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Compte rendu analytique officiel du 28 juin 2011

Débat sur le tourisme outre-mer

M. le président. - L'ordre du jour appelle un débat sur le tourisme et l'environnement outre-mer.

M. Michel Magras, au nom de la commission de l'économie. - Je me réjouis de ce débat. Le tourisme est essentiel pour l'avenir de nos outre-mer. En septembre, la commission m'a confié un rapport sur ce sujet, que j'ai présenté le 24 mai. Il était irréaliste de traiter de l'ensemble des territoires ultramarins. Quel point comment entre Saint-Pierre-et-Miquelon et la Guyane, entre le tourisme balnéaire et celui de La Réunion ? J'ai concentré mon rapport sur la Guadeloupe et la Martinique, qui rencontrent aujourd'hui de grandes difficultés. Les conclusions s'appliquent aussi à d'autres collectivités.

Après de nombreuses observations, j'ai formulé onze recommandations. Les Antilles doivent passer d'un tourisme subi à un tourisme intégré, en harmonie avec la société et le milieu naturel. Le Gouvernement va-t-il renforcer l'apprentissage des langues étrangères aux Antilles ? Cette France doit parler anglais et espagnol. Quid d'une défiscalisation de projet, au service de la rénovation de l'hôtellerie ?

Première recommandation : faire du tourisme la priorité économique des Antilles. La fréquentation touristique s'est effondrée depuis le début des années 2000 : moins 40 % ! Le tourisme représente 20 % de l'emploi ; or la volonté politique est absente. L'État doit prendre des mesures d'accompagnement, élaborer une stratégie. Je propose une conférence annuelle pour déterminer celle-ci. Une dynamique existe désormais en Martinique, comme en Guadeloupe.

Il faut attirer les touristes américains, canadiens et brésiliens, inciter les compagnies aériennes américaines à desservir les Antilles, dont le tourisme est à 80 % français.

Pour attirer les Européens, Air France doit bientôt proposer un vol depuis Roissy.

Les touristes américains ont été les premiers à croire en ces deux destinations, mais les ont désertées du fait de l'instabilité sociale : il n'y a pas de desserte directe. Les atouts de ces territoires sont pourtant réels. La compagnie nationale aurait l'intention de faire des démarches en la matière.

Il faut une défiscalisation de projet pour l'hôtellerie. Le parc hôtelier, divisé par deux depuis le début des années 2000, est obsolète. Il faut le moderniser. En outre, près de 80 % des structures hôtelières seraient déficitaires. Nous attendons beaucoup de la mission mise en place en février.

La défiscalisation a permis de doubler le parc hôtelier de la Guadeloupe entre 1986 et 1995, mais a eu des effets pervers. Je suis partisan d'une défiscalisation choisie. Il faut en faire un outil de développement durable. Sa durée pourrait être portée à dix ou quinze ans. A quoi sert-il d'être propriétaire sans les moyens d'entretenir l'établissement ? La priorité est de rénover les hôtels.

J'en viens au volet environnemental de mon rapport. Cette discussion doit être prise en compte globalement. Il faut prendre des initiatives en matière de cadre de vie, par exemple en matière d'affichage publicitaire. Or les deux départements antillais ont un déficit d'image en la matière. Entre l'aéroport et l'hôtel, le paysage est défiguré : ce premier contact avec l'île laisse des traces ! Ces îles disposent pourtant de richesses naturelles exceptionnelles.

A Saint-Barthélemy, j'ai pris une décision radicale en la matière. Les outils législatifs existent. La Guadeloupe et la Martinique doivent acquérir une image d'îles propres.

Il faut favoriser un tourisme « vert » dans les Antilles, véritable trésor environnemental.

Les associations, le conservatoire du littoral sont dynamiques mais il faut faire plus. Il faut suivre l'exemple de La Réunion en matière d'énergies renouvelables. Ces atouts doivent être mis à profit pour sortir de l'image réductrice de destinations « plages-cocotiers ». Le potentiel de la Martinique est de 300 000 écotouristes par an.

Mon rapport contient bien d'autres recommandations. Faire du tourisme, c'est accueillir sans se faire envahir, offrir sans se faire déposséder. Les acteurs locaux m'ont paru sensibles à mes recommandations : ils devront se les approprier. J'espère que notre débat sera constructif car le tourisme est essentiel pour le développement de l'outre-mer. (Applaudissements)

Mise au point au sujet d'un vote

Mme Bernadette Dupont. - Sur les conclusions de la CMP sur le projet de loi de bioéthique, j'ai été notée comme votant pour ; or je voulais voter contre.

M. le président. - Acte vous en est donné.