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LOSTE Henri

Ancien sénateur des Iles Wallis et Futuna

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 23 septembre 1962
  • Fin de mandat le 1er octobre 1971 (non réélu)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires sociales
  • Membre du Groupe des Républicains et Indépendants

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

LOSTE (Henry, Georges, Gabriel)

Né le 27 mai 1899 à Bordeaux (Gironde)

Décédé le 16 juin 1978 à Mérignac (Gironde)

Membre de l'Assemblée de l'Union française de 1952 à 1958

Sénateur de Wallis-et-Futuna de 1962 à 1971

Henry Loste a été très discret sur ses origines, sur sa carrière professionnelle, sur ses engagements et sur sa vie politique. Peu d'éléments évoquent presque vingt ans de responsabilités électives consacrées à l'archipel de Wallis-et-Futuna. Bordeaux, Nouméa et les deux petites îles de l'Océanie ont partagé son existence. Fils d'un assureur, issu d'une famille bordelaise de souche puisqu'il sera inhumé dans le caveau familial de la Chartreuse de Bordeaux, le jeune garçon étudie au lycée de Longchamp, dans sa ville natale. Son mariage avec Janine Ballande le fait entrer dans la société du même nom fondée, au milieu du XIXe siècle, par un armateur. En effet, Louis Ballande établit une ligne régulière de voiliers Bordeaux-Papeete-Nouméa pour le fret et pour les passagers. En 1887, il se fait adjuger le marché pour l'approvisionnement de la Nouvelle-Calédonie et il diversifie les activités de la société tout en établissant des succursales dans les territoires français du Pacifique. Très vite, il s'intéresse à l'exploitation du nickel calédonien mais aussi au négoce à la distribution en général sans oublier le commerce des vins et des spiritueux en France. Administrateur des Etablissements Ballande, Henry Loste en devient le vice-président pour la Nouvelle-Calédonie puis il entre au conseil d'administration de la société Le Nickel en 1934. Veuf et père de deux jeunes enfants, la guerre mondiale le trouve dans ces positions que, du reste, le temps renforce et qui expliquent largement sa carrière politique. Il sera d'ailleurs, plus tard, membre du conseil d'administration du comité central français pour l'outre-mer et président de la section Pacifique de ce comité.

Sa carrière parlementaire débute comme membre de l'Assemblée de l'Union française. Elu par le groupe des Républicains indépendants du Conseil de la République le 10 juillet 1952, il siège jusqu'à la fin de cette assemblée le 29 mai 1958. Il s'intéresse déjà à Wallis-et-Futuna où il réside au titre de sa profession d'administrateur de sociétés.

La loi n° 61-814 du 29 juillet 1961 confère au petit archipel le statut de territoire d'outre-mer. Un député et un sénateur doivent le représenter au Parlement. Le député est élu le 25 mars 1962. Hervé Loste, fils de l'ancien membre de l'Assemblée de l'Union française, et partie prenante dans la société familiale, l'emporte au nom des Indépendants. Il garde le siège jusqu'en mars 1967. L'élection à la Haute Assemblée attend le premier renouvellement par tiers du Sénat, le 23 septembre 1962.

Candidat isolé face à trois autres concurrents, Henry Loste l'emporte dès le premier tour. Les 21 grands électeurs inscrits et votants sont les vingt conseillers territoriaux, équivalent, en métropole des conseillers généraux, et le député. Avec 11 voix, c'est-à-dire la majorité absolue, l'homme d'affaires, depuis longtemps implanté, supplante le candidat gaulliste de l'Union pour la nouvelle république (UNR) qui obtient 10 voix.

Au Sénat, Henry Loste s'inscrit logiquement au groupe des Républicains indépendants le 3 octobre 1962 et il est membre de la commission des affaires sociales à partir du 5 octobre suivant. Le premier sénateur de Wallis-et-Futuna est actif au Sénat. Il contribue à la révision de la législation du travail dans les espaces français du Pacifique. Il prend la parole lors de l'examen du budget des territoires d'outre-mer. Enfin, il intervient lors de discussions législatives qui concernent souvent ses activités privées.

Par quatre fois, au nom de sa commission, Henry Loste rapporte la proposition de loi étendant à certains territoires d'outre-mer les dispositions du travail maritime (26 mai et 30 juin 1966). Ce texte, qu'il qualifie de « loi heureuse et équitable » le 26 mai 1966, et qu'il amende puisque les décrets d'adoption ne seront pris qu'après l'avis des assemblées territoriales, est refusé en troisième lecture pour être adopté selon la rédaction de l'Assemblée nationale, en quatrième lecture. Il rapporte aussi la proposition de loi étendant au territoire de la Polynésie française les dispositions de caractère législatif déterminant le régime des pensions de retraite des marins français de commerce, de pêche ou de plaisance et des agents de service général à bord des navires. Ce texte est adopté le 30 juin 1966 avec sa forme fixée par l'Assemblée nationale.

La mise en valeur de Wallis-et-Futuna explique les cinq interventions effectuées lors de la discussion annuelle du projet de loi de finances pour les territoires d'outre-mer. Quatre secteurs de « l'humain et du social », selon l'expression qu'il emploie le 1er décembre 1968, reviennent dans son argumentation et il en suit d'une année à l'autre les progrès. L'enseignement primaire illustre ses premières prises de parole. Le 16 et le 26 novembre 1964, son « appel de détresse » demande 250 000 francs pour les infrastructures scolaires. Le 27 novembre 1967, Henry Loste réclame la création d'un enseignement technique (menuiserie et mécanique) et des bourses pour les élèves de 6° et de 5° qui vont étudier au lycée de Nouméa. Les transports font ensuite l'objet d'une attention particulière avec la création d'une ligne aérienne de classe internationale à Wallis (14 novembre 1964, 27 novembre 1967 et 7 décembre 1968), la restauration des liaisons maritimes entre les îles et l'amélioration de la route du coprah Sigaro-Alo à Futuna (27 novembre 1967). L'alimentation en eau potable des villages, nécessaire pour tout développement, s'impose impérativement (1er décembre 1968, 7 décembre 1969 et 29 novembre 1970). Enfin, la santé publique prend une part montante dans ses dernières interventions avec, entre autres, la lutte contre la tuberculose et contre la filiarose laquelle commence, pour cette pandémie, par l'éradication des moustiques (7 décembre 1969 et 29 novembre 1970). S'il remercie le Gouvernement pour le creusement d'un puits et pour les crédits d'infrastructures en 1967 et en 1968, s'il reste courtois et respectueux envers les différents ministres ensuite, c'est aussi parce que son sort de parlementaire en est jeu depuis qu'en mars 1967 et qu'en juillet 1968 son fils a été battu aux élections législatives par un gaulliste.

Henry Loste participe aussi à la discussion de plusieurs projets de loi applicables à l'outre-mer : le projet de loi portant réforme de l'adoption le 1er juin 1966 et le projet de loi tendant à proroger les pouvoirs de l'assemblée territoriale de Nouvelle-Calédonie, le 20 avril 1967. Il remplace ici son collègue Henri Lafleur, absent. Il refuse par contre le projet de loi concernant la juridiction du droit commun sur le territoire des îles Wallis-et-Futuna le 20 octobre 1966. Le remplacement du juge par un fonctionnaire ou par un notable citoyen résidant à Wallis ne peut recevoir son accord. Des préoccupations plus proches de son activité professionnelle justifient plusieurs observations au cours des discussions des projets de loi sur les sociétés commerciales (21, 22 et 27 avril 1966, sur la responsabilité des administrateurs), modifiant certaines dispositions de l'ordonnance du 22 février 1945 instituant des comités d'entreprise le 28 avril 1966, modifiant la loi du 24 juillet sur les sociétés commerciales le 20 décembre 1968 et relatif à la pratique de la pêche à bord des navires de plaisance le 27 juin 1970. Dans ce dernier cas, son attention se porte sur la pêche au gros qu'il connaît bien, avec l'assouplissement de l'arrêté ministériel relatif au griset du bassin d'Arcachon.

En compétition avec les gaullistes locaux et retenu par ses diverses obligations, le sénateur de Wallis-et-Futuna, malgré son appartenance à un groupe de la majorité parlementaire, est un membre incertain de celle-ci. Il est absent pour congé le 11 mai 1965 lorsqu'on vote l'ensemble du projet de loi portant réforme des régimes matrimoniaux et il ne prend pas part au vote sur l'ensemble de la proposition de loi relative à la régulation des naissances le 5 décembre 1967.

Soutenu par le Centre national des indépendants (CNI), Henry Loste sollicite le renouvellement de son mandat le 26 septembre 1971 avec son fils comme suppléant. Il figure parmi les quatre candidats isolés mais appuyés par les Indépendants. Cela précipite l'échec. Sur les 21 inscrits et les vingt votants, il n'obtient aucun suffrage. Le renouvellement de l'assemblée territoriale en faveur des gaullistes explique le succès, au premier tour, avec onze voix, de son président, Papilio Makepe Sosefo, soutenu par l'Union des démocrates pour la République (UDR). Dès lors, la carrière politique d'Henry Loste prend fin et, avec l'âge, il se retire lentement de Wallis-et-Futuna. En 1972, il abandonne ses fonctions au sein de la société Le Nickel et, tout en restant vice-président des Etablissements Ballande, regagne sa terre bordelaise.

Son décès, « pieusement survenu », est suivi d'un avis précisant que la messe de communion a lieu à Saint-Vincent de Mérignac. Une messe pour le repos de son âme est dite ultérieurement en l'église de Saint-Pierre de Neuilly, ville où il résidait lorsqu'il se rendait au Sénat. Ce catholique pratiquant, sûr de sa foi, était officier de la Légion d'honneur.

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Photo de M. Henri LOSTE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe des Républicains et Indépendants
Etat-civil
Né le 27 mai 1899
Décédé le 16 juin 1978
Profession
Administrateur de sociétés
Département
Iles Wallis et Futuna