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DECEMBRE 1953 : René COTY, un sénateur à l'Elysée


 

René Coty Président

René Coty bénéficie de la reconnaissance de la fonction présidentielle qu'a conquise de haute lutte son prédécesseur Vincent Auriol. Mais il se montre plus réservé. Interprétant strictement ses pouvoirs de chef d'Etat, il ne sort de son rôle d'arbitre qu'en cas de situation exceptionnelle. Il tient à assurer la cohésion du pouvoir exécutif en modérant les dissensions interministérielles et en soutenant les décisions gouvernementales une fois acquises, quitte à en faire préalablement la critique, lors d'entretiens privés ou pendant le Conseil des ministres. Durant ce dernier, il intervient pour donner son avis, mettre en garde ou rappeler les règles constitutionnelles. Surtout, il souhaite favoriser la continuité de l'Etat. A cet égard, la fréquence des crises ministérielles, qu'il tente toujours de retarder, le désole. Dès son élection, René Coty, qui avait voté contre le projet de Constitution en 1946, prône la réforme des institutions : « un régime ne sait se défendre que s'il sait se réformer ». Son avertissement n'est pas entendu, mais cette conscience de la faiblesse du régime l'aide sans doute à prendre les décisions de 1958.

Statue de Pierre MENDES FRANCE dans le jardin du Luxembourg
Statue de Pierre MENDES FRANCE 
dans le jardin du Luxembourg

Le rôle essentiel du Président est le choix du président du Conseil. A la première crise ministérielle, René Coty appelle Pierre Mendès-France pour succéder à Joseph Laniel. Son choix est ratifié sans réelles difficultés par l'Assemblée nationale. Pierre Mendès-France apprécie l'arbitrage du Président et lui soumet souvent ses projets avant le Conseil des ministres, afin de bénéficier d'un recul qu'il lui est difficile de conserver dans le feu de l'action.

Lorsque le gouvernement Mendès-France tombe, René Coty doit faire preuve d'habileté pour reconstituer une majorité centriste unie et calmer les radicaux, irrités par l'ancien président du Conseil. Il souhaite faire appel à Edgar Faure. Mais pour être certain d'imposer son candidat, il utilise une tactique créée par Vincent Auriol, celle des « tours de piste ». Pour donner le change aux différents partis et montrer l'intérêt qu'il leur témoigne, il pressent plusieurs personnalités  (Antoine Pinay, Pierre Pflimlin, puis Christian Pineau) dont les chances d'investiture sont faibles. 

Une fois ces trois candidats éliminés (par leur désistement ou par un vote négatif de l'Assemblée), il présente avec succès Edgar Faure.