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Collocolombie2005 Sénat-UbiFrance



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Sergio Fajardo

Eduardo Munoz

Roland du Luart

René André

Eduardo Munoz

Actes du Colloque

Sénat - UbiFrance

sur la Colombie


Jeudi 6 octobre 2005


Le marché colombien, entre mythes et réalités :
un potentiel à exploiter, des opportunités à saisir


En présence de :
Roland du LUART, Sénateur, Vice-Président du Sénat, Président du groupe interparlementaire France-Amérique
René ANDRE, Président d'UbiFrance

Avec la participation de :

Eduardo MUNOZ, Vice-Ministre du Commerce, de l'Industrie et du Tourisme de Colombie

Ouverture

Message de M. Christian PONCELET, Président du Sénat,
lu par M. Roland du Luart,
Sénateur de la Sarthe, Vice-Président du Sénat,
Président du groupe interparlementaire
France-Amérique du Sud

« Monsieur le Ministre,

Monsieur l'Ambassadeur,

Mes Chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Le Sénat est heureux et honoré d'accueillir aujourd'hui ce colloque économique sur la Colombie. C'est le premier que nous consacrons à ce pays, en partenariat avec nos amis d'UbiFrance. Je ne crois pas nécessaire de redire combien nous apprécions notre collaboration avec eux, et je constate, au fil des rencontres, une demande croissante pour ce type de colloques.

A l'ouverture de ce colloque, mes pensées vont évidemment vers notre compatriote Ingrid Bétancourt, retenue en otage depuis maintenant trois ans et sept mois - 1 319 jours ! Le sort qu'elle partage avec 58 autres otages est inhumain.

Le Sénat le condamne de la façon la plus ferme et la plus solennelle. Je forme le voeu que les pourparlers entrepris par les autorités colombiennes auprès des Forces armées révolutionnaires pour parvenir à un accord humanitaire avec le soutien de la France, aboutissent rapidement, et, surtout, positivement.

Lorsque j'ai reçu le Président du Sénat de Colombie en juin 2004, je lui ai dit combien j'étais soucieux de développer des relations plus étroites avec l'Amérique latine, trop souvent négligée par la France, alors qu'elle est si francophile - parfois même francophone -, et depuis si longtemps.

A cette proximité de l'esprit s'ajoute une continuité territoriale : la France, on a parfois tendance à l'oublier, est présente sur le continent sud-américain, avec ses départements français d'Amérique : la Guadeloupe, la Martinique et bien sûr la Guyane. Nos entrepreneurs doivent savoir que ces trois départements peuvent jouer un rôle de tremplin pour la coopération avec la Colombie.

Enfin, n'oublions pas que la Colombie est l'une des plus anciennes démocraties du continent. La Constitution de 1991 a remplacé celle de 1886 qui avait connu 105 ans sans modification de fond.

Malgré la distance, la France ne se désintéresse pas de la Colombie. Elle a participé au groupe de dix pays créé en 2001 pour « faciliter » le processus de paix. Elle continue d'appuyer sans relâche les efforts courageux du Président de la République, M. Alvaro Uribe  - que j'ai reçu ici alors qu'il venait juste d'être élu à la charge suprême - pour la restauration de l'autorité de l'Etat.

Elle n'oublie pas que la Colombie est un grand marché de près de 45 millions d'habitants. A l'instar de l'Union européenne, la France souhaite le rétablissement de la paix civile et de la concorde nationale en Colombie, pour garantir la stabilité régionale et en finir avec la dictature de la peur. Cette peur quotidienne, insidieuse, alimentée et entretenue par une clique d'hommes armés, sans foi ni loi.

A cet égard, avouons qu'essayer aujourd'hui de « vendre la Colombie », à des entreprises françaises est un peu une gageure ! A peine sorti de la crise économique extrêmement grave qu'a traversée le continent sud-américain, ce pays commence seulement à se rétablir, et ne dispose encore, au moins a priori, que de peu d'atouts pour séduire les investisseurs internationaux...

Le titre de notre colloque d'aujourd'hui résume bien la problématique : « le marché colombien, entre mythes et réalités ». Je crois en effet qu'il faut mettre à bas un certain nombre de clichés concernant la Colombie.

D'abord, contrairement à ce qu'on croit trop communément, et grâce à la politique de sécurisation menée par le Président Uribe depuis 2002, Bogota est aujourd'hui une ville plus sûre que beaucoup d'autres capitales latino-américaines et que... Washington ! Cela ne signifie pas qu'il faille sous-estimer les risques dans d'autres régions de la Colombie.

Il est sans doute encore trop tôt pour porter un jugement définitif sur cette politique de rétablissement de la sécurité, mais force est de reconnaître, dès à présent, que l'économie colombienne se porte mieux que celles de ses principaux voisins et concurrents.

Ainsi, l'année 2004 a été marquée par une nette amélioration des indicateurs macro-économiques par rapport à la récession qu'a traversée la Colombie en 1999 et à la croissance limitée qu'elle connaissait depuis 2000 : la croissance s'est établie à 4 % et l'inflation à 5,5 %, le chômage baissant à 12 %.

Je suis convaincu que les orateurs qui vont se succéder à la tribune toute la matinée sauront redresser l'image d'un pays dont la taille du marché, l'ampleur des ressources naturelles (émeraudes, café, pétrole, charbon notamment) et un historique de débiteur exemplaire font un acteur central de l'économie sud-américaine, où les entreprises françaises gagneraient à être mieux placées.

Troisième investisseur étranger, après les Etats-Unis et l'Espagne, avec une part de marché qui oscille autour de 3 % selon les années, la France peut et doit, en effet, encore améliorer ses positions et ne pas compter uniquement sur les ventes d'Airbus. La Colombie n'est qu'au 68ème rang mondial de nos clients et au 76ème rang de nos fournisseurs.

On peut regretter aussi que le nombre de Français inscrits au consulat de Bogota ne cesse de diminuer depuis cinq ans pour s'établir aujourd'hui à 3 300 immatriculés. Bien sûr, la situation d'Ingrid Bétancourt ne doit pas inciter à la confiance mais je crois qu'il ne faut pas diaboliser la Colombie.

Mais plutôt que d'aligner les indicateurs économiques - je laisse ce soin aux spécialistes qui, dans quelques instants, vont vous présenter plus en détail les potentialités de la Colombie -, je voudrais surtout souligner le capital de confiance et d'intérêt dont la Colombie jouit dans les milieux économiques.

J'en veux pour preuve l'implantation de grandes compagnies européennes comme Renault, Carrefour ou Sanofi.

Elles y trouvent généralement une main-d'oeuvre de qualité, bien formée et prête à s'engager : voilà des atouts précieux car la compétitivité d'une entreprise dépend très largement du facteur humain.

Sans compter que la présence de ces géants offre aussi des opportunités à nombre de petites et moyennes entreprises, qui trouvent utilement à employer leur savoir-faire dans leur sillage.

A juste titre, les Colombiens forment un peuple fier : fier de son histoire, fier de son identité, fier de sa culture et fier de son indépendance.

Un peuple fier mais un peuple éprouvé, las de la guerre civile, de la violence et de ce fléau insupportable que sont la drogue et le commerce qu'en font les hommes. Puissent les efforts entrepris par le Président Alvaro Uribe faire cesser l'impunité dont a trop longtemps bénéficié la guérilla, et le retour à une croissance soutenue réduire la pauvreté et les inégalités qui ont favorisé l'éclosion de la violence.

Je suis persuadé qu'avec les conseils éclairés d'UbiFrance, tous les participants à ce colloque partageront, à l'issue de vos travaux, non seulement ma conviction  - j'allais dire mon enthousiasme -, mais surtout l'amitié et l'attachement sincères que le Sénat porte à nos amis colombiens.

A tous, je souhaite de fructueux travaux, en espérant que vous garderez de votre passage au Sénat un bon souvenir, qui vous incitera à y revenir. »

Avant de donner la parole à René André, je voudrais ajouter quelques mots à titre personnel. Je connais bien la Colombie, pour y avoir été de nombreuses fois, et je tiens à nuancer certains propos. La Colombie est un pays d'entrepreneurs courageux. On peut avoir confiance dans l'activité économique de ce pays. Les Colombiens savent aller de l'avant. Un taux de croissance net de 4 % est une performance dans un pays qui souffre pourtant de plusieurs maux, à commencer par la guérilla. Sans cette dernière, la croissance serait encore plus élevée.

René ANDRÉ
Président d'UbiFrance


Mesdames et Messieurs, je joins mes voeux de bienvenue à ceux du Président du Sénat et aux vôtres, Monsieur du Luart.

J'aurais pour commencer un mot pour le Maire de Medellin, victime des difficultés temporaires que traverse notre pays, puisqu'il n'a pas pu récupérer ses bagages depuis maintenant cinq jours.

Ce séminaire s'inscrit dans une longue collaboration initiée en 1997 entre le Sénat et le Centre Français du Commerce extérieur pour l'organisation conjointe de colloques économiques. UbiFrance souhaite poursuivre dans le même esprit cette coopération. Je profite de l'occasion qui m'est donnée pour souligner le prix que j'attache à cette collaboration. Je remercie en cela l'action du Président du Sénat.

UbiFrance mène depuis quelque temps une action de communication qui fait suite à son changement de nom. La gamme complète de nos services s'articule autour de l'information, du conseil à l'exportation, de l'action commerciale et du volontariat international en entreprise.

Notre mission est de vous informer sur les marchés, les règles juridiques, les financements internationaux, les appels d'offres et la veille sectorielle. Le MOCI vous permet d'être informés des appels d'offres internationaux. Nous intervenons également en matière de communication par divers biais (colloques, campagnes de presse...). Enfin, notre action permet à des jeunes de pouvoir acquérir une expérience à l'international par le biais des volontaires internationaux en entreprises, qui ont succédé aux VSNE.

UbiFrance mobilise l'expertise de 1 500 personnes implantées en France et dans 120 pays différents. Je salue à ce titre Paul De Vos, responsable de notre mission économique à Bogota. Je souhaite remercier l'ensemble des intervenants venus pour la plupart spécialement de Colombie pour vous faire partager leur expertise et leur expérience.

Notre dernière réunion concernant la Colombie remonte à juin 2003. La Colombie a toujours su démontrer son aptitude à surmonter les crises. Elle représente plus que jamais une opportunité exceptionnelle pour nos entreprises. La croissance y atteint un très bon niveau et le gouvernement du Président Uribe mène une politique efficace. La France jouit d'une très bonne image en Colombie, souvent synonyme de qualité et de fiabilité. Nous y occupons la place de troisième exportateur. Les entrepreneurs colombiens souhaitent travailler davantage avec notre pays. La Colombie reste le premier partenaire de la France dans le Pacte Andin, devant le Venezuela.

Le moment est venu de faire le point sur les perspectives offertes par ce pays riche d'opportunités. C'est l'objet des trois parties de notre colloque. Je vous souhaite à tous une excellente matinée de travail. Je remercie à nouveau le Sénat pour son action.

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