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Islande : développement économique et protection de l'environnement, une symbiose réussie

 

B. L'ALTHING ET LA MARCHE VERS L'INDÉPENDANCE DE L'ISLANDE

En 1843, un décret royal établit un nouvel Althing composé de 26 membres, 20 étant élus et 6 étant nommés par le roi. Le suffrage est un suffrage censitaire masculin qui revient à faire élire cette assemblée par 5 % de la population. L'assemblée ainsi constituée se réunit durant une session d'un mois, elle n'a qu'un pouvoir consultatif.

La Constitution de 1874 octroie à l'Althing un pouvoir législatif limité aux problèmes exclusivement islandais. Le nombre de ses membres est revu à la hausse : 36 dont 30 élus. L'Althing est séparé en deux chambres : la Chambre haute, composée des 6 membres nommés et des 6 membres élus, et la Chambre basse, composée des 24 autres membres élus. Ce système permet une certaine libéralisation tout en garantissant un meilleur contrôle de la Chambre haute.

Ce bâtiment accueille depuis 1881 le siège de l'Althing.

En 1903, l'Islande se voit octroyer une véritable autonomie avec un Parlement et un gouvernement dont le ministre-résidant doit obtenir la confiance de l'Althing. Le nombre de ses membres s'accroît une fois de plus pour atteindre 40 parlementaires.

En 1908, une étape démocratique supplémentaire est franchie avec l'adoption du vote à bulletin secret puis en 1915 avec l'adoption du droit de vote pour les femmes et les domestiques. C'est aussi à cette époque qu'est mis fin au système des membres nommés par le roi. Ils sont remplacés par des représentants nationaux élus à la proportionnelle dans le cadre d'une circonscription unique.

En 1918, l'acte d'Union fait de l'Islande un État souverain en établissant une union personnelle avec le royaume du Danemark. L'Althing possède alors des pouvoirs législatifs presque complets puisque seules la mainmise sur les affaires étrangères et la maîtrise côtière lui manquent. En 1934 le système des représentants nationaux disparaît et l'âge de la majorité électorale est abaissé à 21 ans.

Thingsvellir: le drapeau islandais flotte dans ce lieu symbolisant l'indépendance.

C. LE PARLEMENT ISLANDAIS AUJOURD'HUI

L'Althing est désormais composé de 63 membres élus par des électeurs âgés de 18 ans révolus dans le cadre de 6 circonscriptions comprenant 9 représentants. Chacune de ces circonscriptions est également dotée -à travers une clé de répartition entre elles- des 9 représentants restants qui ont pour vocation de permettre que les partis ayant obtenu au moins 5 % des suffrages puissent être représentés au Parlement. Ce système permet aujourd'hui aux cinq principaux partis d'être représentés au Parlement islandais.

Composition de l'Althing :

· le Parti de l'indépendance : 25

· l'Alliance (sociale-démocrate) : 18

· le Parti du progrès : 8

· la Gauche-verte : 9

· le Parti libéral : 4

Le système politique islandais conduit souvent à la formation de gouvernements de coalition. C'était notamment le cas lors de notre mission avec, au sein du Parlement, une coalition regroupant le Parti de l'indépendance et le Parti du progrès. Lors des élections générales de 2003, il est remarquable de noter que les Islandais se sont rendus massivement aux urnes avec un taux de participation dépassant les 87 %.

L'Althing est aujourd'hui présidé par une femme, Mme Solveig PETURSDOTTIR, ce qui n'est pas sans traduire l'importance prise par les femmes dans cette institution (19 soit plus de 30 % de l'assemblée) à l'instar de la place qu'occupent les femmes dans toutes les sphères de la société. Il faut rappeler que l'Islande est le premier pays à avoir démocratiquement élu à sa tête, en 1980, une femme, Mme Vikdis FINNBOGADOTTIR. Celle-ci a exercé sa fonction durant 16 ans, ayant été réélue à trois reprises.

Il est à noter, qu'outre les pouvoirs traditionnels exercés par le président du Parlement, celui-ci, en cas d'empêchement du Président de la République, est appelé à exercer ses pouvoirs de façon collégiale avec le Premier ministre et le Président de la Cour suprême.

· Son fonctionnement

L'Althing se réunit en une session annuelle qui commence le 1er octobre de chaque année. Elle est ouverte par le Président de la République après que les députés aient, selon une tradition de1845, participé à un office religieux en la cathédrale de Reykjavik.

Lors de cette séance inaugurale, le doyen des parlementaires, en terme de mandat, préside jusqu'à l'élection du nouveau président. Les députés sont ensuite, à l'exception des ministres, placés au sein de l'hémicycle après un tirage au sort permettant un placement aléatoire des parlementaires au sein de la salle des séances. Cette pratique nous apparaît assez singulière pour être soulignée. Elle permet à des opposants politiques de se retrouver côte à côte sur les bancs de leur assemblée ce qui a le mérite de favoriser le dialogue et la discussion.

Les parlementaires élus effectuent leur travail au sein des douze commissions permanentes existantes selon un rythme de travail hebdomadaire qui s'échelonne du lundi après-midi au jeudi. Les douzes commissions, à l'instar de ce que la France connaissait sous la IVe République, recoupent le travail de ministères correspondants.

Salle des séances de l'Althing

De gauche à droite : MME PAPON, Messieurs MARTIN et POZZO DI BORGO

Les projets ou propositions de loi suivent un cheminement particulier qui tranche avec celui que nous connaissons au sein du Parlement français. Après une première lecture du texte où chaque député peut exprimer individuellement ses premières impressions sur le projet, celui-ci est renvoyé en commission qui émettra un avis et pourra soumettre plusieurs amendements. Une deuxième lecture en séance plénière est alors effectuée durant laquelle les différents articles et les amendements sont discutés puis votés. Le texte ainsi présenté peut alors retourner en commission pour que celle-ci fournisse un nouvel avis. Cependant, dans la plupart des cas, il est procédé à la troisième et dernière lecture au cours de laquelle a lieu un vote sur le texte dans son ensemble.