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Compte rendu analytique officiel du 11 février 2009

Rappel au Règlement

Mme Odette Terrade. - Il s'agit de l'organisation de nos travaux. J'aurais dû comme l'ensemble des membres de la commission des affaires économiques auditionner cet après-midi M. Yves Jégo, secrétaire d'État chargé de l'outre-mer. Son absence est parfaitement compréhensible, puisque, depuis plusieurs semaines, et sans susciter de réaction du Président de la République, pourtant si prompt à donner son avis sur toute question dans ce pays, la population guadeloupéenne, avec ses organisations syndicales et ses élus, manifeste avec détermination son refus d'une situation sociale et économique devenue insupportable. Son mode d'ordre est « Lyannag kont profitasion », « ensemble contre l'exploitation outrancière ». Que M. Jégo ait cru bon de s'éclipser dimanche soir dernier de Guadeloupe pour venir rendre compte à Paris, laissant en plan ses interlocuteurs locaux, qu'il soit revenu ensuite porteur de l'indifférence gouvernementale, cela ne change rien à l'affaire. II est de la responsabilité du Gouvernement de prendre en compte les fortes aspirations de la population antillaise et guyanaise -car le mouvement gagne la Martinique et la Guyane- autrement qu'en renvoyant dos à dos les partenaires sociaux.

La représentation nationale s'honorerait d'engager au plus tôt un véritable débat sur les changements profonds à adopter dans les politiques publiques, si l'on peut encore les qualifier ainsi... La défiscalisation à outrance a montré ses limites ; elle ne profite manifestement pas aux sociétés locales. La France, par l'intervention du Parlement, gagnerait à traiter enfin de manière juste et équitable les départements et territoires d'outre-mer, en valorisant leurs atouts et en les aidant à résoudre leurs difficultés. Nous sommes solidaires du puissant mouvement social en cours dans la Caraïbe, mouvement qui mérite bien autre chose que le coupable silence de l'État. (Applaudissements à gauche)