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Colloque Sénat-Ubifrance sur la Tunisie - 24 juin 2004


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La présence des bailleurs de fonds internationaux

Radhi MEDDEB, Président directeur général, Comète engineering, Agent de la BEI en Tunisie

Le thème sur lequel il m'a été demandé d'intervenir est relativement technique. Je limiterai ma présentation aux aspects de politique générale, étant entendu qu'un dossier technique complet vous a été remis à votre arrivée. Je mettrai l'accent sur l'intervention de quelques bailleurs de fonds bien ciblés.

La Tunisie, en raison de sa situation géopolitique (pays arabe, musulman et africain), bénéficie de l'action de plusieurs bailleurs de fonds. Elle entretient en outre des relations étroites avec l'Union européenne. Elle est le premier pays méditerranéen à avoir signé un accord d'association avec l'Union européenne. Elle est en outre le premier pays à avoir entamé un processus de démantèlement tarifaire et ce, de façon anticipée, dès 1996.

Interviennent en Tunisie des bailleurs de fond classiques, comme la Banque mondiale, la Banque européenne de développement, la Banque africaine de développement, le Fonds arabe de développement économique et social ou la Banque islamique de développement pour ne citer que ceux-là. Y interviennent en outre des bailleurs de fonds bilatéraux dans le cadre de la coopération française, de la coopération allemande ou encore de la coopération japonaise. Cette liste n'est, bien entendu, pas exhaustive. La Tunisie est en quelque sorte l'enfant chéri des bailleurs de fonds. Les relations qu'elle entretient avec eux sont exemplaires. Elles sont faites de concertation et de dialogue.

La qualité de la coopération résulte largement de la capacité d'assimilation de la Tunisie, de la compétitivité de son économie et de sa notation par les agences internationales. Sa gestion macroéconomique est satisfaisante et ses capacités en matière de gestion de projets sont reconnues. Enfin, la Tunisie enregistre les meilleures performances socio-économiques de la région.

L'on assiste à une coopération croissante des bailleurs de fonds sur les stratégies d'assistance et à une harmonisation des procédures en vue de minimiser le coût à la charge de l'emprunteur et d'assurer un plus grand effet de levier qu'à travers les financements parallèles traditionnels. L'on observe par ailleurs le rôle grandissant des institutions européennes en Tunisie (Meda, Commission européenne, Fonds européen d'investissement et Banque européenne d'investissement (BEI), etc.

Aujourd'hui, les financements BIRD ne représentent plus que 3 % du total des ressources extérieures nettes de la Tunisie et 0,7 % de son PNB. Pendant longtemps, la Banque mondiale était le principal bailleur de fonds du pays. Elle est aujourd'hui un partenaire. Les activités de conseil et d'analyse de ce bailleur sont en effet à l'origine de nombreuses réformes et nouvelles politiques. La Banque met en avant trois défis majeurs pour les années à venir : accélérer la croissance et réduire le chômage, en renforçant le rôle du secteur privé ; bâtir une économie du savoir ; renforcer la performance des programmes sociaux et maîtriser les équilibres financiers. Un programme indicatif d'assistance a été élaboré pour les années 2005-2008. A ce jour, 15 projets ont été pré-identifiés. Pour la période 2005-2008, l'enveloppe globale d'intervention de la Banque mondiale se situe dans une fourchette comprise entre 800 millions et 1,1 milliard de dollars.

La coopération entre la Tunisie et l'Union européenne est, elle aussi, ancienne. La Tunisie a été le premier Etat du Maghreb à signer l'accord de coopération du 15 avril 1976. Puis, entre 1976 et 1996, quatre protocoles financiers ont été signés, pour un montant total de 742 millions d'euros. Ces protocoles ont permis de financer pas moins de 66 projets notamment dans les secteurs du développement durable, de l'industrie, de l'environnement, du transport et de la formation. L'année 1995 a constitué un tournant historique dans les relations entre la Tunisie et l'Union européenne, avec le lancement du partenariat euro-méditerranéen à Barcelone, la signature de l'accord d'association et la mise en application du programme Meda. Puis, dans le cadre du programme Meda II, les paiements ont été accélérés et déconcentrés au profit d'une gestion locale par la délégation de l'Union européenne.

La BEI intervient en Tunisie depuis 1978. En 2003, la Tunisie a bénéficié de prêts sur ressources propres à hauteur de 395 millions d'euros. La BEI est ainsi le premier bailleur de fonds de la Tunisie.

Les capitaux à risque sont financés par des ressources budgétaires de l'Union européenne à partir du programme Meda. Il s'agit de consolider les dotations en fonds propres des entreprises des secteurs industriels du tourisme et des services.

La principale coopération bilatérale est celle que la Tunisie entretient avec l'Agence française de développement. Elle est également la plus active.

Pour finir, permettez-moi de citer les opportunités d'affaires qu'offre la Tunisie aux entreprises françaises. Elles sont de deux types selon que les entreprises sont ou non installées en Tunisie. Les entreprises françaises installées en Tunisie bénéficient d'un accès aux projets financés par les bailleurs de fonds et d'un accès sans discrimination aux différents mécanismes de financement mis en place en Tunisie pour la promotion de l'entreprise tunisienne. Celles qui n'y sont ont accès aux projets financés par les bailleurs de fonds internationaux sous réserver d'éligibilité et d'inscription préalable.

Agnès GABORIT

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