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LACOSTE Robert

Ancien sénateur de la Dordogne

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 septembre 1971
  • Fin de mandat le 1er octobre 1980 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation

Fonctions antérieures

  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires culturelles
  • Membre du Groupe Socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

LACOSTE (Robert, Alfred)

Né le 5 juillet 1898 à Azerat (Dordogne)

Décédé le 8 mars 1989 à Périgueux (Dordogne)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Dordogne)

Député de la Dordogne de 1946 à 1958 et de 1962 à 1968

Sénateur de la Dordogne de 1971 à 1980

Commissaire à la production industrielle, puis ministre de la production industrielle du Gouvernement provisoire de la République française du 4 septembre 1944 au 21 novembre 1945

Ministre de la production industrielle du 17 décembre 1946 au 11 août 1947

Ministre du travail et de la sécurité sociale (par interim) du 4 au 9 mai 1947

Ministre de l'industrie et du commerce du 11 août 1947 au 18 octobre 1949 et du 28 octobre 1949 au 7 février 1950

Ministre des affaires économiques et financières du 1er au 9 février 1956

Ministre résidant en Algérie du 9 février 1956 au 13 juin 1957

Ministre de l'Algérie du 13 juin 1957 au 14 mai 1958

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome V, p. 23-26)

C'est avec l'espoir qu'il trouverait pour l'Algérie une « solution française », selon le vocabulaire souvent utilisé à l'époque, que Robert Lacoste a accordé les pleins pouvoirs au gouvernement de Gaulle le 2 juin 1958. L'ancien ministre souffre cependant d'un double handicap à l'approche des législatives de novembre 1958. Il symbolise, plus qu'aucun autre socialiste, à l'exception peut-être de Guy Mollet, une politique algérienne qu'une partie de la gauche condamne désormais. Son nom est en outre associé à la IVe République, même s'il a approuvé le changement de régime. Candidat dans la 4e circonscription de la Dordogne, il affronte au second tour le député communiste sortant Roger Ranoux et le maire radical de Mauzens-et-Miremont Michel Dieras : ils obtiennent respectivement 35,4%, 13,1% et 51,5% des voix. Robert Lacoste est nommé au Conseil économique et social après cette défaite. Il garde la présidence du Conseil général de Dordogne et demeure maire d'Azerat. Il participe au 2ème colloque de Vincennes avec d'autres « hérauts » de l'Algérie française, comme Georges Bidault, Maurice Bourgès-Maunoury, André Morice ou Jacques Soustelle en 1960. Robert Lacoste ne quitte pas pour autant la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Il retrouve son mandat de député dans le cadre d'une triangulaire aux législatives de novembre 1962, puis est très facilement réélu en mars 1967 (62,4% au second tour). Au Palais-Bourbon, il appartient à la commission des finances, de l'économie générale et des finances sous la 2e législature de la Ve République, puis à la commission des affaires étrangères pendant la très courte troisième législature (1967-1968). Il siège au groupe socialiste puis au groupe de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste, mais ne prend pas la parole en séance publique. L'ancien résistant s'oppose résolument au pouvoir gaulliste : il vote contre la ratification du traité de l'Elysée, qui consacre la réconciliation franco-allemande (13 juin 1963), refuse d'encadrer le droit de grève dans les services publics (26 juillet 1963) et rejette le projet de loi qui substitue au service militaire un service « national », c'est-à-dire pouvant être effectué dans un cadre civil (26 mai 1965). Il s'associe en revanche à la motion de censure du 9 juin 1967 contre l'autorisation, que réclame le gouvernement Pompidou, de pouvoir légiférer par ordonnance (9 juin 1967). Le gaulliste Pierre Janot, chargé de mission auprès du ministre de l'Economie et des Finances, ravit à Robert Lacoste son mandat de député lors des législatives qui suivent les événements de mai 1968.

L'ancien ministre occupe une place de plus en plus marginale au sein de la « famille » socialiste, en particulier après le congrès d'Epinay-sur-Seine, en juin 1971. Il se présente cependant aux élections sénatoriales du 26 septembre 1971, en seconde position sur une liste « démocrate et socialiste et de défense des intérêts du département et des communes » qu'emmène le sortant Marcel Brégégère. Si ce dernier est confirmé dès le 1er tour avec 616 suffrages sur 1 186, Robert Lacoste doit attendre un second vote pour être élu sénateur de la Dordogne avec 595 voix sur 1 164. Il a pâti des candidatures radicales d'Alain Bonnet, fils de l'ancien ministre et élu de la Dordogne Georges Bonnet, et de Georges Bérard-Quélin, éditeur très introduit dans les milieux politiques parisiens et fondateur du club « Le Siècle ». Son succès « étriqué » permet néanmoins à Robert Lacoste de retrouver un mandat national.

Il s'inscrit au groupe socialiste du Sénat à l'automne 1971. Robert Lacoste siège à la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation de la Haute assemblée d'octobre 1971 à octobre 1977 et en assure un temps la vice-présidence. C'est en tant que rapporteur spécial du budget de l'Education nationale qu'il prononce l'ensemble de ses interventions en séance publique entre 1971 et 1974. Il considère les problèmes éducatifs en Jacobin assumé, malgré ses mandats locaux. Favorable à la « nationalisation des lycées, des collèges d'enseignement général (CEG) et des collèges d'enseignement secondaire (CES) qui chargent lourdement les budgets locaux », il y voit l'unique solution pour parvenir à une « gratuité totale de l'enseignement pour toute la durée de la scolarité obligatoire » (23 novembre 1971). A cette époque, « sur 6 413 établissements » d'enseignement secondaire en France, « 2 917 sont encore municipaux », ce qui signifie que leur financement, leur entretien et leur fonctionnement « sont, pour le plus grand nombre, à la charge des municipalités ». Robert Lacoste souhaite également que « la participation de l'Etat soit non seulement garantie en fait à son taux actuel, mais élargie » au financement des transports scolaires et aux crédits mobilisés pour les bourses. Robert Lacoste se réjouit qu'un nombre croissant de jeunes Français accèdent à l'enseignement supérieur, même s'il reconnaît que « trop de parents ont eu le tort de croire que l'obtention d'un diplôme impliquait forcément l'attribution d'un emploi, généralement de l'emploi rêvé ». Il souhaite que le contenu des diplômes « aide le diplômé à déboucher dans la vie au lieu de le handicaper parfois par l'exagération de son caractère abstrait et de sa méconnaissance de la vie réelle » (24 novembre 1972). Enfin, Robert Lacoste prend position en faveur de la « préscolarisation », c'est-à-dire « la scolarisation de tous les enfants relevant par leur âge de l'enseignement préélémentaire », y compris en milieu rural. Il demande dès lors au Gouvernement d'aider plus encore les communes qui construisent des écoles maternelles (6 décembre 1973).

L'ancien ministre résidant en Algérie est moins présent au Sénat dans la seconde moitié des années 1970. Il n'y prend plus parole, et n'y dépose aucune proposition de loi. Opposant au texte qui crée les régions (29 juin 1972), il est toutefois membre du Conseil régional d'Aquitaine à partir de 1973. Il vote pour l'abaissement de l'âge de la majorité à 18 ans (28 juin 1974), approuve la loi sur l'interruption volontaire de grossesse (20 décembre 1974) comme celle qui réforme le divorce (18 juin 1975).

Robert Lacoste se retire de la vie publique au terme de son mandat de sénateur, en 1980. Président du Conseil général de la Dordogne pendant de nombreuses années, il n'a jamais renié sa fidélité au socialisme, de la SFIO au Parti socialiste de François Mitterrand. Il disparaît à la fin de l'hiver 1989, à l'âge de 90 ans. Le journaliste Pierre Pellissier signe alors, pour Le Figaro, un article qui évoque la figure de l'ancien résistant. Il y décrit le Robert Lacoste des années 1960-1970, « marqué à jamais » par l'Algérie, en ces termes : « un peu plus petit peut-être parce qu'avec le temps les hommes se tassent, encore un peu plus rond, toujours attentif, toujours avec son franc-parler dont la verdeur était particulièrement réputée ». Mais il constate avec lucidité qu'après 1958, « la grande époque Lacoste était achevée ».

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Photo de M. Robert LACOSTE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 5 juillet 1898
Décédé le 8 mars 1989
Profession
Trésorier Payeur Général
Département
Dordogne