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LES FEMMES SENATEURS


II - LEUR ACTIVITE PARLEMENTAIRE

A leur arrivée au Palais du Luxembourg, les nouvelles élues sont principalement affectées aux commissions de la famille, de la population et de la santé publique ; de l’éducation nationale, des Beaux-Arts, des sports, de la jeunesse et des loisirs ; des pensions et à celle du ravitaillement. Durant l’année 1947, elles déposent 23 propositions de résolution et 8 propositions de loi portant principalement sur des sujets sociaux tels que les aides à la famille et aux victimes de guerre.

La longévité sénatoriale des nouvelles arrivées est contrastée puisque la durée des mandats s’échelonne d’une durée d’un an à une durée de 25 ans, la moitié d’entre eux toutefois n’excédant pas 3 ans.

Pour la plupart mères de famille, et même mères de familles nombreuses, puisque certaines ont 3 ou 4 enfants, voire 6 pour deux d’entre elles, ces femmes vont devoir apprendre à concilier les exigences d’un nouveau métier avec celle non moins impérieuses de la vie de famille :

" En 1950, pendant une période surchargée, je dus assurer la présidence d’une séance qui, commencée à 15 heures, se termina le lendemain à midi. Or, c’était une période où j’étais en même temps rapporteur d’un texte important et, comble de malchance, mon employée de maison était malade ! Je me souviens être rapidement rentrée chez moi pour prendre une douche, préparer le déjeuner, et retourner en hâte au Luxembourg pour retrouver mon banc de rapporteur et défendre le projet.

Voilà une belle illustration des exigences de la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale ! " (Marcelle Devaud, Victoria Man, éd. Eulina Carvalho).

Parmi ces pionnières, trois accèdent à la fonction prestigieuse de vice-président : Gilberte Brossolette occupe ce siège au Conseil de la République de 1946 à 1954 ; elle fut la première femme à prendre la parole à la Haute Assemblée. Marcelle Devaud fut vice-présidente du Conseil de la République de 1948 à 1951 ; on lui doit la sécurité sociale pour les étudiants. Sous la Ve République, Marie-Hélène Cardot fut vice-présidente du Sénat de 1959 à 1971 ; elle siégea au Sénat pendant un quart de siècle.

Spécialisée dans les questions du logement, Jacqueline Thome-Patenotre siégea au Conseil de la République de 1946 à 1958 date à laquelle elle fut élue député : elle remplit les fonctions de sous-secrétaire d’Etat à la Reconstruction et au logement en 1957.

Jane Vialle, sénateur de l’Oubangui-Chari de 1946 à 1952, prit une part active aux débats parlementaires dès son entrée au sein de la Haute Assemblée en spécialisant son action dans les domaines sociaux, économiques et culturels relatifs aux territoires africains.

Le premier Conseil de la République était destiné à être renouvelé intégralement dans l’année suivant le renouvellement des conseils municipaux. Aux élections de 1948, onze des pionnières virent leur mandat se renouveler. La session suivante s’ouvre avec seulement 14 femmes élues au Palais du Luxembourg, ce qui donne à penser que leur entrée " massive " au Conseil de la République en 1946 relevait davantage d’un effet conjoncturel favorable d’un véritable changement de mentalité dans le milieu politique français.

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