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Islande : développement économique et protection de l'environnement, une symbiose réussie

 

B. OBJECTIF 2050 : 100% D'ÉNERGIES RENOUVELABLES

L'Islande souhaite développer sa production d'énergies propres afin de devenir une économie totalement durable et énergétiquement indépendante.

1. Les recherches sur un carburant alternatif : le cas de l'hydrogène

a) Icelandic New Energy

L'Islande est à la pointe de la recherche dans le domaine des carburants alternatifs renouvelables et non polluants. Elle s'intéresse tout particulièrement à l'hydrogène.

C'est dans cette perspective qu'a été créée Icelandic New Energy (INE). 51 % des parts d'INE appartiennent à un consortium de compagnies islandaises du secteur énergétique et à deux institutions islandaises : New Business Venture Fund, la Reykjavik Energy Company, National Power Company, Sudunnes Regional Heating Company, l'Université d'Islande, l'Institut technologique islandais, la Fertilizer Plant, Aflvatif et le gouvernement islandais. Trois entreprises internationales représentent les 49 % du capital restant.

L'objectif d'INE est de tester en Islande le remplacement progressif des énergies fossiles par des carburants à base d'hydrogène. Elle prévoit un développement sur 50 ans pour remplacer les carburants fossiles dans les secteurs du transport et de la pêche.

Les responsables du programme développé par INE ont commencé par un réseau de production d'hydrogène dans de petites unités de production implantées dans des stations services et dépôts centraux de flottes de véhicules. Ce choix réduit les risques techniques et ouvre la voie vers une plus grande production, que les experts n'attendent pas avant 2030.

b) Une expérimentation concluante

Cette volonté s'est traduite par la mise en oeuvre du programme ECTOS, Ecological City Transport System.

ECTOS est soutenu financièrement par l'Union européenne (2,85 millions d'euros sur un coût total de 7 millions d'euros). C'est un projet de démonstration de trois bus de type Citaro roulant à l'hydrogène dont les objectifs sont multiples :

- Evaluer une infrastructure « hydrogène »

- Comparer un système de transport public basé sur l'hydrogène avec un système traditionnel.

- Evaluer les impacts socio-économiques de ce type de transports.

Depuis 2003, trois prototypes de bus roulent à l'hydrogène dans la capitale Reykjavik. De même, une station d'hydrogène a été inaugurée le 2 avril 2003.

L'essai a été concluant et en 2008, une nouvelle génération de bus plus performants devrait être mise en service. Une prochaine étape sera de tester le combustible pour l'alimentation des bateaux de pêche, en 2007. C'est aussi en 2007 que les premières voitures roulant à l'hydrogène devraient faire leur apparition.

Ces projets s'inscrivent dans le cadre du programme ambitieux connu sous le nom de plan 2050. En effet, en réussissant à exploiter à grande échelle la technologie de l'hydrogène comme carburant synthétique, l'Islande espère s'affranchir complètement du brûlage des produits pétroliers comme sources énergétiques à l'horizon 2050. Elle deviendrait ainsi le premier pays au monde à produire et consommer une énergie à 100 % propre et renouvelable.

c) Quelques limites à ce système

Ce système est encore balbutiant. Les principales difficultés techniques sont la transformation de l'hydrogène en énergie utilisable et l'équipement des véhicules en technologies permettant la consommation de l'hydrogène. Lors de l'expérimentation réalisée sur les bus (projet ECTOS), il est apparu que le mécanisme permettant au véhicule d'utiliser l'hydrogène était imposant et lourd. De plus, les nombreuses bombonnes d'hydrogène liquide nécessaires au fonctionnement, constituent un danger certain.

D'autre part, la production de l'hydrogène est énergétivore. L'hydrogène est produit par l'électrolyse de l'eau qui sépare les molécules d'eau en hydrogène et oxygène. Cette opération nécessite un important apport électrique. Cependant, cette technique ne pose pas de problème majeur en Islande, étant donné l'étendue des réserves énergétiques.

Le stockage de ce gaz pose également problème et divise les experts. Dans un premier temps, les scientifiques ont opté pour le stockage solide sur hydrure, tout en poussant les recherches sur le stockage cryogénique.

La dernière difficulté est financière. En effet, le coût de production de l'hydrogène est très élevé. Celui-ci s'explique essentiellement par le caractère embryonnaire des technologies de l'hydrogène : sa production, son stockage et la faible dimension du parc des véhicules utilisant ce carburant. Une multiplication progressive du nombre de véhicules consommant de l'hydrogène engendrerait une baisse du coût de la production de celui-ci.

2. Une poursuite constante des efforts de recherche

Leader mondial dans le domaine des énergies propres et du respect de l'environnement, Reykjavik Energy (OR) est l'autorité du conseil municipal de la capitale islandaise en charge de la distribution d'électricité et d'eau aux habitants de la capitale et de ses alentours.

Reykjavik Energy investit énormément dans la recherche sur les énergies renouvelables et vient de débloquer un fonds de 100 millions de couronnes islandaises (un peu plus d'un million d'euros) pour un programme de recherche.

Celui-ci est destiné aux chercheurs universitaires dont les travaux sont consacrés aux énergies renouvelables. Les principaux thèmes d'étude sont : les lignes d'électricité souterraines à haute tension, la production de méthane à partir des eaux usées et l'élimination des mauvaises herbes par l'eau issue des sources géothermiques.