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Algérie-France : comprendre le passé pour mieux construire l'avenir

12 décembre 2012 : Algérie-France : comprendre le passé pour mieux construire l'avenir ( rapport de groupe interparlementaire d'amitié )

Groupe interparlementaire d'amitié

France - Algérie

Algérie-France

Comprendre le passé
pour mieux construire l'avenir

Actes du Colloque du 30 juin 2012
A l'initiative du groupe interparlementaire d'amitié France-Algérie
Claude DOMEIZEL, Président



Sous le haut patronage de

Jean-Pierre BEL, Président du Sénat

Palais du Luxembourg - Salle Clemenceau

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N° GA 105 - Décembre 2012

Vous trouverez également les actes du colloque ainsi que les vidéos de la journée sur le site http://www.senat.fr/evenement/colloque/france_algerie_comprendre_le_passe_pour_mieux_construire_lavenir.html.

OUVERTURE

Marie-Annick DUCHÊNE, Sénateur, membre du Bureau du groupe d'amitié France-Algérie

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à ce colloque organisé dans le cadre des commémorations du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie.

Nous avons souhaité, au sein du groupe d'amitié France-Algérie du Sénat, saisir cette occasion pour faire un retour sur ces 132 ans d'histoire partagée entre la France et l'Algérie. Ce travail de mémoire nous semble indispensable et urgent pour bâtir sur des bases solides, confiantes et sereines, le partenariat d'exception que nous souhaitons tous entre la France et l'Algérie.

Vous êtes venus très nombreux ce matin pour participer à nos débats et je vous en remercie. Les générations que vous représentez, héritières de cette histoire, n'ont évidemment aucune responsabilité dans les affrontements du passé. Cela ne doit pas conduire pour autant à l'oubli ou à la négation de l'histoire. Mieux vaut se charger lucidement du poids des bruits et des fureurs, des violences des événements et des acteurs de cette histoire, en évitant, si possible, les certitudes mal étayées, voire les jugements réciproques. Si nous avons principalement invité des historiens au cours de cette journée, c'est que nous pensons que l'histoire tient plus de l'Université et du savoir scientifique que du tribunal ou même du Parlement. Elle ne juge pas, elle permet de comprendre et, peut-être, de ne pas reproduire.

Nos travaux vont se dérouler en quatre étapes, qui suivent un cheminement chronologique.

Ce matin, nous nous pencherons sur la période 1830-1962 à travers deux tables rondes. La première est intitulée « 1830-1945 : l'Algérie entre colonisation et assimilation ». Ce sera l'occasion de faire la lumière sur les racines de la violence en se penchant sur le système colonial qui l'a produite. Nous avons intitulé la seconde « 1945-1962 : l'inéluctable indépendance ? » avec un point d'interrogation parce qu'il nous semblait intéressant de nous interroger sur les alternatives possibles : était-il encore temps, en 1945, de rectifier les erreurs commises pour mettre fin aux inégalités et aux injustices et tenter de poser les conditions de viabilité d'une Algérie française ? L'histoire a répondu par la négative, avec, hélas, son engrenage de violences et de drames.

Cet après-midi sera tourné vers l'avenir avec deux tables rondes à nouveau. Par optimisme, nous avons intitulé la première : « Comment réconcilier les mémoires ? » plutôt que « Peut-on réconcilier les mémoires ? » même si nous savons bien que les blessures et les rancoeurs sont exacerbées de part et d'autre, tant les souffrances ont été profondes, aggravées, pour certains, par le déchirement de l'exil. Seul le temps permettra de cautériser ces cicatrices encore à vif. Mais il est un exercice salutaire qu'il nous est donné de pouvoir faire : se mettre à la place de l'autre pour tenter de comprendre son point de vue. C'est à cet exercice de décentrement que nous vous convierons cet après-midi pour sortir de l'affrontement des mémoires et les assumer toutes, sans revanche ni repentance.

Enfin, la dernière table ronde se penchera sur les leçons que nous pouvons tirer de cette histoire pour bâtir l'avenir des relations franco-algériennes sur des fondations stables, pérennes et confiantes. En effet, nous ne pouvions terminer cette journée de réflexion sans nous tourner vers le futur, car nous savons que c'est la meilleure dimension de notre action et, je l'espère, de notre réussite commune.

Je vous souhaite à tous de fructueux travaux.