SÉANCE

du mardi 28 mai 2013

105e séance de la session ordinaire 2012-2013

présidence de M. Jean-Pierre Bel

Secrétaires : Mme Michelle Demessine, Mme Odette Herviaux.

La séance est ouverte à 14 h 30.

Hommage au Conseil national de la Résistance

M. le président.  - Avant d'en arriver à l'ordre du jour de notre séance, je voudrais, en notre nom à tous, rendre hommage à l'oeuvre fondatrice que des hommes courageux et épris de liberté ont engagée il y a désormais 70 ans.

En effet, le 27 mai 1943 eut lieu la réunion constitutive du Conseil national de la Résistance. Cette date essentielle pour l'unification de la Résistance marqua l'aboutissement de rudes négociations avec les mouvements, les syndicats et les partis républicains, négociations conduites par Jean Moulin, en liaison avec le général de Gaulle établi à Londres.

« Ainsi », écrira le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre, « sur tous les terrains et, d'abord, sur le sol douloureux de la France, germait au moment voulu une moisson bien préparée. »

La première réunion du Conseil national de la Résistance rassemble dans la clandestinité des représentants des huit grands mouvements de résistances, de la CGT, de la CFTC et des six principaux partis de la IIIe République.

Comme l'a rappelé Daniel Cordier, « l'union était fragile, comportant des malentendus, des germes de contestations et de conflits ; mais des hommes que seul le lien patriotique unissait et que tant d'arrière-pensées divisaient, étaient désormais unis pour débattre d'une manière permanente de tous leurs problèmes dans une assemblée où le verbe remplaçait les armes, symbole de la démocratie renaissante ».

Cette date marque à jamais l'histoire de notre pays, car elle symbolise l'union de ceux qui avaient gardé confiance dans l'avenir de leur pays et qui trouvèrent dans leur attachement à la patrie et aux valeurs de la République le courage et l'énergie du sacrifice.

Ils ont posé les grands principes qui fondent notre démocratie économique et sociale, du rétablissement du suffrage universel à la création de la sécurité sociale.

Fort de l'appui de l'armée des ombres, le général de Gaulle entama des pourparlers avec le général Giraud et avec les Alliés. Les deux généraux signèrent le 3 juin l'ordonnance instituant sous leur présidence conjointe le Comité français de libération nationale.

Mais le 21 juin, à Caluire, Jean Moulin, l'architecte de la Résistance, tombait aux mains des nazis.

Frappé par ce coup terrible, le CNR poursuivit néanmoins l'oeuvre qu'il avait commencée. Il définit et organisa un plan d'action immédiate pour lutter contre l'occupant et le régime de Vichy. Il adopta, dans son Programme d'action, des mesures à appliquer à la libération du territoire pour rétablir la démocratie et instaurer « un ordre social plus juste ».

Pour ces grands résistants, plus rien ne pouvait recommencer comme avant.

Le programme du CNR, qui a inspiré les réformes fondatrices de l'après-guerre, est devenu une référence commune, le socle du modèle social dont je sais, monsieur le Premier ministre, que vous souhaitez le renforcer.

Mes chers collègues, le 28 mars dernier, notre assemblée a adopté une proposition de loi de notre collègue Jean-Jacques Mirassou relative à l'instauration du 27 mai comme journée nationale de la Résistance.

Je souhaite que ce texte poursuive son chemin à l'Assemblée nationale, pour que cette date devienne un jour d'hommage national à ces femmes et à ces hommes, connus ou anonymes, qui se sont engagés, et qui ont payé au prix lourd leur engagement et leur attachement à la liberté. (Applaudissements prolongés)

Le procès-verbal de la précédente séance, constitué par le compte rendu analytique, est adopté sous les réserves d'usage.