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Golfe de Guinée : les nouvelles attentes

 

Compte rendu du déplacement d'une délégation du groupe interparlementaire France-Afrique centrale au Gabon, en Guinée équatoriale et à Sao Tomé-et-Principe

30 octobre - 6 novembre 2003

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COMPOSITION DE LA DÉLÉGATION

La délégation sénatoriale était composée comme suit :

M. Jean-Pierre CANTEGRIT (Français de l'étranger), Président du groupe France-Afrique centrale, Président délégué pour le Gabon, président ;

M. Jacques PELLETIER
(Aisne), Président du Haut conseil de la Coopération internationale, Président de l'Association France-Gabon1(*),

M. Joël BOURDIN
(Eure),

M. André ROUVIÈRE (Gard),

M. François TRUCY (Var).

La délégation comprenait en outre un des administrateurs du service des Relations internationales du Sénat2(*). Par ailleurs, durant la majeure partie de son séjour au Gabon, elle a été accompagnée par M. Eric CHESNEL, secrétaire général de l'Association France-Gabon et conseiller personnel du Président Omar Bongo.

LISTE DES SÉNATEURS MEMBRES
DU GROUPE INTERPARLEMENTAIRE FRANCE-AFRIQUE CENTRALE

(renouvellement 2003)

MM Denis. BADRÉ, José BALARELLO, MMes Marie-Claude BEAUDEAU, Danielle BIDARD-REYDET, Présidente déléguée (Rwanda), MM. Jacques BLANC, Joël BOURDIN, Président délégué (Tchad), André BOYER, Jean-Guy BRANGER, Mme Paulette BRISEPIERRE, Présidente déléguée (Congo-Brazzaville), MM. Jean-Pierre CANTEGRIT, Président, Auguste CAZALET, Bernard CAZEAU, Yvon COLLIN, Gérard CORNU, Yves DAUGE, Robert DEL PICCHIA, Eric DOLIGÉ, Hubert DURAND-CHASTEL, Jean FAURE, Président délégué (Sao Tomé-et-Principe), André FERRAND, Président délégué (Ouganda), Yann GAILLARD, Christian GAUDIN, Jean-Pierre GODEFROY, Secrétaire, Adrien GOUTEYRON, Georges GRUILLOT, Secrétaire, Michel GUERRY, Jacques LEGENDRE, Président délégué (Centrafrique), Paul LORIDANT, Jean-Yves MANO, Georges OTHILY, Jean-Marc PASTOR, Jacques PELLETIER, Président délégué (Cameroun), Bernard PIRAS, Bernard PLASAIT, Jean-Marie POIRIER, Jean PUECH, Charles REVET, Henri DE RICHEMONT, Roger RINCHET, André ROUVIÈRE, Président délégué (Burundi), Henri TORRE, Président délégué (République démocratique du Congo), Pierre-Yvon TRÉMEL, André TRILLARD, François TRUCY, Président délégué (Guinée équatoriale), Alex TÜRK et Xavier DE VILLEPIN.

REMERCIEMENTS

Le groupe interparlementaire France-Afrique centrale tient à adresser ses plus vifs remerciements à toutes celles et tous ceux qui, à un titre ou à un autre, lui ont apporté leur précieux concours pour la préparation, l'organisation et le bon déroulement sur place de cette mission au Gabon, en Guinée équatoriale et à Sao Tomé-et-Principe.

Sans qu'il soit possible de citer nommément l'ensemble de ces personnalités, la délégation veut exprimer en particulier sa gratitude :

- au Président du Gabon, S. Exc. M. Omar Bongo, à tous ses collaborateurs et aux personnels de l'administration gabonaise qui ont assisté sur place la délégation sénatoriale ;

- au Président du Sénat gabonais, M. Georges Rawiri et à son épouse, ainsi qu'aux autorités du Sénat du Gabon -sénateurs et fonctionnaires- pour l'accueil exceptionnellement chaleureux que tous ont réservé à la délégation des sénateurs français ;

- à l'Ambassadeur du Gabon en France, S. Exc. M. Jean-Marie Adze ;

- à l'Ambassadeur de France au Gabon, M. Jean-Marc Simon, ainsi qu'à tous ses collaborateurs ;

- à M. Eric Chesnel, secrétaire général de l'Association France-Gabon et conseiller personnel du Président Omar Bongo ;

- au maire de Lambaréné, Monsieur Victor Afeme, et à tous les membres du Conseil municipal de cette commune ;

- aux responsables de l'Hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné ;

- à M. Jean-Marie Beka B'obamme, gouverneur de la Région du Moyen-Ogooué, ainsi qu'à tous ses collaborateurs ;

- au Président de la Guinée équatoriale, S. Exc. M. Teodoro Obiang, ainsi qu'à tous ses collaborateurs, aux membres du Parlement de Guinée équatoriale et aux autorités civiles et militaires équatoguinéennes ayant participé à l'accueil de la délégation sénatoriale dans ce pays ;

- à l'Ambassadeur de France en Guinée équatoriale, M. Jean-François Breton ;

- au Président de Sao Tomé-et-Principe, S. Exc. M. Fradrique de Menezez, ainsi qu'à tous ses collaborateurs ;

- à Mme Maria das Neves, Premier ministre de Sao Tomé-et-Principe, à M. Mateus Meira Rita, ministre des Affaires étrangères, ainsi qu'aux membres de l'assemblée parlementaire santoméenne et aux autorités civiles et militaires ayant participé à l'accueil de la délégation sénatoriale dans ce pays ;

- à Mme Claudie Brabant, agent du consulat honoraire de Sao Tomé-et-Principe à Marseille ;

- à Madame Danièle Robin, conseillère de Coopération et d'Action culturelle en poste à Sao Tomé.


INTRODUCTION

Mesdames, Messieurs,

Une délégation du groupe interparlementaire France-Afrique centrale, conduite par le président du groupe, M. Jean-Pierre Cantegrit, président délégué pour le Gabon, a effectué, du 30 octobre au 6 novembre 2003, un déplacement dans trois des Etats de la sous-région : en République gabonaise, du 30 octobre au 2 novembre, en République de Guinée équatoriale le 3 novembre puis en République démocratique de Sao Tomé-et-Principe du 4 au 6 novembre.

Outre M. Cantegrit, la délégation était composée de MM. Jacques Pelletier (par ailleurs président du Haut conseil de la Coopération internationale et président de l'Association France-Gabon), Joël Bourdin, André Rouvière et François Trucy.

Pour le groupe France-Afrique centrale, cette « tournée africaine » répondait à plusieurs objectifs.

S'agissant de la visite au Gabon, son premier motif était de répondre à l'aimable invitation lancée il y a déjà assez longtemps par le président du Sénat gabonais, M. Georges Rawiri, mais que des contraintes d'emploi du temps avait conduit à différer à plusieurs reprises. Cette invitation devait permettre, notamment, de dresser un premier bilan d'étape de la coopération interparlementaire instaurée, depuis la mise en place du Sénat gabonais, entre cette chambre et le Sénat français, tout en envisageant de nouvelles perspectives pour le resserrement des liens déjà étroits qui unissent les deux assemblées.

En outre, la délégation souhaitait faire l'hommage de sa visite au Président du Gabon, S. Exc. M. Omar Bongo, qui de longue date accorde une grande attention à l'excellence des liens unissant les sénateurs français à son pays.

En outre, dans le droit fil d'une des deux missions constitutionnelles propres du Sénat -la représentation parlementaire des Français établis hors de France- le groupe tenait à rencontrer sur place des représentants de la communauté française au Gabon et à les assurer de sa sympathie et de sa solidarité.

Concernant la Guinée équatoriale, la délégation souhaitait à la fois marquer l'intérêt du Sénat envers un pays avec lequel le groupe interparlementaire n'avait encore eu aucun contact direct et, du même coup, prendre la mesure, sur place, des évolutions politiques et économiques d'un pays dont l'importance géostratégique ne peut qu'aller croissante avec le fort développement de sa production pétrolière depuis quelques années.

Une rencontre très dense avec le Président équatoguinéen, S. Exc. M. Obiang Nguema, a ainsi permis aux sénateurs français de nouer le dialogue au plus haut niveau avec un pays encore très fermé jusqu'à une période récente.

La visite à Sao Tomé-et-Principe (en fait, à Sao Tomé seulement, puisque la délégation n'a pas eu l'occasion de se rendre à Principe, la seconde île de l'archipel) visait pareillement à exprimer aux autorités santoméennes l'amitié et la solidarité du Sénat envers cette petite République, quelques mois après la tentative de déstabilisation qui avait affecté le régime en juillet 2003.

Lors de l'audience chaleureuse qu'il a accordée à la délégation, le président Fradique de Menezez n'a pas manqué de rappeler que dans cet épisode difficile, la France avait été une des premières puissances occidentales à lui apporter son soutien, et que sans l'appui de quelques pays importants de la communauté internationale, il n'aurait sans doute pas été en mesure de redresser une situation où le processus démocratique était directement menacé.

Mais au-delà des inévitables entretiens et réunions protocolaires, la délégation a surtout voulu réaffirmer de manière très visible la présence de la France et de la francophonie dans une zone qui, dans bien des domaines, apparaît aujourd'hui en pleine mutation.

Un élément majeur d'interrogation réside en particulier dans la redistribution des cartes de la production pétrolière entre les Etats de cette sous-région.

Gros producteur d'hydrocarbures il y a encore peu d'années, le Gabon enregistre aujourd'hui une inéluctable diminution de ses capacités extractives (liée à l'épuisement progressif de la ressource), tandis que son voisin équatoguinéen, naguère absent de ce secteur, est aujourd'hui entré de plain-pied dans le club des producteurs importants, avec environ 15 millions de tonnes extraites en 2003, soit déjà plus que le Gabon sur la même période.

Dans ce jeu d'influences, la délégation a cherché à s'informer aussi précisément que possible des données d'un contentieux territorial opposant depuis un certain temps le Gabon et la Guinée, concernant le îlot de Mbanié ; la reconnaissance de souveraineté sur cette minuscule terre au large pourrait en effet revêtir une réelle importance, dans la mesure où elle ouvrirait des droits d'exploitation offshore dans une zone qui paraît receler des réserves pétrolières encore vierges.

Quant à Sao Tomé, sa production (exclusivement offshore) demeure pour le moment « virtuelle », mais au vu des résultats des premières campagnes d'exploration, elle semble s'annoncer prometteuse, aussi bien dans les zones maritimes que ce pays a accepté d'exploiter en partage avec le Nigeria que dans sa zone économique exclusive : là encore, l'arrivée d'un nouveau producteur à l'horizon de quelques années est de nature à modifier les forces en présence, dans une région où la présence française s'était jusqu'à présent surtout focalisée sur le Gabon.

Sur le terrain de la coopération économique, les pays de la région proclament tous leur attachement à la présence d'entreprises françaises. Quelle que soit la consistance réelle de ces assertions, force est de constater que nos positions ne sont pas toujours à la hauteur des ambitions : elles régressent d'année en année au Gabon et les grands opérateurs français n'ont pratiquement pas pris part aux attributions des permis pétroliers en Guinée équatoriale et à Sao Tomé.

Restent le domaine culturel et la francophonie, où la France dispose incontestablement d'atouts sérieux dans cette partie de l'Afrique centrale. L'usage du français reste bien sûr une référence incontournable au Gabon. En Guinée équatoriale, ex-colonie espagnole, comme à Sao Tomé, ex-colonie portugaise, la francophonie est nettement moins développée, mais dans un cas comme dans l'autre, les responsables au pouvoir ont clairement manifesté leur intérêt envers la langue française, majoritairement pratiquée par les Etats voisins.

*

* *

Au final, en dépit de sa relative brièveté, ce déplacement dans trois pays aux caractéristiques si distinctes a été très riche d'enseignements, car il a permis d'aborder l'ensemble des questions avec les plus hautes autorités des pays concernés, en particulier lors des audiences qu'ont accordées à la délégation le président gabonais Omar Bongo, le président équatoguinéen Obiang Nguema et le président santoméen Fradique de Menezez.

Surtout, les entretiens, les rencontres et toutes les réunions de travail organisés sur place avec les parlementaires, les représentants des exécutifs et avec différentes autorités locales des trois pays visités ont montré tous l'intérêt que nos interlocuteurs portaient à la présence des sénateurs français dans cette zone de l'Afrique où, en dépit de certains contentieux, la France dispose d'un réel capital de sympathie3(*).


* 1 M. Jacques Pelletier, désigné entre-temps président de la mission commune d'information du Sénat sur la canicule, a finalement dû regagner Paris dans la nuit du 4 novembre et n'a donc pas pu participer au déplacement à Sao Tomé-et-Principe.


* 2 M. Michel Laflandre, conseiller.


* 3 Peu de temps après le retour en France de la délégation, M. Jean-Pierre Cantegrit a rendu compte des grandes lignes de cette mission au Président du Sénat, M. Christian Poncelet, ainsi qu'aux plus hautes autorités de l'Etat. En outre, avec l'aimable accord du Président André Dulait, il en a récapitulé les principales observations lors d'une communication orale présentée le 26 novembre 2003 devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.


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