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Islande : développement économique et protection de l'environnement, une symbiose réussie

 

D. VERS UNE PLUS GRANDE PRÉSENCE FRANÇAISE EN ISLANDE

Les chiffres de l'économie islandaise traduisent un renforcement de la présence de la France en Islande. Notre pays peut également compter sur une communauté de nationaux dont la taille grandit depuis quelques années et qui représente aujourd'hui 412 personnes.

1. Un commerce extérieur français conquérant qui a su s'adapter.

En 2006, les exportations françaises à destination de l'Islande représentent 134 millions d'euros. En valeur absolue, celles-ci ont plus que doublé entre 1996 et 2005 et ont enregistré une hausse de 79% entre 2004 et 2006. Les biens intermédiaires représentent 34% de nos exportations, les biens d'équipement professionnels 27%, les véhicules automobiles 15%, les biens de consommation 14% et les parfums et produits de luxe 11,5%.

Ces chiffres montrent que les entreprises françaises ont progressivement pris conscience de l'importance du marché islandais. En appui à cette analyse, on constate que pour la première fois depuis 10 ans, la balance commerciale est excédentaire en notre faveur (excédent de 23 millions d'euros en 2006 contre un déficit de 13 millions d'euros en 2005).

Les entreprises françaises ont su profiter des grands programmes industriels (construction de barrage, centrales hydroélectriques et géothermiques) ainsi que du boom dans le secteur du bâtiment. Bien que les exportations des secteurs français traditionnellement porteurs en Islande (automobile, parfums et cosmétiques, vins et spiritueux) restent importantes, leur part relative diminue depuis 2004, au profit des secteurs purement industriels et des secteurs de pointe.

Si ces résultats soulignent un intérêt croissant de la France pour l'Islande, les investissements français en Islande sont en revanche quasiment inexistants (0,1% des IDE français en 2006).

2. « Pourquoi Pas ? - Un printemps français en Islande »

Il apparaît essentiel que ce dynamisme commercial soit accompagné d'une politique active de la part de ceux dont la mission est de promouvoir notre pays auprès des Islandais. C'est dans cet esprit que l'ambassade de France a organisé un printemps français en Islande.

Faisant ainsi écho à la « Quinzaine islandaise », qui s'est déroulée en France en septembre et octobre 2004, la France a organisé, pour la première fois en Islande, un Festival multidisciplinaire de grande envergure. Cet événement, qui s'est déroulé du 22 février au 12 mai 2007, avait pour objectif de faire battre les Islandais au rythme du dynamisme, de la créativité et de la diversité française.

Pourquoi «Pourquoi Pas ?»

Référence directe au célèbre bâtiment du commandant J.B Charcot, Pourquoi-Pas ? qui a effectué plusieurs visites en Islande et dont le souvenir est encore très vif dans ce pays.

Divers volets doivent composer ce festival :

S'agissant du volet culturel et artistique du festival, de nombreuses manifestations allant des expositions au théâtre, de la littérature à la musique, de la danse au théâtre de rue se sont enchaînés : au total, plus d'une soixantaine d'événements ont eu lieu pendant près de trois mois, alors que l'exposition « Regard fauve », venue du Musée National des Beaux-Arts de Bordeaux a précédé ce festival.

Un festival du film organisé par l'Alliance française s'y est tenu comprenant un volet littéraire -avec la venue d'écrivains français- et un volet scientifique -avec celle de plusieurs conférenciers- qui complèteront l'aspect culturel.

Les volets commerciaux et touristiques, mis en oeuvre par la Chambre de Commerce franco-islandaise, ont eu comme objectif de promouvoir la France du commerce, des entreprises, des produits du terroir -avec la venue de chefs étoilés-, et du tourisme par le biais de la Maison de la France à Copenhague.

Enfin, notre ambassade en Islande, avec le concours de la Mairie de Reykjavik, a organisé des concours scolaires sur le thème de la France, afin de sensibiliser les écoles et lycées à la langue française.

L'ambition de ce festival est de donner une visibilité nouvelle pour notre pays en Islande et, surtout, une envie de France qui en ferait le plus beau des succès.

3. Un contexte géopolitique favorable

La mission sénatoriale s'est rendue en Islande à un moment clé, coïncidant avec le départ des troupes américaines stationnées sur la base de Keflavik depuis plus d'un demi-siècle.

L'Islande n'a jamais eu et ne souhaite pas avoir sa propre armée. Depuis 1951, elle bénéficie d'un accord signé avec les autorités américaines, qui repose sur un intérêt mutuel, à savoir l'utilisation par les troupes américaines de la base de Keflavik contre une protection et un accord de défense au bénéfice de l'Islande. Sa position fut hautement stratégique au temps de la guerre froide.

Au milieu de l'année 2006, les autorités américaines ont annoncé de façon unilatérale leur retrait et leur départ de la base de Keflavik. Cette annonce a été ressentie de façon assez brutale par les Islandais -membres de l'OTAN depuis 1949-. Outre cette déchirure sentimentale palpable, les Islandais sont conscients de la perte financière réelle que va provoquer le départ des soldats américains qui participaient, pour une partie non négligeable, à l'économie locale de la région de Reykjavik.

Dans ce contexte, nous pouvons nous interroger sur l'opportunité qui serait la nôtre d'accentuer nos efforts en direction de l'Islande au moment même où celle-ci, malgré les compensations financières annoncées et l'assurance renouvelée d'assurer sa protection par la partie américaine, se retrouve heurtée dans l'équilibre qu'elle a toujours su cultiver entre l'Europe et les États-Unis.