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AFP - 25 septembre - 18h56 Jean-Vincent Placé, l'homme de l'ombre des Verts, entre au Sénat 

PARIS : L'écologiste Jean-Vincent Placé, qui voit s'ouvrir les portes du Sénat à 43 ans, a longtemps été l'homme de l'ombre des Verts, apparatchik aux coups tordus pour les uns, fin tacticien adepte du compromis pour les autres.

Elu dans l'Essonne en tête de la liste d'union PS-EELV-PCF, M. Placé, petit Coréen atterri à 7 ans dans une famille bourgeoise normande, tout droit venu d'un orphelinat de Séoul, entre donc au Palais du Luxembourg.

Fierté particulière? "Je n'ai jamais fait l'Asiatique de service, je revendique d'être Français", a-t-il dit à l'AFP dans son bureau de vice-président aux transports de la Région Ile-de-France.

Passionné d'histoire de France, M. Placé, chevalier de l'ordre national du Mérite, n'a "pas envie de faire pleurer" sur son parcours. Son déplacement à Séoul fin octobre, à l'invitation du gouvernement coréen, il le fera avec un "sentiment particulier" mais avant tout "comme élu français".

Pour lui, les récents mots d'Alain Marleix (UMP) sur "notre Coréen national" ne passent pas, malgré les "centaines" de messages de soutien.

Toujours vêtu de costumes impeccables qui détonnent dans l'univers écolo ("même ici tu mets ta cravate!", rigolait Benoît Hamon à la Fête de L'Huma samedi), "JVP" est encore peu connu du grand public.

Ex-étudiant en droit bancaire à Caen, il se définit comme "clairement ambitieux, organisé" et "ultra déterminé".

Il a appris l'écologie à La Rochelle avec son "deuxième père" Michel Crépeau, député-maire radical de gauche qui a développé le vélo dans sa ville et lutté contre la "malbouffe" en interdisant toute ouverture de McDonald's.

"J'ai pas attendu José Bové!", lance, goguenard, cet "écolo par conviction" pour qui "justice et solidarité doivent être alliées à la protection de la planète".

Beaucoup voient pourtant son ralliement aux Verts en 2001 comme du simple opportunisme, critiquant son cynisme en politique et son goût immodéré du rapport de forces.

Mais ses partisans louent l'art du compromis et la loyauté de ce personnage complexe à l'humour décapant, amoureux des bonnes tables et repas à rallonge en bon "rad-soc".

De toutes les négociations externes, il oeuvre aussi en interne, prenant en duo, avec Cécile Duflot, le pouvoir chez les Verts en 2006.

"Richelieu des Verts" et apparatchik pour Daniel Cohn-Bendit ("mon meilleur attaché de presse!"), ce fan de films à l'eau de rose s'était fait remarquer l'an passé, opposant la "jeune dynamique" Duflot à la "vieille éthique" Eva Joly, qu'il soutiendra ensuite officiellement face à Nicolas Hulot.

Après le Sénat, si la gauche gagne en 2012 il se voit ministre de l'Intérieur ou du Budget. En tout cas pas secrétaire d'Etat, a-t-il dit au PS: "Maman va penser que je fais le courrier!".

jud/jlp/rh/jlc



2011/09/25 19:01:32 GMT+02:00

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