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Le plan Azur

Mohamed BEN AMOUR
Président, Fédération du tourisme de la Confédération générale des entreprises du Maroc

Président, Groupe KTH-KTI

Amyn ALAMI
Administrateur délégué, Casablanca Finance Group

Mohamed BEN AMOUR

 

Après le prêt-à-porter, le prêt-à-partir ! La population marocaine compte encore plus de 50 % de sa population dans le monde rural. Elle dispose aussi d'un très important vivier de jeunes, et son économie peine encore à l'absorber. C'est pour tirer le meilleur parti des atouts du Maroc en matière de tourisme qu'un contrat de programme a été mis en place entre le Royaume du Maroc et les opérateurs de l'industrie touristique, en juillet 2001. Il s'agit à la fois d'assurer une intégration rapide dans l'emploi au vivier de jeunes, de permettre un développement endogène du monde rural et d'orienter la structuration des autres activités économiques et industrielles du pays. Le tourisme constitue le véritable levier de croissance économique qui pourrait assurer à notre pays un dynamisme nouveau.

 

Parmi les principaux axes de cet accord-cadre, je citerai la création de 80 000 chambres additionnelles, dont 65 000 dans les stations balnéaires (plan Azur). Ce plan prévoit également la création de 600 000 emplois. Il doit entraîner un dynamisme de croissance (2,5 %), qui contribuera à atteindre l'objectif d'une croissance durable de 6 à 8 % par an. Il s'agit enfin d'installer le Maroc parmi les toutes premières destinations touristiques du bassin méditerranéen.

Amyn ALAMI

 

Le Royaume a décidé d'ériger le tourisme en priorité nationale, pour construire l'assise de son développement, du fait de la capacité de ce secteur à entraîner une dynamique globale de croissance dans l'ensemble de l'économie. Nous recevons aujourd'hui 2,5 millions de touristes internationaux. Notre objectif est d'en recevoir 10 millions à l'horizon 2010. Une dizaine de bassins d'emplois et de croissance ont été définis à travers le Maroc. L'objectif est de stopper l'exode rural vers les grandes villes puis l'émigration vers l'Europe.

 

La nouvelle politique touristique vise à capitaliser sur les atouts du Maroc : la proximité de l'Europe, le climat tempéré, la diversité géographique, le patrimoine culturel... Nous cherchons à construire un mix client de haute facture :

· Produit : nous misons sur le balnéaire mais entendons également renforcer le « culturel ».

· Prix : nous recherchons un positionnement supérieur, tout en misant sur la libéralisation du transport aérien.

· Promotion : elle sera agressive.

· Professionnalisation : la dynamique de compétence et de sérieux doit se diffuser dans toute la chaîne touristique, pour accroître la satisfaction des touristes.

Au total, nous souhaitons assurer une visibilité stratégique à tous les investisseurs, mais aussi une rentabilité minimale, avec des TRI supérieurs à 20 % pour de nombreux projets touristiques. Nous privilégions le partenariat public/privé ou encore de nouveaux modes opératoires comme les concessions. Malgré une conjoncture et un environnement international difficile, cette volonté politique, l'accent mis sur le partenariat public/privé et les échéanciers précis qui ont été définis nous autorisent à afficher de grandes ambitions. D'ores et déjà, certains projets ont été lancés. A Taghazout, par exemple, située à 9 kilomètres au nord d'Agadir, mais aussi sur le site de Plage Blanche, a été élaboré un programme de 11 000 chambres, à proximité immédiate de la mer et aux portes du désert. Ce programme est un pari audacieux dans la mesure où il s'agit d'un projet qui doit préserver la beauté du site : aucune construction ne viendra défigurer le bord de mer, le complexe sera encaissé dans une vallée asséchée, que l'on découvrira comme une oasis en venant du désert. On peut aussi citer Mogador, Mazagan (golfs, séminaires, congrès) dont le plan d'aménagement a été conçu par Ricardo Bofill, Lixus, Saïdia... Ce sont au global neuf sites balnéaires qui sont en projet, des stations authentiques, respectueuses de l'environnement, où les touristes pourront rencontrer les valeurs profondes de notre pays. L'ensemble du plan Azur devrait mobiliser environ 5 milliards d'euros d'investissements, soit le plus grand plan engagé au Maroc depuis l'indépendance. Il est soutenu par l'ensemble des autorités et opérateurs marocains, mais aussi par de nombreux investisseurs privés. La première phase de sélection des opérateurs, très prometteuse, a déjà permis de recevoir 22 soumissionnements. Des signatures aussi prestigieuses que celles de Georges Soros ont déjà manifesté leur intérêt. Mais les consortiums restent à mettre en place : je vous invite à prendre contact avec nous, ou à consulter le site www.investintourism.ma.

 

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