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TINAUD Jean-Louis

Ancien sénateur des Basses-Pyrénées

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 26 septembre 1965
  • Fin de mandat le 22 juillet 1969 (devenu membre du Gouvernement)

Fonctions antérieures

  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe des Républicains et Indépendants

Travaux parlementaires

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

TINAUD (Jean-Louis)

Né le 23 septembre 1910 à San Juan (Porto-Rico)

Décédé le 13 août 1990 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)

Sénateur des Pyrénées orientales de 1951 à 1969

Réélu sénateur le 26 avril 1959, Jean-Louis Tinaud profite de son statut de sénateur pour s'engager encore plus activement sur la scène internationale. Ce Béarnais, né à Porto-Rico en 1910, parlant couramment l'espagnol et l'anglais, se passionne en effet pour la diplomatie. Sous la IVe République puis au début de la Ve République, il sert les différents gouvernements comme chargé de mission extraordinaire dans les relations avec les pays d'Amérique du sud. Cet homme fin et lettré est délégué à l'Assemblée du Conseil de l'Europe (de 1959 à 1969) et représentant permanent de la France aux Nations-Unies (de 1957 à 1969). Durant les dernières années de la guerre d'Algérie, il se rend à plusieurs reprises à New-York pour présenter la position française sur le conflit. De 1957 à 1965, il séjourne dans de nombreux pays d'Amérique du sud comme conseiller diplomatique. En 1966, il est membre de la délégation sénatoriale envoyée en Asie orientale.

Ses engagements internationaux le tiennent souvent éloigné du Sénat, si bien qu'après avoir été très actif au Palais du Luxembourg dans les années 1950, il participe peu aux travaux parlementaires dans les années 1960. Ses rares interventions en séance publique portent sur des projets de loi ratifiant des accords internationaux. Il participe ainsi, en 1959, aux discussions sur le traité de commerce France-Equateur. En 1969, dans les mois précédant son entrée au Gouvernement, il se montre plus présent et continue de suivre de près les questions de politique étrangère, au travers de conventions internationales (conventions fiscales avec l'Irlande et le Royaume-Uni, convention de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires, convention internationale sur l'abolition du travail forcé, engagement des troupes au Tchad, etc.).

Par ailleurs, Jean-Louis Tinaud vote la loi du 4 février 1960 autorisant le Gouvernement à prendre, par application de l'article 38 de la Constitution, certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie. Il ne prend pas part au vote de la loi du 13 juillet 1965 portant réforme des régimes matrimoniaux. Absent, il ne participe pas au vote de la loi Neuwirth du 28 décembre 1967 relative à la régulation des naissances.

Conseiller général du canton de Pau-ouest de 1949 à 1967, il préside l'Assemblée départementale à partir de 1961, succédant à ce poste à Louis Inchauspé. En 1964, Pierre de Chevigné le remplace à la tête du Conseil général. Réélu au Sénat en 1965 dès le premier tour, Jean-Louis Tinaud entreprend de moderniser le tissu économique des Pyrénées orientales en misant notamment sur le tourisme. Avec le soutien du préfet Diebolt, il lance ainsi la construction des deux stations de ski de Gourette et d'Arette-la Pierre-Saint-Martin. Estimant qu'il faut en finir avec une approche « artisanale » du développement économique départemental, Jean-Louis Tinaud veut agir « en industriel ».

A cette fin, le soutien de l'Etat lui est nécessaire. Bien que de sensibilité giscardienne, Jean-Louis Tinaud se rapproche du pouvoir gaulliste. Il appelle à voter « oui » lors du référendum du printemps 1969 avant de faire activement campagne pour Georges Pompidou lors de l'élection présidentielle suivante. Il préside ainsi le comité local de soutien à l'ancien Premier ministre du Général de Gaulle. A l'occasion d'un meeting tenu à Pau, le sénateur Jean-Louis Tinaud emploie une formule plaisante pour qualifier Georges Pompidou face à Alain Poher : « La France a besoin à sa tête d'un homme et non d'un bonhomme ». Une fois parvenu à l'Elysée, Georges Pompidou le remercie de son soutien en le faisant entrer le 20 juin 1969 au Gouvernement comme secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement. S'occupant plus précisément des relations avec le Sénat (le député UDR Jacques Limouzy gérant de son côté les relations avec l'Assemblée nationale), il reste à ce poste jusqu'au 5 juillet 1972, en liaison avec Roger Frey puis Jacques Chirac. Ses fonctions gouvernementales étant incompatibles avec l'exercice d'un mandat parlementaire, il cesse de siéger au Palais du Luxembourg à partir du 22 juillet 1969.

Conseiller municipal de Pau depuis octobre 1947, il tente de prendre la mairie en mars 1971, fort de sa présence au Gouvernement. Mais il ne parvient pas à imposer une liste commune aux gaullistes, libéraux et centristes. Les divisions de la droite favorisent l'opposition et le socialiste André Labarrère remporte le scrutin. La ville bascule durablement à gauche. Cet échec pénalise la carrière politique de Jean-Louis Tinaud qui ne retrouvera jamais la dynamique qui l'avait porté au Gouvernement en 1969. L'amitié du ministre des affaires étrangères, Maurice Schumann, comme son expérience de l'Amérique latine - de 1969 à 1971, Jean-Louis Tinaud avait continué de se rendre sur le continent lors de voyages officiels, se déplaçant ainsi au Pérou, au Chili et au Mexique - lui valent d'être nommé, en 1973, président de la délégation française auprès des pays de l'Organisation des Etats américains. Fin 1974, il tente de revenir au Sénat mais la défaite de 1971, comme ses longues périodes d'absence liées à ses séjours internationaux, ont désorganisé ses réseaux et affaibli son influence dans les Pyrénées orientales. Son positionnement original de républicain indépendant-gaulliste n'est plus porteur depuis l'arrivée de Valéry Giscard d'Estaing à l'Elysée.

Après son échec aux élections sénatoriales de 1974, Jean-Louis Tinaud se recentre sur sa vie professionnelle. Il redevient avocat à Paris. Il conseille de grandes sociétés privées comme Rhône-Poulenc et prend la présidence de la Société d'Ethanol de Synthèse. Il n'abandonne pas toutefois de manière définitive l'engagement militant puisqu'il rejoint le RPR lors de sa fondation et siège au comité central du parti gaulliste à partir de juin 1977.

Il décède le mardi 13 août 1990 à Saint-Cloud, âgé de 79 ans. Ses amis louent un homme généreux, spirituel et cultivé, toujours à l'affût de bons mots et parlant net. Jean-Louis Tinaud était chevalier de la Légion d'honneur au titre des affaires étrangères. Il était grand officier des ordres nationaux d'Argentine, du Pérou, de l'Equateur, du Mexique et du Chili.

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Photo de M. Jean-Louis TINAUD, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe des Républicains et Indépendants
Etat-civil
Né le 23 septembre 1910
Décédé le 13 août 1990
Profession
Avocat
Département
Basses-Pyrénées