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Colloque Sénat-Ubifrance sur la Tunisie - 24 juin 2004


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Actes du colloque Sénat-UBIFRANCE

La « réussite » du modèle tunisien

Jeudi 24 juin 2004

Sous le haut patronage de :
Christian PONCELET, Président du Sénat,

Sous l'égide du Président du groupe interparlementaire du Sénat France-Tunisie :
Monique CERISIER-Ben GUIGA

En présence de :
S. Exc. Yves AUBIN DE LA MESSUZIERE, Ambassadeur de France en Tunisie,
S. Exc. Moncer ROUISSI, Ambassadeur de Tunisie en France,

Autour de :
M. Jean-Maurice VERBOIS, Chef de la Mission économique de Tunis, l'Amiral Jacques Lanxade, Président du Comité bilatéral Tunisie du Medef, M. Norbert de Guillebon, Directeur général, Cotusal, Président de la section Tunisie des Conseillers du Commerce extérieur, M. Olivier Pastré, Professeur d'économie, Président, IM Bank, Cercle des économistes, M. Radhi Meddeb, Président directeur général, Comète engineering, Agent de la BEI en Tunisie, M. Slim Chaker, Directeur coordonnateur du Fonds d'accès aux marchés d'exportation, Famex, M. Habib Gaïda, Directeur général de la chambre tuniso-française de commerce et d'industrie, M. Afif Chelbi, Directeur général, IM Bank, M. Jean-Najib Lebrun, Président directeur général, Stratège, Conseiller du Commerce extérieur de la France, M. Henri Gauthier, Président directeur général, SALIENS, M. Jean-Yves Beugin, Président de IMTEC Tunisia, M. Hubert Lauriot-Prévost, Président directeur général, C.T.R.A. (Chaudronnerie, Tuyauterie, Résine, Anticorrosion), M. Paolo Maria Tafuri, Directeur général adjoint, Délice-Danone, M. Philippe Biraud, Directeur général, Aceria).

Ouverture

Monique CERISIER-Ben GUIGA, Sénateur des Français établis hors de France
Présidente du groupe interparlementaire France-Tunisie 

Bonjour et bienvenue à ce colloque consacré à la Tunisie. Je vous prie d'excuser le Président Christian Poncelet qui, retenu, ne pourra assister à notre rencontre et m'a chargée de vous lire un message d'ouverture.

Message de

Christian PONCELET, Président du Sénat

Madame et Messieurs les Présidents,
Messieurs les ambassadeurs,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Le Sénat est particulièrement honoré d'accueillir aujourd'hui ce colloque économique consacré à la Tunisie, pays avec lequel nous entretenons des liens privilégiés et anciens.

Avant même d'aborder le thème de notre rencontre, je voudrais saluer le rôle actif qu'a joué le groupe d'amitié France-Tunisie du Sénat dans l'organisation de cette réunion, sous l'impulsion de sa présidente, Madame CERISIER-BEN-GUIGA, artisan inlassable du rapprochement franco-tunisien.

Je saisis également cette occasion pour redire à son directeur général, M. Jean-Pierre TROTIGNON, combien le Sénat apprécie l'efficace collaboration établie avec le Centre français du Commerce extérieur, devenu UBIFRANCE.

Au-delà des réformes statutaires auxquelles cet établissement public doit faire face en ce moment, nos amis d'UBIBRANCE remplissent une mission essentielle à laquelle, j'en suis convaincu, les exportations françaises et les investissements français à l'étranger doivent beaucoup.

Aujourd'hui, vous avez choisi de traiter de « La réussite du modèle tunisien ». Cette initiative nous permet ainsi de « boucler notre trilogie » consacrée au Maghreb, ouverte fin 2002 avec le Maroc et poursuivie en octobre 2003 avec l'Algérie.

Les aléas de mon emploi du temps ont voulu que je sois retenu au moment où s'ouvrent vos travaux, mais soyez convaincus que mon attention et mon intérêt n'en sont pas moindres.

Sans prétendre dresser un panorama exhaustif de la situation économique tunisienne - je laisserai ce soin aux spécialistes qui vont se succéder à la tribune toute la journée - je crois d'emblée utile de souligner la qualité et l'intensité du partenariat qui unit la France et la Tunisie.

Pour nous, Français, la Tunisie n'est pas simplement un client ou un fournisseur, c'est surtout un pays ami, dont nous avons apprécié la solidarité à maintes reprises, y compris dans des périodes très difficiles de notre histoire.

Préparée par plusieurs déplacements ministériels réciproques depuis 2002, la visite d'Etat du Président Jacques Chirac en décembre 2003 a confirmé solennellement cette profonde sympathie mutuelle ; et pour reprendre sa propre expression, l'accueil qui lui a été réservé par les autorités tunisiennes, « amical au sens le plus fort du terme », traduisait bien la nature de nos relations.

Sur le plan économique, la France représente un partenaire de premier ordre pour la Tunisie, à tous les points de vue : premier investisseur, premier partenaire commercial, premier partenaire financier et premier pays en nombre de touristes, avec plus d'un million de visiteurs français chaque année.

Faut-il détailler ce palmarès, en rappelant que nous avons plus de 1 000 entreprises françaises représentées en Tunisie -dont près de 50 % dans le seul secteur textile- soit environ le tiers des entreprises étrangères et quelque 60.000 emplois.

Parmi les opérateurs français, je me bornerai à citer quelques grands noms, comme DANONE dans l'agroalimentaire, VALÉO et LABINAL pour les équipementiers automobiles, CARREFOUR pour la distribution, ou encore la SOCIÉTÉ GÉNÉRALE dans les activités financières.

De nombreuses PME-PMI françaises sont également actives sur le marché tunisien, implantation favorisée par la proximité géographique de nos deux pays, la grande fréquence des liaisons aériennes et leur coût très compétitif, ce qui facilite beaucoup les déplacements des hommes et des marchandises.

Bien entendu, notre position n'a rien d'un monopole.

Dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen, d'autres pays européens interviennent aussi en Tunisie, même si aucun d'eux n'y occupe la même place privilégiée que la France.

Ces échanges économiques s'appuient sur plusieurs accords internationaux, y compris multilatéraux. La Tunisie, qui est membre de l'Organisation Mondiale du Commerce, est notamment le premier pays de la rive sud de la Méditerranée à avoir conclu un accord partenariat et de coopération avec l'Union européenne, dont la principale composante est l'instauration d'une zone de libre-échange.

Certes, quelques dossiers litigieux brouillent de temps à autre les relations d'affaires entre la Tunisie et ses partenaires européens, dont la France.

Tel est le cas, notamment, de l'irritante question des contrefaçons, qui reste une préoccupation permanente de nos industriels, comme l'a rappelé à juste titre notre ministre du Commerce extérieur, M. François Loos, lors de sa conférence de presse à Tunis, en juin 2003.

Cela étant, au-delà des textes et des accords techniques, la Tunisie et la France partagent surtout de grandes affinités humaines, historiques et culturelles, qu'il s'agisse de la langue française, de nos droits et de nos institutions - voisins sur bien des points - ou encore de nos multiples coopérations en matière éducative et scientifique.

Ce patrimoine immatériel représente un atout précieux pour la Tunisie, car une des clés de la réussite du « modèle tunisien » tient autant aux réformes économiques réalisées dans ce pays depuis une vingtaine d'années que dans la priorité accordée à la qualité et à la valorisation de ses ressources humaines, à travers une profonde rénovation du système éducatif et de formation professionnelle.

Je pourrais citer dans ce domaine maintes réalisations remarquables. Cependant, deux d'entre elles, par leur spécificité, me paraissent retenir notre attention : en premier lieu, l'Académie internationale de droit constitutionnel de Tunis, qui attire chaque année les plus éminents juristes européens - et avec laquelle le Sénat entretient les meilleurs rapports - ; en second lieu, dans le domaine des sciences appliquées, la réussite de la technopole de l'Ariana, à quelques kilomètres de l'aéroport international de Tunis, qui regroupe sur un même site des centres d'excellence dont le rayonnement dépasse très largement le seul cadre tunisien.

Reste la question des droits de l'homme et des libertés en Tunisie, périodiquement soulevée par la presse occidentale et qui, on ne peut le nier, risque toujours de dissuader telle ou telle entreprise européenne de s'intéresser au marché tunisien.

Sur ce terrain, la Tunisie, comme d'ailleurs bien d'autres pays, peut sans doute encore faire des progrès mais cela ne doit pas faire oublier qu'elle a déjà accompli de très importantes avancées en quelques années et que la situation y est plus enviable que dans bien des Etats de la région.

La Tunisie est aussi un des pays émergents où la croissance économique et les progrès humains sont les plus équitablement répartis, avec le développement d'une classe moyenne influente et gagnée aux idéaux démocratiques et une égalité effective entre hommes et femmes, comme il n'en existe pas dans les pays de la région.

Surtout, en consentant un effort éducatif massif, la Tunisie « témoigne de la confiance qu'elle place dans sa jeunesse », à laquelle « elle a confié les clés de son avenir », pour reprendre les termes du Président Jacques Chirac.

Avec le recul de la pauvreté et de l'exclusion, je suis convaincu que cette confiance dans la jeunesse tunisienne, mieux que les grandes déclarations d'intention, ouvre la voie au renforcement de l'Etat de droit et à la consolidation de la démocratie.

La Tunisie en a d'ailleurs adopté un élément essentiel en mai 2002, avec la création d'une seconde chambre dont nous suivrons la mise en place avec un très grand intérêt.

Autre signe positif, les dirigeants tunisiens sont aux côtés des pays européens dans le refus du terrorisme et la lutte contre les facteurs de déstabilisation internationale : à une période où le contexte proche et moyen-oriental alimente les plus vives préoccupations, la Tunisie représente un pôle de stabilité dans cette région du monde.

En définitive, ce climat de confiance politique mutuelle entre les autorités françaises et tunisiennes est propice aux relations d'affaires.

Beaucoup de nos entreprises en ont déjà pris conscience depuis longtemps, mais il n'est jamais inutile de le rappeler, car la Tunisie offre dans bien des domaines des perspectives très prometteuses dont - j'en suis certain - les intervenants de ce colloque sauront vous convaincre.

A tous, je souhaite de bons travaux, en espérant que vous garderez un excellent souvenir de votre passage au Sénat et que vous y reviendrez.

Agnès GABORIT, UBIFRANCE

Je vous prie d'excuser l'absence de Jean-Pierre Trotignon, le Directeur général d'UBIFRANCE, qui est retenu par d'autres obligations. Je souhaite toutefois remercier, en son nom, le Président Poncelet pour son message d'ouverture.

Je me réjouis d'être parmi vous aujourd'hui. Ce nouveau colloque témoigne du dynamisme du partenariat entre le Sénat et UBIFRANCE. Ce partenariat se poursuivra l'année prochaine.

Nous parlons aujourd'hui d'un pays avec lequel la France entretient des relations très denses. La Tunisie fait ainsi partie des 25 pays prioritaires dans le cadre du plan pour l'action commerciale extérieure. Une semaine technologique française se tiendra à Tunisie à la rentrée prochaine. Elle pourrait réunir 30 à 50 entreprises françaises et comprendra une exposition, des séminaires sectoriels, des rencontres de partenariats industriels et des tables rondes ainsi que des actions de communication.

Nous avons par ailleurs initié un partenariat très positif avec le Fonds d'accès aux Marchés d'exportation (Famex), dans le domaine de la formation.

Je cède dès à présent la parole à Yves Aubin de Messuzière, qui est ambassadeur de France en Tunisie.

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