Allez au contenu, Allez à la navigation

FICHOUX Jean

Ancien sénateur du Finistère

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Fin de mandat le 1er octobre 1962

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires sociales
  • Membre du Groupe des Républicains et Indépendants

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

FICHOUX (Jean)

Né le 16 avril 1914 à Arzano (Finistère)

Décédé le 7 mars 2002 à Arzano

Sénateur du Finistère de 1959 à 1962

Jean Fichoux voit le jour le 16 avril 1914, à quelques semaines du déclenchement de la Grande Guerre, à Arzano, commune du Finistère située à dix kilomètres au nord-ouest de Quimperlé. Son père, Joseph Fichoux, est une figure de la vie politique locale : d'abord maire d'Arzano de 1908 à 1912, il est ensuite conseiller général du canton d'Arzano de 1928 à 1945.

Ingénieur agronome, J. Fichoux reprend l'exploitation familiale. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en septembre 1939, il est mobilisé au Bataillon de l'Air de Saint-Jacques-de-la-Lande. Après l'armistice, il est démobilisé le 29 juillet 1940 comme professeur d'agriculture. Engagé dans la Résistance, il rejoint le réseau de l'Organisation de résistance armée comme responsable de la région d'Arzano, commune dont il est élu maire en 1943. Il préside dès lors aux destinées de sa commune natale durant quatre décennies sans interruption.

À la Libération, il adhère au Mouvement républicain populaire (MRP). C'est sous cette étiquette qu'il succède à son père en 1945 comme conseiller général du canton d'Arzano. Réélu à quatre reprises, il conserve ce mandat jusqu'en 1979. Il est en outre secrétaire du bureau du Conseil général du Finistère de 1945 à 1949, puis membre de la commission départementale (1957-1959 et 1964-1979).

Fort de son implantation locale, J. Fichoux aspire à représenter le Finistère au Parlement. Il se présente aux élections sénatoriales du 19 juin 1955 à la deuxième place sur la Liste républicaine d'union nationale conduite par Yves Le Bot. Mais en obtenant 521 des 1 796 suffrages exprimés, cette liste ne remporte qu'un seul siège. J. Fichoux connaît ensuite un second échec, à l'occasion des élections législatives du 2 janvier 1956. La liste d'Union des Indépendants et des Paysans sur laquelle il se porte candidat n'obtient en effet que deux sièges qui reviennent aux deux sortants Joseph Pindivic et Jean Crouan.

Après ces deux revers, J. Fichoux parvient cependant en 1959 à conquérir un siège parlementaire. Tête de liste des Républicains indépendants aux élections sénatoriales du 26 avril 1959, il est élu au second tour avec 638 des 1 758 suffrages exprimés, après avoir réuni 344 des 1 763 suffrages exprimés au premier tour.

Au Palais du Luxembourg, il s'inscrit au groupe des Républicains et indépendants. Il siège à la commission des affaires sociales de 1959 à 1962.

Au cours de son mandat sénatorial, il ne dépose ni proposition de loi ni rapport. Élu en 1960 membre de la commission consultative des assurances sociales agricoles, cet exploitant agricole se fait principalement, en séance publique, l'avocat des agriculteurs bretons, relayant leurs inquiétudes et leur exaspération. Ainsi, en novembre 1959, lors d'une séance de questions orales relatives à la politique agricole du gouvernement de Michel Debré, il affirme que « la patience de beaucoup de cultivateurs est à bout1 ». « L'agriculteur de France est déçu par votre politique », déclare-t-il au ministre de l'Agriculture, Henri Rochereau, estimant que « le pouvoir d'achat du cultivateur est sacrifié2 » et que « la situation [...] est dramatique pour beaucoup3 ». En juillet 1961, le sénateur du Finistère défend les agriculteurs bretons qui se sont révoltés massivement en juin 1961 contre la baisse des cours : « Rendus au dernier cap, exaspérés, condamnés à la misère [...], ils se sont rebellés4. » À ses yeux, en Bretagne « la génération qui monte a pris conscience de son rôle et n'acceptera plus de complexe d'infériorité5. » Il estime que les mesures adoptées par le gouvernement Debré en réponse au mouvement paysan breton demeurent « fragmentaire, vagues et insuffisantes6 ». Par la suite, en juillet 1962, il dépose de nombreux amendements au projet de loi d'orientation agricole.

J. Fichoux ne se préoccupe pas seulement des problèmes des agriculteurs de sa région. Il défend également l'enseignement du breton protestant, en novembre 1960, contre l'absence de mention de l'épreuve facultative de langue régionale au baccalauréat pour 1961. Il critique de même en juillet 1962 les tarifs en vigueur sur les lignes ferroviaires en Bretagne ainsi que le manque d'aide à l'industrialisation de cette région.

Par ailleurs, il interpelle le Premier ministre Georges Pompidou en mai 1962 sur le sort des personnes âgées en difficultés économiques. Il vote le 3 février 1960 en faveur de la loi autorisant le Gouvernement à prendre, en application de l'article 38 de la Constitution, certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'État, à la pacification et à l'administration de l'Algérie.

Il sollicite le renouvellement de son mandat aux élections sénatoriales du 23 septembre 1962 en se présentant sur la liste d'Entente républicaine qui réunit les Indépendants et l'Union pour la nouvelle République. Après avoir réuni 463 des 1 731 suffrages exprimés au premier tour, il perd son siège de sénateur au second n'obtenant que 429 des 1 705 suffrages exprimés contre 460 voix pour son colistier Jean Crouan mais surtout 834 voix pour André Colin, 815 pour André Monteil, 812 pour Yves Hamon et 762 pour Louis Guillou, tous les quatre élus sur la liste du MRP.

Par la suite, il ne parvient pas à reconquérir un siège sénatorial lors du renouvellement du 26 septembre 1971. Conduisant la liste d'Entente pour le progrès social et l'expansion économique du Finistère, il ne rassemble que 483 des 1 770 suffrages exprimés au premier tour puis 463 des 1 750 suffrages exprimés au second.

Ces deux revers aux élections sénatoriales n'empêchent pas J. Fichoux de continuer à représenter le canton d'Arzano au Conseil général du Finistère jusqu'en 1979 et de diriger la commune d'Arzano jusqu'en 1983. Retiré de la vie politique, il s'éteint le 7 mars 2002 à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Il était chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'ordre national du Mérite et officier du Mérite agricole.

1 Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 12 novembre 1959, p. 944.

2 Ibid.

3 Ibid., p. 945.

4 Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 4 juillet 1961, p. 663.

5 Ibid.

6 Ibid.

Sources

Archives du Sénat : dossier personnel de sénateur ; tableau des élections.

Who's who in France (plusieurs éditions).

Afficher le texte

Avertissement : les extraits de tables nominatives et biographies sont issus d'une reconnaissance automatisée des caractères ; merci de nous signaler toute erreur ou coquille.

Photo de M. Jean FICHOUX, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe des Républicains et Indépendants
Etat-civil
Né le 16 avril 1914
Décédé le 7 mars 2002
Profession
Agriculteur
Département
Finistère