitoires destinées à pallier, en matière de pensions, les conséquences de l'abaissement d'âge des conducteurs de chantier et agents de travaux des ponts et chaussées, le 5 mai 1960. Des problèmes plus conjoncturels retiennent ensuite son attention. Il demande que cinq communes de Vendée soient comprises dans la liste des municipalités obtenant réparation des dommages causés aux biens privés par les inondations. Par contre, son amendement relatif à l'abaissement de 25% à 15% du taux d'indemnisation des immeubles professionnels, du matériel et des stocks pour les industriels, les commerçants, les artisans et les membres des professions libérales est jugé irrecevable (1er décembre 1960). Le 24 novembre 1961, lors de l'examen du budget de l'agriculture, il souhaite que la subvention à la vaccination des bovins contre la fièvre aphteuse soit portée à 1,5 million de francs pour les départements métropolitains. Son activité bancaire explique deux prises de parole. Le 15 novembre 1966, lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1967, le sénateur de Vendée propose d'instituer un abattement de 500 francs sur le revenu des épargnes liquides et un crédit d'impôt correspondant au montant du prélèvement forfaitaire de 25%. Cette proposition est présentée comme une « opération de justice fiscale envers les petits épargnants... opération économique favorable au financement du Ve Plan. » Le directeur du Crédit mutuel se réjouit des obligations d'emploi d'intérêt général ou de caractère social imposées à son établissement lors de l'examen du projet de loi de finances rectificative pour 1975, le 17 décembre 1975. Selon lui, cette disposition complète utilement les possibilités de financement des collectivités locales. Le 5 mai 1976, une ultime intervention concerne, en deuxième lecture, le projet de loi relatif aux sociétés classées pour la protection de l'environnement.

L'information publique intéresse le sénateur de Vendée. L'examen du budget du ministère de l'information lui fournit l'occasion les 27 et 28 novembre 1961, de critiquer le pouvoir gaullien. Si l'emplacement et les locaux du futur Palais de la radio sont inadaptés, si les effectifs pléthoriques de la Radiotélévision française (RTF) sont injustifiés, si une seconde chaîne de télévision est souhaitable au nom de la pluralité, l'orientation publique des actualités est sévèrement jugée. Hubert Durand reproche le « flot des discours officiels dont elle n'est jamais chiche » et le « conformisme officiel et imposé qui est de règle en matière de journal télévisé ou parlé. » Le parlementaire souhaite enfin connaître les projets du Gouvernement avant qu'ils ne paraissent dans la presse. Il atteint le sommet de son oeuvre législative lors qu'il rapporte le projet de loi portant statut de l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) en 1964. Il est nommé membre titulaire de la commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion de ce projet de loi le 16 juin 1964, après avoir été désigné à la place de Jean Fleury en tant que rapporteur en première lecture, le 12 juin 1964. Son rapport comporte des « passages critiques qui se veulent constructifs. » Il soutient un projet qui marque « incontestablement une volonté de libéralisation des rapports entre le Gouvernement d'une part, et la Radiodiffusion-télévision française d'autre part. » Dans ce sens, il dépose des amendements sur la composition du conseil d'administration, sur la nomination du directeur général par décret pris en conseil des ministres et sur le contenu des programmes. Le conseil d'administration est porté à vingt et un membres. La pluralité des opinions est confirmée par la nouvelle rédaction de l'article 4 avec l'expression des représentants « des principales tendances de pensée et des grands courants d'opinion. » Toute publicité commerciale est exclue dans le même article. Enfin, l'article 6 prévoit le droit de réponse au bénéfice de toute personne diffamée ou mise en cause. Le 24 juin 1964, il recommande l'adoption du texte en deuxième lecture, ses amendements ayant été retenus.

Les votes du sénateur de Vendée lors des scrutins publics expriment des vues personnelles liées à une culture et une terre marquées par un catholicisme profond. Le 3 février 1960, Hubert Durand ne prend pas part au vote sur les articles et l'ensemble du projet de loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie. Membre de la majorité présidentielle, il refuse l'ensemble du projet de loi relatif à l'interruption volontaire de grossesse le 20 décembre 1974 et il s'abstient sur l'ensemble du projet de loi portant réforme du divorce le 18 juin 1975. L'identité provinciale explique sa faveur donnée à l'ensemble du projet de loi portant création et organisation des régions le 29 juin 1972. Son orientation conservatrice le conduit à approuver l'ensemble du projet de loi d'orientation du commerce et de l'artisanat le 21 novembre 1973. Il vote aussi en faveur de législations libérales, le projet de loi portant réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965), la proposition de loi relative à la régulation des naissances (5 décembre 1967) et le projet de loi tendant à fixer à dix-huit ans l'âge de la majorité (18 juin 1974).

Les élections sénatoriales du 25 septembre 1977 mettent fin à la carrière parlementaire d'Hubert Durand. Face à d'autres candidats isolés, il ne recueille que 554 voix au premier tour alors que la majorité absolue passe à 607 voix sur 1 232 votants. Au second tour, il perd 102 voix. Son mandat de conseiller régional de Poitou-Charentes, acquis de droit en décembre 1973, se termine aussitôt. Sénateur honoraire, il demeure au sein du Conseil général de Vendée où il est toujours élu au premier tour. Après avoir été président de la commission des finances de cette assemblée, il avait accédé à la vice-présidence de 1966 à 1969 avant d'en devenir le président du 20 mai 1969 jusqu'en décembre 1970, puis de redevenir simple conseiller général.

Hubert Durand décède des suites d'une implacable maladie. Ses obsèques, célébrées en l'église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon fournissent l'occasion de rappeler sa foi, son engagement social et le service de son pays puisqu'il était Croix de guerre 1939-1945 et chevalier de la Légion d'honneur à titre civil depuis 1979. Un boulevard de La Roche-sur-Yon porte son nom.

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Photo de M. Hubert DURAND, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe des Républicains et Indépendants
Etat-civil
Né le 21 octobre 1910
Décédé le 12 octobre 1981
Profession
Directeur de la fédération régionale Vendée Loire et Sèvres des caisses de Crédit mutuel libre
Département
Vendée