Ve
République (extrait du Dictionnaire des parlementaires
français)
BESSON (Roger)
Né le 2 décembre 1888 à
Saint-Gérand-le-Puy (Allier)
Décédé le 23 novembre 1970 à
Saint-Gérand-le-Puy (Allier)
Sénateur de l'Allier de 1962 à 1970
Né en 1888 dans une famille aisée de l'Allier,
Roger Besson effectue une brillante scolarité couronnée par une
licence de droit et par le diplôme des sciences politiques. Le
déclenchement de la première guerre mondiale constitue
assurément un tournant dans la vie du jeune homme. Gravement
blessé, il reçoit la Croix de guerre puis la Légion
d'honneur à titre militaire. De retour à la vie civile, mais
ayant perdu son père d'une maladie et son frère au combat, Roger
Besson fait le choix de renoncer au barreau pour s'occuper des terres
familiales. Devenu agriculteur, il décide en parallèle de
s'investir dans la vie politique locale.
Dès 1919, il devient maire de sa commune natale,
Saint-Gérand-le-Puy. En 1931, il est élu pour la première
fois au conseil général où il représente le canton
de Varennes-sur-Allier. Roger Besson déploie alors une grande
énergie pour développer l'alimentation en eau et
l'électrification. Il est ainsi à l'origine de la fondation du
premier syndicat intercommunal pour l'adduction d'eau et préside
à partir de 1935 le syndicat intercommunal d'électrification.
C'est donc en grande partie grâce à sa détermination que
plusieurs communes rurales de l'Allier sont électrifiées
dès 1939. Constamment réélu aux élections
municipales depuis 1919 et aux élections cantonales depuis 1931, il
décide de prolonger son engagement politique à l'échelle
nationale au début des années 1960. Fort de sa très bonne
implantation locale, il se présente aux élections
sénatoriales de 1962.
Membre de la SFIO, Roger Besson est élu sénateur
de l'Allier le 23 septembre 1962. Du mois d'octobre 1962 jusqu'à sa mort
en novembre 1970, il est membre de la commission des affaires culturelles. Il
vote favorablement la réforme des régimes matrimoniaux (loi du 13
juillet 1965) ainsi que la « loi Neuwirth » relative
à la régulation des naissances (loi du 28 décembre 1967).
Déjà très âgé, Roger Besson n'intervient dans
l'hémicycle que le 20 novembre 1964 lors de la discussion du projet de
loi de finances concernant le ministère de l'agriculture. S'adressant
alors au gouvernement, en la personne du secrétaire d'Etat auprès
du Premier ministre, il pousse « un cri d'alarme »
concernant la distribution de l'électricité dans les zones
rurales. Afin d'accélérer la modernisation, il
« demande au Gouvernement de doter l'électrification rurale de
crédits globaux en rapport avec les besoins reconnus, (...) puis, de
répartir ces crédits selon des critères objectifs
(...) ; enfin, de réaliser une péréquation des
charges résiduaires supportées par les collectivités (...)
afin que les régions déshéritées reçoivent
l'aide qui leur permettra de poursuivre leur équipement. »
Jusqu'à la fin de sa vie, Roger Besson demeure
très attaché à son département et à la vie
politique locale. Toujours maire et conseiller général, il
préside dans les années 1960 le syndicat intercommunal
d'adduction d'eau de St-Gérand-le-Puy/St-Pourçain-sur-Sioule,
ainsi que le syndicat départemental d'électricité et de
gaz de l'Allier. Il assume également les fonctions de
vice-président du conseil général, de 1964 à 1970.
Enfin, il occupe pendant sept ans la fonction de président de
l'association des maires de son département. Malade, il décide
cependant d'abandonner sa charge municipale en 1969 après l'avoir
exercée pendant cinquante années et de ne pas se
représenter aux élections cantonales de mars 1970.
Roger Besson est l'auteur de nombreuses publications et
articles dans le Guide des abonnés de l'électricité
et dans le Bulletin de l'Association des Maires. Son éloge
funèbre est prononcé le 1er décembre 1970 par
le président du Sénat, Alain Poher.